C’est l’Euro 2016, ce devrait être une période festive, une compétition sportive à même de donner une belle image de notre pays. Et pourtant, le moment est bien sombre, bien triste. Nous vivons une bien étrange période. Les attentats se suivent, à des échéances de plus en plus rapprochées, et le pays s’endeuille régulièrement. Avant-hier encore, la terreur islamiste frappait dans le domicile d’un couple de policiers, laissant un malheureux enfant de 3 ans sans père ni mère. Dans le même temps, alors même que l’état d’urgence a été déclaré, et plusieurs fois prolongé, nos villes sont presque chaque jour désormais dévastées par des hordes de casseurs d’extrême gauche.

Je ne mets pas sur le même plan les deux phénomènes. Mais je m’interroge sur la passivité coupable du gouvernement, qui, quelle que soit la gravité des actes commis, se contente de commenter, et de jouer ce rôle étrange de spectateur de la violence. Les communiqués du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, ses déclarations martiales, ou celles du Premier ministre, Manuel Valls, s’enchaînent, sans que jamais leur tonalité ne change. C’est à chaque fois un indécent satisfecit sur l’action de l’Etat, et un commentaire du désastre. Mais il n’y a jamais dans ces propos le début d’une prise de conscience, ni l’indication que le gouvernement se préparerait à agir. Non, hélas, il n’y a rien d’autre dans ces discours que l’aveu de l’impuissance de l’Etat. Le gouvernement donne le sentiment à beaucoup de Français, sentiment justifié, d’un état végétatif. Incompréhensible, dangereux.

Parlons d’abord du terrorisme islamiste. Que nous dit le Premier ministre ? Qu’il y aura d’autres attentats, comme il l’avait déjà dit, et que d’autres innocents perdront leur vie. Commentaire d’un spectateur désabusé, peut-être sincère dans sa compassion, mais effroyablement impuissant, inactif, et, au final, terriblement inquiétant sur la capacité du gouvernement à agir. Car que veulent dire ces propos au final ? Simplement que l’équipe au pouvoir, tout comme la précédente, a laissé grossir la bête monstrueuse, et constate aujourd’hui, désemparée, qu’elle commence de déchaîner sa violence. Mais que veulent-ils faire ? Que pourraient-ils faire ? Eux, qui n’ont jamais voulu admettre le mal, pendant des années, qui ont préféré taire ce que nous dénoncions avec vigueur. Ils n’ont jamais voulu combattre le fléau d’une immigration incontrôlée et du communautarisme, ils n’ont jamais voulu reconnaître que des pans entiers du territoire se nourrissaient d’une radicalisation islamiste insupportable, ils n’ont jamais accepté que l’on parle des frontières, par où passent les armes, les terroristes potentiels partis s’entraîner à l’étranger, ils n’ont jamais rien voulu entendre. PS comme UMP ont laissé se gangréner le pays. Et parce qu’ils n’ont pas une claire conscience des causes de ce phénomène monstrueux, ils sont aujourd’hui incapables d’imaginer les solutions. Parce qu’agir aujourd’hui voudrait dire remettre en cause l’ensemble de la politique menée depuis des décennies, l’ensemble de leurs aveuglements, ce revirement est pour eux inacceptable. Il y a pourtant urgence à agir, à prendre des dispositions essentielles à la sûreté de la Nation. Nous déclinons chaque jour nos propositions, concernant les forces de sécurité, la Justice, la politique pénitentiaire, les frontières nationales, la catastrophe Schengen, la laïcité, l’immigration. Mais ils n’entendent rien, et se contentent de commenter. Cela devient intolérable. Et dire que nous devrons encore attendre un an pour avoir l’espoir de bouger.

Parlons ensuite des casseurs. Ceux-ci vont et viennent, de ville en ville, quand ils ne viennent pas de l’étranger (là aussi les frontières seraient bien utiles), et cassent. Partout, impunément, sous les yeux de forces de l’ordre à qui l’on donne comme seule consigne de ne pas bouger. Voilà qu’après avoir tenté de tuer des policiers, ils s’attaquent désormais à des hôpitaux, à un hôpital qui soigne les enfants malades. Quel plus abject symbole. Je fais la part des choses entre la légitime contestation de la loi Travail par les Français, que nous combattons depuis le premier jour et qui n’est que l’imbécile traduction de recommandations européennes, loi qu’il suffirait aujourd’hui d’abandonner pour retrouver un peu de sérénité, et l’action de ces hordes d’extrême gauche que personne ne devrait accepter de voir sévir sur notre territoire. Pourquoi une telle mansuétude pour ces acharnés de la violence, ces prétendus « antifa » qui appliquent en réalité des méthodes proprement fascistes ? Vraiment, l’on s’interroge.

Attentats, casse de nos villes… Je me pose la question : serions-nous capables aujourd’hui d’organiser, comme nous l’avions fait en 1998, une nouvelle coupe du monde ? Quand on voit à quel point le pays se désagrège, alors même qu’il est sous les projecteurs de tous les pays qui suivent l’euro, quand on voit à quel point la sécurité des Français et des visiteurs est malmenée, je me dis que cela ne serait plus possible, tant est grande la faillite de nos dirigeants.

Nous sommes favorables à l’organisation de grandes compétitions sportives sur le territoire national. Cela peut être source de croissance, de gains pour le pays en termes d’image, de retombées positives dans maints domaines. Mais malheureusement cela devient de moins en moins possible. La faute à des gouvernements qui, par leur aveuglement et leur inaction, plongent peu à peu la France dans un état de guerre civile. Il faut rétablir l’ordre.

Marine Le Pen

Carnets d'espérances