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  • Les maîtres de l'Europe mettent en garde contre l'identité nationale

    L'Europe doit accepter le multiculturalisme et "éviter les définitions étriquées des identités nationales", recommande aujourd'hui le Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, alors que s'ouvre en France un vaste débat public sur la question.

    Le débat sur l'identité nationale actuel en France et dans d'autres pays européens peut être utile "à condition de ne pas tomber dans le piège" de "privilégier une identité unique", estime-t-il. "Nous appartenons tous à plusieurs catégories qui ne se limitent pas à notre appartenance ethnique, à notre nationalité ou à nos convictions religieuses", explique Hammarberg.

    "Imposer une identité prétendument unique crée les conditions d'un affrontement sectaire", selon lui. Le commissaire recommande l'élaboration de politiques d'intégration fondées sur le pluralisme, la justice et l'égalité des chances.

    "Le système scolaire est essentiel pour construire des ponts entre les cultures. Il faut une éducation inclusive, sans ségrégation et qui enseigne le respect de la différence", a-t-il dit. Or plus généralement, "le racisme, la xénophobie et la discrimination perdurent en Europe. Les minorités sont la cible de propos haineux, de violences et de discriminations systématiques, surtout sur le marché du travail", constate encore le commissaire.

    Hammarberg demande aux responsables politiques de prendre plus au sérieux ces tendances néfastes. "Il est nécessaire d'analyser et de traiter les causes les plus profondes de cet échec humain et politique. Notre aptitude à l'échange aura des conséquences pour l'avenir de l'Europe", conclut-il.

    Le Figaro - 30.11.09

  • Le MUCEM des horreurs - Les Marseillais ruinés par des projets délirants

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    Frédéric Mitterrand pose la première pierre du MUCEM le 30 novembre 2009
    (Cliquez sur la photo pour la voir en entier)

    Le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand a posé lundi à Marseille la première pierre du Mucem (Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée), dix ans après le lancement de ce projet qui doit être prêt pour 2013 quand la cité phocéenne sera capitale européenne de la culture.

    "Nous faisons beaucoup plus que poser la première pierre d'un équipement culturel, ce musée doit être le lieu-matrice d'une Méditerranée pleinement réconciliée", a déclaré M. Mitterrand aux côtés des responsables des collectivités locales dont le sénateur-maire UMP de Marseille Jean-Claude Gaudin et le président PS du conseil régional Michel Vauzelle.

    Premier musée national décentralisé, le Mucem "sera l'une des clefs de voûte de l'Union pour la Méditerranée", lancée en juillet 2008 par le président Nicolas Sarkozy et s'inscrit en outre "résolument dans le projet du Grand Marseille", a-t-il ajouté.

    Ce sera "le coeur pensant dans ce projet de grande métropole", a insisté M. Mitterrand qui devait participer ensuite à un débat aux côtés du député UMP Renaud Muselier sur ce projet qui s'inscrit dans la réforme territoriale.

    Pour son contenu, le musée s'inscrira "dans la lignée des Arts et Traditions populaires" et "sera marqué par une grande ouverture à la réalité sociale de la Méditerranée, sans élitisme aucun", selon M. Mitterrand. "Ce sera le musée de la culture de chacun", a-t-il précisé, les nouvelles cultures de la rue, comme le hip hop, y trouveront leur place.

    Deux expositions inaugurales sont prévues pour 2013, l'une sur "Le noir et le bleu, le rêve méditerranéen", l'autre sur "Féminin-masculin, le genre en question".

    Elles "seront chacune à l'un des deux étages du musée", a expliqué à l'AFP son directeur général Bruno Suzzarelli. La première montrera les perceptions de la Méditerranée depuis le XIXe siècle, la deuxième sera "plus ethnologique", avec des artistes invités.

    De son côté, M. Gaudin a noté dans son discours que "dix ans c'est beaucoup trop long" et qu'"il a fallu pousser pour avoir le Mucem".

    "Nous avons beaucoup souffert", a-t-il insisté mais "nous sommes aujourd'hui confiants" en l'avenir du Mucem, à côté duquel doit être construit un Centre régional de la Méditerranée voulu par M. Vauzelle. Tous deux seront situés sur l'esplanade Saint-Jean ("J4"), derrière un fort datant de Louis XIV à l'entrée du Vieux-Port.

    Le Mucem sera en partie situé dans le fort, relié par une passerelle à un cube recouvert d'une résille de béton qui coûtera 55 millions d'euros hors taxes, a dit à la presse l'architecte choisi pour le projet depuis 2004, Rudy Ricciotti.

    "On va tout faire pour que ce soit prêt à temps", a poursuivi M. Ricciotti, retardé notamment par des recours administratifs de riverains, précisant que le chantier pourrait être fini en 2012.

    "Ce sera le chantier le plus sophistiqué en France aujourd'hui du point de vue constructif", a-t-il ajouté.

    Le coût total de l'investissement, y compris la réhabilitation du fort, les collections et le centre de conservation installé à la Belle-de-Mai, représente 175 millions d'euros, a souligné le député UMP Guy Teissier, président de l'établissement public Euroméditerranée qui coordonne les chantiers sur le J4. Il doit être financé à 60% par l'Etat et 40% par les collectivités locales.

    AFP. 30.11.09

  • Tous les drapeaux des pays d'Europe

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    Cliquez sur ce lien pour les voir avec plus de précision:

  • Un crucifix sur le drapeau italien?

    Le vice-ministre italien des Infrastructures et des Transports, Roberto Castelli, a proposé aujourd'hui d'ajouter un crucifix au drapeau national, une mesure qui affirmerait "le droit de l'Europe de retrouver sa propre identité".

    "Je crois que l'Europe a le droit de retrouver sa propre identité que nous sommes en train de perdre complètement", a-t-il affirmé. Castelli fait partie de la Ligue du Nord, un parti populiste anti-immigrés appartenant à la coalition gouvernementale dirigée par Silvio Berlusconi.

    Commentant le vote suisse sur l'interdiction des minarets, il a déclaré: "Malheureusement, nous faisons face à une forte attaque contre notre identité de la part d'une religion intolérante comme l'islam".

    Le ministre des Affaires étrangères Franco Frattini, qui est membre du Peuple de la Liberté (PDL, droite, parti de M. Berlusconi) a qualifié cette proposition d'"attrayante". "Neuf pays d'Europe ont déjà le crucifix dans leur drapeau, il s'agit donc d'une proposition extrêmement normale", a-t-il ajouté.

    En revanche, le ministre de la Défense Ignazio La Russa (PDL) s'y est opposé: "Nous n'avons pas besoin de mettre le crucifix dans notre drapeau, nous devons le porter dans notre culture et dans notre tradition chrétienne". La fondation FareFuturo du président de la Chambre des députés Gianfranco Fini, qui représente l'aile modérée du PDL, a de son côté qualifié cette initiative de "provocatrice et démagogique".

    Le Figaro - 30 novembre 2009

  • Malaise et indignation en France après le vote suisse anti-minarets

    La classe politique française a vivement réagi lundi à l'interdiction des minarets votée dimanche en Suisse, se démarquant promptement d'une décision jugée intolérante, mais suscitant aussi un certain malaise en France, en plein débat sur l'identité nationale.

     

    Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, s'est déclaré lundi "un peu scandalisé" par le vote suisse, qui est selon lui "une expression d'intolérance" et le signe "qu'on opprime une religion".

    La construction de minarets "n'est pas grand chose. Est-ce que c'est une offense dans un pays de montagnes qu'il y ait une construction un peu plus élevée?", a demandé le ministre, souhaitant que les Suisses reviennent "assez vite" sur cette décision.

    Les Suisses ont voté lors d'un référendum dimanche à une large majorité de 57,5% l'interdiction des minarets à l'appel de la droite populiste, qui dénonce un "symbole politico-religieux".

    Dans leur ensemble, les dirigeants des grands partis républicains français se sont démarqués de ce vote, au contraire de certains ténors de droite qui se sont montrés plus évasifs ou prudents, et de l'extrême droite, qui s'est franchement réjouie.

    "Est-ce que la question nous est posée en France concernant les minarets? Bien sûr que non", a ainsi déclaré le chef du parti du président français Nicolas Sarkozy (UMP), Xavier Bertrand.

    Pour lui, le "sujet qui est posé en Suisse n'a rien à voir avec la question de la burqa qu'il faut aujourd'hui clairement interdire en France".

    Le port du voile islamique intégral, le niqab ou la burqa, fait actuellement l'objet d'un vif débat en France, pays qui compte environ 5 millions de musulmans, soit la communauté la plus nombreuse d'Europe. Une mission d'information parlementaire a été constituée pour étudier la question de son interdiction.

    Quant au ministre de l'Immigration, Eric Besson, il a mis en garde contre une "stigmatisation" de l'islam en France, tout en estimant que le débat sur la construction de minarets relevait "de l'urbanisme".

    Le porte-parole adjoint de l'UMP, Dominique Paillé, s'est démarqué de la tonalité générale, en disant n'être "pas sûr" de la nécessité de construire des minarets en France.

    "Il y a évidemment des clochers sur les églises, mais c'est un héritage historique", a souligné M. Paillé, en opérant une distinction entre les "religions qui étaient là avant l'avénement de la République" et "celles qui sont arrivées après".

    De son côté, le porte-parole du parti socialiste (opposition), Benoît Hamon a dénoncé une "inquiétante" décision helvétique et aussitôt accusé le président Sarkozy d'introduire le même type de questions en France avec le grand débat sur l'identité nationale, lancé début novembre.

    Il a estimé que ce débat national contribuait à faire de "l'étranger ou de l'immigré un bouc-émissaire" et déploré que "le président de la République se livre à ce type de stigmatisation à l'égard des étrangers et des immigrés en associant identité nationale et immigration".

    Seule l'extrême droite s'est clairement réjouie du résultat du référendum en Suisse.

    Dès dimanche soir, la vice-présidente du Front National, Marine Le Pen, a appelé les "élites" françaises, comme suisses, à "cesser de nier les aspirations et les craintes des peuples européens qui, sans s'opposer à la liberté religieuse, rejettent les signes ostentatoires que veulent imposer des groupes politico-religieux musulmans".

    La responsable de l'extrême droite a appelé "les Français qui n'ont pas la chance de pouvoir s'exprimer par référendum à le faire, massivement, lors des élections régionales de mars prochain" en France.

    AFP. 30.11.09

  • Le chanteur britannique Peter Doherty fait scandale à Munich en chantant l'hymne nazi

    Le chanteur britannique Peter Doherty a provoqué un scandale lors d'un festival de rock à Munich en entonnant "Deutschland, Deutschland über alles", l'hymne des nazis, ont indiqué les organisateurs lundi.

    Le chanteur des Babyshambles, connu pour ses frasques, s'est fait huer par le public mais a continué de chanter jusqu'à ce qu'une animatrice de ce festival pour jeunes lui enjoigne de quitter la scène, rapporte la presse munichoise.

    "Nous avons décidé d'interrompre le passage de Peter Doherty sur scène dès que possible", ont expliqué les organisateurs dans un communiqué.

    Ce festival, organisé par la radio publique bavaroise, a également été diffusé en direct sur les ondes.

    "Deutschland, Deutschland über alles" est la première strophe du "Chant des Allemands", l'hymne national de l'Allemagne. Elle a servi d'hymne aux nazis sous Adolf Hitler qui en ont fait un chant pangermanique.

    Cette strophe n'est pas interdite officiellement, mais n'est plus chantée depuis la Seconde Guerre mondiale.

    Le troisième couplet de ce Chant des Allemands a été adopté comme hymne national après la Guerre.

     

    AFP. 30.11.09
  • Affluence au procès de John Demjanjuk

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    John Demjanjuk, 89 ans, est amené à la salle d'audience sur une civière
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    Robert Cohen, 83 ans, survivant d'Auschwitz-Birkenau, témoigne au procès
    (Cliquez sur les photos pour les voir en totalité)

    Le procès de John Demjanjuk, 89 ans, accusé de complicité dans l'extermination de Juifs, s'est ouvert lundi à Munich après une bousculade telle que des survivants ont fondu en larmes.

    Cet apatride d'origine ukrainienne risque la perpétuité si la cour d'assises de Munich (sud de l'Allemagne) décide qu'il a bien été garde pendant six mois en 1943 dans le camp d'extermination de Sobibor, aujourd'hui en Pologne.

    Durant cette période, quelque 27.900 Juifs, notamment néerlandais, ont été gazés à Sobibor. Selon l'accusation, il a forcément participé à cette extermination.

    L'avocat du vieillard, qui a comparu, livide, en chaise roulante, a immédiatement récusé l'impartialité de la cour, reprochant à l'Allemagne de poursuivre un exécutant étranger alors que des SS allemands qui étaient à Sobibor ont été acquittés.

    "Comment se peut-il que ceux qui donnaient les ordres aient été innocentés?", a demandé Me Ulrich Busch. "Du point de vue du droit et de la morale, il y a deux poids deux mesures dans ce tribunal".

    C'est la première fois que l'Allemagne juge un étranger pour crimes commis sous le nazisme.

     L'avocat a affirmé que les gardes formés à Trawniki (Pologne), et dont Demjanjuk faisait partie d'après l'accusation, étaient des victimes au même titre que les Juifs morts dans les chambres à gaz de Sobibor.

    Il a même provoqué l'indignation dans l'assistance en comparant Demjanjuk à un survivant, l'Américain Thomas Blatt, 82 ans, une des parties civiles, qui a reconnu avoir été contraint d'aider ses tortionnaires à tuer d'autres Juifs.

    L'accusation a rejeté la motion de la défense comme sans fondement. La cour ne s'est pas encore prononcée.

    Demjanjuk, en tête sur la liste des criminels de guerre nazis encore en vie établie par le Centre Simon Wiesenthal, a suivi ces échanges par le truchement d'un interprète.

    Portant une casquette de baseball et vêtu d'une veste de cuir, une couverture bleu clair sur les genoux, il a gardé la plupart du temps les yeux fermés derrière ses lunettes épaisses.

    L'audience de ce qui devrait être un des derniers grands procès des crimes commis sous le nazisme a commencé avec plus d'une heure de retard, les autorités ayant été incapables de canaliser la foule.

    La bousculade était telle que des survivants venus demander justice ont éclaté en pleurs.

    La salle d'audience ne peut accueillir qu'environ 150 personnes, alors que des rescapés de l'Holocauste ou leurs descendants et les journalistes sont venus du monde entier pour y assister.

    "Je ne veux pas de vengeance contre Demjanjuk, je veux juste qu'il dise la vérité", a déclaré Thomas Blatt.

    "S'il (Demjanjuk) y était, il a tué plus de cent personnes par jour, par jour! Ce serait le pire des crimes", s'est exclamé Robert Cohen, un Néerlandais de 83 ans, en montrant son tatouage de déporté. Cohen a survécu aux camps mais sa famille est morte à Sobibor.

    Demjanjuk s'était établi aux Etats-Unis en 1952, après avoir vécu près de Munich, d'où la compétence du tribunal bavarois. Il a été déchu de sa nationalité américaine pour avoir caché son passé.

    Sa famille assure qu'il ne survivra pas à un procès, mais les justices américaine puis allemande l'ont estimé apte à être jugé, avec deux audiences de 90 minutes chacune par jour.

    Demjanjuk avait été condamné à mort en 1988 en Israël, où il était accusé d'avoir servi à Treblinka, un autre camp, mais acquitté en appel en raison de doutes sur son identité.

    Le chasseur de nazis français Serge Klarsfeld a minimisé l'importance du procès, soulignant que Demjanjuk faisait partie de la "piétaille du crime".

    "C'est un peu décevant, un grabataire non allemand, occupant une fonction subalterne, et qui serait mort de faim en camp de prisonnier" s'il avait refusé de servir dans un camp de la mort, a-t-il déclaré à l'AFP.

    AFP. 30.11.09

     

     

     

  • Philippe de Villiers atteint d'un cancer de l'oeil

    Philippe de Villiers, président MPF du conseil général de la Vendée, va être admis cette semaine à l'Institut Curie à Paris pour un mélanome de la choroïde, un cancer rare de l'oeil, qui lui a été diagnostiqué récemment, a-t-on appris lundi auprès du conseil général.

      M. de Villiers doit être admis cette semaine à l'Institut Curie, centre de référence pour le mélanome de la choroïde, "une forme rare de cancer, mais néanmoins le plus fréquent des cancers de l'oeil chez l'adulte dont on dénombre en France 500 à 600 nouveaux cas par an", selon le site internet de l'Institut Curie.

    Le président du MPF devra retourner mi-décembre à l'Institut Curie pour poursuivre son traitement mais "il a le moral", a-t-on assuré au conseil général de la Vendée.

     

    AFP. 30.11.09

  • Holocauste: John Demjanjuk amené sur une civière à la reprise de son procès

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    Le 30 novembre à Munich lors de la reprise du procès
    (Cliquez sur la photo pour la voir en entier)

    John Demjanjuk, accusé d'être un ancien garde de camp de concentration responsable de l'extermination de Juifs pendant la seconde guerre mondiale, a été amené sur une civière à la reprise de son procès lundi après-midi à Munich.

    Recouvert des pieds à la tête par une couverture blanche, l'accusé, âgé de 89 ans, a agité un bras pendant que des experts médicaux témoignaient qu'il était apte à être jugé pour son rôle présumé d'ancien garde au camp de Sobibor, en Pologne.

    Le juge a suspendu la séance au bout de 20 minutes, un responsable du tribunal affirmant que l'accusé souffrait de maux de tête.

    Vingt-huit minutes plus tard, il est revenu, toujours allongé sur sa civière, mais le visage cette fois à découvert pour la reprise du procès.

    L'accusé, un apatride d'origine ukrainienne, risque la prison à perpétuité si la cour d'assises de Munich (sud de l'Allemagne) décide qu'il a bien été garde pendant six mois en 1943 dans le camp d'extermination de Sobibor, aujourd'hui en Pologne. Il avait comparu pour la première fois à l'ouverture du procès lundi matin pendant 90 minutes.

    Lundi matin, il était en chaise roulante.

    Il portait une casquette de baseball et une veste de cuir, avait une couverture bleu clair sur les genoux, et avait gardé la plupart du temps les yeux fermés derrière ses lunettes épaisses.
    AFP. 30.11.09
  • Le procès de John Demjanjuk commence aujourd'hui

    Accusé d'être un des derniers grands criminels nazis encore en vie, John Demjanjuk, 89 ans, est jugé à partir de lundi à pour participation au de 27 900 juifs.

    Ce vieillard d'origine ukrainienne risque la détention à perpétuité si la cour d'assises de Munich (sud de l') décide qu'il était bien garde en 1943 dans le camp d'extermination de Sobibor, aujourd'hui en Pologne.


    John Demjanjuk, un vieillard malade de 89 ans

     Il a été expulsé en mai des Etats-Unis où il vivait depuis 1952, à l'issue d'une longue bataille judiciaire. Il invoquait notamment son mauvais état de santé.

    C'est en avion sanitaire qu'il est finalement parti pour l'Allemagne, et il devrait comparaître dans un fauteuil roulant, mais les justices américaine et allemande l'ont estimé apte à être jugé.

    Le fils de Demjanjuk estime que le procès «tuera» son père

    Son fils John Jr a toutefois assuré à l'AFP dans leur ville de résidence de Cleveland (Ohio, nord des Etats-Unis) que son père allait en mourir. «On le précipite vers la mort, il ne survivra pas à cela», a-t-il affirmé, soulignant que nombre d'Allemands qui furent gardiens dans les camps nazis n'ont jamais été jugés.

    L'Allemagne qui n'a longtemps jugé «que des officiers supérieurs et des dignitaires du régime nazi» a changé de politique «en acceptant depuis un an et demi de juger tous les criminels nazis susceptibles de pouvoir se présenter devant un tribunal», explique Efraim Zuroff, directeur du Centre Simon Wiesenthal de Jérusalem qui traque les criminels nazis.

    Il a perdu sa nationalité américaine

    Demjanjuk est apatride, ayant perdu sa citoyenneté américaine en 2002 pour avoir caché son passé dans des camps nazis. Il assure qu'il était soldat de l'Armée rouge et avait été fait prisonnier des Allemands en 1942.

    Une trentaine des rescapés de l'Holocauste ou de leurs descendants sont partie civile, mais aucun n'a vu Demjanjuk à Sobibor et les seuls témoignages directs sont des déclarations écrites de témoins aujourd'hui décédés.

    L'accusation veut donc tenter d'obtenir une reconnaissance de culpabilité par seule association: Demjanjuk a été garde durant près de six mois en 1943 à Sobibor, période pendant laquelle 27.900 juifs ont été gazés, il a donc participé à cette extermination. «Ce que j'ai vécu, je vais le raconter aux juges», a expliqué à l'AFP Jules Schelvis, 88 ans, un des nombreux Néerlandais parties civiles, qui sera également témoin et dont la femme est morte à Sobibor.

    «Mon grand-père, qui a été tué à Sobibor, était aussi un vieil homme mais personne n'a dit "oh, c'est un vieil homme, il n'a pas besoin d'aller à Sobibor". Alors pourquoi Demjanjuk devrait-il être épargné?», s'interrogeait-il.

    Déjà condamné à mort en Israël en 1988 puis acquitté

     Demjanjuk avait été condamné à mort en 1988 en Israël pour avoir été gardien au camp de Treblinka sous le sobriquet d'Ivan le Terrible. Mais il a ensuite été acquitté en raison de doutes sur son identité.

    L'accusation affirme cette fois être sûre de son fait. Elle détient une carte d'identité établie par les SS au nom de Demjanjuk, faisant état de son transfert depuis Trawniki, où étaient formés des gardiens de camp de concentration, à Sobibor. L'homme jeune au visage rond qui y figure en photo ressemble à l'accusé, mais ses avocats assurent que le document est un faux de l'époque soviétique, ce qu'ont démenti des analyses officielles américaines.

    Pour Efraim Zuroff, le procès est un moment clé de l'Histoire. «L'ouverture du procès de Demjanjuk est capitale pour plusieurs raisons, d'abord car il est le criminel nazi le plus recherché, premier de la liste que nous publions, mais aussi car il va être jugé pour sa responsabilité dans la mort de 27 900 Juifs et qu'on va enfin savoir son rôle exact dans la machine d'extermination», a affirmé M. Zuroff à l'AFP.

    Des centaines de journalistes du monde entier espèrent pouvoir couvrir le procès. La cour, compétente parce que l'accusé a vécu dans la région après la guerre, apparaissait totalement débordée: sa salle d'audience ne peut accueillir qu'environ 150 personnes.

    Le Parisien- AFP. 29 novembre 2009