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  • L'entreprise face à la pratique de l'islam

       L'Association nationale des directeurs des ressources humaines s'est saisie du problème des revendications religieuses au travail.

     Un matin, Hamid a décidé qu'il ne pousserait plus le chariot contenant les fioles d'alcool destinées aux avions : «C'était contre sa religion.» En invoquant l'islam, cet employé intérimaire de l'Aéroport de Paris a mis la direction du service en émoi. Fallait-il céder au nom de la «tolérance religieuse», se plonger dans les sourates pour vérifier la validité des revendications ? Ou s'insurger de cette demande farfelue ?L'anecdote reflète le malaise croissant autour des manifestations religieuses dans les entreprises. Surtout lorsqu'elles se présentent sous les habits de l'islam. De grandes entreprises comme L'Oréal, Gaz de France, Total, Vinci participent depuis un an à un groupe de travail organisé par l'association Dynamique Diversité, sous la houlette de Dounia Bouzar, anthropologue spécialiste du radicalisme religieux. Tandis que l'Association des directeurs de ressources humaines (ANDRH), qui rassemble l'élite des entreprises françaises, aborde le sujet jeudi après-midi à Sciences Po Paris.

    • Jusqu'alors, les entreprises rechignaient à exposer leurs petites affaires religieuses. Mais la pression monte. Beaucoup de structures ont aménagé temps de travail et jour de congé pour dissiper les conflits. Ainsi l'Aïd-el-Kebir, la plus importante fête mu­sulmane, est souvent accordée sous la forme d'autorisation d'ab­sence. Une tolérance plus qu'une règle qui évite à l'employé d'entamer ses congés. L'industrie automobile, qui comptait de nombreux immigrés, a aménagé des salles de prières dans certains ateliers depuis les grandes grèves des années 1970, notamment dans les usines Renault de Flins et Boulogne. Les rotations prennent parfois en considération l'heure des prières et souvent le ramadan. PSA a la même politique. Le BTP «module l'organisation de certains chantiers», reconnaît Patrick Plein, directeur du développement des ressources hu­maines chez Vinci.

      La mixité parfois contestée

      La grande distribution adapte à son tour les horaires de travail des caissières lors du mois de ramadan pour éviter les baisses de rendement et leur permettre de rompre le jeûne… sans abandonner leur poste. «On n'a pas le choix», résumait, en 2007, un responsable du service caisse du Géant d'Argenteuil.

      Le phénomène s'étend, parfois porté par de vrais idéologues, qui imposent insidieusement des pratiques collectives, comme la prière et le halal, là où les employés issus de familles musulmanes sont nombreux. La mixité est parfois contestée, comme dans ce centre d'appels, sous-traitant de SFR. Un certain Mounir y pratiquait un prosélytisme voyant et refusait les ordres de son chef, qui était une femme, sans que personne n'intervienne. Ces cas restent isolés mais «la peur qui entoure l'islam induit des comportements irraisonnés de la part des recruteurs et des managers», résume Aline Crépin, responsable diversité chez Randstad, une société d'intérim. Lorsqu'un de ses serveurs, après un séjour à l'étranger, n'a plus voulu servir les femmes, un grand groupe de restauration a ainsi appelé à l'aide l'Institut de mécénat social (IMS) pour savoir comment réagir ! «Ils vont probablement le licencier, mais ils hésitaient», relate le responsable diversité de l'IMS, Benjamin Blavier. «Les DRH craignent d'être considérés comme racistes et d'avoir des procès», poursuit Patrick Plein de Vinci. «Ils préfèrent parfois ne rien faire.» Les nouvelles demandes se concentrent sur la nourriture et l'apparence. Le halal et parfois le cacher sont des sujets de dispute à la cantine. Certaines entreprises proposent maintenant un plat végétarien. Les recruteurs sont déstabilisés par la multiplication des candidates voilées.

      «Désislamiser les problématiques»

      L'Oréal a récemment embauché une jeune femme diplômée d'une école de commerce, voilée, pour un poste à responsabilité dans la gestion. «Le sujet reste sensible», reconnaît-on à la direction. Des responsables du personnel s'en sont émus, tandis que des salariés du même site ont demandé à porter le voile. Sollicitée comme experte, Dounia Bouzar a trouvé Mona «taillée pour le poste, avec l'esprit de l'entreprise». «Les entreprises doivent montrer qu'elles font des efforts», analyse de son côté Michel Mine, spécialiste du droit social européen au Cnam. Les licenciements de femmes voilées ont été validés si un consensus avait été recherché au préalable. «Les responsables doivent accepter les aménagements, halal et même le port du foulard, qui ne nuisent pas à l'activité», assure le juriste.

      C'est, semble-t-il, la tendance des prochaines années. Mais certains DRH comme Aline Crépin insistent pour «désislamiser les problématiques» : «Si Jean-Jacques avait refusé de transporter des bonbons durant le carême, il aurait reçu un avertissement !»

    • Le Figaro - 03.04.08

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  • Ces banderoles qui défoulent...

    La banderole injurieuse déployée lors de la finale de la Coupe de la Ligue entre le Paris-Saint-Germain et le Racing Club de Lens a suscité une vague d'indignation jusqu'au sommet de l'Etat.

    Nicolas Sarközy a reçu à l'Elysée le maire de Lens, le président et l'entraîneur du club pour leur dire combien l'offense - "Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch'tis" - étalée samedi 29 mars dans les tribunes du Stade de France était "un comportement inadmissible" qui devait avoir "les suites qu'il mérite". Le premier ministre, François Fillon, a exprimé son "dégoût" et sa "colère" avant d'exiger que "ces comportements soient très durement sanctionnés". La ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, qui a mis la police scientifique sur les traces ADN des fautifs, a promis de dissoudre les groupes de supporteurs responsables. Le secrétaire d'Etat aux sports, Bernard Laporte, a estimé qu'il "fallait éradiquer ces gens-là des stades". Quant au maire de Paris, Bertrand Delanoë, il a exhorté à "s'acharner à éliminer ensemble toute trace de rejet des autres, surtout quand il se manifeste de façon aussi brutale, barbare et bête".

     

    Il faut saluer cette volonté enfin affichée de vider les stades des individus qui prônent le "rejet des autres" sur un mode raciste, antisémite ou homophobe.

    Mais au-delà de la stupidité récurrente de certains supporteurs de foot, que révèle cette affaire de banderole ? Tout d'abord, que le monde politique fait mine de découvrir ce qui se passe dans les stades depuis des années. Car la banderole arborée le 29 mars n'est pas la première du genre. Les supporteurs stéphanois qui s'étaient déplacés à Lyon, fin août 2007, pour le derby contre le champion de France, avaient eu droit à un "Stéphanois, ordures consanguines", sans que cela provoque la moindre réaction indignée. "Les gones inventaient le cinéma quand vos pères crevaient dans les mines", pouvait-on déjà lire dans les travées de Gerland, il y a huit ans, à l'occasion d'un autre match entre Lyon et Saint-Etienne. Quant aux supporteurs lensois, ils ont souvent été accueillis par leurs homologues lillois par des "Bienvenue aux analphabètes", des "Silicose, légionellose, à quand la peste ?" ou encore des "Lens, le tiers-monde à 30 km de l'Europe".

     

    La différence, c'est qu'aujourd'hui les dirigeants de clubs font donner leurs agents de sécurité pour retirer rapidement ces banderoles des tribunes avant qu'elles ne soient saisies par les caméras de télévision comme ce fut le cas, le 29 mars, au Stade de France. Car, pour reprendre l'expression du président de Lens, Gervais Martel, il s'agit surtout de ne pas laisser "gâcher le spectacle".

    De quoi rêvent, en effet, tous les patrons de grands clubs ? De Manchester et de son "Théâtre des rêves": son stade ultramoderne où 75 000 fidèles, sagement assis, applaudissent et chantent en coeur. D'Arsenal et de son flambant neuf Emirates Stadium, qui a accueilli Nicolas Sarkozy lors de sa visite d'Etat en Angleterre, et dispose de 150 loges et quelque 6 500 sièges "business". Grâce aux revenus dégagés par sa nouvelle enceinte, le club londonien est l'un des plus riches du monde, avec un chiffre d'affaires de près de 300 millions d'euros. Des résultats qui font rêver l'Olympique lyonnais, dont le futur stade de 60 000 places, attendu pour 2010, devrait coûter environ 300 millions d'euros. A l'image de ce qui se pratique outre-Manche, il sera accolé à un centre commercial, un centre de loisirs, deux restaurants, une piscine, un fitness, etc. Car il ne s'agit plus seulement de demander au supporteur d'encourager son équipe, il faut aussi qu'il consomme à la boutique du club.

    Au Royaume-Uni, pays souvent cité en exemple pour avoir réussi à se débarrasser de ses hooligans, l'envolée du prix des places a interdit de stade les publics les moins favorisés. Marqués par les drames du Heysel (Belgique) en 1985 et de Hillsborough en 1989, où des dizaines de supporteurs sont morts étouffés suite à des mouvements de foule, les clubs anglais ont été les premiers à proposer uniquement des places assises. Une mesure de sécurité qui est aussi utilisée pour canaliser l'énergie des supporteurs, que des "stadiers" ou "stewards" sont chargés de surveiller comme le lait sur le feu.

     

    Dans une société où l'interdit devient la règle et où toute forme de violence - y compris symbolique - est jugée inacceptable, le match de football a longtemps eu une fonction cathartique. "Le stade est un des rares espaces de débridement des émotions collectives où il est toléré de proclamer des valeurs dont l'expression est proscrite dans le quotidien (affirmer crûment son aversion pour l'autre, etc.)", écrivait l'ethnologue Christian Bromberger dans la revue Manière de voir, quelques semaines avant le début du Mondial 1998. Dix ans plus tard, le football-spectacle est en passe de perdre ce rôle d'exutoire.

    Dans un monde globalisé, le stade reste l'un des derniers terrains d'expression d'une identité collective locale ("Fiers d'être Marseillais !", proclament les supporteurs de l'OM) ou nationale. Pour Christian Bromberger, "chaque confrontation fournit aux spectateurs un support à la symbolisation d'une des facettes (locale, professionnelle, régionale) de leur identité. Le sentiment d'appartenance se construit ici, comme en d'autres circonstances, dans un rapport d'opposition plus ou moins virulent avec l'autre".

    Ces antagonismes qui peuvent déraper vers le nationalisme sont parfois exacerbés. Les tabloïds anglais ne manquent jamais une occasion de réactiver la fibre antigermanique avant une confrontation avec l'équipe d'Allemagne. Car dans l'art de la provocation et de l'insulte, les supporteurs n'ont pas le monopole de la bêtise. Tout le monde a encore en mémoire le coup de tête de Zidane répondant aux insultes de l'Italien Materazzi lors de la finale du Mondial en 2006.

    On se souvient aussi que le sélectionneur de l'équipe de France, Raymond Domenech, avait chauffé à blanc les supporteurs de la Squadra Azzurra avant un match décisif des éliminatoires de l'Euro 2008, à Milan, en septembre 2007. Le patron des Bleus avait rendu hommage à Materazzi, "l'homme de la Coupe du monde", expliquant que "sur un terrain, tous les moyens consistant à déstabiliser l'adversaire et à utiliser sa faiblesse sont positifs pour l'équipe", avant de lancer qu'il s'était "rarement fait autant arnaquer" que lors d'un match perdu contre l'Italie en 1999 avec l'équipe Espoirs. Résultat, lors des hymnes, La Marseillaise avait été sifflée par les supporteurs italiens. Dans les tribunes, Materazzi arborait crânement un "I love Paris" sur son tee-shirt. Aucun stadier n'est allé lui demander de le retirer.


    Courriel : mandard@lemonde.fr.

    Ce qu'il faut surtout éradiquer, c'est le "dérapage" vers le nationalisme, la "bête immonde"...

  • 166 mesures pour économiser 7 milliards d'euros

    Le deuxième conseil de modernisation des politiques publiques (CMPP), qui s'est réuni, vendredi 4 avril, sous la présidence de Nicolas Sarközy, a abouti à l'adoption de 166 mesures destinées à rationaliser les services de l'Etat, à renforcer leur efficacité et celle des politiques publiques.

    Cet arsenal de dispositifs va de la réforme annoncée de la politique du logement à la réorganisation territoriale de l'Etat. S'y ajoutent les 96 mesures adoptées le 12 décembre 2007. Comme l'annonçait Le Monde daté du 3 avril, l'Elysée en attend plus de 7 milliards d'économies "brutes". Une fois restituée aux agents de l'Etat la part qui leur revient (primes, hausses de traitement, pour intéresser les fonctionnaires à la réforme), l'économie nette se situerait entre 5 et 6 milliards d'euros.

     


    A l'issue de ce conseil de modernisation, le deuxième depuis le lancement en juin de la révision générale des politiques publiques (RGPP), le président de la République devait se rendre à Bercy pour installer la nouvelle direction générale des finances publiques (DGFP), confiée à Philippe Parini, ex-receveur général des finances et l'une des chevilles ouvrières de la réforme.

     

    M. Sarközy devait ainsi saluer le succès de la fusion des anciennes directions générales des impôts et de la comptabilité publique. Envisagée par Dominique Strauss-Kahn, mal engagée par le socialiste Christian Sautter, elle aura finalement été menée à bien par Eric Woerth, ministre du budget et rapporteur du comité de suivi de la RGPP.

    Les économies attendues de ces mesures se feront sur trois ans – 2009, 2010 et 2011 – et proviendront pour moitié du non-remplacement d'un fonctionnaire de l'Etat sur deux partant à la retraite. Au total, 105 000 emplois seront supprimés. La réduction des effectifs s'imposera à tous, sans que la règle du un sur deux s'applique nécessairement partout, précisait, jeudi 3 avril, l'Elysée. Le nombre des suppressions de postes à l'éducation nationale, qui emploie près de la moitié des agents de l'Etat, n'est pas encore arrêté.

    LOGEMENT, EMPLOI, SANTÉ

    La seconde moitié des économies proviendra pour l'essentiel de la révision des grandes politiques d'intervention économiques et sociales, qui mobilisent 464 milliards d'euros par an. Logement, emploi, formation professionnelle, santé, etc. : toutes seront passées au crible et, le cas échéant, rabotées.

    Est-ce pour ne pas "braquer" les collectivités territoriales et les partenaires sociaux, impliqués dans ces politiques, et avec lesquels il devra discuter ? Est-ce pour ne pas donner l'impression d'avoir en poche un plan préficelé ? L'Elysée n'a pas précisé, jeudi, comment l'Etat économiserait entre 3,5 et 4 milliards d'euros sur ces politiques tout en récusant tout plan de rigueur pour 2009.

    (le Monde- 04.04.08)

    Une seule mesure suffirait pour économiser beaucoup plus que 7 milliards d'euros...

  • Geert Wilders: interview vidéo exclusive sur Bivouac-id

    http://www.bivouac-id.com/2008/03/27/exclusif-bivouac-id-linterview-video-de-geert-wilders-fitna-en-version-francaise/

    Geert Wilders

  • Les paras nostalgiques de Montauban

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    Telle une statue aryenne, le corps couvert du drapeau nazi, un soldat du 17e RGP pose fièrement sur la photo. Sur un autre cliché, il lève le bras faisant le salut nazi aux côtés de deux autres militaires en tenue. Même de mauvaise qualité, ces photos sont révélatrices d'un état d'esprit qui régnerait au sein du régiment montalbanais. Des agissements dénoncés auprès des autorités par un ancien « frère d'arme », Jamel Benserhir.

    C'est ainsi que deux de ces nostalgiques du IIIème Reich, encore engagés au sein du régiment de génie parachutiste de Montauban, ont été consignés en fin de semaine dernière dans le cadre d'une enquête interne. Le troisième militaire, qui a quitté l'armée, pourrait être entendu par les gendarmes chargés de l'enquête. Ces investigations ont été lancées dès hier à la suite d'une plainte déposée à leur encontre, mardi soir, par le chef de corps du 17e RGP.

    « Aujourd'hui on cherche à identifier l'endroit où ces photos ont été prises », explique le commandant Claude Saunire, adjoint au colonel Michel Esparsa, chef de corps du 17e RGP. Pour Jamel Benserhir, ancien sergent de la compagnie d'appui du régiment, il n'y a aucun doute : les clichés ont été réalisés dans une chambre de la caserne Doumerc, à Montauban.

    « Plusieurs soldats ont des tatouages particulièrement explicites. Sur les casiers, ils placardent des affiches de propagandes nazies », relate Jamel Benserhir.

    Mehdi, ancien caporal qui préfère rester discret pour préserver sa nouvelle vie, se souvient d'une soirée passée au Kosovo, lors d'une de ses opérations extérieures.

    « Un soir, mon chef de section, complètement saoul, est monté sur la table et a fait le salut nazi… Devant tout le monde », lâche-t-il.

    Comme Jamel, il a tenté de dénoncer ce racisme ambiant. Chacun de leur côté, ils ont rédigé des rapports, rencontré des supérieurs, demandé audience au responsable de région… En vain.

    « À chaque fois, on nous disait qu'on fantasmait. Que ce n'était pas bien grave tant que ça ne sortait pas de la caserne », raconte l'ancien sergent. En août 2008, le ministère de la Défense décide de mettre fin à son contrat en raison de son « instabilité émotionnelle » et de son « manque d'intégration ». « Il n'était pas le meilleur parmi ses pairs et en raison de sa notation, techniquement il ne pouvait pas continuer sa carrière », assurent les responsables du 17e RGP.

    Cette décision pousse Jamel Benserhir à multiplier les courriers pour révéler les agissements dont il estime avoir été victime. Durant plusieurs mois, aucune institution ne bouge. Édifié par le contenu de son courrier, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a finalement prévenu le ministère de la Défense qui, en fin de semaine dernière, a demandé des comptes au 17e RGP.

    (Ladépêche.fr - 03.04.08)