Le préfet soupçonné de propos racistes et suspendu mi-août contre-attaque, dans une démarche très rare, en accusant le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux d'avoir orchestré l'affaire et de vouloir se "refaire une virginité" d'antiraciste.
Paul Girot de Langlade, 63 ans, préfet hors cadre depuis septembre 2007, est sorti du devoir de réserve respecté scrupuleusement par la préfectorale, jeudi par voie de presse. "Je suis victime d'une cabale et je tiens à la dénoncer", affirme-t-il au Parisien.
De son côté le ministère de l'Intérieur a démenti "le moindre coup monté". "Si l'enquête démontre qu'il n'a pas commis les faits pour lesquels il est poursuivi, il sera réintégré sans le moindre problème".
Selon la version de ces derniers, le préfet, énervé, aurait dit "On est où là? On se croirait en Afrique" ainsi que "de toutes les façons , il n'y a que des Noirs ici", devant des témoins - personnels et membres de la hiérarchie d'Aéroports de Paris.
Une agente de sécurité d'origine antillaise, employée par la société Securitas, a déposé plainte le 4 août entraînant l'ouverture le 14 août d'une enquête pour "injures publiques à caractère racial" par le parquet de Créteil.
Le même jour, Brice Hortefeux avait annoncé la suspension du préfet de sa fonction de coordonnateur local pour La Réunion des états généraux de l'Outre-mer.
Deux autres plaintes d'agents de Securitas ont été déposées les 11 et 12 août pour les mêmes motifs.
Paul Girot de Langlade s'était élevé en faux contre les propos rapportés, parlant dès la mi-août d'une "manipulation".
"Je ne suis pas raciste, je l'affirme haut et fort. J'ai servi à Wallis-et-Futuna, en Guadeloupe, de 2004 à 2006 et à La Réunion, où je viens de mener à terme ma mission consacrée aux états généraux de l'Outre-mer", a-t-il insisté jeudi.
"Je n'ai rien dit sur la couleur de peau des agents", ajoute-t-il. "J'ai simplement déclaré: "Avec une gestion pareille, on se croirait en Afrique!". "La scène a été filmée par les caméras. Ce film conforte ma version", assure le préfet qui se dit "blessé par ce lynchage médiatique" et qui veut être réhabilité.
AFP. 27.08.09








