11/12/2012

Michel Slitinsky, à l'origine de l'affaire Papon, est décédé

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(1910-2007)

Figure emblématique de l'affaire Papon, qu'il avait contribué à dévoiler à force de ténacité, l'ancien résistant bordelais et fils d'immigrés juifs ukrainiens Michel Slitinsky s'est éteint samedi 8 décembre 2012 à l'âge de 87 ans.

 

Né en 1925 à Bordeaux de parents juifs originaires d'une petite ville d'Ukraine dont ils ont fui les pogroms tsaristes en 1912, facilement reconnaissable à son épaisse chevelure blanche et à ses larges lunettes, Michel Slitinsky a grandi dans le quartier de Meriadeck où ses parents, qui parlaient l'ukrainien et le yiddish, tenaient un surplus américain. Le 19 octobre 1942, à Bordeaux, il s'échappe par les toits alors que des policiers français étaient venus l'arrêter à son domicile. Il entre en clandestinité, caché par des amis, puis dans la Résistance, des maquis du Puy-de-Dôme et du Cantal jusqu'aux combats en Forêt-Noire (Allemagne).

 

Son père mort à Auschwitz

 

À partir de 1947, Michel Stilinsky entame la quête de sa vie, passant des années dans la poussière des archives à amasser des documents et à ferrailler pour retrouver les responsables de la déportation d'une partie de sa famille : son père Abraham, notamment, arrêté en octobre 1942, est mort à Auschwitz. Sa mère et sa soeur, elles, échapperont à la déportation.

 

Tellement de résistants de la dernière heure

 

Pendant ces années de recherches, les seules attaques reçues sont venues "des milieux de la Résistance", expliquait-il à l'AFP à la veille du procès Papon, en 1997. "Il y en a eu tellement qui ont mis deux fers au feu et sont devenus résistants en août 44. Ils ont voulu se racheter, c'est humain", relatait cet ancien communiste. En 1979, cet ancien directeur commercial (il sera aussi inspecteur du travail et journaliste) découvre les dossiers familiaux des Juifs ayant fait l'objet d'enquêtes administratives ou de police en Gironde, sous l'occupation.

 

L'organigramme de la préfecture découvert par hasard

 

"Dans toute la France, ces dossiers étaient passés au pilon, mais à Bordeaux, ils n'étaient même pas classés", relevait-il. Restait une pièce pour que le puzzle soit complet. Elle sera découverte par hasard aux puces bordelaises de Saint-Michel, en 1980 : l'organigramme de la préfecture de la Gironde en juillet 1942. Le nom de Maurice Papon y figure, ainsi que sa fonction, accablante : secrétaire général, chargé des questions juives.

 

Premières révélations dans le Canard enchaîné

 

Le 6 mai 1981, le Canard enchaîné publie les premiers documents compromettants à l'encontre de l'ancien haut fonctionnaire de Vichy. Persuadé que Papon est "allé au-delà des instructions allemandes pour faire de nouvelles victimes, dont des enfants", Michel Slitinsky, avec son ami d'enfance Maurice-David Mattisson et l'avocat bordelais Gérard Boulanger, ont porté "l'affaire Papon" devant les tribunaux, en déposant fin 1981 et début 1982 les premières plaintes pour crimes contre l'humanité.

 

Condamné à dix ans de prison, Papon en a fait trois

 

Elles aboutiront au procès-fleuve, long de huit mois, qui s'ouvrira le 8 octobre 1997 devant les assises de la Gironde, "soulagement" et point final à des années de recherches obstinées. En avril 1998, Maurice Papon sera condamné à dix ans de prison pour "complicité de crimes contre l'humanité" pour son rôle dans la déportation de 1 690 juifs de Gironde. "Nous sommes soulagés, mais sans triomphalisme. Le combat continue, car ce que nous recherchons, c'est l'incarcération de Maurice Papon", avait alors réagi M. Slitinsky.

 

Responsable de 1 600 arrestations, dont 250 enfants

 

Maurice Papon a purgé trois ans de prison avant d'être libéré en septembre 2002 pour raisons de santé. Il est mort en février 2007. "Il a payé. Malheureusement il n'est resté que trois ans en prison, dans une prison dorée. Maurice Papon porte sur ses épaules la responsabilité de 1 600 arrestations, dont 250 enfants. Pour les enfants, il aurait pu faire un effort, dissimuler les listes dans son tiroir. Il ne l'a pas fait. Il est allé à l'extrémité de ses possibilités", avait lâché celui qui restera comme le "tombeur" de Papon. Michel Slitinsky était marié et père de deux enfants.

 

Crif - 11.12.12

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HC Strache trouve grotesque que le prix Nobel de la paix soit accordé à l’UE

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11 décembre 2012

 

11/11/2012 – 10h00
VIENNE (NOVOpress via Lionel Baland) – Le président du FPÖ (Freiheitliche Partei Österreichs, Parti autrichien de la liberté), Heinz-Christian Strache, trouve grotesque au vu des problèmes rencontrés par la zone euro que le prix Nobel de la paix soit décerné à l’Union européenne et que la plupart des dirigeants des pays de l’Union européenne soient fêtés dans ce cadre à Oslo. Heinz-Christian Strache estime que le Premier ministre britannique David Cameron et le président tchèque Vaclav Klaus ont eu raison de boycotter la cérémonie.

On peut rappeler que des pays membres de cette organisation ont bombardé la Libye du Colonel Kadhafi et la Serbie de Slobodan Milosevic.

Les 950.000 euros qui accompagnent le prix Nobel de la paix seront offerts par l’UE à une cause humanitaire en dehors de l’Union européenne.

Photo : Herman Van Rompuy, José Manuel Barroso et Martin Schulz reçoivent le prix Nobel de la paix décerné à l’Union européenne. Crédit : European Parliament, via Flickr, (cc).

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Métissolâtrie : la gauche exalte « la révolution génétique irréversible » de la Grande-Bretagne

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11 décembre 2012

 

 11/12/2012 — 12h00
LONDRES (NOVOpress) —
« Progressiste de gauche, antiraciste, féministe, musulmane, à moitié Pakistanaise », c’est ainsi que se définit Yasmin Alibhai-Brown (photo ci-dessus), née Yasmin Damji, grande conscience du plus politiquement correct, et moins vendu, des quotidiens britanniques, The Independent.

 

Yasmin Alibhai-Brown est née en Ouganda d’une mère ougandaise et d’un père Indien musulman. Elle a émigré définitivement en Grande-Bretagne en 1972, lorsque le président Idi Amin Dada a donné aux Asiatiques d’Ouganda 90 jours pour quitter le pays, « afin que les Ougandais ordinaires soient maîtres de leur propre destin ». En Grande-Bretagne, elle a épousé Colin Brown, « directeur du service consommateurs de l’Autorité des marchés financiers ». Monsieur Brown, c’est sa femme qui l’affirme, « étant un homme de gauche, fait beaucoup d’investissements éthiques ». Son antiracisme est, bien sûr, patenté, « ses idées sur la race venant d’une vie entière de militantisme et d’enquêtes minutieuses. Dans les années 1980, il a publié des recherches fondatrices sur les discriminations, qui ont influencé les politiques gouvernementales ».

Yasmin Alibhai-Brown a l’habitude de se lamenter sur « le racisme blanc », qui, selon elle, est « un fléau toujours présent » en Grande-Bretagne. Pour une fois, cependant, sa dernière chronique de l’Independent est optimiste et même triomphale. Un vrai chant de victoire que cette musulmane ne craint pas d’ouvrir en parodiant le vieux cantique de l’Avent (God rest ye merry, gentlemen) : « J’apporte des nouvelles de réconfort et de joie (tidings of comfort and joy), mais peut-être pas pour le British National Party et Compagnie ». Ces nouvelles, ce n’est plus la venue du Messie mais « l’ADN changé de la nation – une révolution génétique tranquille et irréversible ».

Dans le recensement de 2011, en effet, environ un million de Britanniques sont identifiés comme « métis ». « Le vrai chiffre pourrait être deux fois plus élevé car beaucoup préfèrent se définir comme Noirs (puisque c’est ainsi qu’ils sont vus et traités par la société) et un certain nombre se font passer pour Blancs (parce qu’ils le peuvent et pour avoir la vie plus facile) ». « La miscégénation, le mélange des sangs, fait partie de l’identité nationale ».

Yasmin Alibhai-Brown attribue en partie ce merveilleux progrès aux médias, qui ont mis en avant des athlètes, des vedettes et des présentateurs métis. Mais elle exalte surtout le rôle des « femmes britanniques blanches » dans « le sabotage des frontières raciales et nationales ». « Les femmes britanniques blanches ont été à l’avant-garde de cette résistance, tenant tête aux gardiens de la pureté nationale, subvertissant leur idéologie par le désir sexuel et l’amour. Il faut écrire une autre histoire de la Grande-Bretagne, sur les réponses féminines, souvent pleines d’humanité et de chaleur [ !], à ceux qui arrivaient dans ce pays, et la manière dont les femmes furent punies pour ces transgressions ».

Yasmin Alibhai-Brown cite avec jubilation les propos « dégoûtés » du planteur jamaïcain, Edward Long, en 1772 (dans un obscur pamphlet en faveur de l’esclavage, Candid reflections upon the judgement lately awarded by the Court of King’s Bench, que les antiracistes d’aujourd’hui ne se lassent pas de recopier) : « Les classes inférieures de femmes en Angleterre ont un remarquable amour pour les Noirs, pour des raisons trop brutales pour qu’on puisse les mentionner… Les Noirs ont généralement une progéniture abondante de ces femmes. Ainsi, en l’espace de quelques générations supplémentaires, le sang anglais sera irréversiblement contaminé par ce mélange » (irréversiblement est une addition de Yasmin Alibhai-Brown, qui aime décidément beaucoup ce mot, note de Novopress).

« Même dans les années soixante, ces couples étaient confrontés à une haine monstrueuse. Mais regardez-nous maintenant » – car Yasmin Damji se donne volontiers en modèle, avec son Brown de mari. « Ma famille est complètement métisse, et n’est nullement inhabituelle ». « En 1990, la moitié de la population blanche désapprouvait les relations interraciales. À présent, selon un nouveau sondage du think tank British Futures, elles ne gênent plus qu’environ 15%. Dans mes propres recherches approfondies, j’ai trouvé que l’essentiel de l’opposition aujourd’hui venait des Britanniques noirs, asiatiques, musulmans et juifs, pris dans de hideuses politiques identitaires ».

Conclusion (même s’il reste bien sûr beaucoup à faire dans la lutte contre le racisme) : « Les Britanniques blancs peuvent à juste titre être fiers de leur ouverture et de leur capacité d’accueil ». Ce ne sont pas les Américains – ou les Ougandais, mais Yasmin Damji oublie de les mentionner – qui en feraient autant.

Crédit photo : New Writing North via Wikipédia (cc).

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Pour le Cran, Miss France incarnerait un communautarisme blanc

 

11 décembre 2012

 

Extrait audio réalisé par les contributeurs de Fdesouche.

11/12/2012 — 16h00
PARIS (NOVOpress) — Officine communautariste financée par des fonds publics, le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a un vrai problème avec le concours Miss France. Malgré l’action xénophile et prométissage de l’ancienne présidente du comité, Geneviève de Fontenay, le Cran a violemment critiqué le dernier concours qui a vu la victoire de Miss Bourgogne.

 

Dans une tribune publiée sur le site Slate, le Cran – associé à Fred Royer, journaliste et créateur de l’élection Miss Black France, pour le moins très communautariste – a ainsi affirmé que les minorités extra-européennes avaient disparu du concours : « Alerte enlèvement ! Samedi soir, plusieurs millions de personnes ont disparu de France. Ce que certains partis extrémistes appellent de leurs vœux depuis des décennies, TF1 l’a réussi: lors de l’élection Miss France, les Français d’origine africaine étaient totalement absents. » Pire, toujours selon le Cran : « Quant aux Français originaires du Maghreb, ils étaient “représentés” par une seule candidate, vite éliminée. Peut-être était-elle trop musulmane ? » Sans oublier le « jury, constitué de personnalités semblant sortir tout droit du casting d’un film de Christophe Barratier (réalisateur des Choristes, note de Novopress) ».

Cette officine montre ainsi son vrai message : le communautarisme c’est bien, sauf pour la population qui reste encore majoritaire en France. Population qui semble préférer celles et ceux qui lui ressemblent… A l’image du concours Miss Black France !

Intervenant lors de l’émission les Grandes Gueules de RMC, Louis-Georges Tin, le président du Cran, a tenté de justifier les exigences raciales de son association vis-à-vis de Miss France (extrait audio ci-dessus).

Il est vrai que le Cran et Fred Royer semblent se réjouir dans leur tribune du grand remplacement que les Français de souche européenne subissent pour justifier leur attaque contre le concours Miss France : « Aujourd’hui pourtant, en 2012, les personnes d’origine africaine (noirs et arabes du Maghreb) représentent une part importante des Français de l’hexagone, évaluée par certains à 8 millions de personnes. »

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Pour la cinquième édition de “Lugdunum Suum”, plus de 500 personnes répondent à l’appel des Petits Lyonnais

 

11 décembre 2012

  

 

11/02/2012 — 19h30
LYON (NOVOpress) — Depuis plus de 150 ans, tous les 8 décembre, le peuple lyonnais rend hommage à la Sainte Vierge Marie, protectrice de la ville. Froid, intempéries, épidémies, guerres, aucune calamité n’a jamais empêché la cité de s’enflammer de milliers de lampions pour l’honorer.

Cependant, l’actuelle mairie a dénaturé cette fête. C’est la raison pour laquelle la marche “Lugdunum Suum” a lieu, pour rappeler la vraie raison d’illuminer la ville de Lyon. Et cette année, pour la cinquième édition,plus de 500 personnes ont rendu hommage à la Sainte Vierge, à l’appel de l’association les Petits Lyonnais.

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Florian Philippot invité de I>TELE

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Prières de rue : le système gêné par la liberté de parole de Marine Le Pen

 

Communiqué du Front National

La demande de levée de l’immunité parlementaire de Marine Le Pen suite à la plainte d’une association communautariste sur ses propos dénonçant les prières de rue, alors que le parquet l'avait classée sans suite, révèle la crainte du système face à sa première opposante.

Parce qu’elle a osé décrire et dénoncer des faits illégaux et une réalité inacceptable dans une République digne de ce nom, Marine Le Pen est poursuivie.

On s’étonnera au passage de l’incrimination retenue, incitation à la discrimination, à la violence ou à la haine envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion, qui laisse supposer que le parquet amalgame les fondamentalistes qui prient illégalement dans la rue avec l’ensemble des musulmans de France.

Marine Le Pen, elle, a toujours su clairement faire la distinction, ainsi que les Français qui très majoritairement selon les enquêtes d’opinion soutiennent ses déclarations.

Cette plainte légitime de surcroît les comportements illégaux d’un certain nombre de fondamentalistes.

Ce procès sera l’occasion pour nos compatriotes de se rendre compte de l’effondrement de la liberté d’expression dans notre pays. Il permettra aussi de reposer la question des dérives communautaires, qui à l’instar des prières de rue continuent de s’aggraver sans que personne à part le Front National n’ose en parler.

NdB: Taubira est-elle musulmane?

20:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

Il y a de l'argent pour les drogués !

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Alors que la France compte de plus en plus de pauvres, le conseil de Paris a adopté à la majorité une subvention à l’association Gaia qui travaille à l’ouverture d’une salle de consommation de drogue dans la capitale. La première du genre devrait ouvrir à proximité des gares du Nord et de l’Est.

Les drogués devraient avoir leur lieu de consommation officiel. Lundi soir, le Conseil de Paris a en effet voté l’attribution d’une subvention de 38.000 euros pour l’ouverture d’une salle de « shoot ». La subvention a été accordée à l’association Gaia qui, selon les dires de la mairie de Paris, « œuvre dans le domaine de la réduction des risques sanitaires et sociaux en direction des usagers de drogues en appliquant les principes de la réduction des risques et des dommages liés à l’usage de drogues » (sic).

La première salle de « shoot » devrait ouvrir entre les deux gares du Xe arrondissement. Dès le 19 octobre 2010, le Conseil de Paris s’était prononcé en faveur de l’expérimentation d’au moins une salle de consommation supervisée de drogues dans la capitale. Si l’expérience est concluante, plusieurs salles pourraient ouvrir dans la capitale et en banlieue. A quand un rayon « stupéfiants » dans les grandes surfaces ?!

Source

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L'accord entre Nafissatou Diallo et DSK a été conclu


L'accord DSK-Diallo expliqué en moins de 3 minutes par LeNouvelObservateur

11/12/12

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Une nouvelle de Jacques Aboucaya

La Consultation

 

   A mon arrivée chez le docteur Bonnemaison, j'eus l'heureuse surprise de trouver la salle d'attente déserte. Je coupais ainsi à ces interminables stations assises, occupées par la lecture de revues dénuées d'intérêt, le Mensuel du collectionneur de cravates, Les mille et une recettes de tante Rosalie ou Modes et travaux forcés. Tous périodiques dont l'unique vocation semble être de meubler les antichambres de praticiens où on les trouve en exclusivité. Défraîchis, le plus souvent. Déposés là depuis des mois, voire des années. Gorgés sans doute - et c'est le côté le plus déplaisant de l'affaire - de colonies de microbes plus extravagants les uns que les autres. De quoi exciter l'imagination d'un hypocondriaque.

   Dieu merci, ce n'est pas mon cas. Ma visite chez Bonnemaison n'était pas motivée par une vive inquiétude. Je m'installai donc en attendant que la porte du cabinet s'ouvrît pour libérer le patient précédent. L'affaire, sans doute, de quelques minutes.

   En réalité, l'attente se prolongea une bonne demi-heure au bout de laquelle le médecin parut enfin. Il était seul et s'avança d'un pas lourd vers la pièce où j'attendais sa venue. Il me tendit la main.

   " Comment allez-vous ?"

   La question avait de quoi surprendre. Sauf au cas, bien improbable, d'une simple visite de courtoisie, il paraissait évident que ma présence était motivée par le fait que, précisément, ma santé n'était pas florissante. Qu'à tout le moins, quelque chose clochait. Il est rare, pour ne pas dire tout à fait exceptionnel, qu'on se rende chez le médecin pour l'informer que tout va bien. Que nulle indisposition n'affecte notre sérénité. Qu'aucune maladie ne pointe son vilain mufle. Sauf en Chine, paraît-il. Mais c'est un pays plutôt lointain.

   Je m'abstins donc de répondre précisément à son interrogation, me contentant d'un vague murmure auquel il ne prêta aucune attention, et lui emboîtai le pas pour pénétrer dans son bureau.

   "Et vous-même, docteur ?"

   Un réflexe. L'habitude de ces jeux de ping-pong auxquels l'urbanité nous a accoutumés dès l'enfance, "après vous", "je n'en ferai rien" et autres formules stéréotypées dont l'une entraîne mécaniquement l'autre sans que notre conscience en soit pour autant alertée.

   Il s'immobilisa sur le seuil, s'effaça pour me laisser entrer.

   "Pas très bien. A vrai dire, je suis un peu inquiet."

   Il me désigna le fauteuil en face de la grande table derrière laquelle il prit place. Un ordinateur, des livres parmi lesquels je reconnus le Vidal, cette bible des thérapeutes.

   "Asseyez-vous, mettez-vous torse nu, je  vais mesurer votre tension artérielle".

   Tandis que je m'exécutais, il se saisit d'un stéthoscope, vint s'installer à côté de moi. Il avait l'air soucieux, tournait et retournait l'instrument entre ses doigts.

   "C'est surtout la nuit, dit-il. Vers deux heures du matin. Parfois trois heures. Une douleur là, indéfinissable."

   Il désignait sur mon propre abdomen une zone plutôt imprécise.

   "Le foie ?, hasardai-je.

   - Vous croyez ?

   - Pourquoi pas...

   - Pourtant, à la palpation, je ne sens rien. Et je n'ai pas le teint d'un hépatique. Qu'en pensez-vous ?"

   Il s'était écarté pour se placer en pleine lumière.

   "En effet, pour autant que j'en puisse juger. Vous avez le teint frais et la mine vermeille.

   - Ce ne serait donc pas le foie, conclut-il, l'air pensif. Du reste, ma douleur s'accompagne souvent d'une sorte de crispation du diaphragme. Et même, quand j'y songe, d'un essoufflement qui survient de façon quasi simultanée."

   Comme il se taisait, je me sentis tenu de relancer.

   "Il y a longtemps que cette douleur est apparue ?

   - Un mois, un mois et demi, peut-être un peu plus. A vrai dire, je n'y ai pas pris garde, au début.

   - Vous auriez sans doute dû consulter.

   - Vous savez ce que c'est... On est pris par le quotidien, on oublie... On se néglige..."

   Il avait l'air vraiment désemparé. Au point que je crus bon de le rassurer.

   "Ma grand'mère, dis-je, présentait à peu près les mêmes symptômes. Je m'en souviens. Elle était bien plus âgée que vous ne l'êtes."

   Il sursauta.

   "Et elle en est morte ?

   - Pas du tout. Elle s'en est très bien remise. Je la revois encore absorbant son médicament avec une moue de dégoût, car la potion était, disait-elle, d'une amertume insoutenable. Une poudre verdâtre qu'elle diluait dans un verre d'eau. Une préparation pharmaceutique. Efficace, en tout cas.

   - Vous souvenez-vous du nom de la potion ?

   - Oui. Quelque chose comme trianophénol, ou trianophérol. "

   Il détacha une feuille d'ordonnance de la liasse posée sur son sous-main, me la tendit avec un crayon à bille attaché par une chaînette à son support.

   " Auriez-vous l'obligeance de noter le nom du médicament ?"

   Je m'exécutai, prenant soin de rendre mon écriture aussi lisible que possible. Une écriture de médecin, aux dires de mes proches qui avaient peine à élucider mes gribouillis.

   Il saisit l'ordonnance, la déchiffra sans peine.

   "Parfait. Mais vous n'avez pas précisé la posologie", ajouta-t-il en me tendant à nouveau le papier.

   "Vingt grammes par jour en deux prises, à distance des repas. Voilà qui devrait faire l'affaire".

   Je m'empressai d'ajouter ces détails au bas de la feuille.

   "C'est ainsi que procédait votre grand'mère ?

   - Oui, lui dis-je. C'était devenu une sorte de rituel auquel toute la famille participait. "Grand'mère, ta potion !" Une espèce de mot de passe. De pense-bête.

   - Combien de temps dura le traitement ? Vous le rappelez-vous ?

   - Quelques semaines, huit, dix, je ne saurais préciser avec certitude. Ce qui est certain, c'est que ses douleurs s'estompèrent, puis finirent par disparaître définitivement."

   Bonnemaison avait l'air satisfait. Avant même la potion, il buvait mes paroles, tout en jouant avec son stéthoscope. Cependant, comme j'étais toujours torse nu, attendant l'intervention qu'il m'avait annoncée, je crus bon de le rappeler à sa fonction.

   " Vous m'avez demandé d'ôter ma chemise, docteur...

   - Mais oui, bien sûr ! Où avais-je la tête ? Vous pouvez vous rhabiller. D'autant qu'un chaud et froid est vite arrivé. Nous sommes au seuil de l'automne. Autant dire qu'on ne sait plus comment se vêtir, entre les habits d'été, trop légers, et les pelisses d'hiver, trop épaisses...

   - Et ma tension artérielle ? Vous ne la vérifiez pas ? Pas d'auscultation ? Pas d'examen ?"

   Mes questions furent balayées d'un revers de main.

   - Inutile. Ce type de douleur ne requiert pas de telles investigations. Mais je voulais vous demander : la potion, chez quel pharmacien ?

   - Grande Pharmacie des Arcades. Sur la place Arago. Maison de confiance.

   - C'est aussi mon avis."

   Il se leva, me signifiant par là que la consultation était terminée. Il arborait désormais un sourire éclatant qui contrastait avec la mine défaite affichée quelques moments plus tôt.

   "Vingt-trois euros, dit-il sobrement. En espèces, de préférence. Si vous voulez bien me confier votre carte Vitale...".

Jacques Aboucaya

 

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Prières de rue comparées à l'Occupation: la Justice réclame la levée de l'immunité de l'eurodéputée Marine Le Pen

Le ministère de la a transmis au européen une demande de levée de l'immunité parlementaire de . Cette demande est liée aux propos de Marine Le Pen, le 10 décembre 2010 à Lyon, faisant un parallèle entre les prières de rue et l'Occupation. «Je confirme que le ministère de la Justice a transmis le 26 novembre au président du Parlement européen, Martin Schultz, une requête pour une main levée parlementaire concernant Mme Le Pen», indique Pierre Rancé, porte-parole de la Chancellerie.

 



Devant des adhérents du Front national, le 10 décembre 2010 à Lyon, Marine Le Pen, alors candidate à la présidence du FN, avait dénoncé les prières de rue des musulmans. «Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c'est une occupation du territoire», avait-elle déclaré. «C'est une occupation de pans du territoire, des quartiers dans lesquels la loi religieuse s'applique, c'est une occupation. Certes y'a pas de blindés, y'a pas de soldats, mais c'est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants», avait-elle ajouté.

Le parquet de Lyon avait ouvert en janvier 2011 une enquête préliminaire pour «incitation à la haine raciale», suite au dépôt d'une plainte du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap). Selon la source proche du dossier, une information judiciaire a été confiée à un juge d'instruction, à l'origine de cette demande de levée d'immunité parlementaire.

LeParisien.fr - 11/12/12

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