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  • Alfred de MUSSET (1810-1857)

    LA NUIT DE MAI

     LA MUSE

    Poète, prends ton luth et me donne un baiser ;
    La fleur de l'églantier sent ses bourgeons éclore,
    Le printemps naît ce soir ; les vents vont s'embraser ;
    Et la bergeronnette, en attendant l'aurore,
    Aux premiers buissons verts commence à se poser.
    Poète, prends ton luth, et me donne un baiser.

    LE POÈTE

    Comme il fait noir dans la vallée !
    J'ai cru qu'une forme voilée
    Flottait là-bas sur la forêt.
    Elle sortait de la prairie ;
    Son pied rasait l'herbe fleurie ;
    C'est une étrange rêverie ;
    Elle s'efface et disparaît.

    LA MUSE

    Poète, prends ton luth ; la nuit, sur la pelouse,
    Balance le zéphyr dans son voile odorant.
    La rose, vierge encor, se referme jalouse
    Sur le frelon nacré qu'elle enivre en mourant.
    Écoute ! tout se tait ; songe à ta bien-aimée.
    Ce soir, sous les tilleuls, à la sombre ramée
    Le rayon du couchant laisse un adieu plus doux.
    Ce soir, tout va fleurir : l'immortelle nature
    Se remplit de parfums, d'amour et de murmure,
    Comme le lit joyeux de deux jeunes époux.

    LE POÈTE

    Pourquoi mon coeur bat-il si vite ?
    Qu'ai-je donc en moi qui s'agite
    Dont je me sens épouvanté ?
    Ne frappe-t-on pas à ma porte ?
    Pourquoi ma lampe à demi morte
    M'éblouit-elle de clarté ?
    Dieu puissant ! tout mon corps frissonne.
    Qui vient ? qui m'appelle ? - Personne.
    Je suis seul ; c'est l'heure qui sonne ;
    Ô solitude ! ô pauvreté !

    LA MUSE

    Poète, prends ton luth ; le vin de la jeunesse
    Fermente cette nuit dans les veines de Dieu.
    Mon sein est inquiet ; la volupté l'oppresse,
    Et les vents altérés m'ont mis la lèvre en feu.
    Ô paresseux enfant ! regarde, je suis belle.
    Notre premier baiser, ne t'en souviens-tu pas,
    Quand je te vis si pâle au toucher de mon aile,
    Et que, les yeux en pleurs, tu tombas dans mes bras ?
    Ah ! je t'ai consolé d'une amère souffrance !
    Hélas ! bien jeune encor, tu te mourais d'amour.
    Console-moi ce soir, je me meurs d'espérance ;
    J'ai besoin de prier pour vivre jusqu'au jour.

     

    (extrait)

  • Traditions européennes: la fête de Mai

     
    Traditions européennes : la fête de mai

     

    La fête de Mai marque le « début de l’été ». Mai est le mois où l’année bascule, entre sur son second versant, où le printemps triomphe définitivement des puissances de l’hiver et de la nuit.

    C’est l’occasion d’une fête communautaire, un des moments privilégiés pour les familles de se retrouver dans un contexte champêtre.

    Dans la nuit du 30 avril au 1er mai, les jeunes gens des villages se réunissaient autrefois et s’affairaient pour préparer la fête du printemps. Ils devaient couper un arbre, ne conserver à son extrémité que quelques branches garnies de feuilles puis le dresser devant l’église ou sur la place du village, après l’avoir décoré de rubans et de petits drapeaux et fixé à son sommet une couronne confectionnée de feuilles et de fleurs.

    Il est en quelque sorte le pendant du sapin de Noël.

    L’arbre de Mai est le symbole de la vie et la couronne, par sa forme circulaire, symbolise une année, c’est-à-dire les quatre saisons s’incarnant dans l’éternel retour du cycle de la vie.

    Traditions européennes : la fête de mai

    Cet arbre de mai, symbolisant le triomphe du Printemps sur les forces obscures de l’hiver, devenait pour un temps le point de polarité de toutes les festivités. Autour de lui se succédaient les danses et les grandes rondes, dans l’ambiance chaleureuse et communautaire d’un grand repas.

    Il est intéressant de noter que le nom de mai dérive du nom de Maia, la déesse de la fertilité. Et la fête de l’arbre de mai est bel et bien une fête dédiée à la fertilité. On y retrouve tous les symboles de la naissance. Ainsi, la nuit de la pleine lune de mai, les anciens Germains dressaient des mâts décorés ou des arbres.

    Une variante de ces festivités consistait à planter un arbre, et non plus à le couper.

    [cc] Novopress.info, 2012, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d'origine
  • Des villas bâties en un mois: les clandestins bulgares travaillaient sept jours sur sept pour 250 € par mois

    Dix ressortissants bulgares titulaires d’un simple titre de séjour touristique mais travaillant huit heures par jour, sept jours sur sept, comme ouvriers du bâtiment pour 250 euros par mois. Tous logés dans un appartement de 60 m² à Bourgoin-Jallieu.

    Lundi matin, c’est un véritable réseau de travailleurs clandestins, des rives de la mer Noire aux quais de la Bourbre, qui a été démantelé par les agents de la brigade mobile de recherche de l’Isère et du Rhône de la police aux frontières (PAF). À l’origine de cette affaire, une dénonciation parvenue à la BMR de l’Isère, en janvier 2012. Une enquête était alors ouverte pour travail illégal, emploi d’étrangers sans autorisation de travail, escroquerie aux prestations sociales, faux et usage de faux.

    Les investigations et les surveillances menées par les hommes de la PAF allaient rapidement être éloquentes, les enquêteurs constatant des allées et venues d’ouvriers bulgares non déclarés, d’un appartement situé au 18 de l’avenue du Professeur-Tixier à Bourgoin-Jallieu vers différents chantiers de maisons individuelles dans le Nord-Isère et le Rhône.

    « 250 euros par mois par ouvrier »

    C’est justement sur le chantier d’une villa en construction, chemin de la Tour à Feyzin, que les enquêteurs ont procédé, lundi matin, à l’interpellation de dix ouvriers et de leur “patron”, un maçon bulgare de 39 ans. Domicilié à Bourgoin-Jallieu et fondateur en Bulgarie de la société BTP Story Perfect, ce dernier n’était pas pour autant déclaré comme employeur en France. Une opération à laquelle se sont joints différents services comme les Urssaf et le BCR, bureau central de recouvrement, de Lyon. Dans l’appartement de Bourgoin-Jallieu où étaient logés les ouvriers, les enquêteurs ont saisi différents documents rédigés en bulgare.

    Selon nos informations, les ouvriers traversaient l’Europe par 4x4 depuis leur Bulgarie natale via une société établie à Bourgoin-Jallieu, avec à sa tête un ressortissant turc et dont le maçon bulgare était probablement le gérant de fait. « Le deal était de bâtir une maison en un temps record, environ un mois. Les ouvriers n’étaient payés qu’en fin de chantier. À 250 euros par mois par ouvrier, en s’affranchissant des cotisations sociales, le bénéfice était considérable pour le réseau », détaille une source proche de l’enquête, tout en précisant que la petite entreprise illégale œuvrait depuis plusieurs années.

    S’il n’avait effectué aucune démarche officielle pour travailler ou créer une société en France, le chef du réseau, ce maçon bulgare, gagnait sur tous les tableaux. Il bénéficiait ainsi du RSA et des allocations familiales.

    Un ressortissant bulgare écroué pour travail dissimulé

    Mercredi soir, le maçon bulgare a été déféré au parquet de Bourgoin-Jallieu. Il a été mis en examen et écroué pour “travail dissimulé”, “fraude aux prestations sociales” ou encore “soumission de plusieurs personnes vulnérables à des conditions d’hébergement indignes”. Quant au gérant de la société, il a été mis en examen puis placé sous contrôlé judiciaire.

    L’enquête va désormais se poursuivre sous commission rogatoire délivrée par le magistrat instructeur de Bourgoin-Jallieu. Une enquête qui devra notamment dénombrer les chantiers réalisés par ce réseau et établir ou non une éventuelle sous-traitance au profit d’un constructeur.

     

    par Vincent WALES le 27/04/2012   
                  
    Le Dauphiné
  • "Juif": Google attaqué en justice par des associations antiracistes

    Des associations françaises ont attaqué en justice la société Google pour que le moteur de recherche cesse d’associer automatiquement le mot « juif » au nom de personnalités faisant l’objet de requêtes d’internautes, a-t-on appris aujourd’hui.

    Une audience a été fixée mercredi à 10h, a annoncé l’avocat de SOS Racisme, Me Patrick Klugman, qui estime que la fonctionnalité « Google Suggest » avait abouti à « la création de ce qui est probablement le plus grand fichier juif de l’histoire ». Dans une réaction à l’AFP, Google a souligné que les résultats des requêtes des internautes ne sont pas influencés par lui et ne résultent pas d’un choix éditorial de sa part. (…)

    Dans leur assignation, l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), J’accuse!-action internationale pour la justice (AIPJ), SOS Racisme et le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) s’insurgent contre le fait que le terme « juif » soit souvent proposé par Google Suggest lorsqu’une recherche est faite sur le nom d’une personnalité.

     

    Défrancisation - 29/04/12

  • Miss Black France couronne la sénégalaise Mbathio Beye

     

     

    Miss Black France couronne la Sénégalaise Mbathio Beye

    Elles étaient 18 jeunes femmes noires en lice, samedi soir, salle Wagram, sélectionnées parmi 1.000 candidatures de toutes la France pour la première élection de Miss Black France 2012. Sur fond de polémique, ce concours de beauté a couronné une étudiante sénégalaise de Paris, préparant un master de stratégie marketing : Mbathio Beye, 21 ans.

     

    Ses dauphines sont Romy Niaba, 22 ans, étudiante en sciences politiques, française d’origine ivoirienne, domiciliée à Nantes, et Aissata Soumah, 23 ans, étudiante en école de commerce, de nationalité guinéenne et domiciliée à Troyes.


     

    Défrancisation - 29/04/12

  • Sarkozy face à Lapix

    Un peu compliqué, mais on y arrive! Cliquez d'abord sur Youtube, où vous trouverez le lien "en dessous": cliquez sur ce lien et vous verrez apparaître deux grandes vidéos. Celle où Lapix parle de l'affaire Kadhafi à Sarkozy est en-dessous de la première.

    29/04/12

  • Kadhafi: face à face tendu entre Sarkozy et Anne-Sophie Lapix

    C'est une honte qu'on me pose une question pareille", s'est emporté dimanche Nicolas Sarkozy sur Canal+ au sujet des révélations de Mediapart sur l'éventuel financement de sa campagne de 2007 par Kadhafi.

     
    Le président-candidat Nicolas Sarkozy
     

    Une « infamie » et un « montage », c'est ainsi que Nicolas Sarkozy a qualifié dimanche les révélations de Mediapart sur l'éventuel financement de sa campagne de 2007 par Kadhafi lors d'un face à face tendu avec la journaliste Anne-Sophie Lapix dans le cadre de l'émission "Dimanche +" sur Canal+.

    « C'est une infamie. Quand je pense qu'il y a des journalistes qui osent donner du crédit au fils Kadhafi et aux services secrets de M. Kadhafi », s'est indigné dimanche le président candidat. « C'est un montage (...) Médiapart est coutumier du mensonge », accuse-t-il en dénonçant une « officine au service de la gauche ». « C'est une honte qu'on me pose une question pareille ».

    Interrogé auparavant sur sa main tendue aux électeurs de Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy s'était déjà agacé : « Mais vous, Mme Lapix, pardonnez moi mais je n'ai pas vu le panneau disant aux électeurs du Front national 'ne regardez pas mon émission' (...) eh bien moi je suis comme vous ! ». Marine Le Pen, « vous l'avez reçue ? », insiste-t-il. « Quelle est la différence ? ».

    "Je n'ai pas de camp. Je suis président!"

    « Je ne suis pas responsable politique, réplique la journaliste. Votre camp vous reproche... ». « D'abord je n'ai pas un camp. Je suis président de la République », rétorque Sarkozy. Et puis, « je ne parle pas que d'(immigration) », en meeting, poursuit-il. « Faut que vous veniez avec moi... ». « Vous parlez très peu d'immigration finalement.. », ironise la journaliste. « Parce qu'on a pas le droit d'en parler ? », rétorque Sarkozy « Ce n'est pas ce que je vous dis ». Et le candidat de conclure : « Je ne comprends pas ce que vous dites ».

    Interrogé sur les réserves exprimées par l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin à l'égard de cette campagne droitière, Nicolas Sarkozy a par ailleurs balayé la question d'un revers de main: « Jean-Pierre Raffarin était avec moi hier à Clermont-Ferrand (…) Il n'a exprimé aucun réserve et il parlera notamment le 1er mai (lors du meeting à Paris, NDLR). Il est sur la même ligne ».

     
    Par Christine Ollivier
  • Emile VERHAEREN (1855-1916)

    L'EUROPE

    Un soir plein de clartés et de nuages d'or,
    Du fond des cieux lointains, rayonne au coeur d'un port
    Léger de mâts et lourd de monstrueux navires ;
    L'ombre est de pourpre autour des aigles de l'Empire
    Dont le bronze géant règne sur les maisons.
    On écoute bondir, dans leurs beffrois, les cloches ;
    D'héroïques drapeaux pendent aux frontons proches,
    Et la gloire en tumulte envahit l'horizon.
    Et c'est l'heure où le songe et l'effort se confondent,
    Où l'on s'attarde, regardant au loin la mer,
    A rêver ce que sont et l'homme et l'univers
    Grâce à l'Europe intense et maîtresse du monde.
    Depuis cent et cent ans
    Que le sang roule en son coeur haletant,
    Toujours, malgré les deuils et les fléaux voraces,
    Et les guerres criant la haine à travers temps,
    Elle éduqua ses races
    A ne jamais planter
    Les arbres de leur force et de leur volonté
    Que dans le jardin clos des réalités sûres.
    Clairvoyance, méthode, ordre et mesure ;
    Routes dont nul brouillard ne dérobe le bout ;
    Vendange immensément et dûment poursuivie
    Au long des rameaux clairs des vignes de la vie ;
    Calcul dans le travail universel qui bout ;
    Hâte, calme, prudence, audace,
    Fièvre mêlée à la lenteur tenace,
    Ô la complexe et formidable ardeur
    Pour les luttes et les conquêtes
    Que l'Europe porte en sa tête
    Et thésaurise dans son coeur !
    Elle est partout présente
    Et agissante,
    Les yeux hallucinés par les rouges trésors
    Qu'en leurs replis obscurs, profonds et méandriques,
    Les montagnes d'Asie et les forêts d'Afrique
    On ne sait où, là-bas, lui réservent encor.
    Les arbres violents des forêts millénaires
    Inclinent vers ses mains leurs fruits délicieux :
    Les poings de leurs rameaux semblent tordre les cieux
    Et leur front ferme et haut se buter aux tonnerres.
    Au coeur des archipels, elle explore des îles
    Dont le sol est strié d'amiante et d'argent
    Et dont les grandes fleurs, aux vents des soirs, bougeant,
    Lui présentent leurs sucs ou leurs venins dociles.
    Les monts sont perforés et les isthmes fendus
    Pour que des chemins d'eau moins longs et moins perdus
    Joignent entre eux les ports merveilleux de la terre.
    Même la nuit et ses étoiles feudataires
    Collaborent, là-haut, avec leurs feux unis,
    A la marche tranquille, énorme et solitaire,
    Des grands vaisseaux pointant leur cap sur l'infini ;
    Et les marchands de Londres et les courtiers d'Hambourg,
    Et ceux qui sont partis de Gênes ou de Marseille,
    Et les aventuriers que l'audace conseille,
    Et les savants hardis et les émigrants gourds,
    Tous, où qu'ils débarquent, passent, luttent, s'installent,
    Confient aux sols nouveaux des plus lointains pays,
    Avec leur fièvre active et leur travail précis,
    Le grain qui fit fleurir leur âme occidentale.

    Ô ces héros d'Europe armés de projets clairs,
    Actifs dans le triomphe, adroits dans les revers,
    Cerveaux dominateurs de forfaits et de crimes,
    Mains agrafant l'espoir à la force unanime,
    Constructeurs éblouis des tours de l'avenir
    Où les pierres d'argent des plus fermes idées
    Brillent, de vent, d'espace et de feux inondées,
    Sont-ils géants par leur ardeur à tout unir !
    Ils s'oublieraient eux-mêmes en leur oeuvre féconde,
    N'était qu'au Nord, là-haut, sous les brumes profondes,
    Les banques de Glascow, d'Anvers et de Francfort
    Guettent toujours, avec leurs yeux de fièvre et d'or,
    Leurs gestes de chercheurs dispersés sur le monde.

    La terre immense et riche et prodigue, la terre
    Vivante est à celui qui la détient le mieux
    Et la dompte, sous son effort victorieux,
    Comme un cheval fumant cabré dans la lumière.
    Et l'Europe qui modela au cours des temps
    La fruste Océanie et la jeune Amérique,
    Avec les doigts savants de sa force lyrique,
    Poursuit, comme autrefois, son travail exaltant.
    Les grands lacs lumineux des Congos noirs la tentent,
    Les vieux déserts semés d'oasis et de tentes,
    L'équateur rouge et ses flores d'or éclatant.

    Devant le masque cru des féroces idoles,
    Elle apporte soudain de nouvelles paroles,
    Elle déplie en des âmes mornes encor
    L'aile obscure qui soutiendra leur prime essor
    Et sur des fronts étroits et durs que rapetisse
    L'esclavage, la peur, l'effroi, la cruauté,
    Sa main fait lentement, mais sûrement flotter
    Quelque rêve futur qui serait la justice.

     

  • Interview de Marine Le Pen par le JDD

    Lire: http://www.lejdd.fr/Election-presidentielle-2012/Actualite/Interview-de-la-semaine-Le-Pen-veut-tout-casser-a-l-Assemblee-nationale-506572/?from=cover

     

    28/04/12

  • Présidentielles 2007: Kadhafi aurait débloqué 50 millions d'euros pour Sarkozy

     

    Sarkozy - Kadhafi : les révélations de Mediapart

     

    Selon un document officiel libyen daté du 10 décembre 2006, auquel Médiapart a eu accès, le régime Kadhafi a décidé de débloquer une somme de 50 millions d'euros pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

     
    Mediapart révèle samedi que le régime Kadhafi aurait débloqué 50 millions d'euros afin de financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007
     

    Dans une note publiée samedi 28 avril par Mediapart, Moussa Koussa, alors chef des services de renseignements extérieurs libyens, autorise le directeur de cabinet de Kadhafi, Bachir Saleh, à entreprendre des versements secrets. Moussa Koussa évoque dans ce document des réunions préparatoires avec Brice Hortefeux et l'intermédiaire Ziad Takieddine. « Ce document prouve qu'on est en présence d'une affaire d'Etat », confirme ce dernier à Mediapart.

    Cliquez ici !

    Un document unique non détruit

    Le régime de Mouammar Kadhafi aurait donc bel et bien décidé de financer la campagne présidentielle du candidat Nicolas Sarkozy en 2007. Comme l'affirme Mediapart, cette note est issue des archives des services secrets et date d'il y a plus de cinq ans. L’en-tête et le blason vert de la Jamahiriya préimprimés s’effacent d’ailleurs légèrement. Ce document, avec d’autres, a échappé aux destructions de l’offensive militaire occidentale. D’anciens hauts responsables du pays, aujourd’hui dans la clandestinité, ont accepté de le communiquer à Mediapart durant la semaine du 23 avril 2012.

    “Appuyer la campagne électorale” de Nicolas Sarkozy

    Dès 2006, le régime libyen aurait choisi « d’appuyer la campagne électorale » de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, et ce pour un « montant de cinquante millions d’euros » : c’est ce qu’indique en toutes lettres cette note datée du 10 décembre 2006, signée par Moussa Koussa, l’ancien chef des services de renseignements extérieurs de la Libye. Un accord « sur le montant et les modes de versement » aurait été validé quelques mois plus tôt par Brice Hortefeux, à l'époque ministre délégué aux collectivités locales, en présence de l’homme d’affaires Ziad Takieddine, qui a introduit dès 2005 en Libye les proches du ministre de l’intérieur, notamment Claude Guéant, et Nicolas Sarkozy lui-même. Le directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, Bachir Saleh, alors à la tête du Libyan African Portfolio (LAP, soit l'un des fonds d'investissement financier du régime libyen), aurait de son côté été chargé de superviser les paiements.

    “On est en présence d'une affaire d'Etat”

    « Mon client n'était pas présent à la réunion indiquée dans le document, nous a indiqué Me Samia Maktouf, l’avocate de Ziad Takieddine. En revanche, il pense que ce document est crédible, vu la date et les personnes qui apparaissent dans ce document outre lui-même ». « Ce document prouve qu'on est en présence d'une affaire d'Etat, que ces 50 millions d'euros aient été versés ou non », a lui-même affirmé Ziad Takieddine, rencontré par Mediapart le vendredi 27 avril 2012.

    J'ai les éléments et je n'hésiterai pas à les sortir”

    Dans un entretien accordé le 25 avril à l’hebdomadaire Jeune Afrique, Ziad Takieddine déclare avoir été informé en mars 2011 par Saif al-Islam Kadhafi de l’existence d’un « versement d’argent » pour la campagne présidentielle du candidat UMP Nicolas Sarkozy en 2007. « Lors de ma dernière rencontre avec Seif al-Islam que j'ai interrogé, il m'avait bien dit: “J'ai les éléments et je n'hésiterai pas à les sortir” », explique Ziad Takieddine à Mediapart. En réalité, il ne pensait pas que Nicolas Sarkozy irait jusqu'au bout. On peut penser que c'est pour cette raison que le système a protégé Bachir Saleh (exfiltration et production d'un passeport diplomatique) et qu'ils ont essayé par tous les moyens de tuer Saif al-Islam qui a été à l'origine de ces révélations. Par ailleurs, cela explique l'accueil que Monsieur Claude Guéant m'a réservé dès mon retour de Libye, en m'arrêtant à l'aéroport (le 5 mars 201, ndlr), car il pouvait penser que j'étais moi-même en possession de ces documents, pour pouvoir les subtiliser ».

    Par Damien Helene
     
    France-Soir - 28/04/12 
  • Bonnes résolutions 2012: ne pas oublier les 10 bonnes raisons de virer Sarkozy

     

    Modifié le 02-01-2012 à 07h06

     
     

    Par Louis Calvero
    Chroniqueur dérisoire
     
     

    LE PLUS. Prendre de bonnes résolutions, c'est à la portée de tout le monde et en ce 1er janvier 2012, nous n'allons pas nous en priver. Mais certains d'entre nous préfèrent éviter de s'éparpiller, en s'en tenir à une seule résolution : garder à l'esprit le top 10 des raisons de ne pas réélire Nicolas Sarkozy.

    Édité par Gaëlle-Marie Zimmermann

    Le Nouvel Observateur

    En ce début d’année, il y a les résolutions que l’on peut prendre à la légère : prendre les escaliers plutôt que l'ascenseur, relire Zola, se remettre à acheter Libé ou consacrer plus de temps libre à l’entretien de ses muscles fessiers …

     

    Et puis il y a les résolutions capitales, qu'il ne faut absolument pas oublier, au premier rang desquelles, me concernant : ne pas se recogner pour 5 ans le président sortant (et son équipe de charlatans).

     

    Nicolas Sarkozy au sommet européen du 09/12/11, à Bruxelles. (GEORGES GOBET / AFP)

    Nicolas Sarkozy au sommet européen du 09/12/11, à Bruxelles

     

    Mais, comme cela ne dépend pas que de moi, voici pour m’aider à y arriver, un petit aide-mémoire à destination de ceux que la fébrilité d'une campagne pourrait induire en erreur.

     

    10 - Le discours de Dakar

     

    En 2007, Nicolas Sarkozy a choisi d'expliquer "le drame de l’Afrique" aux Africains. Sous la plume d’Henri Guaino, cela donna : "l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire. […] Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès". Depuis le printemps arabe, la famine somalienne ou la crise ivoirienne sont venus pimentés cet "imaginaire où tout recommence toujours". Et Guaino est toujours là, prêt à recommencer.

     

    9 - Le bouclier fiscal

     

    Comme son ami Bigard, Sarkozy restera dans les mémoires pour avoir mis "le paquet" fiscal. Cela s’est traduit par des réductions d’impôts extravagantes pour les plus riches, réductions censées relancer l’investissement et faire rentrer Johnny au pays. Les faits : en 2009, par exemple, les 1169 ménages français les plus fortunés se sont partagé 423,32 millions d'euros sans aucun effet sur l’évasion fiscale ou la domiciliation de Monsieur Halliday.

     

    8 - L'environnement qui commence à bien faire

     

    Paris vaut bien une messe et l’environnement un Grenelle. Mais le prêchi-prêcha écolo du mandat n’aura servi qu’à masquer une absence complète de volonté. Au final, Sarkozy finit par l’avouer : "l'environnement ça commence à bien faire". Une révélation qui a sinistrement pris corps après Fukushima, où le débat sur le nucléaire a été verrouillé sur ordre des lobbies. Un bluff de plus...

     

    7 - Le "casse toi pov'con"

     

    Avec le pedigree de l’impétrant, on se doutait qu’il n’allait pas citer Corneille et Chateaubriand tous les jours, ni grandir la fonction de président. Mais de là à l’imaginer insultant un Français comme en jurant comme un charretier ! C’est pourtant arrivé. On attend toujours les regrets publics.

     

     

    6 - Douillet, Lefebvre, Laporte et les nominations bidon

     

    On devait avoir une "République irréprochable". Nicolas Sarkozy a même précisé : "Je veux que les nominations soient irréprochables". On a donc eu la traditionnelle brochette de nominations bidon de copains et de courtisans. Mais cette fois, on a même eu des ministères inventés pour l’occasion, et des potes au CV parfois moins épais que le casier.

     

    UMP - Je veux une République irréprochable par ump

     

    5 - La suppression de la pub sur France Télévisions

     

    Comment endetter encore plus un Etat en faillite ? En le privant de ses rares ressources. Au nom d’une fibre culturelle qu’on ne lui connaissait pas, Sarkozy a décidé de priver l'audiovisuel public de 800 millions d’euros par an de pubs qui ne dérangeaient personne. A part Martin Bouygues naturellement.

     

    4 - L'augmentation de salaire de Sarkozy

     

    Vous connaissez un salaire de la fonction publique qui a augmenté de 140% au cours de ce quinquennat de crise ? Oui, celui du président. Avec Sarkozy, charité bien ordonnée commence par soi-même. Et c'est également là qu'elle finit.

     

    3 - Hortefeux et son détail, et Guéant et ses Roumains

     

    Voir le pape s’émouvoir du sort réservé aux étrangers aux pays des droits de l’Homme, ou voir un ministre condamné pour injure raciale conforté à son poste… Qui aurait pu l’imaginer ? Ces humiliations sont pourtant bel et bien arrivées.

     

    2 - L'EPAD

     

    Le premier quartier d’affaires d’Europe, Isabelle Balkany à la manœuvre, un gamin de 23 ans sous-diplômé, un numéro de singe savant télévisé chez Pujadas… On peut en rire, mais c’est à pleurer. Pendant cette affaire, ça m’a fait mal d’être Français.

     

    Jean Sarkozy au JT de 20h sur France 2 - Epad par made-92

     

    1 – L’identité nationale et ses produits dérivés

     

    D’ailleurs, être Français... Je pensais que c’était un facteur d’unité un peu sacré, associant Voltaire, Valmy, Verdun et peut-être aussi un peu Vieira. Et j'était assez fier de participer de ça. Mais même ça, Sarkozy s’est permis de le salir avec de basses manœuvres électorales à destination de l’électorat du Front National. Une raison qui justifierait à elle seule une belle triquée au mois de mai.