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  • Un livret pour mieux apprendre la Shoah aux primaires

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    Mémorial de la Shoah à Paris (4ème) - Intérieur
    On peut voir aussi sous le bâtiment la tombe du Martyr juif inconnu
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    A l'intérieur du Mémorial, une machine agricole ayant servi à tuer des Juifs

    La visite de Xavier Darcos au mémorial de la Shoah, ce matin, devrait clore en douceur la cacophonie soulevée par la déclaration de Nicolas Sarközy il y a huit mois. Lors du dîner annuel du Crif, le président de la République avait émis le souhait que chaque élève de CM 2 s’approprie la mémoire de l’un des 11 400 enfants juifs de France victimes de la Shoah.

    Tollé des enseignants, historiens, psychologues, et jusque dans la communauté juive, contre le côté « adoption » compassionnelle, potentiellement traumatisante, imposée à des enfants de 10 ans.
    En épilogue, le ministre de l’Education va, aujourd’hui, profiter de sa visite et de la rencontre avec deux classes de CM 2 pour dévoiler le livret qui doit aider les enseignants à aborder cette période.

    Enseigné en primaire. La Shoah est au programme d’histoire du CM 2… depuis 2002. Très remontés en février, nombre d’instituteurs signalaient qu’ils n’avaient pas attendu le président pour s’y consacrer. Les 40 pages de « Mémoire et histoire de la Shoah à l’école », dont chaque école va recevoir un exemplaire, ne sont toutefois pas de trop, fait-on observer au ministère : « On n’a pas émis de pistes ni de conseils sur le sujet depuis 1990, et encore, elles étaient destinées aux professeurs de lycée. Ceux des écoles ne sont pas forcément spécialistes de l’histoire. »

    L’enjeu. Pas question, prévient l’entourage du ministre, d’écorner la liberté pédagogique des enseignants. Tableau de repères chronologiques, carte, bibliographie, textes du cinéaste Claude Lanzmann, de Serge Klarsfeld ou Simone Veil entre autres : le livret est là pour donner des orientations, des pistes, pour que les écoliers aient une première approche du Crime contre l’humanité, approfondie en troisième. « Il fallait le faire maintenant : les derniers témoins de cette période, désormais âgés, disparaissent. »

    La méthode. Les pistes du livret ministériel, élaboré avec l’aide du mémorial, suivent les recommandations émises en juillet par la commission de réflexion nommée par Xavier Darcos, présidée par l’inspectrice générale et présidente de l’Association de la maison d’Izieu, Hélène Waysbord-Loing. Pas question de parrainage, ni d’approche « morbide » de la Shoah via les camps. Personnalisation et histoire « incarnée », oui : « L’approche par la vie, l’itinéraire d’enfants de cette époque, victimes ou sauvés, est bonne dès lors qu’elle doit servir, au-delà de l’émotion, à construire un savoir historique. »
    Le livret donne des sites Internet d’associations pour construire un cours accessible. Le tout est consultable dès aujourd’hui sur le portail www.shoah.education.fr.

     

    Le Parisien -05.12.08

  • Avec Patrick Devedjian, on saura où va l'argent

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    Patrick Devedjian a 64 ans
    Patrick Devedjian, actuel secrétaire général de l'UMP a été nommé ministre responsable de la relance économique aujourd'hui à 14 h 30.
    Il sera chargé de mettre en place le plan de relance de 26 milliards d'euros présenté hier jeudi par Nicolas Sarközy.

     

    Selon les mots même du président, il s'agira pour Patrick Devedjian de s'assurer «que l'argent que nous mettons en plus dans les ministères ne servira pas à financer les dépenses courantes et habituelles, mais vraiment le plan de relance qui a été décidé»

    Patrick Devedjian avait donné son accord dans la matinée. Actuellement président du Conseil général des Hauts-de-Seine et secrétaire général de l'UMP, il s'installera à Matignon et sera directement rattaché au premier ministre François Fillon.

  • Braquage record : pour financer le plan de relance?

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    Devant la joaillerie Harry Winston le 5 décembre 2008

    Le montant est à la hauteur de la prestigieuse enseigne : quelque 80 millions d'euros de bijoux ont été volés jeudi à Paris lors d'un braquage dans la joaillerie de luxe Harry Winston, ce qui en fait le plus important vol toutes catégories jamais commis en France.

    Une estimation des bijoux volés fait état, précisait-on vendredi en fin de matinée de source proche de l'enquête, d'un montant de 85 millions d'euros.

    Jeudi 17h30, 29 avenue Montaigne (VIIIe), en plein Triangle d'or de Paris. Quatre hommes armés, dont deux déguisés en femme, pénètrent dans la boutique fréquentée par une riche clientèle internationale. Ils sont visiblement très bien renseignés puisqu'ils connaissent les noms de certains employés présents et les caches discrètes où sont déposés des bijoux qui ne sont pas exposés.

    Ils rassemblent "sans ménagement" la quinzaine de témoins (employés et clients) dans un coin de la boutique. Sans tirer un coup de feu, ils raflent parures de bijoux, bagues et autres colliers qu'ils glissent dans des sacs avant de prendre la fuite vers 17h45.

    L'enquête de flagrance, confiée à la Brigade de répression du banditisme (BRB), a commencé par l'audition de la dizaine de témoins, l'examen des films de surveillance et du dispositif d'alarme, relié à une centrale en Suisse.

    La BRB pense avoir affaire "à de grands professionnels" et n'écarte aucune piste : grand banditisme français ou ressortissants des pays de l'Est. Même démontés, bijoux et diamants sont en effet difficilement écoulables, sauf dans les pays de l'Est, devenus, selon des sources policières, un "nouvel Eldorado pour les trafiquants".

    Le joaillier Harry Winston a annoncé à New York "coopérer avec les autorités dans leur enquête"."Notre première préoccupation va vers les employés", ajoute le joaillier dans un communiqué reçu par l'AFP.

    Jointe au téléphone, Mme Rhonda Barnat, chargée des relations publiques de Harry Winston à New York, n'a pas fait d'autre commentaire.

  • Le chômage ne cesse de s'aggraver aux USA

    En dépit d'une baisse historique des taux d'intérêt jeudi en Europe, le pessimisme a vite repris le dessus vendredi sur les marchés après l'annonce d'un taux de chômage aux Etats-Unis au plus haut depuis plus de 15 ans.

    M. Bush s'exprimera aussi alors que les trois grands constructeurs automobiles essaient d'obtenir une aide publique pour échapper à la faillite.

    Le taux de chômage américain est monté à 6,7%, selon le département du Travail américain: plus d'un demi-million de personnes ont perdu leur travail en novembre dans ce pays, ce qui n'était pas arrivé depuis 34 ans. Les économistes tablaient sur 325.000.

    Depuis le début officiel de la récession aux Etats-Unis, en décembre 2007, le taux de chômage a augmenté de 1,7 point de pourcentage et il faut remonter à octobre 1993 pour retrouver un taux supérieur à 6,7%.

    Ces statistiques sont "tout simplement affreuses", commentait à Londres le cabinet Capital Economics.

    Le secteur des services, qui concentre plus de 80% des emplois américains, a représenté "environ deux tiers des suppressions d'emplois récentes", alors qu'"au cours des huit premiers mois de l'année, les pertes d'emplois avaient été en majeure partie limitées aux secteurs de la construction et de l'industrie manufacturière", selon le ministère.

    La Maison Blanche s'est dite "très inquiète" de ces mauvais chiffres et s'est engagée à poursuivre avec ardeur ses efforts pour y remédier tandis que le président élu Barack Obama appelait à des mesures "urgentes" pour aider les Américains à retrouver un emploi et stimuler l'économie.

    Les Bourses européennes ont été assommés par ces chiffres: vers 15H20 GMT Paris perdait 5,17%, Francfort 4,07% et Londres 2,58%.

    A Wall Street, l'indice Dow Jones de la Bourse de New York qui avait déjà perdu 2,51% jeudi soir, cédait 2,20% après les chiffres de chômage américain.

    Le marché du pétrole a aussi accusé le coup des chiffres du chômage américain car une baisse sensible de la consommation de brut est redoutée du fait de l'aggravation de la récession.

    Les prix du brut ont ouvert en baisse à New York, sous les 43 dollars et sont même tombés momentanément à 42 dollars, au plus bas depuis janvier 2005. A Londres ils sont descendus sous les 41 dollars.

    Les cours ont perdu plus de 100 dollars, soit plus des deux tiers de leur valeur, depuis leurs records du 11 juillet à plus de 147 dollars.

    Face à la dégradation accélérée de l'activité économique, les banques centrales européennes avaient pourtant fortement réagi jeudi. Pour la zone euro, la BCE a ainsi abaissé de 0,75 point de pourcentage -- une ampleur inédite -- à 2,50% son principal taux directeur.

    Mais cela n'a pas suffi manifestement à convaincre les marchés, pas plus que le plan de relance français de 26 milliards d'euros ou plus modestement les 750 millions annoncés par la Suède vendredi.

    Les investisseurs semblent avoir surtout retenu les commentaires pessimistes du président de la BCE, Jean-Claude Trichet, qui prévoit un recul du Produit intérieur brut de 0,5% en 2009 dans la zone euro.

    Dans la première économie de la zone, l'Allemagne, en récession depuis le trimestre dernier, les perspectives s'assombrissent de jour en jour. La Bundesbank s'attend à un recul du PIB de 0,8% en 2009 et l'industrie a vu le niveau de ses commandes dégringoler en octobre, avec une baisse de 6,1%.

    Autre souci d'inquiétude, la situation des trois constructeurs automobiles américains, General Motors, Ford et Chrysler.

    Les dirigeants des "Big Three", qui espèrent arracher une aide jugée vitale de 34 milliards de dollars du Congrès, seront auditionnés vendredi par la Commission des services financiers de la Chambre des représentants.

  • Le patriarche Alexis II et la renaissance de la Russie

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    Alexis II à Moscou en 2008
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    Avec Vladimir Poutine au monastère de Valdai le 12 janvier 2008

    Alexis II, le patriarche de Moscou et de toutes les Russies, décédé vendredi à 79 ans, a restauré l'influence de l'Eglise orthodoxe russe après 70 ans de régime communiste et entretenait des relations complexes avec les catholiques, accusés de prosélytisme en Russie.

      Le visage orné d'une imposante barbe blanche, s'exprimant d'une voix profonde au débit lent, le patriarche de Moscou était un personnage respecté des Russes et toujours présent dans la vie politique de son pays.

    Il a contribué à la réunification historique de son Eglise avec l'Eglise orthodoxe russe à l'étranger le 17 mai 2007, mettant fin à 80 ans de schisme datant de la révolution bolchevique de 1917.

    Ses relations avec le monde extérieur ont été marquées par une longue période de froid avec les catholiques, qu'il accusait de "prosélytisme" . Il avait refusé de recevoir le pape Jean Paul II.

    La raison principale de cette brouille était la situation en Ukraine, où les catholiques de rite oriental, bannis par Staline, avaient repris aux orthodoxes quelque 2.500 paroisses au début des années 90. La création de quatre diocèses catholiques en Russie en 2002 n'a fait qu'accentuer la tension.

     Les relations avec le Vatican se sont toutefois améliorées après l'élection du pape Benoît XVI en 2005.

    Pour marquer ce "dégel", Alexis II s'était rendu en octobre 2007 à la cathédrale Notre-Dame de Paris, lors de sa première visite officielle dans un pays occidental, pour y prier devant 3.000 fidèles, catholiques et orthodoxes, devant la Couronne d'épines du Seigneur.

    Né à Tartu, en Estonie alors indépendante, le 23 février 1929, dans une famille d'origine russe, séminariste sous Staline, prêtre marié comme le permet la religion orthodoxe, Alexeï Ridiguer divorce pour se faire moine en 1961, au temps des campagnes antireligieuses de Nikita Khrouchtchev. Il est aussitôt promu évêque.

    Alexis II fait une carrière ecclésiastique fulgurante sous Léonid Brejnev, à une époque où l'Eglise orthodoxe est strictement contrôlée par le KGB qui jette dans les camps les prêtres dissidents.

    Homme d'appareil, proche du pouvoir grâce à son poste de numéro deux du Service des relations extérieures du patriarcat, le futur patriarche échappe à leur sort.

    Il accède au poste suprême en juin 1990, peu avant la chute de l'Union soviétique. Il apparaît alors comme le candidat le plus en phase avec les transformations de l'époque de Mikhaïl Gorbatchev.

    A la veille de la présidentielle de 1996, Alexis II met en garde contre un retour du communisme marqué par des répressions violentes contre le clergé orthodoxe et appelle les Russes à "faire le bon choix", accordant un soutien implicite à Boris Eltsine qui remportera le scrutin.

    Considéré comme un proche de M. Eltsine et de son successeur Vladimir Poutine qu'il rencontrait régulièrement, Alexis II utilise ses relations avec le pouvoir pour restaurer l'influence de l'Eglise orthodoxe en Russie et lui rendre sa propriété confisquée par les bolchéviques.

    Les séminaires se remplissent, les coupoles des églises brillent, et l'immense cathédrale du Christ-Sauveur, dynamitée à l'époque de Staline pour faire place à une piscine, est reconstruite dans toute sa splendeur. La religion orthodoxe reprend pied à l'école, dans l'armée, les prisons et les hôpitaux.

    Souhaitant faire de son Eglise, conservatrice, un acteur de son temps, Alexis II n'hésite pas à se lancer dans le discours politique. S'alignant sur la position du Kremlin, il dénonce les frappes de l'Otan contre la Yougoslavie et la guerre en Irak, critique les violations des droits des russophones dans les ex-républiques soviétiques.

    Au sein de l'Eglise, il ne favorisait pas le courant libéral et pro-oecuménique et semblait plutôt favorable aux slavophiles méfiants envers l'Occident.

    AFP. 05.12.08