Les querelles internes à la communauté gay risquent-elles de déteindre sur l'Europride qui se déroulera dans trois semaines à Marseille ? A priori non, au regard de quelques indicateurs qui laissent à penser que la communauté gay a bien pris rendez-vous avec Marseille pour la 20e grande fête annuelle de la communauté Lesbiennes, gays, bisexuels et trans (LGBT).
Un afflux massif
"Nous attendons un afflux massif sur la deuxième semaine : 200 000 participants à la marche du 20 juillet et 400 000 personnes lors du dernier week-end. Les 2 500 chambres allouées sont pleines et l'accommodation partagée fonctionne à plein. Les concerts au Dock sont remplis à 25 %", avance Suzanne Ketchian, présidente de la Lesbian & gay parade (LGP).
"C'est difficile de se faire une idée parce que ce n'est pas une coupe du Monde de football mais un événement militant. Des réservations ont eu lieu, notamment d'Amérique du nord et du sud, mais c'est une clientèle qui 'book' en dernière minute", reprend le directeur de l'Office de tourisme et des congrès, ravi du partenariat.
Celui-ci devrait même permettre à la ville de surfer à l'avenir sur la vague gay, selon Maxime Tissot : "Nous allons bientôt adhérer à l'International gay and lesbian travel association. C'est une clientèle intéressante pour notre ville".
MP 2013
Projet périphérique labellisé par MP 2013, l'Europride est suivie de près par un chef de projet, bien qu'elle ne bénéficie d'aucun financement : "On était inquiet en début d'année mais là, c'est un peu mieux structuré et on voit l'impact sur notre site. L'équilibre entre le commercial et le festif est revenu", note Pascal Raoust.
Entre des soirées privées au Dock des suds, un esprit gay développé au cours d'Estienne-d'Orves et au cours Julien, une plage dédiée au Prado et des événements militants à la Friche, Marseille devrait s'afficher aux couleurs de l'événement. Mais rien ne transparaît pour l'instant.
"Le militantisme du rendez-vous"
"Tout le monde va s'y mettre, rassure Suzanne Ketchian, même si je déplore que les premières affiches que nous avons posées aient déjà été recouvertes. Cela dit, même si la ville va fusionner avec l'événement, le drapeau arc-en-ciel ne flottera pas partout parce qu'on ne le voulait pas. Il y aura des points de visibilité dans les endroits stratégiques."
Aussi, la présidente tient aussi à souligner le militantisme du rendez-vous : "Pour moi, c'est primordial. Croyez-vous qu'on est juste là pour la fête ? Allons, franchement, aucune Europride n'a vu le festif prendre le pas sur le militantisme".
La Provence