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04/06/2008

L'enfant et l'assassin

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Le grand-père d'Antoine "ne comprend pas"...
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Antoine avec sa mère, Anne Deriez  (2007)

«Il m'a dit que Cédric l'avait jeté à l'eau. Il a voulu se raccrocher au bord et il l'a repoussé une deuxième fois. » Hier matin, Michel Deriez, le grand-père d'Antoine, chez qui le garçon a trouvé refuge depuis lundi, a souhaité raconter l'horreur vécue par son petit-fils.

Celui que tout le monde surnomme maintenant l'« enfant du lac » n'a pas assisté à la dispute violente entre sa maman, Anne, 30 ans, une aide-soignante de l'hôpital de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, et Cédric Hornec.


Il n'a pas vu l'homme de 29 ans, qui partageait la vie de sa mère depuis deux ans, la rouer de coups avant de l'étouffer avec un oreiller. « Il a juste entendu des bruits. Il était dans sa chambre », explique simplement le grand-père, à voix basse, depuis la salle des mariages de la commune de Bois-de-Céné (Vendée) dont il est le maire. Que son petit-fils ait pu être ranimé après avoir passé une heure et demie dans les eaux froides du lac tient du miracle. « C'est un petit bonhomme costaud physiquement et moralement, explique sobrement un grand-père que l'on sent, au fond de lui, fier de son petit-fils. A l'heure actuelle, ça va bien, mais je ne préjuge pas de l'avenir, il y aura sans doute des contrecoups. »

Concernant Cédric Hornec, à qui il avait trouvé du travail chez un de ses amis mécanicien, pas de colère, pas de haine, le grand-père ne comprend tout simplement pas. « C'est quelqu'un de courageux, de travailleur, de franc, de carré, lâche-t-il en peu de mots. C'est aussi pour cela que nous l'avons aidé dans sa recherche de travail. C'est pour cela que, par rapport à ce qui vient d'arriver, c'est une totale incompréhension. »

La personnalité de Cédric Hornec intrigue aussi ceux qui ont pu l'auditionner. « Comment va Antoine ? » : c'est la question la plus pressante que le meurtrier a posée lors de sa garde à vue. « Il se souvient de ce qu'il a fait à la maman d'Antoine, même si c'est flou, précise une source proche du dossier. Mais il n'arrivait pas à dire ce qu'il avait fait de l'enfant. Peu à peu, il a tout de même réussi à raconter les coups sur le visage d'Anne qui tombe à terre, et l'oreiller pour l'achever. Raconter aussi Antoine, qu'il prend par la main pour l'amener au bord du lac, et la tête de l'enfant qu'il maintient sous l'eau jusqu'à ce qu'il ne bouge plus. » « Dans son esprit, l'enfant était mort », précise très clairement Pierre Sennes, procureur de la République de La Roche-sur-Yon.

Dans son bureau, il a vu quelqu'un de « très éprouvé, abattu, brisé ». Un homme qui dit avoir « paniqué » au moment des faits.

Quelle veulerie! Quelle comédie répugnante! A-t-il eu au moins quelques mots de remords?

 Mais également un homme qui a pris le temps de se changer avant d'empaqueter ses vêtements et d'aller les brûler au bord d'une rivière. Il y a là « le souci de dissimuler ses traces », pour le magistrat. Tard hier soir, Hornec a été mis en examen et écroué pour « homicide volontaire » sur sa compagne et « tentative d'assassinat » sur Antoine. Il risque la réclusion criminelle à perpétuité.

Mais il ne risque pas la mort !

Le Parisien 03 juin 2008

19:17 Publié dans Blog | Tags : antoine, l'enfant du lac | Lien permanent | Commentaires (9)

03/06/2008

LES SALAUDS VONT EN ENFER

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Hier, l'ex-compagnon de la mère d'Antoine, 8 ans, qui a survécu vendredi à une tentative de noyade à Challans (Vendée), a avoué avoir tué son ancienne amie. Il a également reconnu avoir jeté le garçonnet dans un lac voisin.

Après vingt-quatre heures de revirements fantaisistes et de dénégations incohérentes, Cédric Hornec, le principal suspect dans la tentative de noyade du jeune Antoine et dans la mort d'Anne Deriez, sa maman, a commencé à avouer ses crimes. Sa garde à vue dans les locaux de la brigade de gendarmerie de Challans (Vendée) a été prolongée hier en début d'après-midi par le procureur de La Roche-sur-Yon, ainsi que celle de Raymonde K., l'amie chez qui il avait trouvé refuge à Saint-Hilaire-de-Riez, où il a été arrêté dimanche en tout début d'après midi.

Selon nos informations, le mécanicien de 29 ans, connu des services de police mais au casier judiciaire vierge, a reconnu hier matin s'être disputé avec son ex-compagne, jeudi soir dernier.

Le drame s'est déroulé à Bois-de-Céné, au domicile de la jeune femme, où il vivait il y a une quinzaine de jours encore, avant une séparation qui jusqu'alors semblait s'être opérée « sans esclandre ». Mis « hors de lui » pendant l'altercation, il a avoué avoir frappé son ex-compagne à la tête, en prenant soin de maintenir un coussin sur sa bouche, pour rendre ses cris inaudibles. Ce qui explique qu'Antoine, 8 ans, n'a pas été témoin direct de la mort de sa mère, comme il l'avait affirmé lors de son hospitalisation à Nantes.

Selon une source proche de l'enquête, Hornec aurait dans un premier temps vivement contesté les déclarations d'Antoine qui, à son réveil, accusait l'ex-ami de sa mère de l'avoir jeté vivant dans le lac d'Apremont, à une trentaine de kilomètres du domicile familial. Avant de reconnaître sa responsabilité : c'est bien lui qui a emmené le garçonnet, sans trop savoir où aller, et qui a « eu l'idée de le jeter à l'eau » avant d'essayer de le noyer.

Le mécanicien s'est ensuite réfugié chez Raymonde K., la mère de Bruno, un de ses amis en ce moment détenu, dans une petite résidence HLM du centre de Saint-Hilaire-de-Riez. Selon les déclarations de cette femme, Cédric Hornec est arrivé chez elle en portant des traces de blessures ; il lui a simplement expliqué s'être bagarré avec Anne Deriez. Il s'est ensuite prostré devant la télévision, avant de confier simplement à la mère de son ami, en regardant le journal télévisé où il était question de la découverte du mystérieux « enfant du lac », qu'il l'avait jeté à l'eau. Selon un proche du dossier, Raymonde K., apeurée, n'a pas osé prévenir la police et a même aidé Hornec en lavant ses vêtements. Finalement, c'est elle qui, au cours de sa garde à vue, a craqué en premier. En confrontant les deux, les gendarmes ont finalement recueilli les aveux du mécanicien. Les enquêteurs s'appliquaient hier à corroborer ces déclarations avec des éléments de police technique et scientifique, ainsi que les résultats de l'autopsie du corps de la jeune femme, pratiquée hier.

Simultanément, une équipe de plongeurs sondait hier après-midi une petite rivière sur la commune de Notre-Dame-de-Riez, pour retrouver l'objet avec lequel l'ex-concubin a avoué avoir frappé sa victime. Cédric Hornec et Raymonde K. vont aujourd'hui être présentés à un juge d'instruction de La Roche-sur-Yon, qui décidera de leur sort judiciaire.

Quant à Antoine, il a quitté l'hôpital de Nantes hier, pour retrouver le domicile de son grand-père maternel, Michel Deriez, puisqu'il semble qu'il n'ait plus guère de contacts avec son père. Selon les gendarmes, il est « fortement marqué », mais il dispose aussi de « beaucoup de ressources ».

Le Parisien - 03 mai 2008

Qui est le père d'Antoine, ce père qui ne se manifeste pas alors que son enfant de 8 ans est dans le malheur? Que de salauds dans cette affaire!

02/06/2008

Antoine a appris la mort de sa mère

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Samedi soir, à grands renforts de patrouilles et même d'un hélicoptère, les enquêteurs espéraient un dénouement rapide à la chasse à l'homme engagée quelques heures plus tôt. Hier, à 13 h 30, c'était chose faite. Cédric Hornec, 29 ans, a été interpellé par une quinzaine de gendarmes du peloton de sécurité et d'intervention des Sables-d'Olonne, dans un petit appartement de Saint-Hilaire-de-Riez, une station balnéaire de la côte vendéenne.

A une vingtaine de kilomètres seulement du lac d'Apremont, où Antoine, 8 ans, avait été retrouvé vendredi matin, entre la vie et la mort. En revenant à lui, le petit garçon a mis les enquêteurs sur la piste de Cédric Hornec. Le garçonnet affirme que c'est ce mécanicien qui, dans la nuit de jeudi à vendredi, l'a emmené de force, en voiture, au bord du lac d'Apremont, où il l'aurait jeté à l'eau depuis un ponton. Quant à Anne Deriez, la maman d'Antoine, elle a été retrouvée, avant-hier matin, le crâne fracassé, dans la salle à manger de sa longère de Bois-de-Céné.

Cédric Hornec, il y a une quinzaine de jours encore, était le concubin d'Anne Deriez, avant une séparation qu'on avait décrite comme « sans esclandre »*. Il apparaissait aux yeux des enquêteurs comme un « témoin important ».

* Qui est ce "on" qui avait décrit une séparation sans esclandre ?


Traqué depuis plus de vingt-quatre heures, pendant lesquelles il aurait, selon une source proche du dossier, « beaucoup bougé », il s'était finalement réfugié chez une amie, dans une résidence HLM, en plein centre-ville de Saint-Hilaire-de-Riez. Déjà connu des services de police, il n'a pas opposé de résistance au moment de son interpellation. Il a ensuite été conduit à la brigade de Challans, dont les hommes ont été mobilisés non-stop dès la découverte d'Antoine. Sa garde à vue, filmée comme l'exige la loi en matière criminelle depuis hier, s'y déroulait toujours hier soir, assurée par des officiers de la section de recherches des Pays de la Loire, et vraisemblablement pourrait se poursuivre jusqu'à demain midi, au plus tard. La jeune femme qui l'hébergeait au moment de son interpellation était elle aussi entendue par les gendarmes. Quant à la Peugeot 306 noire de Cédric H., elle a immédiatement été saisie pour y opérer bon nombre de prélèvements : Antoine affirmant avoir été conduit en voiture au lac, des traces de son ADN dans l'habitacle pourraient en apporter la preuve indiscutable.

A Bois-de-Cené, au domicile d'Anne Deriez, les « experts » de la gendarmerie poursuivaient hier leur méticuleux travail sur la scène du crime. L'autopsie de la jeune maman, qui aurait eu 30 ans en novembre, doit avoir lieu aujourd'hui.

Quant à Antoine, auprès duquel trois gendarmes se relaient en permanence, il se porte de mieux en mieux ; physiquement, du moins. Un militaire, spécialement formé dans l'audition et la communication auprès des mineurs, lui a annoncé la mort de sa mère, avant-hier soir, et il lui faut désormais faire face à cette douleur. Le procureur de la République de La Roche-sur-Yon devrait très prochainement requérir une ordonnance de placement pour qu'Antoine retrouve un environnement propice à sa reconstruction.

Ce terrible fait-divers en dit plus sur notre époque que de longs débats philosophiques qui ne font que constater l'échec de notre société en fin de cycle sans y apporter le moindre remède.