Le public visé ? Des enfants de CM1 et de CM2. "A travers ce film, je souhaite apporter une meilleure représentation des relations amoureuses entre les personnes du même sexe, raconte sur son site Sébastien Watel, le réalisateur et producteur. Au-delà de la problématique homosexuelle, ce film est une lutte contre les discriminations, par un apprentissage du respect de l'autre et de sa différence." Mais s'il est encore en tournage, ce projet d'une société de production rennaise suscite déjà des réactions épidermiques.
"Presque un film hétérophobe"
Sitôt le projet connu, les réactions pleuvent. Ainsi mi-décembre, l'hebdomadaire résolument de droite Les quatre vérités lance une pétition "Halte aux incitations homosexuelles dans les écoles primaires !" "Face à la prise en otages de nos enfants par le lobby homosexuel, nous voulons faire connaître notre profond sentiment de révolte et avertissons la classe politique que sa capitulation devant les exigences exorbitantes dudit lobby sera inévitablement sanctionnée dans les urnes", menace le journal qui dans ses pages critique pêle-mêle la presse, l'Islam en France, le socialisme et les droits de l'Homme. Le Collectif pour l'Enfant suit le mouvement "Des enfants CM1-CM2 sont encore trop petits pour entendre parler de ces problèmes d'adultes, juge Béatrice Bourges, porte-parole de cette association qui milite contre l'homoparentalité. Dans ce film, c'est comme si aussi les relations hétérosexuelles étaient ringardes et archaïques. C'est presque un petit film hétérophobe", s'indigne-t-elle auprès de TF1 News. Et d'estimer que ce n'est pas au rôle de l'Education nationale de parler de "ces choses-là".
Face aux critiques, le Conseil régional de Bretagne, l'un des soutiens du projet, rétorque : "Le droit au respect des choix individuels, y compris sexuels, et leur affirmation reste encore tabou dans notre société, explique Gaëlle Abily, sa vice-présidente. La prévention et l'éducation au respect en matière d'identité sexuelle nous semblent donc essentielles." "Cette polémique est effrayante, elle montre que les préjugés restent forts", renchérit la ville de Rennes.
Associée au projet par son réalisateur, l'Inspection académique d'Ille-et-Vilaine précise que la diffusion du Baiser de la lune dans les écoles n'a pas encore été prise. Elle a, par ailleurs, fait retirer son logo du site Internet consacré au film. "L'Institution m'a précisé que le partenariat n'était pas encore formel", a expliqué Sébastien Watel, interrogé par l'AFP. "Il touchera de jeunes enfants. Il faut prendre énormément de précautions", justifie Jean-Charles Huchet, l'inspecteur d'académie dans Ouest-France. Et Félix et Léon dans l'histoire ? Ils vécurent peut-être heureux, sans doute longtemps et adoptèrent probablement beaucoup d'enfants.
TF1 News - 01.02.10
