
PARIS - Des opérations «coups de poing » pourraient tout de même avoir lieu samedi...
«Ça ne nous arrêtera pas». Contacté par 20 Minutes, le président fondateur de l’association Jeunesses nationalistes confirme: «Je suis en route pour Paris». La manifestation qui devait avoir lieu ce samedi à partir de 14 h à Paris vient pourtant d’être interdite, ce vendredi après-midi, par la Préfecture de police de Paris. «La nouvelle ne nous étonne pas. C’est la troisième fois qu’on nous interdit ce genre de manifestations», explique-t-il.
Alexandre Gabriac, également conseiller Régional de la région Rhône-Alpes, estime ainsi qu’entre 400 et 1.000 personnes devaient être présentes dans le cortège. Mais avec cette interdiction, «la manifestation pourrait prendre la forme d’actions coups de poing. Nous avons l’habitude de gérer ce genre de situation», détaille-il.
Prévue depuis plusieurs semaines
L’annulation de cette manifestation, prévue depuis plusieurs semaines, intervient alors que, du côté du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), on la réclamait depuis mardi.
Le Mrap estimait en effet que «la formation - dont le racisme anti-immigrés, anti-musulmans, et anti-juifs n’a rien à envier à celui des mouvements grec néo-nazi « Aube dorée » ou du Jobbik en Hongrie - ne saurait parader dans les rues de Paris».
Et le Mrap n’était pas la seule organisation à «s’étonner que la décision d’interdiction n’ait pas déjà été prise ». Sur son site Internet depuis mercredi, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) joignait «sa protestation à celle du Mrap».
«Offensive réactionnaire»
Le mouvement politique, qui appelait à agir pour «contrecarrer cette offensive réactionnaire», s’étonnait également de n’avoir entendu «aucune réaction du ministre de l’intérieur socialiste Manuel Valls, pourtant si prompt à interdire toute réaction à la diffusion d’un film ouvertement anti-musulman».
Une interdiction qui est finalement intervenue vers 16h ce vendredi, comme l’a confirmé à 20 Minutes la Préfecture de police de Paris. Cette interdiction «a été prise au regard des troubles à l'ordre public» que cette manifestation «n'aurait pas manqué d'engendrer», selon la préfecture de police.
Une manifestation de ce mouvement, prévue à Lyon le 23 juin avait également été interdite, mais 200 militants s'étaient rendus sur le lieu de rassemblement et 58 personnes avaient été interpellées, a rappelé la Préfecture de police.
Mathieu Gruel
20minutes.fr - 28/09/12