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  • Le grotesque Attali se prend pour Turgot, ministre de Louis XVI...

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                                                                   Un  moment historique... 23 janvier 2008...
    Après 9 mois de travail avec de nombreux conseillers restés dans l'ombre, Jacques Attali a remis mercredi en fin de matinée, les 316 propositions de son rapport sur "la libération de la croissance". Il a surpris en empruntant les mots d'une lettre de Turgot pour s'adresser à "Votre Majesté" Nicolas Sarközy. "Je ne demande point à Votre Majesté d'adopter mes principes sans les avoir examinés mais, quand elle en aura reconnu la justice et la nécessité, je la supplie d'en maintenir l'exécution avec fermeté, sans se laisser effrayer par des clameurs qu'il est impossible d'éviter", a-t-il lu, en préambule de son intervention...

    Il a ensuite affirmé que son rapport était "prêt" à être appliqué et que toutes ses mesures formaient "un ensemble". "Notre rapport est techniquement applicable, financièrement équilibré, sans  augmenter les impôts", a-t-il dit en remettant son document à Nicolas Sarközy à l'Elysée. Il appartient "naturellement" au "gouvernement,  au président de la République et au Parlement de décider ce qui sera fait", a-t-il cependant relevé. 
     
    A l'issue de la présentation des principaux points du rapport, Nicolas Sarközy a affirmé qu'il adhérait "à l'essentiel". "Dans cet ensemble, j'assumerai quelques désaccords", a-t-il toutefois ajouté. Nicolas Sarkozy s'est notamment dit mercredi "en désaccord" avec la proposition de supprimer le "principe de précaution". "Proposer sa suppression au motif qu'il bride l'action repose à mon sens sur une incompréhension", a-t-il déclaré. "Le principe de précaution n'est pas un principe d'inaction. C'est un principe d'action et d'expertise pour réduire l'incertitude", a-t-il poursuivi. La suppression du principe de précaution serait en "contradiction" avec la volonté de favoriser le développement durable, a-t-il expliqué. "Il faut être compris", a ajouté le chef de l'Etat, qui a dit qu'il ne prendrait pas le "risque" de suivre sur ce point les recommandations de la commission.

    Nicolas Sarközy s'est aussi dit en désaccord avec la proposition de supprimer les départements, qui ont "la légitimité historique". "Dans un monde qui est devenu un village, cela coûte beaucoup plus cher de perdre son identité que d'accumuler des strates de collectivités". "On peut modifier le rapport des Français avec la dépense publique sans cela", a-t-il ajouté. Le rapport Attali propose de "renforcer les régions et les intercommunalités en faisant disparaître en 10 ans l'échelon départemental".

    Nicolas Sarközy a par ailleurs jugé nécessaire de réformer certaines professions réglementées, estimant qu'il existe des "réglementations parfaitement obsolètes", comme celle des taxis. "Ce chantier est difficile, car il touche à des situations individuelles et à des intérêts légitimes qui ne peuvent être ignorés pour des raisons d'équité. Il sera ouvert, en prenant le temps de la concertation", a annoncé le chef de l'Etat. "Paris est quand même la seule ville au monde où on a du mal à trouver un taxi", a-t-il souligné. Mais "il y a d'autres sujets beaucoup plus difficiles, je pense à la parapharmacie". "Il y a une véritable mission de service public des pharmacies. On ne peut pas réduire tout à la question des tarifs", a-t-il ajouté. Selon nos informations, la fédération des artisans de taxi appelle à un mouvement de grève mercredi prochain pour protester contre la réforme de leur profession recommandée dans le rapport Attali.

    Tout ou partie des propositions de la commission Attali doivent être reprises dans le projet de loi de modernisation de l'économie présenté cette année par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde.

    Jacques Turgot (1727-1781) : ministre de Louis XVI, ses grands projets de réforme, très audacieux pour l'époque, n'ont pas aboutis.

    (Source: LCI.fr)

  • A Villiers-le-Bel, on ne glandouille pas

    Une vingtaine de jeunes gens ont lancé mercredi soir 23 janvier des pierres contre un car de CRS à Villiers-le-Bel, non loin de l'endroit où deux jeunes sont morts en novembre dans un accident entre une mini-moto et une voiture de police, a indiqué la Préfecture du Val d'Oise.

     Les jeunes, très mobiles, s'en sont ensuite pris à un bus de transport en commun vide puis à un restaurant McDonald's, dont la devanture a été endommagée. Il n'y a pas eu de blessé. Aucune interpellation n'a eu lieu et le calme était revenu dans le quartier en début de soirée. 

    Villiers-Le-Bel avait été le théâtre de violences les 25 et 26 novembre, après l'accident des deux adolescents sur leur mini moto, durant lesquelles des bâtiments publics avaient été endommagés et 150 policiers blessés, dont 81 par tirs d'armes à feu

    LCI.fr

  • Les homosexuel(le)s veulent se marier et avoir des enfants

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    Patrick Bloche, directeur de campagne de Bertrand Delanoë
     Le groupe PS à l'Assemblée nationale a redéposé deux propositions de loi visant à autoriser le mariage et  l'adoption pour les homosexuels, textes qu'il avait déjà déposés en vain en 2006, a indiqué mercredi le député de Paris Patrick Bloche.
    M. Bloche "se réjouit", dans un communiqué, de la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l'Homme pour avoir refusé d'accorder un agrément d'adoption à une lesbienne. Il espère "que cette décision concourra à lever au sein de la majorité parlementaire de droite, l'opposition qui subsiste malheureusement à l'adoption de ces textes".

    "Ce changement de jurisprudence devrait ouvrir la voie à la suppression, en France, de toute possibilité de discrimination en raison de l'orientation sexuelle dans la délivrance aux célibataires des agréments en vue d'adoption par les départements", souligne le député.

    "C'est ce qu'a fait le département de Paris, sous l'impulsion de Bertrand Delanoë, dès son élection en 2001", ajoute-t-il.

    (AFP - 23.01.08)

    Plus de 50% des bébés naissent aujourd'hui en France hors mariage! Mais eux veulent se marier et adopter des enfants... Il y a peut-être là une volonté inconsciente de provocation face aux hétéros...

    Il y a un droit au moins qu'ils ne réclameront jamais: celui de se faire avorter du produit de leurs amours...

     

  • "On n'achète pas la femme d'un marin disparu en mer!"

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    Yvette Jobard a cru rêver, hier après-midi, lorsque deux représentants du navire turc "soupçonné" d’être à l’origine de la mort de son mari (le patron du Sokalique), sont venus lui proposer à la maison 500.000 dollars. Un arrangement « à l’amiable », comme dans les films !

    On imagine la scène. Deux représentants de l’armateur et une traductrice devant le clan Jobard, Yvette, l’épouse de Bernard son mari décédé, ses trois filles, ses gendres et un proche de la famille. On imagine leur tête lorsque les deux émissaires en costume-cravate leur ont présenté, en turc, le marché. 500.000 dollars payés dans les plus brefs délais  pour retirer leurs poursuites et afin que l’armateur récupère au plus vite son caboteur, immobilisé depuis cinq mois à Brest.


     
    Hier après-midi, après plus de quatre heures de discussion, Yvette Jobard sortait tout droit d’un mauvais rêve. Ou continuait plutôt le cauchemar qu’elle vit depuis cette terrible nuit du 17 août dernier. Le caboteur de 101 m de long heurtait le caseyeur de 19 m en l’envoyant par le fond avec son patron qui n'a pas eu le temps de se hisser avec les six autres marins à bord du canot de survie. Malgré l’énorme choc à l’avant, le cargo continuait son chemin, sans jamais porter assistance aux marins.
    Les deux hommes, dont apparemment un avocat de la société turque, entrent lundi en relation avec l’épouse du marin. Ils lui proposent de la rencontrer le lendemain, chez elle. L’entretien commence on ne peut plus classiquement : par une bonne séance d’intimidation ! « Ils ont commencé par nous expliquer que le procès ne se déroulerait jamais en France, que notre président de la République n’arrêtait pas de nous mentir, qu’il y avait toutes les chances que cette affaire soit jugée dans les îles Kiribati (l’État du pavillon de complaisance). Puis, ils nous ont dit qu’au lieu de ne rien toucher, ils nous proposaient un dédommagement immédiat de 500.000 dollars ».
    « Je leur ai répondu que pour rien au monde, je ne monnayerais la mort de mon mari. Ce qui m’importe, c’est le procès pénal. Ils avaient l’air ou ils faisaient mine de ne pas comprendre. Mais j’ai senti qu’ils avaient envie de récupérer, dans les plus brefs délais, un bateau qui leur rapporte habituellement beaucoup d’argent ». Remontée par l'indignation, Yvette Jobard continuait : « Ils veulent tout faire pour éviter ce procès, mais moi, je leur ai dit qu’ils l’auront et que ceux qui sont à l’origine de la mort de mon mari le payeront un jour. Je veux que ces marins irresponsables soient mis hors d’état de nuire. Je veux surtout dire à ces financiers de la mer qu’on n’achète pas ce genre de comportement et la peine d’une famille à coup de millions... Que leur argent ne changera rien pour une femme qui a tout perdu cette nuit-là ».

    (Source; Le Télegramme  23.01.08)

    Merci à Yvette Jobard de nous montrer le visage d'une femme fière et courageuse et de donner à ses contemporains une leçon de dignité!

  • Les Turcs du Sokalique ont essayé d'acheter Yvette Jobard

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     Yvette Jobard (G) avec sa famille lors des obsèques de son mari, le patron-pêcheur Bernard Jobard, le 22 août 2007 à Plouescat
    Yvette Jobard ne prendra pas l’argent proposé par l'armateur turc du Sokalique en échange du retrait de sa plainte. La veuve du patron du navire, décédé en août dans le naufrage de son chalutier éperonné par un bateau turc qui avait pris la fuite, a déclaré avoir refuser, mardi, la transaction financière de 500.000 dollars (342.515 euros).
     
     
    Le «marché» a été proposé par l'intermédiaire d'un représentant de l'armateur turc et de son avocat qui se sont rendus mardi à Plouescat (Finistère) au domicile d’Yvette Jobard accompagné d'une traductrice.
     
     
    «Les représentants de l'armateur nous ont dit que le procès n'aurait jamais lieu en France mais aux îles Kiribati ou en Azerbaïdjan» dont le capitaine de l'Ocean Jasper est ressortissant. «Une date au mois de mars est même avancée en Azerbaïdjan où les prévenus sont assignés en résidence là-bas, m'ont-ils dit», a rapporté Yvette Jobard.
     
    «Je ne lâcherai pas. Aujourd'hui, dans un an, dans dix ans, dans vingt ans je serai toujours là et je leur ai dit les yeux dans les yeux: si vous avez une tête de Turc moi j'ai une tête de Bretonne», a-t-elle conclu.
     
    Le Sokalique a coulé le 17 août au large d'Ouessant après une collision avec l'Ocean Jasper. Ce cargo d'un armement turc, immatriculé aux îles Kiribati, ne s'était pas arrêté pour recueillir les naufragés et n'avait pas prévenu les secours, selon l'enquête du parquet de Morlaix.
    Le patron Bernard Jobard était mort noyé après la collision (il est resté à bord jusqu'au dernier moment pour alerter les secours) tandis que les six autres marins du chalutier avaient pu être sauvés.

     

  • Paris s'enfonce...

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    La Bourse de Paris s'enfonce ce mercredi après-midi, le CAC 40 perdant 3,59% dans un marché plombé par les propos du président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet, qui a fermé la porte à une baisse des taux de l'institution européenne.

    A 15h50 , l'indice parisien reculait de 173,81 points à 4.668,73 points, dans un volume d'échanges qui continue à être élevé, de 7,8 milliards d'euros. Le CAC 40 a même touché un point bas sous les 4.600 points peu après 14h30.

    Quasiment toutes les valeurs de l'indice pointaient dans le rouge

    TOTAL (-5,68% à 46,85 euros) pèse de tout son poids sur la baisse du CAC 40, alors que les cours du pétrole continuaient de refluer, le baril de "light sweet crude" pour livraison en mars perdant plus de deux dollars à New York.

    SOCIETE GENERALE (-6,86% à 76,84 euros) est au centre des inquiétudes des investisseurs, qui s'agacent de son silence, sur son exposition au "subprime".

    GAZ DE FRANCE (-2,36% à 33,98 euros) cède sous la pression baissière et efface ses gains réalisés après la publication d'un chiffre d'affaires annuel de 27,427 milliards d'euros en 2007. Le groupe prévoit un excédent brut opérationnel 2007 "significativement supérieur à celui de l'année 2006".

    PERNOD-RICARD (+0,31% à 63,87 euros) est la seule valeur du CAC 40 en hausse, à la veille de la publication de son chiffre d'affaires du premier semestre.

    (AFP)

  • PIERRE-AUGUSTE RENOIR (1841-1919)

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    Palais des Doges - 1886
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    Place Saint-Marc  - 1886
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    La jeune fille au chat -1880

  • L'appel irrésistible de Tsahal

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    Noam Ohana est né en France le 19 juillet 1978

    "Ses deux parents sont nés au Maghreb, et il a passé son adolescence en Seine-Saint-Denis. Ni son prénom ni son physique ne lui permettent de faire oublier ses origines. Il a vécu le racisme, les insultes, l’incompréhension. Les images de l’Intifada l’ont révolté. Il s’est senti personnellement agressé et n’a pas compris pourquoi son pays - la France - ne lui accordait pas plus de place dans son cœur. Ce jeune homme en colère n’est pas musulman. S’il l’avait été, qu’aurait-il fait ? Un aller simple pour le terrorisme islamiste ? Mais Noam Ohana est juif. Le bon élève de la République a tout plaqué. Il est parti dans un autre pays, Israël, s’y est engagé dans l’armée, a servi dans les unités spéciales qui combattent dans les territoires palestiniens. Il en est revenu, vivant, mûri, sans aucun regret.

    A l’automne 2002, il aurait dû être à Sciences-Po en train de préparer l’ENA. Il s’est retrouvé, non loin de Tel-Aviv, sous une chaleur infernale, à passer les tests de sélection des troupes d’élite de Tsahal. Après une semaine d’épreuves physiques, un officier l’interroge. «Tu t’appelles Noam. Tu as fait des études. Parle-moi de Noam Chomsky.» Le jeune militaire est un peu sonné par cette question de grand oral au pied d’une dune de sable. «C’est un linguiste américain, plutôt anti-israélien…», répond-il. L’officier retire ses lunettes de soleil : «Anti-israélien ? Je dirais plutôt qu’il est très critique à l’égard d’Israël. Tu auras l’occasion de rencontrer des vrais anti-Israéliens pendant ton service militaire. Tu vas voir : ils sont assez différents de Chomsky.»

    Si Noam s’appelle Noam, c’est justement à cause de Chomsky. Sa mère préparait un doctorat de linguistique à Paris lorsqu’elle est tombée enceinte. Issus de vieilles familles juives du Maroc, ses deux parents sont arrivés en France à la fin des années 60 pour y poursuivre leurs études. Physique nucléaire pour le père, fin lettré qui lit aussi bien le français que l’hébreu et l’arabe classique. Des «bobos» avant l’heure, qui envoient leur fils aîné dans une école Freinet, habitent la rue Daguerre, en face de la cinéaste Agnès Varda, transmettent à leurs enfants leurs idées de gauche et leur culture juive d’Afrique du Nord. Chez les Ohana, sans être très religieux, on respecte les traditions : la synagogue pour les fêtes et pas de cochon à table.

    A 10 ans, ses parents achètent une maison de l’autre côté du périphérique, en Seine-Saint-Denis. Premier choc. Noam rapporte une scène vécue : «Tu parles le juif ? - C’est une langue, ça, le juif ? - Allez, fait pas le malin, sale Juif ! - Lâche-le Ahmed, il est avec nous.» «C’était le moment où il fallait dire merci à ceux qui m’acceptaient bien que je sois juif», dit-il. Noam et ses potes séfarades fréquentent pourtant les jeunes «beurs». A la maison, ils mangent la même chose, écoutent la même musique, font de la boxe américaine ensemble. Mais c’est la fin d’une époque. En banlieue, l’antisémitisme est de plus en plus vigoureux. Chaque communauté se replie sur elle-même. Noam espère encore échapper à cet enfermement identitaire.

    Il croit en la République. Mais dès son entrée à Sciences-Po, il déchante. Un jour, un militant étudiant du syndicat Sud l’interpelle : «C’est dégueulasse ce que vous avez fait au Sud-Liban !» Qui est-ce «vous» ? «Ça a commencé à vraiment m’énerver, reconnaît-il. Et je suis entré dans le rôle qu’on voulait me donner.» Il a 20 ans et ne fait pas dans la dentelle. Il affronte la direction de l’IEP, qui lui explique qu’«Israël n’est pas un pays comme les autres». Après Sciences-Po, option «service public», Noam fait son service militaire à Matignon. Il travaille avec Aquilino Morelle, l’homme qui rédige les discours de Jospin. Lors de ses classes, il a étonné ses officiers en chantant la Marseillaise… Sa voie semble toute tracée : la haute fonction publique française.

    En attendant, il part à Stanford (Californie) pour un master en relations internationales. C’est de là-bas qu’il assiste au début de la deuxième Intifada en septembre 2000. Avec les morts palestiniens, mais aussi les attentats-suicides en Israël et les retombées de ce conflit en France. Il est rivé devant sa télé et scotché au téléphone. Ce qu’il lit dans la presse française le met en rage. «Se faire exploser dans un bus à Tel-Aviv, c’est dire aux Juifs qu’ils n’ont pas le droit de vivre là-bas. Il y a un message génocidaire derrière les attentats-suicides», s’emporte-t-il. Des propos extrêmes, fruits d’une colère sourde. Dans le même temps, il voit - toujours depuis la Californie - que l’on jette des cocktails Molotov contre la synagogue de son quartier. «Je ne comprenais pas pourquoi la police ne faisait rien, pourquoi les politiques ne disaient rien, pourquoi la presse minimisait ces attaques.» Il l’avoue : «Je perdais les pédales.»

    Noam décide de partir en Israël. Il n’a pas envie de se plaindre, de signer des pétitions, d’être sioniste à la terrasse des cafés parisiens. Il souhaitait faire quelque chose qui lui semblait «juste et efficace», témoigne Aquilino Morelle. A ses parents, il ne dit pas la vérité, prétextant qu’il va poursuivre ses études à Jérusalem.

    Pour lui, aller en Israël est quelque chose de naturel. Il apprend l’hébreu en quelques mois : «Comme si je redécouvrais un patois oublié, tant j’avais baigné dedans». Mais Israël est aussi un pays étranger, dont la bureaucratie militaire regarde d’un drôle d’œil ce petit Français de 24 ans un peu rondouillard qui prétend intégrer les troupes d’élite… Il y parvient pourtant et atterrit à la Sayeret Tzanhanim, les commandos parachutistes. Curiosité israélienne, c’est une unité militaire réputée être de gauche. Chez les paras, il se retrouve avec des jeunes appelés issus des kibboutz qui votent pour le parti Meretz, le plus à gauche de l’échiquier israélien.

    Après dix-huit mois de formation, il va passer une année en unité opérationnelle. Son job : l’antiterrorisme dans la région de Naplouse. Briefés par le Shabak (sécurité intérieure), ces soldats ont pour mission d’arrêter des Palestiniens soupçonnés d’activités terroristes. Les interventions ont lieu de nuit, «plusieurs fois par semaine». C’est un sale boulot. A chaque fois, le même scénario : l’approche discrète, la porte fracassée, les cris de la famille, l’arrestation plus ou moins violente du suspect remis à la police, le retour à la base. Vivre en Occident, en regardant les chaînes câblées, puis aller frapper en Orient dans le dédale des rues arabes. Parfois des coups de feu, parfois des morts. Jamais de véritables doutes. Il y a deux camps : nous et eux.

    En mars 2005, Noam est rendu à la vie civile. Sa petite amie, Mélanie, juive elle aussi, cadre dans une entreprise française, est mutée à New York. Elle n’en peut plus de cette vie à distance. Il l’épouse à la mairie du XIVe et la rejoint aux Etats-Unis, où il travaille dans la finance. A la présidentielle, il aurait aimé voter DSK, a choisi Bayrou. La parenthèse semble refermée. C’est évidemment faux. Il pense sans cesse à ces potes militaires de la Sayeret. Pour le dire, il conçoit le besoin d’écrire un livre. «Ma mère l’a lu. Elle m’a dit : "Comment tu as pu me faire ça ?" Il sourit : «J’ai une mère juive.» "

    (Portrait de Jean-Dominique Merchet, paru dans LIBERATION du 22 Janvier 2008)