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  • Kadhafi rejette avec violence Sarközy et l'Union pour le Méditerranée

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    Au mini-sommet arabe de Tripoli, le 10 juin 2008

    Le numéro un libyen a vivement dénoncé mardi ce projet de coopération entre les pays des deux rives de la Méditerranée initié par Nicolas Sarközy.

    Mouammar Kadhafi a rejeté avec virulence mardi le projet de l'Union pour la Méditerranée (UPM) inspiré par la France. Monopolisant la parole à l'ouverture du sommet arabe de Tripoli, le numéro un libyen s'est livré à une véritable diatribe contre l'UPM devant les présidents syrien, mauritanien, tunisien et algérien et le premier ministre marocain.

    Selon Kadhafi, l'UPM pourrait mettre à mal l'unité africaine et arabe en concurrençant des organisations déjà existantes. «Nous sommes des pays membres de la Ligue arabe et aussi de l'Union africaine et nous ne prendrons en aucun cas le risque de disperser nos rangs. Il faut que nos partenaires (européens) comprennent bien cela», a prévenu le dirigeant libyen. Et de prévenir : «si l'Europe veut coopérer avec nous, qu'elle le fasse avec la Ligue arabe ou l'Union africaine (...) nous n'acceptons pas que l'Europe traite avec un seul groupe» de pays, c'est à dire uniquement avec ceux qui bordent la rive sud de la Méditerranée,comme le propose le projet de l'Union pour la Méditerranée..

    «Nous ne sommes ni des affamés ni des chiens»

     

    Le colonel Kadhafi a aussi qualifié l'UPM de «projet passager» voué à l'échec, affirmant : «l'UE veille sur son unité et refuse sa division et l'initiative de "notre cher ami Sarközy" a été rejetée fermement par l'Europe». Au sommet européen de mars, la France avait dû accepter que son projet se contente essentiellement de redynamiser le processus de Barcelone, lancé en 1995 par l'UE avec les pays méditerranéens du sud. Renommé «Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée», cette version de l'UPM concerne les Vingt-Sept pays de l'UE et leurs dix-sept partenaires de la rive Sud. Alors que le concept initial de Nicolas Sarközy faisait participer uniquement, côté européen, les pays riverains de la Méditerranée.

    Le colonel Kadhafi s'en est aussi pris vivement aux projets économiques promis aux pays du sud de la Méditerranée, les qualifiant d'«appât» et de «sorte d'humiliation» pour ces pays. «Nous ne sommes ni des affamés ni des chiens pour qu'ils nous jettent des os», a-t-il proclamé, vêtu d'une abaya traditionnelle et coiffé d'une chechia rouge. L'UPM se propose notamment d'améliorer la coopération entre les pays du nord et du sud de la Méditerranée dans les domaines du commerce, de la sécurité et de l'immigration.

    La place d'Israël suscite des divergences

     

    Le mini-sommet de Tripoli a été clôturé par les dirigeants présents sans qu'ils fassent d'annonce sur les résultats de leurs consultations. Cette rencontre était organisée à l'initiative du colonel Kadhafi pour permettre aux pays arabes de prendre une position commune avant la proclamation officielle de l'UPM le 13 juillet à Paris. Des divergences sont en effet apparues parmi les pays de la rive sud, notamment à propos de la participation d'Israël à l'UPM.

    Vendredi dernier, lors d'un Forum des pays de la Méditerranée (Formed) à Alger, les pays arabes avaient ainsi demandé des «clarifications sur les conséquences» de l'entrée d'Israël dans l'UPM. L'Algérie avait même réservé officiellement son adhésion au projet. Le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, avait ainsi estimé que ce n'était pas à l'UPM de «faire la normalisation» des relations entre Israël et les pays arabes. Mais le même jour, le président Sarközy avait affirmé que la présence d'Israël ne posait «pas de problème» à des pays arabes comme l'Egypte, la Tunisie et le Maroc.

    Le Figaro - 11 juin 2008

         
  • SCANDALEUX: en Algérie elle parle contre la France!

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    Djazair News -  le double langage de Fadela Amara
    Le message n'est pas le même en arabe et en français. Pour son arrivée en visite officielle en Algérie, mardi, Fadela Amara est utilisée par un quotidien algérien, qui taille ses propos sur mesure en fonction du public. En arabe, elle réclame à la une que la France reconnaisse ses "exactions" en Algérie, alors qu'en français c'est le projet d'Union pour la Méditerranée (UPM) qui est vanté…

    En déplacement en Algérie à un moment particulièrement délicat, alors que Nicolas Sarközy tente sans succès jusqu'ici de convaincre les dirigeants algériens de venir au sommet de l'UPM à Paris en juillet, Fadela Amara se retrouve plongée dans un petit imbroglio visiblement destiné à semer le trouble. La secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville est citée en "une" pleine page de l'édition arabe du journal Djazair News (fac similé ci-dessus) avec cette phrase:

    "Je souhaite que la France reconnaisse ses exactions en Algérie."

     

    Mais dans l'édition française du quotidien, seul un titre en haut de page lui fait dire:

    "L'Algérie a un rôle déterminant à jouer dans l'UPM."

     

    Dans le texte de l'interview en français, elle tient des propos apaisants:

    "Mon père a immigré en France en 1955, en pleine guerre d'Algérie. Ma famille était pour l'indépendance et mon père a fait partie de ceux qui collectaient des fonds pour la Fédération de France du FLN.

    "Pour mon père, ma nomination au gouvernement symbolise la réconciliation entre deux pays dont les histoires sont imbriquées. Le jour où j'ai été nommée, il a prononcé ces simples paroles: 'Jusqu'où elle a été, la fille du pauvre!' J'ai pensé au roman de Mouloud Feraoun, 'Le Fils du pauvre'.

    Comme beaucoup d'immigrés et d'enfants d'immigrés, j'ai besoin de comprendre, de savoir ce qui s'est passé pendant la colonisation de l'Algérie. A la maison, mon père m'en a très peu parlé. Il me disait qu'il ne fallait pas avoir de haine contre la France et les Français."

     

    Elle ajoute, au milieu de l'interview, la phrase qui fait le titre en arabe:

    "Personnellement, je ne suis ni pour l'oubli ni pour la repentance. Je souhaite que la France reconnaisse qu'en Algérie, des exactions ont été commises".

    La phrase de Fadela Amara sur les exactions est évidemment bien plus violente, et aux antipodes de la position officielle de Nicolas Sarközy, opposé à toute idée de repentance. Voilà qui va compliquer un peu plus le travail diplomatique visant à amener Abdelaziz Bouteflika à Paris pour le sommet de l'UPM. Mais peut-être était-ce le but de la manœuvre, au moins faire monter les enchères.

    Rectificatif 10/6/2008 à 13h00: la rédaction d'Algérie News nous fait remarquer que la phrase incriminée sur les "exactions" figure également dans l'interview en français, mais n'a simplement pas été mise en avant comme dans l'édition en arabe. Dont acte pour le texte, mais pas pour le titre…

    (RUE 89)

  • Le Petit Robert nouveau cru 2009

    370 mots font leur entrée dans l'édition 2009 du dictionnaire le Petit Robert, qui sort aujourd'hui en librairie. Des mots communs comme des noms propres.

    Chaque année, les mots se pressent à l'examen. Ils plaident leur fréquence, leur utilité, ils jurent être à la mode mais avoir de l'avenir. La lutte est rude pour entrer dans le dictionnaire le Petit Robert.

    « Le mot doit avoir une certaine utilité sociale, un contenu affectif très fort, être légitime, et le tout doit être reflété par la fréquence », souligne Alain Rey, le pape de la langue française et conseiller éditorial de l'ouvrage. Pour le cru 2009, qui sera disponible ce matin en librairie*, 370 mots (10% des candidats) ont gagné leur Panthéon.


    Les lauréats


    « Blog », le plus moderne. Ça y est ! Les blogueurs peuvent sabrer le champagne. Leur univers, la « blogosphère», vient d'entrer dans le Robert. Et leurs « blogs» aussi pourront se jouer au Scrabble: « Les blogs sont considérés comme une facette de l'opinion publique. Les médias traditionnels ont une langue cadrée politiquement et socialement. Alors qu'Internet est un lieu de liberté. » Autres clins d'oeil à la modernité, le « podcast » ou le verbe « pixeliser ».

    « Aïd » et l'année Maghreb. Après les québécismes en 2007, le Robert a fait la part belle au Maghreb cette année. Et l'« aïd », « toute fête religieuse musulmane », arrive: « Comme il y a une grande communauté musulmane, il était normal qu'on le mette. » La créativité du Maghreb sur les mots permet d'adouber « chainard », celui qui fait la chaîne, la queue.

    « Escagasser », le plus chantant. Juste à côté d'« escaloper», couper en tranches fines, un mot débarque du Sud: « escagasser », « blesser quelqu'un, détériorer, ou fatiguer, ennuyer ». « C'est l'exemple de notre politique de régionalisation. Il fait naturellement penser à Pagnol. » (On n'entend plus ce mot à Marseille depuis quelques années...)

    Voilà Nadal et Guy Môquet. Ceux-là, on en a entendu parler. Le tennisman Rafael Nadal, qui vient de gagner son quatrième tournoi de Roland-Garros, est intronisé.

    Un autre homme a été élu : Guy Môquet. Et « ça n'a rien à voir avec une demande de l'Elysée », s'amuse-t-on au Robert. En fait, le domaine des résistants français a été révisé.

    Les recalés
    « Bling-bling ». Ah, le fameux... Sonore, scintillant, limite toc. La France l'a redécouvert avec Nicolas Sarközy, juste après son élection. C'est justement son problème. « Il est trop attaché à sa personnalité politique, commente Alain Rey. On a un correspondant, c'est "tape-à-l'oeil".» Le mot est, pour l'instant, « au purgatoire ».

    « Bravitude ». Ségolène Royal l'a fabriqué du haut de la Grande Muraille de Chine. Mais, là aussi, l'emploi du mot n'a pas dépassé son inventeur. « On n'entend pas dire à propos de quelqu'un: Il a manifesté une bravitude. » Ce mot aussi est en attente: si son usage s'étend, il sera du cru 2010.

    « Biloute ». Pas de chance pour Dany Boon. Malgré le succès de son « Bienvenue chez les Ch'tis », il n'a pas réussi à offrir le dictionnaire à « biloute ». « On apprend par le film qu'il est courant dans le nord de la France. Et si 10 %des Français utilisent quotidiennement un mot, il n'y a pas de raison de l'éliminer. » Du coup, il devrait faire son apparition l'an prochain.

    « Barack Obama ». La sélection est aussi sévère dans le Robert des noms propre. Regardez Barack Obama. Recalé. Le cas du candidat démocrate américain à la présidentielle a divisé le comité. « Il y a deux tendances: celle qui suit l'opinion publique - c'est mon cas -, et il y a une tendance qui consiste à contrôler tout ça avec des résultats objectifs. Je me battrai pour qu'il y soit. » Ironie du Robert, Hillary Clinton, femme de président et femme politique aguerrie, elle, y entre.

    Comme Medvedev, le nouveau président de la Russie. (Ce qui est la moindre des choses!)

    * Dictionnaires « Robert 2009 » et « Robert 2009 des noms propres», Ed. le Robert, 59€. Pour voir les nouveaux mots: www.lerobert.com/bacdesmots

    Le Parisien - 11 juin 2008

  • Les jeunes voulaient lyncher le policier

    Il y a quinze jours une rixe a opposé un groupe de jeunes à deux policiers qui n'étaient pas en service dans le Xe arrondissement de Paris. Aujourd'hui, un des deux fonctionnaires mis en examen et suspendu de ses fonctions pour avoir fait usage de son arme et blessé trois personnes, sort de son silence.

    Alors que de nombreux témoignages relatent son "état d'ébriétéé lors de l'altercation, survenue dans la nuit du 28 au 29 mai, le policier de 37 ans, affecté à la brigade anticriminalité métro de la police régionale des transports (PRT) affirme avoir utilisé son arme pour échapper à une vingtaine de jeunes hostiles.



    « Le soir des faits, je n'ai pas fait la tournée des bars, précise-t-il. J'avais bu quatre whisky-coca, certes, mais je me trouvais chez un collègue policier dans le Xe arrondissement avec lequel j'ai dîné et je ne comptais pas sortir. Si je suis descendu dans la rue, c'était pour aller chercher mon ami, dépressif, qui avait quitté l'appartement pour aller boire dans un café du Faubourg-Saint-Denis. »

    A la sortie du bar, les deux policiers tombent sur une vingtaine de jeunes, qui affirment avoir été insultés et provoqués avant que les coups de feu ne soient tirés. « C'est faux ! assure le brigadier. Ils nous ont proposé d'acheter de la drogue. Nous leur avons fait comprendre qui nous étions. Ils étaient agressifs et nous nous sommes sentis en danger. Voyant une Mégane sombre se garer, j'ai pensé qu'il s'agissait de collègues policiers et je me suis dirigé vers la voiture pour demander de l'aide. Mais les gens à l'intérieur faisaient partie du groupe. J'ai sorti mon arme et j'ai braqué les personnes en leur demandant de ne pas bouger. »

    Il est alors près de 2 heures du matin. Plusieurs coups de feu - au moins cinq selon les témoins - retentissent rue du Faubourg-Saint-Denis. Trois des balles tirées atteignent des jeunes. Deux d'entre eux sont blessés dans le dos, dont l'un grièvement ; le troisième au pied. « Je n'ai pas visé volontairement ces personnes, explique le fonctionnaire. J'ai reçu un coup au visage avant de me retrouver au sol. J'ai tiré alors que j'étais en train d'être frappé à terre. Ils voulaient me lyncher ! J'avais le visage en sang. Quand j'ai utilisé mon arme, je pensais que j'allais mourir... »

    Un homme de 27 ans, suspecté d'avoir porté des coups au brigadier et de lui avoir arraché son arme de service a été mis en examen pour violence en réunion commise sous l'emprise de l'alcool. Cet individu et le policier ont été placés sous contrôle judiciaire et devraient faire prochainement l'objet d'une confrontation.
    (Le Parisien - 11 juin 2008)
  • Le honteux chantage aux "criminels de guerre"

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    L'un des quatre derniers fugitifs recherchés en ex-Yougoslavie pour crimes de guerre, le Serbe de Bosnie Stojan Zupljanin, a été arrêté mercredi près de Belgrade, un succès pour les autorités serbes en vue d'accélérer le rapprochement avec l'Union européenne (UE).

    "Un des inculpés par le tribunal de La Haye, Stojan Zupljanin, a été arrêté à 12H30 (10H30 GMT) lors d'une action dirigée par le procureur pour les crimes de guerre, Vladimir Vukcevic, coordinateur de l'équipe chargée de coopérer avec (le tribunal de) La Haye", a déclaré à l'AFP Bruno Vekaric, porte-parole du tribunal de Belgrade pour les crimes de guerre.

    "L'arrestation a été effectuée par le ministère de l'Intérieur serbe et l'Agence pour la sécurité et l'information" (services secrets serbes, BIA), a indiqué M. Vekaric en précisant que Zupljanin avait été arrêté dans un appartement à environ 8 km du centre de Belgrade.

    Zupljanin, 56 ans, était l'un des quatre derniers fugitifs que la justice internationale réclame aux autorités serbes.

    Les trois autres sont les anciens chefs politique et militaire des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, inculpés notamment pour le massacre de Srebrenica (est de la Bosnie) en 1995, et Goran Hadzic, ancien leader des Serbes de Croatie, inculpé de crimes de guerre.

    L'arrestation des fugitifs réclamés par le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie de La Haye demeure une condition pour que la Serbie poursuive son rapprochement avec l'UE après la signature fin avril de l'Accord de stabilisation et d'association, premier pas vers l'adhésion à l'Europe des 27.

    Le diplomate en chef de l'UE, Javier Solana, et le commissaire européen à l'Elargissement, Olli Rehn, ont d'ailleurs rapidement salué l'arrestation de Zupljanin.

    "Je pense que c'est une bonne nouvelle", a dit M. Solana tandis que M. Rehn y a vu "une étape importante vers la pleine coopération avec le TPI".

    L'arrestation de Zupljanin intervient après les législatives anticipées du 11 mai remportées par les forces pro-européennes qui devraient prochainement être en mesure de former un nouveau gouvernement avec l'appui du Parti socialiste de Serbie (SPS) du défunt Slobodan Milosevic.

    A La Haye, la porte-parole du TPI, Olga Kavran, a confirmé l'arrestation de Zupljanin et a précisé qu'il devrait être transféré prochainement à La Haye.

    Le procureur du TPI, Serge Brammertz, qui avait exhorté récemment la Serbie à faire davantage d'efforts pour arrêter les fugitifs, a estimé que cette arrestation confirmait que "les fugitifs restants, sont à portée de main de la Serbie".

    Une source au tribunal de Belgrade pour les crimes de guerre, qui a requis l'anonymat, a indiqué à l'AFP que Zupljanin était armé au moment de son arrestation qui s'est toutefois effectuée sans violence.

    Stojan Zupljanin, ancien responsable de la police, avait été inculpé pour son rôle présumé dans des crimes de guerre contre les communautés musulmane et croate durant la guerre de Bosnie (1992-95).

    Né le 28 septembre 1951 au village de Maslovare, près de Kotor Varos (ouest de la Bosnie), il était un proche collaborateur de Radovan Karadzic. Il est impliqué dans des crimes commis dans le nord-ouest de la Bosnie où avaient été installé plusieurs camps de détention.

    Il avait, dans un premier temps, fait l'objet d'une inculpation de génocide, abandonnée par la suite.

    Judas pas mort!

    (AFP -11 juin 2008)

  • L'inflation atteint un record en France

    Inflation tableau INSEE.jpg

    AFP -11.06.08. L'inflation a atteint 3,3% sur un an en mai en France, un niveau inégalé depuis juillet 1991, sous l'effet de la flambée des cours du pétrole et de l'alimentation qui pèse toujours un peu plus sur le pouvoir d'achat des Français.

     "Sur un an, les augmentations de prix demeurent assez spectaculaires dans l'alimentation (5,7%) et surtout dans l'énergie (15,4%). Au bout du compte, le renchérissement des cours des matières premières explique les deux tiers de l'inflation française", souligne l'économiste Nicolas Bouzou (Asterès).

    "Le problème, c'est qu'il s'agit des produits que les Français achètent le plus souvent. Ce sont donc ces biens là qui déterminent leurs comportements de consommation", note Alexander Law (Xerfi), qui s'inquiète lui aussi de la baisse prévisible dans les prochains mois de la consommation des ménages, principal moteur de la croissance française.

    Il note une augmentation "sensible" (+0,5%) sur un mois. Entre avril et mai, les prix de l'énergie ont bondi de 4,2%, sous l'effet de la hausse du gaz de ville (+6,1% en mai, +10,9% sur un an) et de celle des produits pétroliers (+5,4% en mai, +22,4% sur un an).

    Les seuls carburants enregistrent une hausse de 4,8% en mai et de 17,9% sur un an.

    L'indice des prix de l'alimentation a augmenté de son côté de 1,0% en mai, soit une hausse de 5,7% sur un an. Pour les seuls produits frais, la hausse est de 5,9% en mai par rapport à avril et de 4,0% par rapport à mai 2007.

    Hors produits frais, les prix de l'alimentation gagnent seulement 0,2% mais ils bondissent de 6,1% par rapport à mai 2007.

    Sur les autres postes de consommation, moins sujets aux fluctuations que les produits de première nécessité, l'inflation reste modérée.

    Mais de nombreux économistes estiment qu'il faudra encore attendre plusieurs mois, au moins jusqu'à la fin de l'été, pour que les prix commencent à s'assagir.

    "Etant donné la poursuite des tensions et l'incertitude sur les marchés des matières premières, il est désormais difficile de dire que le pic d'inflation est passé. Au contraire, les prix pourraient encore accélérer au cours de l'année", s'inquiète Mathieu Kaiser, économiste chez BNP Paribas.

    Selon lui, l'inflation atteindrait 3,3% en moyenne en 2008, alors que les dernières prévisions du gouvernement tablent sur une hausse de 2,2%.

    Pour les économistes, les conséquences négatives de l'inflation sur la consommation sont sensibles (recul de la consommation en produits manufacturés en janvier, mars et avril) et devraient perdurer jusqu'à l'accalmie, les ménages réduisant ou repoussant les achats qui ne sont pas indispensables.

    Malgré une première revalorisation du Smic en mai, et une seconde attendue au 1er juillet, l'évolution des salaires ne suffira pas à compenser la hausse des prix et "il est plus que vraisemblable que le pouvoir d'achat lié aux revenus d'activité recule au deuxième trimestre", relève Alexander Law.

    Sur l'ensemble de 2007, le pouvoir d'achat a progressé de 3,3%, mais l'inflation n'était alors que de 1,5% en moyenne sur l'année.

    Selon l'Insee, le pouvoir d'achat des ménages devrait quasiment stagner au premier semestre 2008 et il pourrait même régresser pour les plus pauvres.

    "Le pouvoir d'achat n'est pas seulement un problème d'inflation", estime pour sa part l'économiste Marc Touati (Global Equities), pour qui "une inflation autour de 3% n'a jamais tué personne". "Le fléau qui nous menace le plus aujourd'hui ne réside pas dans l'inflation mais dans la faiblesse de la croissance et de l'emploi", estime-t-il.

     

  • Au Pays du matin calme

    Séoul Corée.JPG
    Séoul - Corée du Sud

  • Pédophilie à Marseille dans les quartiers Nord

     La rédaction du Post , le 10/06/2008

    Info Le Post. Sur Le Post, le "jeune" marseillais qui a maîtrisé le pédophile, dimanche, à Marseille, raconte la scène.

    Marseille (Bouches-du-Rhône).
    DR

    Un enfant de huit ans a été enlevé et violé dimanche après-midi dans la cité Félix Pyat, dans les quartiers Nord de Marseille.

    Son agresseur a été interpellé dans la foulée, grâce à deux jeunes, qui l'ont surpris et ceinturé en attendant l'arrivée de la police.

    Riadh Sekkiou, 22 ans, sans emploi et père de 3 enfants, est l'un d'eux. Il raconte au Post.

    Comment ça s'est passé?
    "Dimanche, à 17h45 précisément, je rentrais vite chez moi me changer avant d'aller au foot. J'étais en moto, avec un collègue à l'arrière."

    Par où êtes-vous passé?
    "Comme j'étais pressé, j'ai pris un petit raccourci; vers Saint-Gabriel, en bas du cimetière du Canet, dans le 14ème. C'est un chemin de terre, avec des buissons. On peut le prendre qu'à pied ou à moto. C'est un coin perdu, personne n'y passe."

    Qu'avez-vous vu?
    "Là, je vois une mobylette à l'arrêt sur le chemin, près d'un petit virage. Je ralentis pour prendre le virage, et là, qu'est-ce que je vois? Un petit garçon qui fait une fellation à un vieux!"

    Comment avez-vous réagi?
    "J'ai lâché ma moto et j'ai bondi sur le gars. Je l'ai poussé du petit et je lui ai dit: "Tu fais quoi, là?" Il m'a répondu qu'il faisait pipi. Je lui ai demandé s'il me prenait pour un con. Il m'a dit: 'Tu vas pas me balancer, hein? On va s'arranger! Tu veux de l'argent?'"

    Qu'avez-vous fait?
    "Comme il était en train de mettre son casque comme pour s'enfuir, et que j'avais peur qu'il me mette un coup de casque, je lui ai enlevé le casque et je l'ai jeté par terre. Je l'ai collé au mur et mon collègue l'a surveillé."

    Et le petit?
    "Je l'ai rassuré. Je lui ai dit: 'T'inquiète pas, j'suis comme un grand frère, n'aie pas peur, c'est fini.' Il était tout stressé, choqué, bizarre. Il parlait pas. Je lui demandé ce qu'il s'était passé. Il m'a répondu que le vieux lui avait fait une fellation et lui avait demandé de lui faire pareil après, "pour jouer." Ça m'a fendu le coeur."

    Et?
    "Ben le vieux, là, il voulait toujours qu'on s'arrange. Il m'a dit "Tu vas pas appeler la police quand même?"Alors je lui ai dit: "Bouge pas, on va s'arranger, ok." Je lui ai dit que j'allais pas appeler la police et je suis vite parti chercher un téléphone, car j'en avais pas sur moi!"

    Vous avez trouvé rapidement?
    "Oui, en 5 minutes, d'un coup de moto. J'ai pris celui de mon oncle au snack un peu plus loin. Pendant ce temps, mon collègue surveillait le vieux et restait avec le petit."

    Ils n'avaient pas bougé?
    "Non. Une fois sur place, j'ai appelé les flics. Ils m'ont dit: "Bouge pas! T'es où? On arrive. Et voilà."
    Que pensez-vous de tout ça aujourd'hui?
    "Dans un sens je suis content, car je me dis que ce gars va pas continuer à faire ça tous les jours. Dans un autre, je suis trop triste pour le petit, qui va être marqué toute sa vie. Je suis père de famille moi aussi."

    Vous avez été confrontés?
    "Oui, aujourd'hui même. Il a avoué."
    Ce "vieux pédophile" est-il d'origine maghrébine? On ne le dit pas... En tous les cas, il a ses entrées dans la cité et connaît les petits coins tranquilles pour faire ses cochonneries...