Huit jours après la déclaration de la disparition de la petite fille de cinq ans à Maubeuge, ses grands-parents paternels supportent de plus en plus mal l'attente. Leur demande de soutien psychologique est pour l'instant restée sans suite.
« Certains de mes petits-enfants, pourtant déjà grands, recommencent à faire pipi au lit. D'autres tiennent des propos très violents. Ils ne comprennent pas pourquoi leur cousine, avec qui ils ont grandi, n'est pas là. Ils ont besoin d'aide. » Au bord des larmes, Marie-José Taton lance un appel au secours. Elle semble épuisée par plus d'une semaine d'incertitude autour de l'absence de Typhaine, qu'elle a élevée jusqu'à la fin de l'année dernière.
Dans le salon de son appartement monsois, tout proche de Lille, la télé reste allumée. Pour les infos. Descendre acheter le journal devient une expédition. « Tous les gens du quartier, qui connaissaient bien Typhaine, me demandent des nouvelles. Difficile de leur répondre : c'est la presse qui nous informe. » La grande famille Taton fait bloc autour de Marie-José. Ses filles, les « tatas » les plus proches de Typhaine, l'entourent en permanence. Parfois, un souvenir de la petite fille ramène un sourire sur des mines fatiguées. « Un de mes fils me prive d'Internet, pour me protéger... » La pression s'accumule. Par moments, la colère fait place au désespoir, vite balayé par l'urgence de savoir. « Nous avons demandé un soutien psychologique à la PJ il y a deux ou trois jours. Mais depuis, pas de réponse », regrette Marie-José.
« Il faut qu'on sache »
Difficile de se faire une idée de ce qui s'est réellement passé ce 18 juin, dans le centre-ville de Maubeuge, là où Anne-Sophie, la maman de Typhaine, dit l'avoir perdue. Jeudi, les plongeurs ont de nouveau sondé la Sambre. En vain. « Regardez, cela fait plusieurs fois qu'ils replongent. C'est que ma petite-fille n'est pas dans l'eau. Mais dans ce cas, où est-elle ? » Pour l'instant, les enquêteurs peinent à apporter une réponse.
Et là, c'est le coeur d'une mère de douze enfants qui crie : « Il faut qu'on sache. Si quelqu'un sait quelque chose, c'est le moment de parler. L'attente est trop dure... » Hier après-midi, cent cinquante et une affiches (notre photo) avec la photographie de Typhaine ont été mises sous pli à la mairie d'Aulnoye-Aymeries afin de parvenir à chaque maire des 150 autres communes de l'arrondissement d'Avesnes-sur-Helpe.
Ces affiches portent trois numéros de téléphone afin que les personnes qui croiseraient Typhaine puissent alerter la police et faire avancer les recherches.
La maman de Typhaine, Anne-Sophie Faucheur, nous a dit qu'avec Nicolas, son concubin, ils allaient organiser le plus vite possible la distribution de ces affiches réalisées à titre gracieux par un graphiste de la ville d'Aulnoye-Aymeries et imprimées gratuitement par une société de la région lilloise. • G. B. ET M. VDK.
Numéro vert. - La direction interrégionale de la PJ à Lille a mis en place un numéro pour recueillir des témoignages : le 0 805 557 559, joignable 24 heures sur 24.







