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  • Qu'on la laisse en paix!

    L'avocat de Chantal Sébire, Me Gilles Antonowicz, a affirmé vendredi à l'AFP que l'autopsie pratiquée sur le corps de sa cliente était «grotesque et n'avait pas lieu d'être» car «le délit d'aide au suicide n'existe pas».

    «Je pense que tout cela, c'est grotesque et que cette autopsie n'avait pas lieu d'être», s'est-il indigné après la conférence de presse donnée vendredi sur le sujet par le procureur de la République de Dijon.

    «Que la mort soit naturelle ou pas, qu'on fiche la paix à Mme Sébire et à ses enfants, et qu'on en reste là», a-t-il ajouté.

    «Même si l'on trouve que quelqu'un a fait ça», a-t-il ajouté à propos d'une éventuelle aide au décès de Mme Sébire, «cela finira en non-lieu car il n'y pas de délit d'aide au suicide en France.

    Cela n'existe pas», a-t-il martelé, rappelant que seule l'incitation au suicide était passible de poursuites.

    «Or, personne n'a incité Mme Sébire à mettre fin à ses jours. Elle avait dit à la France entière qu'elle voulait le faire elle-même», a-t-il indiqué.

    Le médecin personnel de Mme Sébire, Dr Emmanuel Debost, a estimé de son côté que l'«autopsie était de l'acharnement judiciaire et que cela n'apportait rien de savoir si Mme Sébire s'était suicidée ou pas».

    Le procureur de Dijon Jean-Pierre Alacchi a écarté l'hypothèse de la mort naturelle de Chantal Sébire, retrouvée décédée mercredi à son domicile de Plombières-les-Dijon (Côte-d'Or), mais a précisé qu'il n'y a pour l'instant aucune «cause spécifique» à cette mort.

  • Bayrou dépose un recours en annulation

    La justice va s'intéresser de près aux élections municipales à Pau. Le MoDem, dont la liste conduite par François Bayrou a été battue d'une courte tête au second tour, vient de déposer un recours en annulation auprès du tribunal administratif.

    Il soupçonne l'existence d'une collusion entre «Les Coulisses de Pau», hedomadaire gratuit qui a fait ouvertement compagne contre Bayrou, et Yves Urieta, le maire sortant, ex-PS soutenu par l'UMP.

    «Deux question se posent : doit-on réintégrer dans les comptes de campagnes de M. Urieta les frais des Coulisses ? Une telle pratique a-t-elle faussé la sincérité du scrutin ?» confie Jean-Paul Brin, colistier du MoDem qui a déposé le recours avec le soutien de François Bayrou.

  • Humour: histoire de Ch'timi !

    Un bon vieux Ch'timi se promène dans sa campagne natale et remarque un jeune s'abreuvant de l'eau d'un ruisseau.

    Il dit au jeune, en utilisant son patois:

    " Bô pa ch'l'iô là , min garchon , ché vaques , y z'on kié d'din ! ! ! "

    ( Ne buvez pas cette eau, mon garçon, les vaches ont chié dedans ! ! ! )

    Le jeune lui répond:

    " Monsieur, en français s'il vous plaît, je suis Marocain et je ne comprends pas les dialectes! "

    Alors le brave nordiste lui réplique:

    " Bois doucement, elle est froide !

  • Sarközy: principe de la "stricte suffisance"

    Dans un discours sur la politique de défense prononcé vendredi 21 mars à Cherbourg, Nicolas Sarközy a réaffirmé l'importance de la dissuasion nucléaire dans l'arsenal de défense français, la qualifiant d'"assurance-vie de la nation". Se disant déterminé à "assumer le coût" de cette dissuasion, le chef de l'Etat, qui est aussi chef des armées, a toutefois souhaité que s'applique le principe de "la stricte suffisance", selon lequel "la France maintient son arsenal au niveau le plus bas possible compatible avec le contexte stratégique".

     

    En conséquence, M. Sarközy a annoncé la réduction "d'un tiers" de la composante aéroportée (avions, missiles) de la force de dissuasion nucléaire française. Jusqu'à présent la France disposait de soixante Mirage 2000-N, auxquels vont se substituer progressivement à partir de 2009 des Rafale. "Après cette réduction, notre arsenal comprendra moins de trois cents têtes nucléaires, c'est la moitié du nombre maximum de têtes que nous ayons eu pendant la guerre froide", a indiqué le président.

    Le chef de l'Etat a également assuré qu'"aucune de nos armes n'est ciblée contre quiconque", une position qui tranche avec la doctrine nucléaire défendue par Jacques Chirac : le 19 janvier 2006, l'ancien président avait énuméré les "intérêts vitaux" de la France susceptibles, s'ils étaient menacés, de provoquer une riposte nucléaire, et précisé que les "dirigeants d'Etats qui auraient recours à des moyens terroristes" étaient particulièrement visés.

    Venu à Cherbourg pour la présentation du Terrible, dernier-né des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins français, le chef de l'Etat a estimé que "s'agissant de l'Europe, c'est un fait, les forces nucléaires françaises, par leur seule existence, sont un élément-clé de sa sécurité". "Tirons-en ensemble toutes les conséquences logiques : je propose d'engager avec ceux de nos partenaires européens qui le souhaiteraient un dialogue ouvert sur le rôle de la dissuasion et sa contribution à notre sécurité commune", a-t-il poursuivi, qualifiant sa proposition d'"expression naturelle de notre union toujours plus étroite".

    A qui va-t-il vendre les têtes nucléaires supprimées après "réduction" de notre arsenal nucléaire?

  • La révolte des électeurs frontistes

    L' éditorial de Christian Bouchet

    Interviewé, dès le résultats des élections municipales connues, Dominique Reynié, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris, analysait celle-ci ainsi : « C’est une grande défaite pour la droite. On pouvait lire le premier tour de deux manières. D’un côté, les municipales montraient une poussée limitée de la gauche. De l’autre, les cantonales montraient une défaite historique pour la droite avec le plus faible score (45%) dans ce scrutin depuis 1958. Au soir du second tour, on voit que ce sont les cantonales qui ont donné le ton: il y a un vrai effondrement de la droite. C’est un mouvement de fond d’autant plus impressionnant qu’on ne peut pas dire que le PS soit en ordre de bataille. Tant sur le plan de l’organisation interne que des idées, c’est la cacophonie qui règne à gauche. »

    Il précisait immédiatement que ces résultats s’expliquaient par la forte abstention, due « à une incontestable démobilisation de l’électorat de droite » et « à une défection encore plus forte des électeurs du Front national. Après la présidentielle, on pensait que la chute du FN profiterait à la droite, or, il n’en est rien. »

    Il est vrai que les électeurs frontistes se sont souvent trouvés, au premier comme au second tour, dans une désagréable situation : il n’y avait personne pour les représenter, aucune liste à laquelle ils auraient pu apporter leurs voix.

    Le Front national, en crise financière plus qu’organisationnelle du fait de son mauvais score aux législatives, avait choisi avec précaution de réduire sa voilure et de ne présenter que fort peu de listes. Dans la plupart des villes il était ainsi absent.

    Sur qui ses électeurs pouvaient-ils reporter leurs suffrages ?

    Sur les partisans de Nicolas Sarközy ? Celui-ci qui avait gagné l’élection présidentielle en tenant un discours musclé sur l’identité nationale, les avait très rapidement déçu et donné aux électeurs nationaux l’impression de les avoir floués. Cela tant du fait de sa manière d’être que de son ouverture politique en direction de la gauche et du lobby immigrationniste. De surcroît, il avait jugé utile de les insulter entre les deux tours, se vantant, à Toulon, de les avoir éliminé du champ électoral.

    Quant à voter pour le PS ou le Modem, c’était du pareil au même, blanc bonnet et bonnet blanc.

    Alors pourquoi aller voter, et si on le faisait pourquoi voter pour l’UMP ?

    Ainsi s’explique cette abstention anormalement élevée et cette hausse des votes blancs ou nuls qui fait que, au second tour, dans les communes de plus de 3.500 habitants, un électeur sur trois ne s’est pas reconnu dans les listes en présence.

    On peut donc tirer deux conclusions assez optimistes de ces élections. Tout d’abord l’électorat du FN n’a pas disparu, il est tout simplement en retrait et en attente. Ensuite, ses challengers groupusculaires qui espéraient lui faire de l’ombre dans certaines localités ont tous connu un échec électoral cuisant vérifiant ce que nous avions écrit dès l’origine : leurs thèmes de campagne particulièrement autistes n’ont aucun écho ni dans la population ni dans l’électorat national.

    La situation reste donc ouverte et tous les espoirs permis. Le Front national peut encore jouer un rôle historique. Il reste à savoir si sa direction saura, à court et moyen terme, prendre les décisions qui s’imposent pour le réunifier, le rénover et le redynamiserL.
    (Voxnr - 18 mars 2008) 

     

  • La Autriche: la droite populiste s'impose à nouveau

    On croyait la droite populiste autrichienne effondrée et réduite à la marginalité après son expérience gouvernementale de 2000 à 2006. Il n'en est rien. Le 9 mars, lors des élections régionales de Basse-Autriche, sa frange la plus extrémiste, le FPÖ de Heinz-Christian Strache, a gagné six points, obtenant 10 % des suffrages dans une région dominée par les conservateurs.

     

    Cette élection était le premier test électoral depuis la formation, au niveau fédéral, d'un gouvernement de grande coalition dirigé par le chancelier social-démocrate, Alfred Gusenbauer, allié aux conservateurs. Lors des élections législatives d'octobre 2006, les deux partis placés à l'extrême droite de l'échiquier avaient récolté 15 % des voix, loin des 27 % réunis par Jörg Haider en 1999. Mais les sondages les plus récents attestent d'une nouvelle remontée, créditant les deux formations héritières du FPÖ de M. Haider de 19 % à 20 % des suffrages. Seul le Vlaams Belang, en région flamande, peut prétendre à un meilleur score en Europe.

     

    En 2000, l'entrée du parti de Jörg Haider dans un gouvernement de coalition dirigé par les conservateurs avait soulevé une vague d'indignation en Europe. Si une alliance entre les conservateurs et M. Strache paraît difficile, la situation politique actuelle conduit à une paralysie. La grande coalition est en panne. Et on suppute désormais à Vienne la date d'élections anticipées.

    Or, même divisée - Jörg Haider, débordé par l'aile la plus radicale, était sorti du FPÖ en 2005 pour créer une nouvelle formation, le BZÖ -, la droite populiste et nationaliste reste la troisième force politique autrichienne et la première force d'opposition.

     

    SURENCHÈRE ISLAMOPHOBE

     

    Les deux partis rivaux de Heinz-Christian Strache (crédité de 15 % des suffrages par les sondages) et le BZÖ de Jörg Haider (3 à 5 %) se disputent les suffrages d'un électorat essentiellement masculin et de faible niveau d'éducation, touché par la précarité économique. Au niveau du discours, il n'est guère aisé de les différencier. Les deux leaders mobilisent les hantises de l'"homme simple" dont ils se veulent les défenseurs : centralisme européen et corruption des élites, mondialisation, immigration...

    Durant la campagne législative de 2006 et l'élection municipale de Graz, la deuxième ville d'Autriche, en 2007, la surenchère islamophobe a atteint des sommets.

    "Le FPÖ amalgame avec succès un courant idéologique minoritaire fondé sur une culture d'extrême droite et un populisme d'opposition", selon le politologue Anton Pelinka. Le noyau dur se réfère toujours à une culture extrémiste incorporant des éléments pangermanistes et révisionnistes. Mais le discours officiel, destiné à séduire un électorat protestataire plus vaste, exploite des thèmes populistes. De vieux scandales exhumés éclaboussent la grande coalition, paralysée. Le FPÖ et le BZÖ surfent sur le fort sentiment de frustration des électeurs.

    "A la différence de la France et de la Belgique, les hommes politiques autrichiens n'ont pas décrété de cordon sanitaire à l'encontre de la droite populiste et extrémiste", remarque Anton Pelinka. A moins que sociaux-démocrates et conservateurs ne s'accordent pour voter le passage au scrutin majoritaire, ou que les Verts, crédités de 14 % à 15 % des suffrages, créent la surprise, les acteurs politiques autrichiens pourraient se voir contraints de composer à nouveau avec la droite populiste.

    Heinz-Christian Strache exclut d'entrer dans une coalition. Mais il pourrait négocier son soutien parlementaire au cas par cas en pesant par sa force électorale.

    (Le Monde -20 mars 2008)

    A remarquer: les hantises de l'''homme simple". Mais quelles sont les "hantises" de l'homme complexe?

  • La chute de Carla: un contresens?

    Lu sur le blog de "Langue sauce piquante":

    LA CHUTE DE CARLA

    "Nous avons lu avec bienveillance la lettre de l’épouse du président publiée hier mercredi par Le Monde, “Halte à la calomnie!“, mais nous n’avons pu nous empêcher de tiquer devant la chute de ladite lettre : à notre avis, elle représente un contre-sens total sur la citation de Beaumarchais :

    “‘La calomnie, Monsieur ? Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j’ai vu les plus honnêtes gens près d’en être accablés.
    (…) Elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait?’ Réponse : les journalistes. Les vrais.”

    Qu’en pensez-vous, amis blogueurs ?
    Cette citation est extraite du Barbier de Séville (acte 2, scène VIII). Nous avons placé des points de suspension entre parenthèses à l’endroit où elle est interrompue."

    Les journalistes ne sont pas les victimes de la calomnie puisque ce sont eux ("vrais ou faux"...) qui la déclenchent! 

    La réponse de Carla aurait dû être, selon nous, celle-ci: "Personne! Pas même un président aussi honnête, aussi franc que mon mari..."