Accusé de l'enlèvement et des meurtres de Katia Lherbier et Géraldine Giraud, Jean-Pierre Treiber, qui s'est évadé de prison le 8 septembre dernier, a choisi d'écrire à Marianne pour clamer son innocence et exiger une instruction qui ne soit pas «à charge».
Jean-Pierre Treiber développe la même argumentation dans la missive qu'il a fait parvenir à Marianne en pleine cavale. Cette lettre a été postée le 14 septembre dernier du Jura (code postal 39880). Elle était accompagnée d'un mot destiné à Périco Légasse, journaliste de Marianne auquel elle était adressée en raison de ses «coups de gueule pour l'agriculture raisonnée», ainsi que de l'original de sa carte de détenu, n° 13855.
Nous publions cette lettre ci-dessous, dans laquelle Jean-Pierre Treiber clame son innocence, exige une instruction plus équitable. Il affirme en outre, et ce n'est pas le moins important, qu'il sera présent lors de son procès.
Nous avons décidé cette publication dans la mesure où la lettre apporte des informations sans pratiquer la moindre mise en cause ou dénonciation. Il va de soi que cette publication ne nous engage nullement auprès de l'accusé. Nous avons bien entendu cherché à authentifier ces documents avant publication de cet article. Plusieurs éléments, dont les réponses dilatoires de l'avocat de Jean-Pierre Treiber, nous incitent à penser qu'il s'agit d'une véritable lettre du détenu évadé, comme l'indique sa carte de détenu à piste magnétique qu'il avait jointe au courrier pour attester de son identité.
Le juge n'a jamais démenti les accusations fausses colportées par la presse, j'ai été interdit de parloir avec ma propre famille pendant 2 ans, et sans explication m'a fait profiter d'un séjour d'un an à Fresnes !
On ne m'a jamais accordé la présomption d'innocence.
Aujourd'hui, je veux que le juge ou le procureur donne l'intégralité des photos prises à Château lors des perquisitions à mon avocat.
Je veux aussi la diffusion dans la presse des 2 portraits robot.
Cette lettre est un petit aperçu de l'injustice que je subis.
J'ai donc choisi cette solution d'évasion qui n'est pas la meilleure, mais c'est peut-être le seul moyen de me faire entendre avant le procès où je serai présent.
Treiber J-Pierre
Dernière minute, à 19h12 le 17/09/09 : Le badge de détenu a a priori été authentifié par la maison d'arrêt d'Auxerre. De même, l'écriture de la lettre ressemble fort à celle de J-P. Treiber (sous réserve d'expertise ultérieure, bien entendu), apprend-on de source proche de l'enquête.








