-
-
Hollywood a collaboré
Par Samuel Blumenfeld
C'est une lettre de janvier 1938, sur papier à en-tête de la Fox. Un courrier stupéfiant : les responsables du studio hollywoodien demandent à Hitler s'il souhaite donner son avis sur la valeur des films américains, avant de conclure par "Heil Hitler !" Ce document est l'une des révélations d'un livre paru en septembre aux États-Unis. The Collaboration. Hollywood's Pact with Hitler ("La collaboration. Le pacte d'Hollywood avec Hitler"), de l'historien Ben Urwand, chercheur à l'université Harvard, apporte un nouvel éclairage sur l'attitude des patrons de studio face au pouvoir hitlérien entre 1933, date de l'arrivée du dictateur allemand au pouvoir, et 1941, lorsque les États-Unis entrent en guerre.
Lu sur ...
« Que les studios hollywoodiens se soient en grande partie tus devant le sort réservé aux juifs d'Europe est un fait bien établi »
Que les studios hollywoodiens se soient en grande partie tus devant le sort réservé aux juifs d'Europe est un fait bien établi. Aucun film antinazi ne fut produit par Hollywood durant cette période, à l'exception des Aveux d'un espion nazi (1939), d'Anatole Litvak, et de La tempête qui tue (The Mortal Storm, 1940), de Frank Borzage. Le Dictateur, de Chaplin, est certes sorti en 1940, mais il s'agit d'une production indépendante. Les personnages juifs, qui apparaissaient régulièrement à l'écran jusqu'au début des années 1930, en disparaissent à partir de 1933, si ce n'est dans La Maison des Rothschild (1934), d'Alfred Werker, et La Vie d'Émile Zola (1937), de William Dieterle. Une absence d'autant plus spectaculaire que, exception faite du patron de la Twentieth Century Fox, Darryl F. Zanuck, les dirigeants des grands studios - Metro Goldwyn Mayer (MGM), Universal, Paramount, Warner Bros - étaient juifs…
CRIF - 11/10/13
-
La justice autorise le mariage d’un couple homosexuel franco-marocain

- Publié le : vendredi 11 octobre 2013
- Source : aufaitmaroc.com
Un couple homosexuel franco-marocain a obtenu vendredi de la justice française le droit de se marier malgré une convention bilatérale entre les deux pays interdisant de fait de telles unions, une décision qui pourrait créer un précédent.
Les deux hommes, Dominique et Mohammed, avaient prévu de se marier le 14 septembre à Jacob-Bellecombette, près de Chambéry (est), quatre mois après la promulgation de la loi sur le mariage pour tous.
Mais le procureur de Chambéry s’était opposé à la cérémonie, en vertu d’une circulaire du ministère de la Justice précisant que les ressortissants de onze pays (dont le Maroc, la Pologne, le Laos ou la Serbie) ne peuvent se marier avec une personne de même sexe.
Ces pays, qui interdisent le mariage homosexuel, ont en effet conclu des conventions bilatérales avec la France faisant passer leur loi nationale avant la loi française en cas de mariage de l’un de leurs ressortissants en France.
Le tribunal de Chambéry a jugé que la convention franco-marocaine du 10 août 1981 peut être écartée « si elle est manifestement incompatible avec l’ordre public ».
Or, la loi sur le mariage pour tous « a implicitement mais nécessairement modifié l’ordre public international français », ont estimé les magistrats.
Un article de la loi dispose en effet que « deux personnes de même sexe peuvent » se marier lorsque « pour au moins l’une d’elles », soit la loi de son État d’origine, soit la loi de l’État dans lequel il réside le permet.
Dès lors, « une discrimination à l’accès au mariage fondée sur le sexe » justifie « l’éviction (...) de la convention franco-marocaine », estime le tribunal.
« Mes clients sont ravis », s’est réjoui Me Didier Besson, l’avocat du couple, estimant que « ce jugement fait jurisprudence ».
Interrogé par l’AFP, le parquet de Chambéry a indiqué qu’il déciderait lundi s’il fait appel ou non de ce jugement.
Selon Charlotte Rosamond, coordinatrice du mouvement « Les amoureux au ban public », les situations des couples binationaux voulant se marier sont « très disparates ».
« On a eu des couples qui n’ont pas pu déposer leur dossier de mariage en mairie. Pour d’autres couples, le procureur est saisi et ne s’oppose pas au mariage », a-t-elle indiqué.
Selon elle, Dominique et Mohammed étaient le seul couple en France à avoir fait l’objet d’une opposition formelle du parquet.
Début septembre, plusieurs associations françaises avaient demandé au ministère de la Justice une « réponse politique et rapide » à ce problème des couples binationaux de même sexe.
E&R
-
Naufrage d'un bateau de 250 clandestins entre Malte et la Sicile

Un nouveau drame serait en train de se nouer en mer au large des côtes maltaises. Un bateau, transportant quelque 250 immigrés, vraisemblablement des candidats à l'immigration, a fait naufrage entre Malte et la Sicile, a annoncé un porte-parole de la marine militaire italienne.
«Nous avons envoyé nos bateaux de secours et des hélicoptères sur le site à quelque 70 milles au nord de Malte.Le bateau aurait coulé et des migrants seraient à la mer, mais ne pouvons en dire plus à ce stade», a déclaré ce responsable. «Il s'agit d'un naufrage dans les eaux territoriales maltaises. Nous apportons notre aide aux autorités de Malte. On ne sait pas encore s'il y a des morts», a déclaré pour sa part Filippo Marini, commandant des garde-côtes italiens.
«L'opération est en cours. Les conditions de navigation sont difficiles, avec un vent fort», a-t-il ajouté. Des canots pneumatiques de secours ont été lancés depuis les hélicoptères. Selon l'agence italienne Ansa, des corps auraient été aperçus aux abords de l'embarcation. En revanche des dizaines de survivants ont été recueillis à bord du Libra, un bateau de la marine militaire italienne. Ce sont les immigrés qui ont donné eux-mêmes l'alerte grâce à un téléphone satellitaire.
Cet accident survient une semaine après le naufrage d'un bateau de pêche au large de l'île de Lampedusa, le 3 octobre, qui a coûté la vie à plus de 300 immigrés. A ce jour, 328 corps ont été retrouvés à l'intérieur et aux abords de l'épave. Le navire transportait plus de 500 réfugiés, en majorité érythréens, et seuls 155 ont survécu au drame. Selon le Haut commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR), «entre 50 et 70 corps se trouveraient encore en mer», autour de l'île de Lampedusa.Le Parisien - 11/10/13
-
Taxe FMI sur l'épargne : demain, tous des Chypriotes ?
10 octobre 2013

-
Marine Le Pen invitée du Talk Orange Le Figaro
10 octobre 2013
-
Copé passe un sale quart d'heure à la télévision face à la France d'en bas
11 octobre 2013Invité jeudi soir de l’émission « Des Paroles et des actes », Jean-François Copé a dû faire face à une Alsacienne qui lui a rappelé (ou appris) le sort économique de nombreux Français.
Contre-info.com
-
Les Roms de l’UE sont les bienvenus en Ukraine

5 Octobre, 13:14 0
© Photo : RIA Novosti
Par La Voix de la Russie | Des centaines de milliers de Roms de l’Union européenne pourraient trouver refuge en Ukraine. Le pays s'est engagé à accueillir ces populations dans le cadre d’un accord d’association avec l’UE. Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a signé un décret sur cette question en avril. Le délai de 6 mois accordé par le chef d’Etat ukrainien au gouvernement pour élaborer un projet spécial de réinstallation et l’intégration des Roms expire bientôt.
Les détails du projet de relogement des Roms seront discutés probablement en novembre, lors du sommet du Partenariat oriental à Vilnius. Lors de ce sommet l’accord d’association de l’Ukraine avec l’Union européenne pourrait être signé. Ce rapprochement tant souhaité par l’Ukraine l’oblige toutefois à contracter de nouvelles obligations. L'une d’elles, c’est l’accueil chaleureux des campements tsiganes de l’Ancien Monde.
La « question tsigane » a toujours été un défi pour l'Europe. Mais ce n’est qu’après l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l’UE en janvier 2007 que les Roms sont devenus un problème. On a même surnommé cette adhésion la « deuxième chute du mur de Berlin ». La seule différence, c’est que cette « chute » ne réjouit personne en Allemagne ou en France. Les Roms, principalement originaires de Roumanie, de Bulgarie et de Hongrie ne se sont pas intégrés dans la société européenne. Les campements continuent de mener une vie nomade et de vivre grâce aux prestations sociales, qui sortent de facto de la poche des contribuables.
Les autorités ukrainiennes sont convaincues que c’est la discrimination des Roms qui pose le plus grand problème. Et elles sont prêtes à proposer un programme offrant les mêmes conditions pour la participation des Roms à la vie sociale, économique et culturelle de l’Ukraine qu’aux Ukrainiens, est persuadé le député de la Verkhovna Rada (parlement ukrainien) Vladimir Oleïnik.
« Nous devons prendre des mesures juridiques. Notamment adopter une législation appropriée et exiger l’application à tous ceux qui arrivent dans notre pays de la législation actuellement en vigueur en Ukraine. Nous devons également communiquer étroitement avec nos homologues de l'UE. »
Cette interaction sera-t-elle réellement profitable à l’intégration des Roms ? Les pays d’Europe ne sont pas parvenus à un consensus sur cette question. Ainsi, en France, la discussion au niveau des ministres du gouvernement s’est terminée par un scandale. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a proposé d'expulser les Roms du pays, et ses déclarations furent sévèrement critiquées par ses collègues. Mais Valls a bénéficié du soutien de la majorité des Français. Selon les derniers sondages, la majorité des Français, près des trois quarts, se prononcent pour le retour des Roms dans leurs pays d’origine. Et les Européens sont même prêts à dépenser des milliards d'euros pour le rapatriement des gens du voyage. Ce programme est déjà mis en œuvre en Allemagne, en Autriche, en Suisse et au Danemark. Pourquoi l’Ukraine veut-elle devenir le pays d’accueil de tous ces migrants ? Il est peu probable qu’on puisse expliquer cette décision par la seule volonté de se rapprocher de l’Europe.
« Selon vous, qui en retirer les bénéfiques ? », s’interroge le directeur du Centre d’information russo-ukrainien Oleg Bondarenko. « Apparemment, les partisans du parti raciste Svoboda (Liberté) vont affirmer haut et fort que l’Ukraine s’est transformée en pays d’accueil pour qui le veut. Cela s’inscrit dans la stratégie de transformation d’Oleg Tiagnibok en principal rival de Ianoukovitch aux élections présidentielles de mars 2015. Cette technique est élaborée par l’administration de Ianoukovitch et il est clair que quelle que soit la situation, Ianoukovicth l’emportera sur Tiagnibok . »
Ni Timochenko, ni Klitchko ne pourront participer à ces élections, et ce renforcement du mouvement nationaliste joue en faveur du président ukrainien, souligne l’expert, en rappelant que le parti radical-nationaliste Svoboda a déjà obtenu 37 sièges à la Verkhovna Rada lors des dernières élections parlementaires. Il s'avère que l'Ukraine a besoin des Roms. Ou alors c’est son président qui a besoin d’eux.
-
Vers un prélèvement de 10% sur les comptes de tous les ménages !
11 octobre 2013
Ca y est, on y vient !A Chypre, il s’agissait d’un test. Maintenant, le Système envisage un prélèvement brutal sur l’épargne des ménages de l’Union européenne, pour payer un peu de la dette que les politiciens ont accumulé.
Le Figaro décrit la nouvelle piste qu’étudient le FMI et ses économistes : « les taux de taxation nécessaires pour ramener les ratios de dettes (par rapport au PIB) à leur niveau de la fin 2007 nécessiteraient une imposition d’environ 10% sur tous les ménages disposant d’une épargne nette positive».
Ces calculs, précise le FMI, ont été faits pour 15 pays de la zone euro.
Le quotidien rappelle que « de tels raisonnements se veulent de simples suggestions à caractère «théorique» » et que ce prélèvement aurait lieu «une fois pour toute [...] avec la promesse qu’on ne recommencera jamais plus ».Évidemment, il s’agit de préparer par étapes les esprits à cet impôt destiné à financer le train de vie de l’oligarchie. Et on sait aussi ce que cela veut dire, dans la bouche de ces gens-là, quand ils disent que c’est juste pour une fois…
De quoi susciter une révolution en France ?
Contre-info.com
-
Prédestination

Prédestination - 1941
Arno BREKER (1900-1991)
-
Réflexions sur Aube dorée et la Grèce de 2013

Image: http://fr.wikipedia.org
Par La Voix de la Russie | En Grèce, le parti Aube dorée vient de subir ce que l’on appelle une frappe chirurgicale de la part du « système démocratique ». Créé en 1992, le parti réapparait sur le devant de la scène politique grecque en 2007 par son fondateur qui le dirige toujours aujourd’hui.
Lorsque la crise éclate en Grèce, le parti n’obtiendra même pas 1% aux élections européennes de 2009 et 0,3% aux législatives de la même année pendant qu’un autre parti nationaliste plus modéré (L’Alerte populaire orthodoxe ou LAOS) obtiendra 386.152 voix et un peu plus de 7% des suffrages aux mêmes élections.
Mais rapidement, la rhétorique nationaliste et historique affirmée du parti (Le passé glorieux allant de l'Antiquité à la Byzance grecque et au général Metaxas…) ainsi que sa critique des élites corrompues et d’une immigration incontrôlée (les étrangers représentent 8 à 10% de la population du pays et il y a 5 à 6% de minorités n’appartenant pas à l’ethnie grecque) séduira un nombre croissant de citoyens furieux de la spirale de destruction dans laquelle le pays s’enfonce.
En 2010, son fondateur et dirigeant est élu au conseil municipal de la ville d’Athènes.
En 2012, coup de tonnerre dans la politique grecque, le parti obtient 6,92 % des voix et 18 députés sur les 300 du Parlement grec, devenant ainsi le cinquième parti du pays. Aux mêmes élections, l’Alerte populaire orthodoxe obtient elle 2,9 % des voix, portant la totalité des suffrages accordés aux nationalistes à près de 10%. La répartition des votes est à peu près égale dans toute la Grèce, y compris dans les petites villes et les villages, mais c’est surtout dans certains quartiers de la capitale que le parti obtient jusqu'à 20% des voix ou au sein de certains corps de métier : entre 25 et 40% des agents des forces spéciales et 10 à 15% des militaires auraient en effet voté pour Aube dorée.
Aube dorée va rapidement entamer une importante et efficace activité de terrain en organisant de gigantesques distributions de nourriture aux Grecs « de souche » les plus pauvres (les militants prenant parfois sur leurs revenus à cette fin) ou en procurant des formes d’aides aux personnes âgées ou encore en organisant des cours d'« éveil national » pour les enfants de 6-10 ans. Aube dorée va également intervenir de façon plus musclée en organisant des rondes dans les quartiers à forte criminalité pour les sécuriser ou encore des manifestations violentes contre les demandeurs d’asiles ou enfin en attaquant au bulldozer des centres de rétentions d’immigrés clandestins.
De nombreux sondages laissaient « craindre » une forte hausse d’Aube dorée, créditée de jusqu’à 18% des voix au niveau national et qui aurait pu devenir le troisième parti du pays. Athènes prend il est vrai la présidence tournante de l’UE au 1er janvier 2014 et l’Onu a récemment également soulevé avec insistance la question Aube dorée lors d’une rencontre avec le ministre grec des Affaires étrangères.
Sans surprise, en ce mois de septembre 2013, coup de tonnerre, une rixe entre supporters de foot dégénère et entraîne la mort d’un militant antifasciste de 34 ans à la sortie d'un bar, dans la banlieue d'Athènes. La Grèce tient enfin son Brahim Bouarram et la classe politique grecque peut enfin et provisoirement retrouver son unité dans la lutte contre l’Organisation criminelle que serait visiblement Aube dorée.
Rapidement, le président fondateur du parti est arrêté et placé en détention pendant que quatre autres députés sont arrêtés par la police et inculpés eux aussi au motif d’appartenance à une « organisation criminelle ». L’organisation est décapitée et la Grèce se prépare à interdire l’organisation Aube dore et même à fonctionner avec un parlement réduit numériquement. On imagine le tollé international que cela créerait si Aube Dorée était au pouvoir et proposait que le pays fonctionne avec un nombre réduit de députés.
Mais pour autant, le leurre politico-médiatique ne devrait pas fonctionner trop longtemps. La disparition envisageable d’Aube dorée (si celle-ci ne réapparait pas sous une autre forme dans le futur proche) ne règle aucunement les problèmes de la Grèce, mère malade de l’Europe dont la situation devrait continuer à s’aggraver.
Le taux de chômage y atteint aujourd’hui 27,9% et concerne 58,8% des jeunes de moins de 24 ans et 31,9% des femmes. 45 % de la population vit au niveau du seuil de pauvreté pendant que 20% vit sous ce seuil. Le taux de suicide a augmenté de 40 % en deux ans et pour la seule année 2011 par exemple, ce sont 477 grecs qui se sont suicidés dont 84 femmes. Alors que les dépenses de l'Etat consacrées aux services publics ont été fortement réduites (-23,7 % de 2009 à 2011) le taux de sida a lui aussi considérablement augmenté avec 607 infections en 2010 contre 954 en 2011, soit une hausse de 57 %.
Qui va payer pour tous les Grecs assassinés par l’austérité ?
L’Etat grec ? L’UE ? Goldman Sachs qui a trafiqué les comptes de l’Etat grec pour lui permettre d’intégrer l’UE ? Tous les citoyens européens, et les Grecs en premier lieu, devraient se poser la question de savoir qui, pour tout cela, va devoir rendre des comptes. /N
Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur
-
Dunkerque: Le «gang des barbares» de la rue Poincaré jugé, ce mercredi devant le tribunal pour enfants - Tous remis en liberté !
Par pour La Voix du Nord, Publié le 10/10/2013
Par
Sur le fond, l’affaire peut s’apparenter au « gang des barbares », à la différence que la victime n’est pas morte. On entraîne un jeune dans une cave et on lui fait subir toute une série de sévices, avec une désinvolture glaçante, sans réel motif. Ce mercredi, quatre jeunes dunkerquois mineurs au moment des faits ont été jugés dans ce dossier qui avait été ouvert sur une qualification criminelle d’actes de torture et de barbarie, avant d’être correctionnalisé.
Le 29 mars 2012, vers 16 h, Vincent, un jeune homme de 18 ans, est entraîné de force par quatre mineurs âgés de 14 à 16 ans, dans une cave de la rue Poincaré. Il y restera près de six heures.Il est déshabillé, se retrouve ligoté, en slip. On lui enfonce une chaussette dans la bouche pour étouffer les cris.
Les sévices peuvent commencer : on lui brûle le corps avec des cigarettes et des briquets, on le frappe au visage avec les pieds, avec les poings, on lui entaille les chairs avec un cutter. L’un des agresseurs ira jusqu’à graver des initiales au cutter sur le corps de la victime.
Vincent a bien pensé qu’il ne ressortirait jamais vivant de cet enfer.
Il a aussi été question d’un viol à l’aide d’une bouteille dans ce dossier. Mais faute d’éléments de preuve et devant le mutisme de la victime, cette charge n’a pas été retenue contre les mineurs. De même qu’il n’a pas été établi qu’ils lui avaient uriné dessus, comme cela transparaissait à l’origine de l’affaire.
Vincent a été libéré de cette « cave aux châtiments » dans la soirée, vivant, mais complètement démoli. Physiquement, il était méconnaissable. Psychiquement, il ne s’en remettra probablement jamais.
Les quatre mineurs, reconnus coupables ce mercredi pour tous ces actes, avaient fait preuve d’une désinvolture inquiétante, lorsqu’ils avaient été placés en garde à vue, quelques jours après les faits, prenant cette affaire à la rigolade, fanfaronnant, enfonçant encore un peu plus leur victime. À aucun moment, ils n’ont exprimé la moindre empathie pour leur souffre-douleur.
L’un des meneurs, un petit caïd décrit par les experts comme ayant des traits de psychopathie prononcés et présentant une réelle dangerosité, ancré dans la violence, sans garde-fou, avait mis un coup de tête au policier qui l’escortait devant le juge d’instruction. Il n’avait pas hésité à cracher sur la victime et à l’insulter, juste avant la confrontation dans le bureau du juge.
Des petits caïds
Un autre, le deuxième meneur de ce dossier, dont les experts ont noté les tendances sadiques et perverses, avait trouvé amusant de rédiger en détention un « mandat d’arrêt de mort » à l’encontre de la victime, lui promettant une mort longue et douloureuse. Il avait d’ailleurs été réincarcéré, sous l’effet d’un mandat d’arrêt, après s’être évadé du centre éducatif fermé qui le suivait. Dans ce dossier, deux éducateurs qui encadraient ces mineurs avaient exercé leur droit de retrait, après des menaces de mort sur leurs familles.
Les explications initiales de ces actes de sévices étaient de faire passer l’envie à leur victime – qu’ils connaissaient de vue dans le cadre scolaire – de fumer du cannabis. Cette correction avait un rôle « éducatif », avait déclaré, goguenard, l’un des mis en cause. Plus prosaïquement, au fil de l’enquête, il est apparu que les quatre mineurs voulaient tout simplement lui extorquer du cannabis. La victime, terrorisée, était absente à l’audience.
Tous remis en liberté
Les peines prononcées ce mercredi par le tribunal pour enfants, sont peu ou proue conformes aux réquisitions du parquet. Celui décrit comme le meneur et le plus violent des quatre comparaissait détenu. Il a été condamné à trois ans de prison dont dix-huit mois avec sursis mise à l’épreuve pendant trois ans. Il est ressorti libre de l’audience.
Le deuxième meneur de cette affaire écope de trois ans de prison dont vingt-deux mois avec sursis mise à l’épreuve. Lui aussi détenu avant l’audience, il est ressorti libre.
Les deux autres protagonistes, un peu moins impliqués, qui se sont laissés entraîner dans cette spirale de violences, écopent respectivement de trois ans dont vingt-six mois avec sursis mise à l’épreuve et deux ans dont dix-huit mois avec sursis mise à l‘épreuve. Eux non plus ne sont plus incarcérés.
Durant leurs mises à l’épreuve, tous ont interdiction d’entrer en contact avec la victime, cela va de soi. Mais il leur est interdit, de même, d’entrer en contact entre eux quatre. « A la moindre incartade, c’est la révocation du sursis et la prison directement », a martelé le juge des enfants.
Ils devront entamer des soins et effectuer des démarches pour se réinsérer.
La victime a obtenu un total de 11 900 € de dommages et intérêts pour ses préjudices divers. Les quatre condamnés devront lui verser cette somme solidairement.
