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  • Violentes réactions à Belgrade et à Mitrovica

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    Georges Bush, le tueur de la Serbie (en tournée en Afrique, 17 février 2008)

    BELGRADE (Reuters) - Les autorités de Serbie se sont engagées dimanche à mener une résistance pacifique de longue haleine après la proclamation de l'indépendance du Kosovo, mais des incidents ont éclaté dans Belgrade et à Mitrovica, bastion serbe du nord du territoire.

    Dans la capitale serbe, quelque 2.000 jeunes gens se sont attroupés devant l'ambassade des Etats-Unis pour laisser cours à leur colère contre le soutien américain à l'indépendance. "Le Kosovo est le coeur de la Serbie", ont-ils scandé. Certains manifestants, qui entonnaient des chants patriotiques, ont réussi à briser des vitres de l'ambassade, dont toutes les lumières étaient éteintes.

    "Tuez-les et pendez-les jusqu'à ce qu'il ne reste plus un seul Albanais", ont hurlé certains d'entre eux.

    Un demi-millier de policiers en tenue anti-émeutes qui protégeaient la mission diplomatique ont chargé pour les disperser. Plusieurs policiers et manifestants ont été blessés.

    A Mitrovica, deuxième ville du Kosovo, dans le nord du territoire, où vit une importante communauté serbe, des bâtiments de l'Union européenne et des Nations unies ont été la cible de jets de grenades. L'une d'entre elles a explosé sans provoquer de dégâts majeurs.

    Les forces françaises de la KFOR ont préparé des barrages de blocs de béton et de barbelés pour fermer en cas d'affrontements les ponts reliant par-dessus la rivière Ibar les quartiers serbe et albanophone de Mitrovica.

    Dans les quartiers nord de la ville, bastion serbe, des adversaires de l'indépendance ont déployé leurs drapeaux aux feux de signalisation. "Nous verrons ce qui se passe cette nuit. Il y aura des tas de gens armés ici", a prédit un Serbe en sortant une grenade de sa poche.

    Les agences de presse locales font également état de protestations à Novi Sad, dans le nord de la Serbie, et à Banja Luka, capitale de l'entité serbe de Bosnie-Herzégovine dont certains dirigeants ont annoncé qu'ils pourraient s'inspirer de l'exemple kosovar pour faire scission du reste de la Bosnie.

    "TANT QUE LE PEUPLE SERBE EXISTERA"

    En Serbie, la classe politique a été unie dans l'expression de sa colère après le vote du parlement de Pristina mais a envoyé des signaux différents sur la façon dont l'indépendance du Kosovo influencerait les relations entre Belgrade et les Occidentaux.

    Dans une allocution télévisée quelques minutes à peine après la proclamation de l'indépendance, le Premier ministre Vojislav Kostunica a dénoncé le soutien apporté par les Etats-Unis et l'Union européenne à la sécession d'une province que les Serbes considèrent comme leur berceau historique et religieux.

    "Tant que le peuple serbe existera, le Kosovo sera la Serbie", a-t-il dit.

    M. Kostunica s'en est pris au président américain George W. Bush et à "ses partisans européens" qui ont encouragé les Albanais à proclamer l'indépendance. "La politique destructrice, cruelle et immorale des Etats-Unis a conduit à cette illégalité sans précédent.

    La proclamation de cet Etat artificiel sous la tutelle des Etats-Unis et de l'UE est le dernier acte d'une politique de force qui a débuté par le bombardement insensé de la Serbie (ndlr, en 1999) et s'est poursuivie avec l'arrivée de troupes de l'Otan au Kosovo", a-t-il ajouté.

    Le président Boris Tadic, pro-occidental, a appelé lui au calme. "La Serbie, a-t-il réagi dans un communiqué, ne reconnaîtra jamais l'indépendance du Kosovo mais vivra cela pacifiquement et dignement." "La Serbie s'obstinera et défendra ses intérêts ainsi que le droit international, quel que soit le temps que cela prendra", a poursuivi Tadic.

    Le président serbe s'est ensuite envolé pour New York où il assistera lundi à une session du Conseil de sécurité de l'Onu. Son ministre des Affaires étrangères, Vuk Jeremic, est attendu lui à Bruxelles pour y rencontrer ses homologues de l'UE.

    Si Tadic souhaite distinguer la question kosovare du rapprochement amorcé avec l'UE, Kostunica insiste lui pour lier les deux dossiers.

    "Tant qu'il y aura des Serbes, nous continuerons de nous battre pour le Kosovo", a prévenu de son côté Tomislav Nikolic, le dirigeant nationaliste du Parti radical serbe (SRS) battu au second tour de la présidentielle( par 0,50% des voix...) par Tadic, le 3 février 2008.

    La réaction la plus extrême est venue de l'évêque orthodoxe du Kosovo, Artemije, qui a reproché aux forces armées serbes de ne rien faire. "La déclaration du chef d'état-major, le général Zdravko Ponos, selon laquelle le Kosovo ne sera pas défendu par l'armée est une honte", a-t-il dit au quotidien Glas Javnosti. "La Serbie devrait acheter à la Russie et à d'autres pays des armes dernier cri et demander à la Russie d'envoyer des volontaires et d'établir une présence militaire en Serbie."

    (Le Monde 17.02.08 - dernière heure)

    Nous espérons qu'il n'y aura pas de bain de sang de part et d'autre. Les Etats-Unis et l'Europe, dont la France , en seraient directement responsables. Si l'on voulait relancer la guerre dans les Balkans, on ne saurait s'y prendre mieux.

  • Anne Wieviorka, spécialiste de la Shoah, choquée puis révoltée!

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    Annette Wieviorka juge ce projet "étrange et malsain"
    Chercheuse au CNRS, l'historienne Annette Wieviorka est l'auteur de nombreux ouvrages sur la Shoah dont Auschwitz expliquée à ma fille (Seuil). La chercheuse estime qu'il n'y a pas de risque d'oubli et que la proposition du chef de l'Etat est même dangereuse pour la démocratie. Ce n'est pas le rôle du président que de s'occuper du contenu de l'enseignement scolaire.

    Un "cadeau"? Ce terme est insultant
    "En entendant la proposition du président de la République, j'ai d'abord été choquée, puis révoltée. Et l'âge évoqué (10 ans) rend cette idée encore plus choquante. Mais mon hostilité aurait été identique à n'importe quel âge. Que veut-on faire? Jumeler un enfant vivant et un enfant mort? Donner au vivant la charge d'un fantôme, l'introduire dans la mort? Doubler sa vie de la mort d'un autre? C'est insupportable. "On ne traumatise pas un enfant en lui faisant ce cadeau de la mémoire d'un pays", a dit vendredi Nicolas Sarkozy. Un cadeau ? Mais ce terme est insultant! La mémoire de ces enfants assassinés n'est certainement pas un cadeau. C'est une tragédie, une charge. Les enfants de 10 ans, on peut leur faire d'autres "merveilleux cadeaux" que celui-là. Alors comme Simone Veil, je trouve cette proposition "inimaginable, insoutenable, dramatique et surtout injuste". Nos enfants, nos petits-enfants n'ont pas à porter des crimes qui ne sont pas ceux de leur génération. Il faut bien mal connaître les enfants pour faire une telle proposition, tout à fait indécente. A ce compte-là, si l'on veut aller plus loin encore dans l'obscénité, pourquoi pas servir la soupe d'Auschwitz à la cantine des écoles une fois par an?

    Lubie ou "coup" mémoriel
    Pourquoi cette proposition? Je ne sais pas. Il n'y a pas eu de demande de la communauté juive. Je pense plutôt à une lubie ou à un "coup" mémoriel, plutôt raté puisqu'il me semble qu'à l'exception de Serge Klarsfeld, qui vit depuis des années en compagnie de ces enfants morts dont il a retrouvé les noms, et pour beaucoup d'entre eux les visages, ce dont nous lui sommes à jamais reconnaissants, la proposition n'a pas rencontré grand succès. Le président de la République avait déjà exigé que les enseignants célèbrent la mémoire de Guy Môquet. Ces injonctions, hors de propos, dont on comprend mal la logique, me semblent néfastes. Elles imposent un usage politique étroit de l'Histoire. De façon curieuse, elles plongent les enfants et les adolescents dans le culte d'enfants et d'adolescents de leur âge morts. Je trouve étrange et malsain que ce Président, qui prétend représenter la jeunesse, ne donne aux jeunes comme modèles que des jeunes assassinés, qui n'ont pas demandé à mourir. Nicolas Sarkozy doit trouver ces thèmes de la déportation et de la Résistance porteurs, moins glissants que d'autres périodes de l'Histoire qui seraient plus conflictuelles. Mais la façon dont il intervient dans le débat aboutit à faire de ces sujets, sur lesquels il y avait accord, des sujets de discorde. Parce qu'il s'agit de sa part d'injonctions qui ne sont ni pensées ni conçues dans la concertation. Encore une fois, ce sont des coups. Il n'y a ni réflexion ni profondeur.

    Il n'y a pas de risque d'oubli
    J'ai écrit Auschwitz expliqué à ma fille en pensant à des enfants de 14-15 ans, l'âge de ma fille à cette époque. Elle était en 3e. Je ne pense pas qu'il y ait un âge idéal pour évoquer la Shoah avec les jeunes. Ce que je sais, c'est qu'il faut attendre. Aborder le génocide des juifs à l'école primaire est selon moi une mauvaise chose. La spécificité de la Shoah n'est guère compréhensible aux écoliers. Il y a la littérature, les visites des survivants dans les classes, des films autant qu'on en veut, autant de moyens d'entrer dans cette Histoire sans ajouter cette surcharge émotionnelle insupportable. L'enseignement de la Shoah en France est très satisfaisant, énormément de choses ont été mises en place. Il est faux de dire, comme Nicolas Sarkozy: "Si vous ne leur parlez pas de ce drame-là, ne vous étonnez pas que cela se reproduise." Il n'y a pas de risque d'oubli. Cette période historique est sans doute celle sur laquelle on insiste le plus au cours de la scolarité, celle pour laquelle les moyens les plus considérables sont déployés.

    Dangereux pour la démocratie
    Les enseignants n'aiment guère cette incursion du politique dans leurs classes. Certes, il leur reste la liberté de travailler selon leur conscience. Mais je trouve la démarche de Nicolas Sarkozy significative d'un manque de confiance à leur égard. Avec lui, l'Etat se mêle trop de l'enseignement de l'Histoire. Cela me choque beaucoup. Que l'Etat organise des célébrations, des commémorations, c'est normal. Mais un président de la République n'a pas à faire le métier des enseignants à leur place. C'est insultant. Il existe des procédures régissant la rédaction des programmes, il existe un ministère de l'Education nationale, avec des enseignants, des inspecteurs... Il n'a pas non plus à délivrer des bouts d'idéologie en permanence. C'est dangereux pour la liberté des historiens et pour la démocratie. Je fais en cela le rapprochement entre la proposition de Nicolas Sarkozy sur la mémoire des enfants juifs morts et ses discours de Saint-Jean-de-Latran et de Riyad sur la religion. On n'a jamais vu ça en France, un président de la République intervenant sans cesse à-propos ou hors de propos dans des domaines qui ne relèvent pas nécessairement de sa fonction. Nous avons en France une séparation entre l'Eglise et l'Etat et c'est très bien comme ça. Et ce n'est pas à lui de la remettre en cause. Ni de décider des enseignements que doivent recevoir les écoliers."
    (JDD - 17.02.08)
    Nous donnons absolument raison à Annette Wieviorka. Sarközy ferait bien de la prendre comme conseillère...

  • Michel Lajoye

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    Une fausse symétrie...
    A quelques jours de distance, Michel Lajoye et Jean-Marc Rouillan ont bénéficié d’un régime de semi-liberté. L’un et l’autre vont quitter (si ce n’est déjà fait) leur centrale, ils pourront travailler dans la journée mais ils devront rejoindre un centre de détention chaque soir pour y passer la nuit. Ils y seront aussi consignés les week-ends et durant toutes leurs vacances.

    Les deux hommes ont passé a peu près le même temps en prison. Ils y étaient tous les deux parce qu’ils avaient cru à la vertu de la lutte armée.

    Adversaire résolu des longues peines, je ne peux que me réjouir de cette double libération.

    Cependant, il serait erroné d’y voir une juste symétrie. Tout au contraire, le système et sa justice font une fois de plus montre, dans cette libération, de leur double standard et de leur injustice intrinsèque.

    Lajoye et Rouillan ont en effet passé une vingtaine d’années chacun derrière les barreaux… Mais leur faute n’était pas la même : l’un a participé à des actions qui ont fait huit morts, l’autre n’a à se reprocher qu’une bombinette qui ne fit qu’un blessé léger.

    Huit morts = 20 ans de prison ; un blessé = 20 ans de prison…

    Mais ce n’est pas tout.

    Libéré, Jean-Marc Rouillan va travailler « pour les siens », il a en effet été embauché par une petite maison d’édition d’extrême gauche (excellente au demeurant…) sise à Marseille : Agone. Il y fera de la relecture de textes politiques ce qui ne le dépaysera pas et il pourra, à sa manière, continuer de lutter politiquement.

    Pour Michel Lajoye, le Tribunal statuant sur sa mise en semi-liberté a bien précisé que celle-ci était exclusive de tout contact avec une organisation politique nationaliste et de tout engagement militant. En clair, Lajoye est libéré, mais avec interdiction de voir et de fréquenter « les siens ». Et, last but not least, ces mesures s’appliqueront jusqu’en 2016, car le TAP a prévu qu’à l’issue de l’année de semi-liberté, il sera en liberté probatoire pour une durée de sept ans.

    Si quelqu’un, quel qu’il soit, trouve où est la justice et l’égalité dans tout cela qu’il me le dise !
    Christian Bouchet - voxnr - 10 décembre 2007

  • "Transmettre la Shoah est essentiel": pas d'amalgames!

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    Emmanuelle Mignon, 38 ans, catholique...
    Emmanuelle Mignon, la directrice de cabinet de Nicolas Sarközy, a joué un grand rôle dans la décision du président de la République de faire "porter par des élèves de CM2 la mémoire" des 11000 enfants juifs français disparus dans les camps de concentration nazis. Emmanuelle Mignon a accepté, pour le Journal du Dimanche, de revenir sur la genèse de cette idée. Entretien.

    Vous avez travaillé avec le président de la République sur le discours du Crif ; comment a-t-il été décidé de confier la mémoire d'un enfant français victime de la Shoah à un enfant de 10 ans?
    Quand Nicolas Sarkozy était ministre de l'Intérieur, il s'est énormément occupé des questions d'antisémitisme. On a beaucoup travaillé à l'époque sur le sujet, mais il y a un dossier sur lequel on avait du mal à avancer, c'était celui de l'enseignement de la Shoah. Cet enseignement est fondamental, mais l'Education nationale rencontre parfois des difficultés pour le mettre en oeuvre, alors même que certains actes antisémites sont commis par des enfants de 10 ans contre des enfants de 10 ans. Devenu président de la République, Nicolas Sarkozy a souhaité qu'on travaille avec l'Education nationale et des représentants des institutions juives pour voir ce que l'on pourrait proposer sur le sujet.

    Comment recevez-vous les réactions, notamment celle de Simone Veil qui a été très rude?
    On entend bien sûr les critiques. C'est un dossier sur lequel il y a un vrai enjeu politique et éducatif. Certains enseignants ont du mal à aborder la Shoah devant leurs élèves, ne savent pas comment s'y prendre, expriment un désarroi croissant. Des comparaisons avec d'autres conflits surgissent. Le président de la République a la volonté très nette de ne pas céder sur cet enseignement. Non seulement on ne doit pas fléchir devant la difficulté, mais on doit aider les enseignants en leur donnant de nouvelles pistes et empêcher les amalgames entre la Shoah et d'autres drames...

    Mais ils existent aussi...
    Personne ne le conteste, mais ce sont des drames politiques. Les enfants palestiniens, vietnamiens, d'autres encore ont été victimes de conflits politiques, qui doivent et qui sont enseignés; mais avec la Shoah, les enfants ont été victimes du racisme. En enseignant la mémoire de ce génocide, on prémunit toute la société contre ce fléau...

    "La Shoah est le crime raciste absolu"

    Certes, mais pourquoi ne pas confier la mémoire des enfants arméniens, des enfants noirs victimes de l'esclavagisme...?
    Parce que tout le monde reconnaît que la Shoah est le crime raciste absolu. Il est donc logique de faire de l'enseignement de la Shoah l'instrument d'une lutte sans merci contre le racisme sous toutes ses formes et pas seulement contre l'antisémitisme. Ensuite se pose la question de savoir comment on en parle aux enfants et à quel moment. Dans les discussions que nous avons eues avec le Président et Xavier Darcos, nous nous sommes interrogés à ce propos. En plus de l'histoire au secondaire, nous avons pensé qu'il fallait que le drame de la Shoah soit évoqué avant parce que l'on ne touche pas les collégiens de 15 ans de la même manière que les enfants plus jeunes. C'est à eux que nous avons voulu nous adresser en proposant que les enfants soient sensibilisés aux conséquences dramatiques du racisme à travers l'histoire d'enfants du même âge qu'eux, vivant dans le même pays qu'eux.

    Pourtant, quand Simone Veil fait remarquer que c'est lourd à porter pour un enfant "de s'identifier à un enfant mort", n'a-t-elle pas raison?
    C'est vrai. Mme Veil a raison. On va travailler avec la communauté éducative et avec tous ceux qui s'investissent dans la mémoire de ces sujets, pour voir la meilleure manière de faire. Si vous prenez Le Journal d'Anne Frank, des milliers d'enfants ont été marqués par cet écrit. Et c'est un journal qu'on lit quand on a 10 ans. Il ne s'agit ni de traumatiser, ni de culpabiliser les enfants, mais il ne faut pas non plus les infantiliser en permanence. Ces faits dramatiques ont eu lieu, ils ont touché des enfants très jeunes et, comme l'a dit Xavier Darcos, nous faisons confiance à la communauté éducative pour trouver les mots, la manière, les moyens d 'y sensibiliser les enfants. Le discours du Président était très clair : l'enjeu est d'éduquer la victime potentielle comme le citoyen responsable parce nous pouvons tous un jour être victimes d'actes de racisme et nous pouvons tous un jour en devenir les auteurs. La Seconde Guerre mondiale a montré que les choses pouvaient aller très vite dans un sens comme dans l'autre. C'est un enjeu de civilisation que de transmettre la Mémoire et les leçons de ces événements.

    N'y avait-il pas d'autres moyens?
    Je sais qu'il a été suggéré que la mémoire d'un enfant victime de la Shoah puisse être confiée à une classe entière. Nous sommes tout à fait ouverts à ce genre de propositions.

    Ne craignez-vous pas cependant, comme le dit encore Simone Veil, d'attiser les antagonismes religieux?
    Pour moi, c'est un argument qui justifie au carré la proposition qui a été faite. Enseigner la Shoah, c'est combattre toutes les formes de racisme. Les discriminations dont sont victimes aujourd'hui les personnes issues de l'immigration ont la même origine que les crimes dont les juifs ont été victimes: la bête immonde du racisme. Je n'ai aucun doute sur le fait que les enseignants sauront expliquer cela aux enfants et que les parents seront convaincus, quelles que soient leurs convictions, que si l'on n'apprend pas aux gamins que le racisme est quelque chose de monstrueux, on finira un jour par tous en être victimes. L'argument de l'antagonisme religieux va totalement dans le sens du bien-fondé de la mesure.

    Pas question donc de revenir dessus?
    Transmettre la Shoah est essentiel. Soutenir et aider les enseignants dans cet enseignement est une priorité. Cela n'a pas toujours été le cas. Nous sommes au travail pour le faire sans fléchir et d'une manière adaptée à chaque âge.
    (JDD 17.02.08)
    Selon les propos d'Emmanuelle Mignon, la race juive existe! Etre juif, ce n'est donc  pas seulement une identité religieuse comme on le croit généralement.
    Il est ignoble de procéder à cette "sélection" entre les petites victimes, car tous ces enfants ont été et demeurent égaux devant l'horreur et la barbarie.

  • Les Serbes de Paris manifestent contre la trahison de Sarközy

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    17 février 2008 à Paris

    AFP. Plusieurs centaines de Serbes résidant en France se sont rassemblés à Paris pour manifester contre l'indépendance du Kosovo proclamée dimanche et dénoncer la trahisonde Nicolas Sarközy, la France devant reconnaître cette indépendance.

     Le Parlement du Kosovo a voté dimanche par acclamation la proclamation d'indépendance de cette province du sud de la Serbie à majorité albanaise.

    "Trahison: la Corse est française, M. Sarkozy; apprenez que le Kosovo est serbe", proclamait une affichette agitée par des manifestants, dont de nombreux enfants.

    "Pourquoi la France est-elle du côté des félons, pourquoi ce génocide des Serbes du Kosovo?", demandait une autre affichette.

    "Non au Kosovo indépendant", "la terre du Kosovo est serbe", "la Serbie et le Kosovo sont indissociables", ou encore "l'histoire serbe vient du Kosovo", proclamaient de nombreuses banderoles.

     A la tribune, un manifestant a lu une "lettre ouverte" adressée par la communauté serbe de France à M. Sarközy. "Nous sommes persuadés que le peuple français ne sera jamais d'accord avec vous", tranche la lettre avertissant que "les Serbes n'accepteront jamais le partage de leur terre" et que l'indépendance du Kosovo "mettra à nouveau le feu dans la région" des Balkans.

    "Sarközy nous a fait trop mal, aujourd'hui c'est un mal qui ne guérira jamais", a affirmé une manifestante du haut de la tribune.

    "N'oubliez pas la Corse, n'oubliez pas le Pays Basque: la France va être déchirée par la faute d'un seul homme", a-t-elle ajouté à l'adresse des Français.

    A chaque fois qu'il était prononcé, le nom de M. Sarközy était sifflé par les manifestants qui criaient en revanche "vive la Serbie, vive la France".

    Environ 120.000 Serbes vivent en France, dont 80.000 en région parisienne, selon l'ambassadeur de Serbie à Paris, Predrag Simic, présent à la manifestation.

    "La France est un pays à part, c'est le pilier de l'ordre international. Nous ne comprenons pas qu'elle appuie l'indépendance du Kosovo", a-t-il dit à l'AFP.

    Les autorités de Belgrade, fermement soutenues par la Russie, et les Serbes du Kosovo (un peu moins de 10% de la population) sont opposés à l'indépendance de la province. Belgrade a déjà "annulé" par avance toute décision en ce sens des autorités kosovares.

  • Kosovo: la mauvaise action des mondialistes

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    La Boîte de Pandore est ouverte...
    Dimanche 17 février peu avant 16 heures, un nouveau pays est né dans les Balkans. Le Parlement du Kosovo a proclamé l'indépendance de cette province vis à vis de la Serbie. "Un grand jour, un jour historique, un jour de grâce pour un Kosovo souverain et indépendant", avait estimé samedi par le Premier ministre kosovar Thaçi. Les Albanais du Kosovo réalisent leur rêve, après huit ans d'administration de l'ONU qui font suite à deux ans de guerre. "A partir de maintenant, le Kosovo a changé de position politique, nous sommes désormais un Etat indépendant, libre et souverain", a déclaré le  président du Parlement aux députés.

    De son côté, la Serbie, par la voix de son président fraîchement réélu Boris Tadic, a immédiatement réagi en assurant que "jamais elle ne reconnaîtrait l'indépendance du Kosovo". "La Serbie n'aura pas recours à la violence, - et c'est l'unique approche que  nous pouvons utiliser pour continuer notre lutte légitime pour préserver l'intégrité de notre pays", a souligné le président, qui demande "aux institutions internationales au Kosovo d'annuler  immédiatement cet acte qui s'oppose aux principes fondamentaux de la loi internationale". La Serbie a préparé un "plan d'action", récemment adopté au Parlement serbe, pour répondre à la proclamation d'indépendance des Kosovars albanais. Ce plan, dont les détails sont restés secrets, écarte cependant catégoriquement toute option militaire.

    L'UE prendra "note" de la proclamation
     
    Après cette proclamation, plusieurs grands pays de l'Union européenne et les Etats-Unis devraient reconnaître rapidement le nouveau pays, dont les premiers pas seront encadrés par une mission de l'UE, comme le souhaitent George Bush et le Premier ministre kosovar. La première réaction française est venue de Bernard Kouchner, qui depuis Jérusalem a souhaité "bonne chance au Kosovo". Le Royaume-Uni a évoqué un "important développement" pour le Kosovo tandis que l'Albanie a salué cette proclamation d'indépendance comme le jour de "sa renaissance". Les Etats-Unis ont eux "pris note" de la déclaration d'indépendance du Kosovo et ont appelé toutes les communautés au calme.

    Sans surprise, la Russie a vivement critiqué cette déclaration d'indépendance et réclamé une réunion du conseil de sécurité de l'Onu. Réunion qui aura lieu dimanche dans la soirée. Le président tchèque Vaclav Klaus s'est lui inquiété d'un "effet dominos" qui risque, selon lui, de se produire dans d'autres Etats européens. "Certaines parties d'autres Etats peuvent tout à coup réaliser qu'elles ne  se sentent pas tout à fait à l'aise dans le cadre du grand Etat où elles se trouvent aujourd'hui", a-t-il déclaré. Dès la proclamation d'indépendance du Kosovo, l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, deux régions séparatistes de Géorgie, ont d'ailleurs annoncé qu'elles allaient demander à la Russie et à l'Onu de reconnaître leur indépendance. De son côté, l'Otan a invité dimanche toutes les parties à faire preuve de retenue et annoncé que ses forces de la Kfor continueraient à assurer la sécurité au Kosovo, "sauf décision contraire du Conseil de sécurité de l'ONU".

    L'Espagne ne devrait pas reconnaître le Kosovo
     
    Samedi, l'UE a donné son feu vert formel à l'envoi d'une mission de quelque 2.000 policiers et juristes, baptisée Eulex chargée d'accompagner l'indépendance du Kosovo. L'UE est divisée sur la question de l'indépendance. Une large majorité de pays européens sont prêts à la reconnaître. Mais six pays membres, craignant qu'une indépendance du Kosovo n'encourage les séparatismes, ne devraient pas le faire dans un proche avenir (Chypre, la Grèce, l'Espagne, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie). 

    Lundi, les ministres des Affaires étrangères de l'UE devraient simplement "prendre note" de cette proclamation dont la reconnaissance se fera pays par pays. La tâche de l'UE s'annonce comme un défi, en particulier dans le Nord, où vivent 40.000 des 120.000 Serbes présents au Kosovo. Leur principal leader, Milan Ivanovic, opposé à toute indépendance, a rejeté samedi la légitimité de cette mission.

    Des Serbes en uniformes empêchés d'entrer au Kosovo

    * Plusieurs centaines d'anciens combattants de  l'armée serbe, vêtus de leurs uniformes militaires, ont été empêchés d'entrer au Kosovo juste avant la proclamation de l'indépendance par les  dirigeants kosovars. Ces anciens combattants, qui avaient participé à la guerre de 1998-1999  contre les séparatistes albanais du Kosovo, entendaient protester contre la proclamation d'indépendance du Kosovo, à laquelle la Serbie reste farouchement opposée.