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  • Coco-fesse est de retour!

    Betancourt chez Sarközy

    Nicolas Sarközy a reçu, mercredi soir, à l’Elysée, Ingrid Betancourt, rentrée d’un long séjour aux Seychelles, où elle a vécu naguère. La rencontre avec l’ex-otage ne figurait pas à l’agenda officiel du président.

    Lundi, l’ex-otage rencontrera Benoît XVI au Vatican.

    Le parisien - 29.08.08

     

  • Les 4 soldats faits prisonniers et exécutés

    Le Canard enchaîné se base sur les extraits d'un rapport rédigé en mai par un officier de l'armée française. Ce mercredi, l'hebdomadaire en publie certains extraits.

    1. 4 militaires auraient été tués dès le début de l'embuscade:
    "Dès le début de l'embuscade, quatre militaires français ont été faits prisonniers et exécutés par les insurgés", écrit le rédacteur en chef du Canard Enchaîné.

    Jusqu'à présent, le ministre de la Défense Hervé Morin, n'avait pas "fait état d'une possible capture de soldats", comme le rappelle Le Monde. Quand on lui a demandé s'il était au courant de cette version des faits, sur Europe 1, mardi soir, le ministre a assuré que "non". Mais il avait l'air assez embarrassé...
    Le ministre et l'état-major avaient déjà démenti cette affirmation, rapportée par des médias anglo-saxons.

    RTL- Le Post

  • Sarah Palin, colistière de John McCain

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    Le 29 août 2008
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    Gouverneur de l'Alaska
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    Sarah Palin, 44 ans, mariée, 5 enfants

    C'est ce qui s'appelle effectuer un "beau coup". Et il est double, à la fois médiatique et politique. Tout d'abord médiatique car il permet de remettre John McCain sous les spots des projecteurs et de monopoliser l'attention de toutes les chaînes de télévision, moins de 24 heures après le discours d'investiture de Barack Obama.
     
    Pour ne rien gâcher, le suspense aura duré presque jusqu'au bout. Moins d'une heure avant l'annonce officielle du colistier du candidat républicain, les médias américains continuaient ainsi à spéculer sur le nom de l'heureux élu. Et, malgré les rumeurs qui circulaient depuis vendredi matin, ils restaient sceptiques puisque jamais le nom de Sarah Palin, 44 ans, n'avait réellement figuré dans la liste des favoris, qui s'était réduite à seulement trois noms.

    Mais plus que le "coup" médiatique, il s'agit surtout d'un superbe "coup" politique. Ce n'est en effet que la seconde fois qu'une femme figure sur un "ticket" présidentiel -la première était Geraldine Ferraro, colistière du candidat démocrate Walter Mondale en 1984.

    Avec Sarah Palin, la cible de John McCain est claire : les femmes qui ont voté pour Hillary Clinton lors des primaires démocrates et qui restent très dubitatives envers Barack Obama -selon les sondages, près de 25% des électeurs de l'ancienne Première dame dans leur ensemble entendent voter pour John McCain.
     
    Avec ce choix surprenant, John McCain compense également la faiblesse de son âge -il a fêté ses 72 ans ce vendredi- par la jeunesse de sa colistière. Gouverneur de l'Alaska, elle est aussi très éloignée de Washington, et contrebalance ainsi le "changement" prôné par Barack Obama. Autre explication de cette décision : opposée à l'avortement, elle rassurera la droite du parti républicain, toujours réticente à l'idée de soutenir John McCain. Enfin, avec son expérience, même limitée -elle est en poste depuis seulement deux ans en Alaska- elle complète la longue période législative du représentant du parti de l'éléphant, député puis sénateur de l'Arizona depuis 1981.

     
    En revanche, revers de la médaille, Sarah Palin, quasi-inconnue des Américains, présente les défauts de ses qualités. Jeune et seulement en poste depuis deux ans, elle est peu expérimentée, notamment en politique étrangère, et prêtera donc le flanc aux critiques du camp démocrate. Sur ce thème, l'équipe du sénateur de l'Arizona aura désormais du mal à poursuivre ses attaques sur l'inexpérience de Barack Obama. Et si l'opposition à l'avortement est donc un signe pour la droite du parti, elle devrait aussi être mal perçue par les féministes.

    LCI.fr 29.08.08

    L'Alaska, c'est exquis...


  • Et pendant ce temps, les Roms dans le Nord...

    Quatre nuits de violences à Caudry (Nord)

    Pneus crevés, vitres de voitres explosées, violences physiques, menaces de mort... Depuis dimanche soir, Caudry est le théâtre de violences à répétition, qui se déroulent en soirée et qui opposent, semble-t-il, plusieurs familles en conflit. Hier, cinq personnes, suspectées d'être les auteurs de violences ont été interpellées à leur domicile par les gendarmes, venus nombreux.

     

    Impressionnant déploiement que celui que les riverains de la rue Curie, à Caudry, ont pu observer hier, en milieu d'après-midi. Pas moins d'une vingtaine de gendarmes, et quatre maîtres-chien, étaient postés devant l'une des maisons de cette petite rue située pas très loin du centre-ville, et habitée par une quinzaine de personnes.

    Cinq personnes y ont été interpellées, suspectées d'avoir commis des violences à répétition, ces derniers jours, dans la cité de la dentelle. Des violences qui, aux dires du commandant de la compagnie de gendarmerie, sont allées crescendo à compter de dimanche.

    Voitures endommagées (vitres brisées, pneus crevés...), violences physiques, échanges d'insultes... jusqu'à une course-poursuite, mercredi soir dans les rues de Caudry, aux alentours de 22 h, sur fond de menaces de mort et d'armes à feu. Aucun coup n'avait cependant été tiré. Sept à huit personnes s'étaient aussi retrouvées impliquées dans une bagarre. Coups donnés, coups rendus : ces faits de violence correspondraient à un règlement de compte entre plusieurs familles en conflit. Un vol de booster serait à l'origine du différend, et de cette flambée de violence.

    Hier, les gendarmes avaient réuni assez d'éléments concernant ces familles pour opérer une « opération coup de poing ». Plusieurs perquisitions ont été menées tout au long de la journée par une cinquantaine de gendarmes au total.

    Sur l'aire d'accueil des gens du voyage, mais aussi dans chacun des domiciles des personnes suspectées d'être impliquées dans les bagarres. Des perquisitions qui se sont donc terminées rue Curie, où diverses armes ont été récupérées.

    Les cinq personnes interpellées ont été placées en garde à vue. Désormais, l'enquête judiciaire se poursuit pour déterminer les responsabilités de chacun.

    La Voix du Nord - 29.08.08  http://www.lavoixdunord.fr

    Ce ne sont pas des "familles", ce sont des tribus!

    Le mot "famille " ne convient pas.

    Mais les journalistes font plus attention au "racialement correct" qu'au vocabulaire français!

     

     

     

  • Les lapsus de Christine Boutin...

    Christine Boutin, ministre de la Ville et du Logement, s’est montrée à « l’écoute » des urbanistes de France, réunis jusqu’à vendredi à l’université de Créteil pour leur université d’été. En présence de Bernard Tommasini, préfet et de Francis Cullier, président du conseil des urbanistes, la ministre a d’abord déploré que l’urbanisme ne soit pas sous la tutelle de son grand ministère.

    N’empêche, elle a invité les urbanistes à « inventer des formes nouvelles » pour la métropole de demain et « arriver à densifier là où, jusque-là, ce n’était pas possible ». Elle leur a demandé de lui faire des propositions en matière d’habitat collectif et individuel en souhaitant prendre rapidement des mesures en rapport avec son projet de loi sur le logement, qu’elle veut voir adopter à l’Assemblée nationale.

     

    La ministre a beaucoup insisté sur le problème de la « densité » et de la « mixité intergénérationnelle » qui fait défaut dans nos villes à ses yeux.

    Et la ministre a conclu son intervention, dans un éclat de rire, lorsqu’elle a commis un lapsus. A la question d’une urbaniste sur les hauteurs à Paris, toujours en débat, Christine Boutin affirme « n’avoir aucun blocage par rapport à ça, à Paris ou ailleurs ».

     Et de préciser, sûre d’elle, « je n’ai aucune opposition à la construction de tentes à Paris ». La salle est hilare, Christine Boutin aussi. Qui rectifie : « De tours bien sûr ! ».

    Le Parisien- 29 août 2008

  • Si le mensonge tuait, BHL serait mort à Gori

    BHL à Gori.jpg
    Malfaisant et faisandé

     Le récit que BHL a rapporté pour Le Monde, titré "Choses vues dans la Géorgie en guerre", est à prendre avec des pincettes. Ainsi, lorsque BHL déclare qu’il est arrivé à Gori mercredi 13 août et qu’il a vu une ville "brûlée", il affabule. Il n’a pas réussi à entrer dans la ville.

    Rue89 a entrepris de faire ce que les confrères anglo-saxons appellent un "fact-checking", une vérification des informations livrées par un reporter. Ce que BHL n’est pas : il est présenté dans le quotidien comme « philosophe et essayiste » et son récit a été prudemment rangé sous l’étiquette de "témoignage". Il n’en reste pas moins que ce récit occupe deux pages au centre d’un journal jouissant d’une autorité certaine en matière d’information internationale.

    Deux jours et demi de balade, dans la confusion de la guerre

    Commençons par ce que ne raconte pas le « témoignage » de BHL : les conditions de la balade. Mercredi 13 août, rendez-vous est pris à l’aéroport du Bourget devant l’aérogare de Darta, une compagnie d’aviation privée. Le philosophe a loué un jet pour rallier Tbilissi, qui n’est plus desservie.

    Il est accompagné par son vieux complice, l’éditeur Gilles Hertzog, le documentariste Raphaël Glucksmann et un journaliste de France Culture, Omar Ouamane. Plus un garde du corps. Le jet se pose vers midi en Géorgie, "juste pour le déjeuner", précise Raphaël Glucksmann. Prévenue par son ambassadeur à Paris, la présidence géorgienne a dépêché l’un de ses traducteurs pour accompagner BHL durant tout son séjour.

    Celui-ci sera court, puisque Bernard-Henri Lévy repartira samedi matin, à 8 heures, de Tbilissi. Il aura donc passé deux jours et demi en Géorgie. L’équipage descend au Marriot Tbilissi, un hôtel cinq étoiles fréquenté par les journalistes et les diplomates.

    Plusieurs journalistes français, surpris par sa présence, interrogent dès son arrivée l’intellectuel qui ne cache pas les motifs de son voyage : "défendre la liberté en Géorgie contre l’ogre russe". Plusieurs radios, comme France Inter, France Info ou RFI, diffuseront des extraits de ces interviews.

    La multiplication des chars

    Dans un minibus blanc climatisé, direction Gori, l’une des villes occupées par les troupes russes. Première « chose vue », sur la route :

    « Le fait est que la première présence militaire significative à laquelle nous nous heurtons est un long convoi russe, cent véhicules au moins, venu tranquillement faire de l’essence en direction de Tbilissi. »

     

    L’envoyé spécial du Nouvel Observateur, Christophe Boltanski, qui emprunte la même route, le même jour, a compté les véhicules de cette colonne. Il en a recensé trente : six camions de troupes, six camions citernes, sept blindés APC, trois camions essence, six chars, deux ambulances.

    Encore quelques kilomètres et l’équipage retrouve un groupe de journalistes, bloqués à un barrage tenu par la police géorgienne. Les journalistes ont suivi Alexandre Lomaia, le conseiller géorgien pour la sécurité nationale, qui avait décidé courageusement de se rendre à Gori, accompagné de l’ambassadeur d’Estonie. Le convoi est bloqué à quelques kilomètres au sud de la ville. BHL descend alors de sa camionnette blanche.

    Vincent Hugeux, grand reporter à L’Express, s’étonne :

    "J’ai reconnu sa silhouette. Il était accompagné de Gilles Hertzog et Raphaël Glucksmann. BHL a même lancé à un journaliste français : ‘Ah, mais nous sommes confrères ! ’"

     

    Ne pas voir Gori, mais en parler quand même

    BHL franchit le barrage, dans des conditions sur lesquelles nous reviendrons, et racontera dans Le Monde la scène suivante :

    "Nous arrivons à Gori. Nous ne sommes pas au centre-ville. Mais, du point où Lomaia nous a laissés avant de repartir, seul, dans l’Audi, récupérer ses blessés, de ce carrefour que contrôle un char énorme et haut comme un bunker roulant, nous pouvons constater les incendies à perte de vue. Les fusées éclairantes qui, à intervalles réguliers, illuminent le ciel et sont suivies de détonations brèves. Le vide encore. L’odeur, légère, de putréfaction et de mort.

     

    "Et puis, surtout, le bourdonnement incessant des véhicules blindés et, une fois sur deux à peu près, des voitures banalisées remplies de miliciens reconnaissables à leurs brassards blancs et à leurs cheveux retenus par des bandanas.

    "Gori n’appartient pas à cette Ossétie que les Russes prétendent être venus "libérer". C’est une ville géorgienne. Or ils l’ont brûlée. Pillée. Réduite à l’état de ville fantôme. Vidée."

    Problème : BHL n’est jamais "arrivé à Gori", et les Russes n’ont pas "brûlé" la ville.

    Que s’est-il passé ? Avec son équipe, il s’est débrouillé pour passer ce premier barrage en compagnie d’Alexander Lomaia et de quelques autres personnes (l’ambassadeur estonien, la députée européenne Marie-Anne Isler-Béguin et la journaliste du Washington Post Tara Bahrampour).

    Deux heures plus tard, vers 22h30, dans la nuit noire, BHL est de retour au premier barrage où attend la presse. Il sort du véhicule, le visage grave, et avec sa voix de Malraux, il témoigne devant les journalistes :

    "La ville est nettoyée, Gori est une ville fantôme, il y a des flammes partout ; apparemment pas âme qui vive, Gori a été vidée de sa population. C’est ce que les Russes appellent la pacification."

    L’eurodéputée Marie-Anne Isler-Béguin intervient alors pour démentir : "mais non, on n’était pas à Gori", dit-elle aux journalistes, "on a été bloqués à un barrage à 1,5 kilomètre de la ville". Elle connaît cette région depuis huit ans. Seuls les champs brûlaient, ajoute-t-elle. Les armées brûlent parfois les champs pour éviter le risque des snipers embusqués.

    Plusieurs témoins confirment : BHL n’était pas à Gori

    Déléguée du Parlement européen pour le Caucase Sud, Marie-Anne Isler-Béguin revient sur l’épisode pour Rue89 :

    "Je viens de découvrir son témoignage. Je suis un peu surprise qu’il n’ait pas tout à fait dit comment ça s’était réellement passé. Mais il a peut-être oublié… J’ai vu Bernard-Henri Lévy pour la première fois lors de ce voyage au check-point où étaient bloqués tous les journalistes, à cinq kilomètres de Gori.

     "Si Bernard-Henri Lévy est monté avec Lomaia et moi, c’est parce que j’ai intercédé en sa faveur. C’est lui qui m’a demandé : "Madame la députée, je voudrais me joindre à la délégation." Et c’est moi qui ai obtenu l’accord de l’ambassadeur d’Estonie. Dommage qu’il ait oublié ce petit détail… En plus, c’est le seul qui soit monté dans la voiture avec son garde du corps.

    "Et il y a d’autres approximations. S’il arrive à distinguer les militaires des paramilitaires, il est plus doué que moi. S’il a senti une odeur de putréfaction, moi pas. Il écrit aussi que Gori a été brûlée, pillée et réduite à l’état de ville fantôme, mais à ce moment-là, on ne pouvait pas le dire, tout simplement parce que personne n’y était encore allé. Enfin, nous nous sommes arrêtés à 1,5 kilomètre de Gori."

    Gilles Hertzog, fidèle compagnon de route de BHL, confirme lui aussi la version de l’élue :

    "Non, on n’est pas rentrés dans la ville, on est resté à l’orée de la ville, je ne sais pas à combien de kilomètres de Gori. Il faisait nuit, on apercevait vaguement des bâtiments quand il y avait des fusées éclairantes, mais on n’était que sur le bas-côté d’une route. Il y avait des champs qui brûlaient autour de nous, on nous a dit que c’était du ‘farming’ [des feux allumés par des cultivateurs, ndlr], mais je ne l’ai pas cru."

    Et même divergence avec BHL sur l’odeur de putréfaction :

    "Personnellement, je n’ai rien ressenti, mais peut-être que mon ami Bernard-Henri Lévy lui l’a ressentie."

     

    Dans son reportage, la journaliste du Washington Post raconte elle aussi cette virée, mais en précisant bien clairement, en début de l’article, qu’elle n’a pas vu la ville. Le "byline", l’indication du lieu et de la date du reportage placée au début du texte, est très clair : "OUTSIDE GORI, Georgia, Aug. 13" ["En dehors de Gori, en Géorgie, le 13 août"].

    Vendredi 15 : un "braquage" qu’il n’a pas vu

    Et que penser de la seconde tentative pour se rendre à Gori le vendredi ? BHL écrit dans Le Monde :

    "Vendredi matin. Nous décidons, avec Raphaël Glucksmann, Gilles Hertzog et la députée européenne, de revenir à Gori que, suite à l’accord de cessez-le-feu rédigé par Sarkozy et Medvedev, les Russes auraient commencé d’évacuer et où nous sommes censés rejoindre le patriarche orthodoxe de Tbilissi en partance, lui-même, pour Shrinvali, où des cadavres géorgiens seraient livrés aux porcs et aux chiens.

     

    "Mais le patriarche est introuvable. Les Russes n’ont rien évacué. Et nous sommes même, cette fois, bloqués vingt kilomètres avant Gori quand une voiture, devant nous, se fait braquer par un escadron d’irréguliers qui, sous l’œil placide d’un officier russe, fait descendre les journalistes et leur arrache caméras, argent, objets personnels et, finalement, leur véhicule.

    "Fausse nouvelle, donc. L’habituel ballet des fausses nouvelles dans l’art duquel les artisans de la propagande russe semblent décidément passés maîtres. Alors, direction Kaspi, à mi-chemin entre Gori et Tbilissi, où l’interprète de la députée a de la famille et où la situation est, en principe, plus calme."

    Le documentariste Raphaël Glucksmann conserve un souvenir différent de ce "braquage". Le convoi de trois voitures est stoppé au dernier barrage de la police géorgienne où on leur déconseille fortement de continuer :

    "Les policiers nous ont raconté qu’une voiture de l’UNHCR [le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies, ndlr] venait de se faire dépouiller au barrage russe. Nous avons donc rebroussé chemin. Je n’ai pas vu cette scène. C’est simple, la route fait un coude et juste après, à 500 mètres environ de là où nous sommes, il y a le barrage russe, mais on ne le voit pas."

     La version de l’eurodéputée sonne, elle aussi, bien différemment de celle de BHL. Contrairement à ce qu’affirme l’intellectuel, elle n’était pas à ses côtés à ce moment précis :

    "Le jeudi, les autorités géorgiennes m’ont assuré que je pourrais aller le lendemain à Gori avec un convoi humanitaire. Mais, le vendredi, on attend une heure, deux heures, et on n’obtient toujours pas d’accord des Russes pour faire partir le convoi humanitaire.

     

    "Je n’ai donc pas pris de voiture en direction de Gori avec Bernard-Henri Lévy. Je n’ai pas non plus cherché le patriarche, qui a eu l’autorisation de se rendre à Shrinvali pour aller récupérer des corps de Géorgiens, car je savais où il était, mais j’ai seulement regretté de ne pas l’avoir contacté avant.

    "Je n’avais toujours pas bougé de Tbilissi quand, avec mon assistante géorgienne, on décide alors de se rendre au village de Kaspi, qui n’est pas en zone occupée. Et c’est là que Bernard-Henri Lévy revient vers moi et me dit : "On a fait équipe hier, est-ce qu’on continue à faire équipe ? "

    Gilles Hertzog, n’était pas non plus avec BHL :

    "Moi, je ne sais pas, je n’étais pas dans la même voiture que lui. Je ne sais plus exactement… Vous savez, on laisse faire nos chauffeurs, ce sont eux qui décident, qui savent où on peut aller."

     

    Les autos partent en fait à Kaspi pour constater la destruction d’une usine électrique que filmera Glucksmann.

    Dernière soirée à Tbilissi, Sartre et la pureté dangereuse

    Vendredi, seconde rencontre du philosophe avec le président géorgien Mikheïl Saakachvili. Bloqué depuis plusieurs jours dans sa résidence, le chef d’Etat interroge BHL et Raphaël Glucksmann :

    "Il nous a demandé comment c’était à Gori et Kaspi. Puis, ils ont un échange sur le thème : "Pourquoi l’Occident ne répond pas ? "

     

    Dans le récit qu’il a rapporté pour VSD, Hertzog raconte :

    "Bernard-Henri Lévy tente de leur remonter le moral. Pourquoi ne pas inciter les pays de l’Otan qui ont appuyé la demande de la Géorgie à se prononcer solennellement ? Pourquoi ne pas tenir vos conseils des ministres dans une ville menacée ? Saakachvili retrouve un instant le sourire. ‘Très bonnes idées ! ‘, lance-t-il."

     

    Ensuite, selon Glucksmann, les deux hommes parlent philosophie :

    "Saakachvili a lu ‘La Pureté dangereuse’ et puis il a eu une prof de philo, ancienne correspondante de Sartre, et comme BHL a écrit sur Sartre…"

     

    Retour à l’hôtel à l’aube, fin de l’escapade, tout le monde reprend l’avion vers 8h du matin. Direction Nice, où BHL a un rendez-vous. La folle vie continue.

    Le journal britannique The Independent ne s’est pas trompé sur la leçon à tirer de toute l’histoire. Dès lundi 18 août, il écrivait :

    « Les Américains ont envoyé des couvertures, les Estoniens des médecins, mais ce sont les Français qui, assurément, sont venus au secours des gens de l’Ossétie du Sud en proposant d’envoyer leur ‘nouveau philosophe’ [en français dans le texte, ndlr] Bernard-Henri Lévy. »

     

    Julien Martin, Pascal Riché et David Servenay -Rue89