Le centre commercial du quartier de Firminy (Loire), théâtre de violences entre des jeunes et la police pour la troisième nuit consécutive, a été ravagé par les flammes dans la nuit de jeudi à vendredi.
Seule la supérette située au pied de l'immeuble de la famille de Mohammed Benmouna était intacte, mais restait portes closes.
Le jeune homme de 21 ans était décédé mercredi à l'hôpital des suites de sa tentative de suicide.
Quelque 200 personnes, rassemblées par petits groupes au soleil en bas de leurs immeubles, pointaient du doigt vendredi matin les médias, surtout la télévision, principaux responsables de la situation, selon eux.
"Ils n'ont rien à faire ici, hier (jeudi), ils étaient là comme au spectacle", ont affirmé à l'AFP des habitants du quartier sous couvert d'anonymat.
Six jeunes ont été interpellés par la police durant la nuit et placés en garde à vue au commissariat de Saint-Etienne. Par ailleurs, les trois autres jeunes interpellés dans la nuit de mercredi à jeudi étaient toujours en garde à vue vendredi matin.
Plusieurs voitures de police et de pompiers ont été endommagées par des jets de pierres et la police a fait usage de gaz lacrymogènes. Aucune personne n'a été blessée.
Selon des habitants du quartier, une marche silencieuse à la mémoire de Mohammed, qui avait été interpellé pour une affaire d'extorsion de fonds, devait être organisée samedi après-midi. Le parquet de Saint-Etienne avait pourtant tenté de couper court à la polémique en assurant jeudi que l'autopsie du jeune homme n'avait révélé "aucune trace de violence".
La famille Benmouna a néanmoins déposé une plainte contre X jeudi pour que "la lumière soit faite sur cette affaire".
Sur Europe 1 vendredi, Brice Hortefeux a affirmé que les forces de sécurité déployées à Firminy après le décès d'un jeune homme en garde à vue, serait "renforcées" et "resteront tant que le calme sera pas revenu". Le ministre de l'Intérieur a affirmé que la vigilance serait "approfondie", notamment pour le 14 juillet. "Aujourd'hui l'important c'est que les populations locales appellent au calme, que la famille appelle au calme, et que la police se donne les moyens du retour au calme", a conclu le ministre, qui n'envisage pas pour le moment de se rendre sur place. "La question ne se pose pas à l'heure actuelle", a-t-il affirmé.






