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  • Seront-ils rapatriés par le Quai d'Orsay?

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    Après le verdict...
    Les six Français de L'Arche de Zoé ont tous été condamnés mercredi à la même peine, huit ans de travaux forcés, par la Cour criminelle de N'Djamena qui les a jugés coupables d'avoir tenté d'enlever 103 enfants au Tchad afin de les emmener en France il y a deux mois. 

    Le président de l'association Eric Breteau, son assistante Emilie Lelouch, les logisticiens Alain Péligat et Dominique Aubry, le médecin Philippe Van Winkelberg et l'infirmière Nadia Merimi ont été reconnus coupables de "tentative d'enlèvement de 103 enfants tendant à compromettre leur état civil" et "grivèlerie".

    Mahamat Dagot, un chef de quartier de Tiné, ville frontalière du Soudan, et Souleïmane Ibrahim Adam, un Soudanais qui a servi d'intermédiaire dans la région d'Adré, autre localité de l'extrême est du Tchad, ont été jugés coupables de "complicité de tentative d'enlèvement d'enfants" et, bénéficiant de "larges circonstances atténuantes", ont écopé de quatre ans de prison ferme.

    Enfin, le maire et le secrétaire général de la mairie de Tiné, Sinine Amadou Nassour et Ahmat Harane Gnoye, ont été acquittés après avoir été mis hors de cause à la barre par Eric Breteau.

    Eric Breteau, tout comme Souleïmane Ibrahim Adam, ont également été jugés coupables de "faux et usage de faux en écritures publiques".

    Les huit coupables ont été condamnés à verser "solidairement" aux familles des 103 enfants un total de 4,12 milliards de francs CFA (6,3 millions d'euros) de dommages et intérêts.

    A l'énoncé du verdict par le président de la Cour Ngarhondo Djidé, après trois heures d'attente dans une salle d'audience bondée et à la lumière de néons, les Français ont paru sonnés. L'infirmière Nadia Merimi a fondu en larmes dans les bras de son avocat français, Me Mario Stasi.

    Les condamnés sont repartis en fourgon cellulaire vers la maison d'arrêt. Main dans la main, Eric Breteau et Emilie Lelouch portaient à nouveau le pantalon de sapeur-pompier et le gilet bleu estampillé Children Rescue, nom de leur opération au Tchad, qu'ils avaient abandonnés le temps du procès.

    Les Français avaient été arrêtés le 25 octobre à Abéché, principale ville de l'est tchadien, alors qu'ils s'apprêtaient à embarquer 103 enfants à bord d'un Boeing-757 afin de les emmener en France, où les attendaient des familles d'accueil. L'opération avait été condamnée par Paris et N'Djamena.

    Dans la matinée, la défense des dix accusés avait plaidé l'acquittement, tandis que le procureur général Beassoum Ben Ngassoro requérait entre sept et onze ans de travaux forcés pour chacun des six Français, des peines plus légères pour les deux intermédiaires et l'acquittement des deux responsables de la mairie de Tiné.

    Intervenant en dernier, Eric Breteau, qui avait pris en main sa défense dès vendredi à l'ouverture du procès, a pour la première fois esquissé de timides regrets.

    "Nous avons toujours recherché des orphelins du Darfour", région soudanaise voisine en guerre civile, a-t-il réaffirmé.

    Si les 103 enfants "sont Soudanais, nous les avons privés d'un avenir meilleur", a-t-il dit. "S'ils sont Tchadiens et qu'on nous a menti, si nous les avons séparés de leurs familles, nous sommes navrés, sincèrement désolés, car nous n'avons jamais voulu les séparer des familles".

    "Je suis scandalisé par l'uniformité de la peine" contre les six Français, a déclaré à l'AFP leur avocat tchadien, Jean-Bernard Padaré.

    Sa consoeur française Céline Lorenzon a annoncé qu'elle allait "faire revoir la peine en France, puisque les travaux forcés n'existent pas".

    "La même peine pour tous, cela signifie que les peines étaient fixées d'avance", a-t-elle ajouté, "en colère et écoeurée".

    Le ministère français des Affaires étrangères a fait savoir que Paris demanderait "aux autorités tchadiennes le transfèrement en France des condamnés" pour qu'ils y purgent leur peine, conformément à une convention de coopération judiciaire de 1976. De source diplomatique à N'Djamena, on affirme que ce rapatriement pourrait intervenir "très rapidement".

     

  • Kouchner, la planche pourrie...

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    Les différents avocats des dix accusés ont tous réclamé l'acquittement de leurs clients.

    "Vous ne pouvez que prononcer l'acquittement . Vous n'avez aucun fait justifiant une condamnation", a déclaré Me Céline Lorenzon, avocate française des six membres de l'association.

    "On reproche aujourd'hui à ces hommes et ces femmes d'avoir voulu appliquer au drame du Darfour la doctrine élaborée par Bernard Kouchner", fondateur de l'ONG Médecins sans frontières (MSF) et actuel chef de la diplomatie française, farouche défenseur du "droit d'ingérence", a souligné Me Gilbert Collard, autre avocat français de la défense.

    Au cours de l'instruction et des débats, les membres de l'Arche de Zoé ont affirmé avoir voulu "évacuer" vers la France des "orphelins du Darfour", province soudanaise voisine de l'est du Tchad, en proie à la guerre civile. Ils ont soutenu avoir été trompés par les intermédiaires locaux qui leur ont caché que les enfants étaient pour la plupart tchadiens et avaient un ou des parents.

    Dans une dernière intervention avant que le jury ne délibère, Eric Breteau s'est dit "désolé" d'avoir séparé des enfants tchadiens de leur famille.


    Le procureur a réclamé qu'on restitue aux "parents identifiés" les enfants, hébergés dans un orphelinat d'Abéché, principale ville de l'est du Tchad, d'où L'Arche de Zoé comptait les faire partir pour la France.

    Il a demandé de condamner solidairement les six Français, Mahamat Dagot et Souleimane Ibrahim Adam à verser 4,12 milliards de francs CFA (6,3 millions d'euros) aux parents des enfants, et un franc CFA symbolique à l'Etat tchadien.

    Les parties civiles avaient réclamé un million d'euros de dommages et intérêts par enfant.

    Le procureur a demandé au tribunal de prononcer la restitution du Boeing-757 de la compagnie espagnole charter Girjet, affrété par L'Arche de Zoé pour ramener les enfants en France et saisi depuis le 25 octobre.

    En cas de condamnation, les six Français pourraient être transférés en France pour y purger leur peine en vertu de " l'Accord en matière judiciaire" signé en 1976 entre le Tchad et la France.

    (Source: ACTU Orange)



  • Tchad: scènes de justice ordinaire...

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    Le double feuillet dactylographié est affiché entre deux avis administratifs sur un mur de ciment crème, en face de la salle d'audience où se poursuit depuis le 21 décembre le procès de L'Arche de Zoé. D'apparence anodine, dans ce hall à claire-voie où la vingtaine d'avocats présents s'adonnent aux joies de l'interview à chaque interruption de séance, il raconte l'autre justice tchadienne, plus ordinaire, nettement moins formelle et moins médiatisée, plus violente aussi.

    Le 29 novembre, rapporte ce communiqué du Syndicat des magistrats du Tchad (SMT), "Mahamat Idriss, deuxième substitut du procureur, a été tiraillé et pris au col par des inconnus qui prétendent être parents d'une partie civile (…)". Dans le bureau du magistrat en question, des impacts de balles témoignent de la suite de ces événements.

    L'affaire, que la justice tchadienne ne jugera jamais, commence par un vol de bijoux suivi de l'arrestation des receleurs. Alors que le substitut s'apprête à délivrer un mandat de dépôt, des parents de la victime l'agressent car ils croient qu'il va libérer les coupables. Furieux, ils vont chercher un kalachnikov dans leur voiture "pour faire comprendre qu'ils ne sont pas n'importe qui", rapporte-t-on au palais de justice. Car les intéressés sont des neveux du président de la République Idriss Déby. Ils tirent plusieurs balles avant que le magistrat ne parvienne à leur subtiliser leur arme.

    Les policiers appelés à l'aide se trouvent aussi appartenir au clan du chef de l'Etat. Au lieu de protéger les juges, ils finissent par faire libérer les agresseurs et par permettre la restitution de leur arme. "Ensuite, poursuit la même source, victimes du vol et receleurs ont été réglé leur problème en ville, les seconds versant une somme d'argent pour avoir la paix."

    Un scénario exceptionnel ? Abdoulaye Check répond en sortant d'un tiroir de son bureau de conseiller à la cour d'appel de N'Djamena une liasse de communiqués du SMT, qu'il préside. Tous rapportent des faits de même ordre, où des représentants de l'autorité – hauts fonctionnaires ou militaires – bafouent la justice en la rendant eux-mêmes à leur façon.

    A la fin du mois de novembre également, les parents de la victime d'un accident de la route mortel ont fait irruption au domicile du procureur de la République d'Abéché "accompagnés d'une quinzaine de militaires proches de la victime". Ils exigeaient que le magistrat convoque les parents de l'auteur de l'accident pour obtenir réparation séance tenante.

    Le 2 mars, selon le SMT, c'est le gouverneur de la province du Moyen-Chari qui fait arrêter un prévenu relaxé par le tribunal de Sarh. Et ordonne l'enlèvement d'un troupeau de bovins… La chronique judiciaire tchadienne est encore rythmée par l'assassinat d'un substitut à Abéché en 2004, par un prévenu. Par l'agression du procureur de Doba par 24 militaires en 2006, à la suite de l'interpellation de l'un d'entre eux.

    "Les attaques sont monnaie courante et les sanctions exceptionnelles, résume M. Check, qui siège au procès de L'Arche de Zoé. Pour nous défendre, nous n'avons que nos codes, nos robes et la volonté d'être les esclaves de la loi et de personne d'autre. Tous les textes existent. Il suffirait de les mettre en application. Le président Déby a pris des engagements mais nous ne voyons pas venir les résultats."

    L'ampleur du phénomène est tel que les évêques tchadiens, dans leur message de Noël, écrivent : "Les instances judiciaires elles-mêmes, par les pressions qu'elles subissent et la corruption qui les atteint, à part quelques magistrats héroïques, sont de plus en plus dans l'incapacité de rendre justice." Hors l'affaire "Zoé", la déshérence de la justice tchadienne est telle qu'en réalité la cour criminelle ne s'était pas réunie entre 2004 et septembre 2007. "Faute de moyens, précise un magistrat. Le ministre des finances préfère mettre l'argent ailleurs. Il a fallu la pression des associations de défense des droits de l'homme et des bailleurs étrangers pour que les audiences reprennent cette année."

    Cette longue panne judiciaire conforte l'habitude des plus puissants de rendre la justice eux-mêmes. "Ici, quand on craint les foudres de la justice, on loue les services de militaires qui, en uniforme, vont intimider le juge ou la partie adverse, témoigne un professionnel. C'est aussi un moyen pour les soldats d'arrondir leur solde."

    Dans ce lourd contexte, l'affaire de L'Arche de Zoé, inédite dans ses implications politiques et internationales, est perçue par des juristes comme une occasion de manifester leur désir d'indépendance, voire de dénoncer le manque d'intégrité de certains de leurs pairs.

    Ainsi, l'irruption de Nicolas Sarközy à N'Djamena, le 4 novembre, pour obtenir la libération des hôtesses de l'air et des journalistes impliqués a déclenché une fronde inédite. Le substitut requis pour signer l'ordonnance de remise en liberté des Français a refusé de le faire. Ce dimanche-là, le procureur de N'Djamena était opportunément allé rendre visite à une tante au Cameroun et deux autres substituts avaient préféré éteindre leur téléphone portable.

    La cinquième magistrate sollicitée n'avait pas pris cette précaution et a accepté de signer l'ordre de libération juste avant l'atterrissage du président français.

    Les déclarations de M. Sarközy promettant de venir chercher les autres inculpés français "quoi qu'ils aient fait" ont porté à son paroxysme le sentiment d'humiliation. Pour la première fois, les magistrats ont manifesté dans les rues de N'Djamena. Le pouvoir a laissé faire, écartelé entre une opinion furieuse de cet affront à la souveraineté nationale et l'allégeance à la France, qui le soutient militairement.

    "Le fait que le procès se tienne tout de même au Tchad peut permettre aux magistrats d'affirmer leur pouvoir", reconnaît Delphine Djiraibe, avocate et porte-parole de la société civile, qui souhaite cependant "attendre des faits pour se prononcer".

    Le calendrier accéléré des audiences, manifestement dicté par les exigences françaises, ainsi que le transfert annoncé vers Paris des éventuels condamnés illustrent les limites de l'émancipation.

    Mais des scènes jusqu'ici impensables, comme l'interpellation en plein procès d'un colonel appartenant à l'ethnie zaghawa du président Déby, ont marqué des audiences dont la liberté de ton constitue un événement. Dans le contexte tchadien, que la population laisse des juges régler une affaire si passionnelle apparaît déjà comme une victoire...

    LE MONDE 26.12.07

  • La raison recule dans une Amérique métissée

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    Le candidat démocrate Barak Obama assiste à tous les services baptistes pour montrer qu'il est chrétien...
    La religion a rarement été aussi présente dans une campagne électorale aux Etats-Unis, où les discussions de théologie ont pris le pas sur les orientations économiques.

    Au cœur du débat entre les candidats républicains figure non pas le retrait d'Irak, mais la querelle entre mormons et évangéliques sur la réincarnation de Jésus-Christ. Tous sont persuadés qu'elle aura lieu, mais où ? Dans le Missouri, comme le croient les mormons ? Ou sur le mont des Oliviers, à Jérusalem, comme l'assurent les évangéliques ?

    Les démocrates sont moins versés sur le dogme mais se montrent assidûment à l'église. La démocrate Hillary Clinton a assisté à l'office baptiste, dimanche 23 décembre, à Waterloo, dans l'Iowa. Une semaine plus tôt, son rival Barack Obama avait emmené un groupe de journalistes à la First Congregational United Church of Christ pour souligner qu'il est chrétien, même si une partie de sa famille paternelle, au Kenya, ne l'est pas...

    Le chroniqueur du Washington Post Charles Krauthammer, pourtant un partisan du président George Bush, a déclaré souffrir d'une "surdose de piété publique". Dans les débats républicains, les candidats ont dû répondre à des questions qui auraient été considérées ailleurs comme relevant de la sphère privée.

    "Dieu a-t-il créé le monde en six jours, il y a 6 000 ans ? – Je n'en sais rien, je n'y étais pas, a répondu Mike Huckabee, le pasteur baptiste, en tête dans le Sud. Mais il l'a fait, et c'est cela qui compte."

    Le 29 novembre, un habitant du Texas a demandé aux candidats s'ils croyaient tout ce qui est écrit dans la Bible. "La réponse que vous fournirez nous enseignera tout ce que nous avons besoin de savoir à votre sujet", a-t-il ajouté. "Bien sûr, a répondu Mitt Romney, le candidat mormon : c'est le livre de Dieu."  Rudolph Giuliani, l'ancien maire de New York, catholique peu pratiquant, a fait de son mieux. "C'est le plus grand livre jamais écrit, a-t-il dit. Mais je ne prends pas tout au pied de la lettre ; par exemple, Jonas dans le ventre de la baleine, etc. Il me semble qu'il y a là-dedans des allégories." Comme le souligne Charles Krauthammer : "Pas un candidat n'a osé répondre : Cela ne vous regarde pas ."

    Les Etats-Unis sont-ils encore plus religieux au sortir des années Bush ? Il faut se garder de conclusions hâtives. Le phénomène de surenchère est propre aux élections "primaires". Dans chaque camp, c'est la base radicale qui est la plus mobilisée et qui se déplace pour voter. Les candidats sont obligés de séduire les extrêmes s'ils veulent emporter l'investiture du parti. Chez les républicains, la base religieuse donne le ton.

    Cette année, la présence d'un pasteur – l'ancien gouverneur de l'Arkansas Mike Huckabee – et d'un mormon a donné un tour encore plus marqué aux questions religieuses. Mitt Romney a été contraint de s'expliquer sur son Eglise. Il a beau se prévaloir d'un parcours sans faute d'homme d'affaires, de gouverneur et de responsable des Jeux olympiques de Salt Lake City, la campagne l'a ramené à la dimension mormone. Le 30 novembre, il a dû livrer un discours entièrement consacré à la question religieuse. Il a rappelé que les "Pères fondateurs" avaient inscrit la liberté de religion dans la Constitution. Mais il a procédé à un ajout qui n'est pas passé inaperçu, notamment chez les athées, un groupe qui commence à se faire entendre dans la société. Tout comme la religion a besoin de liberté, a-t-il dit, "la liberté a besoin de religion".

    Mike Huckabee a su, de son côté, exploiter la suspicion qu'inspirent les mormons aux évangéliques. L'homme a l'air patelin, mais il sait décocher ses flèches. En toute innocence, il a posé la question à un journaliste : "N'est-il pas vrai que les mormons croient que Jésus et le Diable sont frères ?" Il a dû s'excuser, mais la question était lancée. A une semaine du début du scrutin dans l'Iowa, M.Huckabee est en train de rafler le vote évangélique. Dans son message vidéo de Noël, il enfourche le thème préféré des conservateurs à cette époque de l'année : la défense de Noël face aux non-chrétiens qui tentent d'en retirer le sens religieux en disant plutôt "Joyeuses fêtes !". Bien qu'il s'agisse d'un clip de campagne électorale, il apparaît en pull-over rouge devant une étagère en forme de croix pour rappeler que Noël commémore la naissance du Christ.

    Les républicains se disputent l'héritage laissé par George Bush et son conseiller politique Karl Rove : le vote évangélique, ce sésame censé avoir ouvert à M. Bush la porte de la réélection grâce à la force de mobilisation des réseaux chrétiens conservateurs. A 78 %, les Blancs évangéliques ont voté pour le tandem Bush-Cheney en 2004.

    Mais les évangéliques ne sont plus un bloc monolithique. Les enquêtes d'opinion montrent une certaine désaffection pour le Parti républicain. Le processus de distanciation a commencé depuis plusieurs années sur les questions d'environnement lorsqu'un débat est apparu entre les évangéliques, qui estiment que la sauvegarde de la planète est une priorité, et ceux qui veulent centrer leur message sur la défense de la "civilisation" et de la "vie", c'est-à-dire les thèmes du mariage, de l'avortement, les cellules souches…

    Cette prise de distance est particulièrement visible chez les jeunes. Parmi les évangéliques de moins de 30 ans, 55 % se considéraient comme républicains en 2004. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 37 %. Ces conservateurs ont élargi leurs sujets de préoccupation aux questions sociales comme la pauvreté et l'exclusion. Ils n'excluent pas les coalitions, à l'image du pasteur Rick Warren, qui a reçu des démocrates, dont Barack Obama, pour une campagne contre le sida, dans sa "méga-church" de Californie.

    Les évangéliques ont été au sommet de leur influence politique au début des années 1980 avec la montée de la "majorité morale" du télévangéliste Jerry Falwell, puis avec George Bush, mais le paysage a évolué. Comme l'a expliqué le magazine Time, le "champ de prière s'est nivelé". Le bloc de la droite chrétienne s'est effrité, au risque de perdre son statut de "faiseur de roi". Cette année, les ténors se sont déchirés, faute de trouver un candidat à leur goût. Le fondateur de la Coalition chrétienne, Pat Robertson, a appelé à voter pour Rudolph Giuliani, un hérétique aux yeux des fondamentalistes, alors que Mitt Romney a reçu le soutien de Bob Jones, fondateur de l'université évangélique de Caroline du Sud. Jerry Falwell est mort au printemps. A Colorado Springs, la "Mecque des évangéliques", la communauté a été ébranlée par le départ forcé du pasteur Ted Haggard après un scandale sexuel et, début décembre, par une fusillade qui a fait trois morts à la New Life Church.

    (Source Le Monde - 26.12.07)

    On assiste à la confusion entre la morale et la religion: or, les religions ne sont pas "morales", elles ne sont pas fondées sur le bien et le mal, ni sur la raison, mais sur un irrationnel imposé dogmatiquement à la société. La Bible, amalgame de légendes tribales et d'affirmations archaïques, choque la raison et bien souvent la morale. La morale, c'est bien autre chose que la peur de l'enfer! Bush n'a pas peur de tuer des hommes innocents "au nom de Dieu"!

    Dire qu'aux Etats-Unis, il y a encore des foules de gens qui croient qu'un dieu a créé le monde en six jours il y a 6000 ans! Le niveau de la théologie, seule science qui, par définition, ne connaît pas l'objet de son étude, est remarquablement bas: il faut faire simple pour les masses... dont les enfants vont servir de chair à canon au cours de la IIIème Guerre Mondiale.

  • Cauchemar au Niger pour deux journalistes français

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    Sarközy va-t-il les abandonner? C'est bien possible. Il préfère les journalistes "people"...

    Il ne fait pas bon s'intéresser à la rébellion touarègue qui sévit dans le nord du Niger. Les autorités de Niamey ne veulent voir personne là-bas. C'est pour avoir bravé cette interdiction que deux journalistes français, Pierre Creisson et Thomas Dandois , se retrouvent en prison depuis plus d'une semaine, inculpés « d'atteinte à la sûreté de l'Etat », crime passible de la peine de mort. (qui n'est pas abolie au Niger...)

    Et tout contact avec les rebelles est assimilé à de la complité. Moussa Kaka, correspondant au Niger de Radio France Internationale, et Ibrahim Diallo, directeur du bimensuel « Aïr-Info », croupissent, pour cette raison, depuis près de trois mois dans une geôle nigérienne. Les Français, employés par l'agence Camicas Productions, étaient en reportage pour la chaîne de télévision franco-allemande Arte dans le nord du pays. Depuis février dernier, la rébellion armée touarègue y règne. Les rebelles revendiquent une meilleure représentation au sein de l'armée et une répartition plus équitable des richesses du sous-sol, essentiellement de l'uranium et du pétrole. Une cinquantaine de membres des forces de l'ordre ont été tués au cours d'accrochages meurtriers avec le MNJ (Mouvement des Nigériens pour la justice).

    Le gouvernement, qui se refuse à considérer la rébellion comme un mouvement politique, a déclenché une répression, qui, au fil des mois, s'est considérablement durcie, contre les « bandits » et les « trafiquants de drogue ». En août, le président Mamdou Tanja a déclaré « l'état de mise en garde » dans la zone, qui correspond, en fait, à l'abandon de tout état de droit. Amnesty International a dénoncé la multiplication des exactions, dont « l'exécution» de sept civils. L'armée a plaidé la méprise, mais personne n'est dupe. Et aucun étranger n'est autorisé à pénétrer dans la région. Thomas Dandois et Pierre Creisson avaient prétexté un reportage sur la grippe aviaire pour décrocher les autorisations nécessaires à leurs déplacements. Ils ont pu rencontrer, dans la clandestinité, des rebelles.

    Filés par la police, ils ont été arrêtés, ainsi que leur chauffeur, le 17 décembre, en possession de documents destinés, selon Mohamed Ben Amar, le porte-parole du gouvernement nigérien, « à servir de propagande à ces bandits en Europe ». Une affirmation assez ahurissante que leur employeur dément formellement.

    Placés sous mandat de dépôt, Dandois et Creisson ont été incarcérés au camp pénal de Kollo, à une vingtaine de kilomètres de la capitale, Niamey. Lundi, leurs familles ont fait appel à la « clémence» du président Tanja. L'Elysée et le Quai d'Orsay sont mobilisés, mais le président Sarközy, selon Robert Ménard, le président de Reporters sans frontières, n'interviendrait pas personnellement, « compte tenu des rapports très tendus entre le Niger et la France ».

    (Source Le Parisien 26.12.07) 

  • "Les chats" de Baudelaire

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    Baudelaire lisant   (Gustave Courbet -1819-1877)

    LES CHATS

    Les amoureux fervents et les savants austères
    Aiment également, dans leur mûre saison,
    Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
    Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires

     

    Amis de la science et de la volupté
    Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres;
    L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
    S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

     

    Ils prennent en songeant les nobles attitudes
    Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
    Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin;

     

    Leurs reins féconds sont plein d'étincelles magiques
    Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
    Étoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

    "Les Fleurs du Mal"

  • Une espèce en voie de disparition...

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    Lorsque l’on parle d’espèces animales en voie de disparition, on pense aux gros mammifères d’Afrique et d’Asie :: éléphant, rhinocéros, orang-outan…
    Mais en France, un animal risque de disparaître, pas tout de suite, il est vrai, mais probablement à plus long terme. Ne riez pas, toutes les espèces qui ont disparu comptaient des millions d’individus et pourtant, on se disait qu’on en aurait pour toujours.
    Aujourd’hui, le prochain animal à disparaître risque d’être… le cochon ! Le cochon, qui une fois abattu est appelé porc, et aussi interdit de consommation dans certaines religions.
    Théoriquement, lorsque l’on veut sauver un animal en voie de disparition, on interdit la capture, la vente des peaux, ivoires, plumes, ou de la viande du dit animal. Ici c’est l’inverse : si vous voulez le sauvez, mangez-en !

    Ce geste risque d’être de plus en plus difficile. Individuellement, il est aisé d’acheter du porc et d’en manger. Mais collectivement, l’action de manger du porc se raréfie. Adieu la côte de porc à la cantine de l’usine, au revoir le saucisson à la cantoche de l’école, fini les sautés de porc au mess de la caserne… Quelle belle époque que ne connaîtront pas nos enfants : manger du cochon avec les copains.

    Mais pourquoi cette disparition ? Vous le savez tous, pour qu’une certaine catégorie de croyants ne se soit pas offusquée.
    On ne veut tellement pas les blesser qu’on préfère laisser crever de froid des SDF français, plutôt que de leur offrir un bon bol chaud de soupe au lard.
    Récemment le préfet des Bouches du Rhône vient d’interdire une distribution salvatrice, au motif que la soupe au porc est discriminatoire.

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