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  • Lancement des 13èmes Journées européennes de la culture et du patrimoine juifs

     
    Publié le 31 Août 2012

     

     
     
    « Je veillerai personnellement au devoir de mémoire de mon ministère à l’égard de votre Histoire ». C’est par cette promesse que la ministre de la Culture Aurélie Filippetti (photo) a inauguré avec beaucoup d’émotion, jeudi 30 août 2012 à Metz, la 13ème édition des Journées européennes de la culture et du patrimoine juifs. Placé sous le thème de l’humour juif et fort de 11 695 visiteurs en Lorraine l’an passé, l’événement concerne cette année vingt-six pays européens.

    En présence de Dominique Gros, maire de Metz, mais aussi président du Collège des maires de l’association née de ces journées, Bruno Fiszon, Grand Rabbin de Metz et de la Moselle, et Désirée Mayer, présidente de l’association des JECJ-Lorraine, la ministre de la Culture et de la Communication était l’invitée de marque du Cloître des Recollets où avait lieu le vernissage de l’exposition « Les contes populaires juifs », à découvrir aux Archives municipales de Metz jusqu’au 5 octobre. Cette exposition, mise à disposition par le Centre Medem Arbeter Ring de Paris, entend rappeler que les contes sont avant tout des récits initiatiques.

     

    Attachement fort

     

    Devant plus d’une centaine de personnes, Aurélie Filippetti a loué le tissu associatif local œuvrant au profit de la valorisation de la mémoire collective juive, avant d’expliquer les raisons de sa venue : « La Lorraine constitue depuis toujours une place du judaïsme français. Le passé des juifs est marqué de faits tragiques et douloureux. Cette culture, c’est notre patrimoine à tous ! » Pour son retour dans la capitale régionale, la ministre en a profité pour réaffirmer un attachement fort à sa terre d’origine : « Face à la crise économique que connaissent notre pays et la Lorraine, la culture peut constituer une alternative et une réponse. Elle peut être un gage d’attractivité à l’image du Centre Pompidou-Metz, mais aussi un vecteur de développement économique ».

     

    Aurélie Filippetti entend nouer des relations étroites avec sa région. Elle prévoit même d’emmener très prochainement l’ensemble de son cabinet à Metz : « Il est important que ceux qui m’entourent chaque jour dans ma mission connaissent mes racines et mon attachement fort à la Lorraine. Je suis ministre, mais j’ai été et je suis Lorraine avant tout ! » La ministre s’est vu remettre la médaille de la Ville de Metz par Dominique Gros avant de retourner vers la capitale, non sans promettre une dernière fois qu’elle serait très vite de retour chez elle.

     

    Journées européennes de la culture et du patrimoine juifs : http://jecjlorraine.canalblog.com/

     

    Crif

  • Marseille - Trois vieilles dames frappées sauvagement pour leur or

     

    Publié le samedi 01 septembre 2012

     

    Toutes trois sont à l'hôpital. Des fractures, des blessures sévères aux membres, après des agressions sauvages, sur des octogénaires, dont le rétablissement est loin d'être gagné. Les trois vieilles dames ont été victimes de vols avec violences, particulièrement graves, dont les auteurs sont toujours en fuite. Les faits se sont produits entre le 15 et le 27 août et les autorités lancent un appel à témoins pour tenter de retrouver les suspects. Deux des vols ont été commis sur l'avenue du Prado (8e). La première s'est produite le 15, à 19 h, à deux pas de la statue de David. Une femme de 86 ans a été projetée au sol par deux individus arrivés à pied. Après l'avoir violentée, ils se sont emparés de son collier et de sa gourmette. Elle souffre d'une fracture du poignet.

    Huit jours plus tard, sur la même avenue, à 11 h 15, mais au niveau du supermarché Monoprix, c'est une dame âgée de 76 ans qui s'est retrouvée aux prises avec deux hommes, qui n'ont pas réussi à arracher sa chaîne en or et qui ont pris la fuite à scooter. Mais dans sa chute, la victime a vu son fémur se briser. Enfin, le 27, l'agression la plus sauvage s'est déroulée entre le boulevard Imbert et la rue Carminati (11e). La vieille dame de 84 ans n'a pas vu ses deux agresseurs arriver derrière elle pour se jeter sur ses bijoux. Ses colliers ont cédé. Mais pas sa gourmette. À tel point qu'elle a été très gravement blessée au poignet. "Le bijou était tellement incrusté dans sa chair que les pompiers ont eu du mal à la retirer", se désolait hier une enquêtrice. Souffrant d'une fracture du poignet, elle a été transportée dans un état très sérieux à l'hôpital. Les deux garçons, eux, ont pu prendre la fuite en courant.

    Depuis, tous sont introuvables. Toute personne ayant assisté aux faits ou permettant de faire avancer les investigations peut contacter les services de police. Ils doivent faire face à de très nombreux faits de ce genre depuis le début de l'été.

    BSU Sud : 04 84 35 33 10 ou 08 ou 03, aux heures de bureau et 04 84 35 33 53 ou 59, 24h/24.

    La Provence

     

     

     

  • Martigues : la Bastide de Maurras, l'héritage encombrant

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    La bastide et son domaine, situés au 22 Chemin de Paradis,à Ferrières, sont une propriété communale depuis 1997. La mairie a investi 203 447 € ces douze dernières années dans des travaux de rénovation.

    Photo DR

     

     
     
    Publié le samedi 01 septembre 2012 à 17H10
     

    Le penseur d'extrême-droite, dont le 60e anniversaire de sa disparition est célébré aujourd'hui, avait souhaité céder la propriété familiale au domaine public. La mairie martégale se serait bien passée du cadeau dont elle ne fait rien...

     
    Le lys et la faucille (avec le marteau) ne font pas bon ménage. Cette alliance contre-nature et inédite a pourtant été scellée à Martigues... Il ne s'agit certes pas d'un mariage politique mais d'un accord patrimonial. Une mairie communiste qui hérite d'une bastide ayant appartenu à un royaliste, ultra-nationaliste et farouchement anti-révolutionnaire, l'histoire n'est vraiment pas banale ! Cette bastide, c'est la Maison du Chemin de Paradis dont l'ancien propriétaire n'était autre que Charles Maurras, le célèbre fondateur de l'Action française et dont le soixantième anniversaire de sa disparition est célébré aujourd'hui à Martigues.

    Une centaine d'admirateurs du très controversé intellectuel martégal se retrouvent cet après-midi dans les jardins de cette grande maison bourgeoise qui se cache derrière le stade Turcan. C'est dans ce même jardin que quinze ans plus tôt, en septembre 1997, s'était déroulée une cérémonie officielle. Feu Jacques Maurras, le neveu et fils adoptif du sulfureux penseur d'extrême droite, remettait les clés du domaine au maire Paul Lombard pour 1 franc symbolique. "Mon mari n'avait fait qu'appliquer les dernières volontés de son père, raconte Nicole, l'épouse de Jacques Maurras, qui est décédé en 2004. Charles Maurras avait lui-même entrepris les démarches, au sortir de la guerre, pour que le domaine familial soit cédé à la Ville de Martigues mais à l'époque, le conseil municipal avait refusé".

    Il faut dire que le contexte n'était pas du tout favorable à une telle offre ! Le 28 janvier 1945, Charles Maurras, qui fut un soutien inconditionnel du régime de Vichy, venait d'être condamné pour intelligence avec l'ennemi à la réclusion criminelle à perpétuité ; l'écrivain perdait par la même occasion son fauteuil à l'Académie française...

    "Le monument de mon patriotisme municipal"

    Il aura donc fallu attendre près d'un demi-siècle pour que le "voeu sacré" et testamentaire de l'ancien propriétaire des lieux, mort en 1952, soit exaucé. Ce souhait, Charles Maurras avait eu l'occasion de le coucher sur le papier, comme dans cette lettre datée du 20 janvier 1945 : "Je précise encore une fois ma volonté : qu'elle soit sacrée, comme d'un mort. Si je désire l'achèvement de cet ensemble, ce n'est pas pour le voir, ni pour en jouir, mais pour qu'il soit, pour qu'il existe et reste le monument de mon patriotisme municipal".

    "Charles Maurras était un amoureux de Martigues, il a glorifié la ville et c'est au nom de la sauvegarde du patrimoine, architectural et littéraire, qu'il a souhaité en faire don à la collectivité. A la collectivité, j'insiste", souligne Nicole Maurras. Mon mari avait repris ces arguments qui ont finalement convaincu l'ancien maire de Martigues". Elle préside l'association des Amis de la Maison du Chemin de Paradis et c'est à ce titre que cette Aixoise participe à un comité de gestion, supervisé par le maire.

    Mais pour la municipalité, avoir hérité de cette bastide n'en reste pas moins encombrant. Elle n'en fait pas du tout la promotion. Au contraire, c'est comme si elle la cachait. A l'entrée du domaine, aucune plaque officielle rappelant le nom du donateur n'est accrochée. Et il ne s'agit pas d'un oubli. Sur le site internet de la Ville, le nom de l'ancien propriétaire des lieux est d'ailleurs soigneusement occulté, comme lors des Journées du Patrimoine, où c'est, officiellement, la "Maison du Chemin du Paradis" et non la Bastide de Charles Maurras qui est ouverte au public... Le reste de l'année, le domaine est accessible mais uniquement sur rendez-vous, par petits groupes, et exclusivement le mardi. C'est donc à titre exceptionnel, qu'elle ouvre ses portes aujourd'hui à une centaine de royalistes, admirateurs du fondateur de l'Action française.

     

    La Provence

  • Béziers – Bagues, boucles d’oreilles… elles avaient caché leur butin dans leur vagin

     

     

    Trois Roumaines [comprendre Roms, ndlr] ont été arrêtées vendredi. Deux d’entre elles étant mineures, elles ont été conduites dans une famille d’accueil pour un placement provisoire. La 3e devra se présenter devant le tribunal.

    Vendredi dernier, les enquêteurs de la brigade anticriminalité du commissariat de Béziers ont interpellé trois Roumaines qui se promenaient dans le quartier des Fleurs.

    Au moment de leur arrestation, elles venaient de monter précipitamment dans un véhicule. Dépourvues de papiers d’identité, et alors que la conductrice venait de jeter sous sa voiture des pièces d’argent, un jonc et une pince à sucre, elles ont été conduites au commissariat en vue de vérifier leurs identités.

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  • Journal de Bord de Jean-Marie Le Pen n° 289

    Au sommaire de ce numéro de rentrée :

    • Une élue socialiste réclame l’armée pour endiguer les trafics de drogue à Marseille
    • La Kalachnikov devenue arme courante dans nos cités ?

    Retour sur les événements qui ont marqué l’été :

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  • Génération Région PACA

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    30/08/2012

    Rentrée en vue, la Région présente son dispositif d'aides aux jeunes

     

    La rentrée, moment souvent préoccupant pour des milliers de parents qui voient, chaque année, la facture des dépenses liées à la scolarité de leurs enfants s'allonger. Depuis quelques années, la Région Paca met en place des dispositifs d'aides pour les 16-25 ans afin d'alléger le poids de ce budget et favoriser ainsi leur réussite éducative. Jeudi a donc été présenté le programme « Génération Région », anciennement « Contrat autonomie », qui répertorie les différents axes de soutien à l'insertion scolaire, présentation.

    « Je me suis notamment engagé à bâtir un avenir plus serein pour notre jeunesse en lui donnant les moyens de l'autonomie [?] et c'est avec l'appui d'un gouvernement de même bord que nous pouvons travailler aujourd'hui » a introduit le président PS de la région Paca, Michel Vauzelle. Le principe à l'égalité des chances est l'un des principaux défis de la Région puisque le budget « jeunesse » représente plus de la moitié de celui-ci. L'opération solidaire, qui séduit les lycéens et apprentis depuis quelques années, a donc été renouvelée. Le dispositif de gratuité des transports, Zou ! Etudes, revient cette année avec les mêmes avantages : 100% de réduction sur le trajet domicile-lieu d'études et 50% de réduction sur les autres trajets, gamme tarifaire proposée sur les TER, les LER et les Chemins de Fer de Provence. Il s'adresse aux collégiens, lycéens, étudiants, apprentis et stagiaires de la formation professionnelle de moins de 26 ans. Nouveauté cette année, la Région a élargi le champ d'application de cet avantage aux trajets domicile-lieu de stage pour les apprentis, les stagiaires de la formation professionnelle et les élèves du secteur sanitaire et social. Instauré depuis la rentrée 2011, Zou ! Etudes a déjà séduit plus de 36.000 jeunes de la région. Le coût de la carte est de 15 euros. Un meilleur accès des jeunes à la culture reste un axe dominant pour la Région. A l'identique de l'année passée, le Pass Culture octroie plusieurs chèques de différentes valeurs pour l'achat de livres, de places de cinéma, de places de concerts, de spectacles ou de pièces de théâtre, le tout à hauteur de 50 euros. Désormais, tous les jeunes domiciliés ou scolarisés dans la région, âgés de 15 à 25 ans révolus, pourront accéder à cette offre. Les lycéens et apprentis ne sont pas en devoir de justifier d'un âge minimum. La prise en charge d'une partie de la restauration scolaire n'est pas en reste puisque depuis 2011, la Région a pris à sa charge une partie de ces frais et à instaurer, dans ce sens, un fonds de solidarité. Destiné aux familles boursières, les enfants qui sont demi-pensionnaires peuvent attendre une aide de 90 euros et les élèves internes, 180 euros. 30.000 foyers sont concernés par ce dispositif.

    Véritable problème de santé publique, les grossesses non désirées, l'interruption volontaire de grossesse, de maladies sexuellement transmissibles sont en recrudescence dans la région. Pour y répondre, la Région instaure, dès 2013, le Pass Santé , pour les jeunes de 16 à 25 ans, filles et garçons. Il se présente sous la forme d'un chéquier-coupon qui permet l'accès gratuit et anonyme à six prestations médicales : première consultation, analyses biologiques, consultation avec le médecin biologiste en cas de dépistage positif, achat de contraceptifs pendant un an, deuxième consultation et consultation médicale sur la prévention. Dès le mois d'octobre 2012, un site d'informations et de conseils en matière de contraception sera mis en ligne, en partenariat institutionnel avec l'Agence régionale de santé Paca et le Droit des femmes.

    Med'in Marseille

  • Vandalisme dans une église à Châteauroux

     

    Un lecteur de ce blogue m’a envoyé hier par courriel l’information suivante :

    « Le 20 août dernier, des individus ont pris pour cible l’église Notre-Dame de Châteauroux [Indre]. Les profanateurs ont détruit une Pietà en pierre polychrome datant du XVIe siècle. Ces misérables ont voulu s’en prendre spécialement à la Vierge Marie et à son Divin Fils que symbolise cette statue. Mais à ce scandale s’ajoute un autre scandale. Ni les autorités religieuses, ni les médias locaux n’ont condamné ou même mentionné cet acte de pure haine antireligieuse. Quelles n’auraient pas été leurs réactions si un acte similaire avait été commis dans une mosquée ou une synagogue ? Une fois de plus, l’indignation et la réprobation publiques ne sont réservées qu’à certains… Face à l’indifférence de leur hiérarchie officielle, un collectif de catholiques a décidé de se réunir devant l’emplacement de la Piétà vandalisée afin de réciter un chapelet en réparation des offenses faites à la Très Sainte Vierge Marie et à son Divin Fils, le samedi 8 septembre à 10 h. »

    On peut contacter le collectif ici.

    Une rapide recherche sur Internet m’a permis de constater que La Nouvelle République n’a pas pipé mot de ce vandalisme. Je lui ai adressé hier un courriel. J’attends la réponse. Rien davantage sur le site de la paroisse de la Résurrectionà laquelle appartient l’église Notre-Dame. J’ai également envoyé un courriel à cette paroisse. J’attends la réponse…

    Observatoire de la christianophobie

  • Quand Madame de Sévigné s’inquiète de la santé de Madame de Thaubirat

     

    Lettre en confidence à ma cousine Madame de Lobinière

    Ma bonne amie et chère parente,

    Versailles frétille, par ces belles journées de fin d’été, d’une affaire somme toute banale mais qui, en ces temps de grandes incertitudes, nous prend quelques amusantes proportions. Vous savez comment est la Cour et de quelle façon le peuple l’observe. Laissez-moi vous narrer la chose, et vous montrer comment le futile rejoint de manière imprévue les choses importantes du royaume.

    Vous avez en mémoire cette Madame de Thaubirat dont le Roi, pour des raisons qui demeurent mystère aux yeux du plus grand nombre, s’est entiché au point de la faire voyager de ses lointaines Amazonies pour lui confier, au grand dam des sachants de l’Université, le cabinet des Lois Stupides, des Décrets sans Application et des Circulaires Égarées en Chemin.
    Eh bien figurez-vous, ma chère, qu’ayant à peine terminé une harangue aux escholiers de la Justice Royale de Bordeaux, elle fut, malgré une fort solide carrure et un verbe de tribun, prise d’un vertige qui l’obligea à s’allonger séance tenante sur le plus proche canapé.

    Une favorite ainsi foudroyée (je vous rassure cependant, les nouvelles parvenues ce soir d’Aquitaine nous indiquent Dieu soit loué qu’il ne s’agissait que d’une fugace vapeur, ne nous moquons pas de ce qui peut nous arriver au poser de la plume qui nous joint) ne pouvait l’être sans qu’aussitôt le train fort chrétien de l’assistance ne fût mis en oeuvre. C’est ainsi que notre bonne ville de Bordeaux fut occupée, le jour durant, par les cloches, trompes, buccins et tambours de tout ce que la cité compte de secours aux personnes et c’est bien une grande chance de pouvoir ainsi disposer des bras, cerveaux et attelages qui manquent tant aux plus démunis de notre beau pays de France. Mais chut, c’est ainsi et ni vous ni moi n’y pouvons grand chose.

    En bref, la nouvelle de l’indisposition de Madame de Thaubirat à peine parvenue au Château, le Roi fit mander auprès d’elle tout ce que la Guyenne compte de médecins et ce fut, au chevet de la malheureuse, un fort touchant ballet de toges noires, de bonnets pointus et de mines perplexes, la question étant de savoir si l’on conservait en province ce présent quelque peu encombrant ou si on l’installait dans la première diligence pour le reconduire à son point de départ, j’entends par là la capitale des Yvelines.

    En fin de compte, le « colis précieux » est à cette heure encore conservé, saigné et purgé, aux Hospices de Bordeaux et en toute franchise, je me prends à affirmer, moi qui suis volontiers sujette aux évanouissements, que sa santé n’en sera pas davantage affectée que si on avait décidé de lui faire entreprendre un long et aléatoire voyage en si intense faiblesse.

    Alors, la drôlerie dans tout cela me direz-vous? J’y viens. Nous avons vu et entendu la jérémiade réglementaire de tous ceux que le malheur des autres semble accabler, avec le nuancement qui s’impose : les uns sincères et contristés pour de bon, les autres, bien plus nombreux mais ainsi va la nature humaine, anxieux de savoir à quel moment le Roi ferait appel à eux pour suppléer la subite absence de l’affligée. Ce petit jeu des hypocrites est toujours plaisant à observer et ma foi, je m’y amuse assez, l’opinion dominante étant qu’une fois rétablie, Madame de Thaubirat serait bien inspirée de s’embarquer à La Rochelle pour retrouver le fil un peu moîte à ce qui se dit des rus et rivières de sa jungle natale.

    L’esprit ne manque pas en l’occurrence (c’est heureux, nous sommes en France, tout de même!). D’aucuns, non sans malice, font remarquer que le diagnostic de la Faculté bordelaise, vertige par épuisement, a de quoi faire quelque peu sourire, Madame de Thaubirat ayant pour l’essentiel de son zèle et en une semaine seulement réduit en cendres la législation que son prédécesseur aux Sceaux, ce pauvre, terne, trise, insipide et déjà oublié Monsieur de Mercier, lui-même succédant à la très séduisante et exotique (tiens, elle aussi, nos souverains sont décidément fascinés par la Sauvagerie, au sens noble s’entend) Madame de La Datte, avait mis près de deux ans à bâtir. On va même jusqu’à murmurer que si quelqu’un pouvait tourner de l’oeil dans cette histoire, c’était bien lui!

    La méchanceté voisine avec l’ironie, vous ne l’ignorez point. On glose aussi sur l’étrange absence de notre évanouie-en-Gironde tandis que les faubourgs de Mulhouse et d’Amiens étaient mis à feu par une populace de barbaresques et de gypsies (j’adore ce mot, il sonne comme une complainte carpathe) prétendument affamée. Épuisée par tant de vacances? Nous vivons des temps étranges, ne trouvez-vous pas?

    Et le Roi? me demanderez-vous. J’imagine d’ici votre inquiétude à sonder la sienne (d’inquiétude). Eh bien, ma chère, il se trouve bien désappointé à cette heure. Figurez-vous qu’au moment où il pensait le peuple capable de se rassembler en ferveur pour brûler des cierges à l’adresse de l’évaporée de Cayenne, le baladin nommé Alidé (vous savez, ce fort en gueule au visage de boiserie attaquées par les termites), remettait lui aussi son sort entre les mains de la science, et que pensez-vous qu’il advînt? Je vous le donne en cent! Le vertige de Madame de Thaubirat est encore aujourd’hui absolument occulté par celui du gratteur de mandoline et nous voyons là, de manière évidente, l’errance dans laquelle le vulgaire, quittant les rivages de la simple raison, se vautre.

    Voilà, ma bonne amie, où nous en sommes. Je vous embrasse avec effusion, et avec un brin de nerfs aussi car nous attendons, entre tritons et Trianon, que se continue, sur la musique de notre bon Lully, la comédie en cours dans laquelle Mesdames de Poitiers et d’Alsace tiennent les rôles-maîtres. Nous sommes là dans une toute autre dimension, la gazette en fait déjà son commerce quant à l’automne à venir, il ne verra sans doute pas tomber que les feuilles des arbres!

    Versailles sera toujours Versailles, enfin… espérons-le malgré tout.

    De tout cela je vous ferai récit. Promesse et devoir!

    Votre bien fidèle et dévouée,

    de Rabutin-Chantal.

    Alain Dubos

    RIPOSTE LAÏQUE