Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a annoncé le 23 août qu’il allait envoyer en Syrie sa Haute représentante pour le désarmement, Angela Kane. Il a par ailleurs appelé le gouvernement syrien de coopérer avec un groupe d’experts onusien se trouvant au pays afin que celui-ci pourrait enquêter de façon efficace sur le dernier incident dans les banlieues est de la capitale syrienne.

 La Russie appelle elle aussi d’enquêter le plus rapidement possible sur cet incident, a indiqué aux journalistes le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Alexandre Loukachevitch. Les enquêtes pourraient cependant rencontrer des obstacles.

 « La région en question est contrôlée par les rebelles. On part de ce que la mission onusiennes devra coordonner sa démarche (son enquête) avec les autorités syriennes qui sont la partie d’accueil. Ce n’est pas pour rien que le vice-secrétaire général des Nations unies Monsieur Jan Eliasson a clairement indiqué que pour entreprendre ce genre de démarches il faut au minimum arrêter les combats au moins le temps de l’enquête. »

 La majorité d’experts occidentaux ont des doutes quant à ce que les forces gouvernementales soient à l’origine de cet acte de folie. C’est notamment l’opinion du rédacteur en chef de la revue Défense auprès de l’Institut des hautes études de défense nationale Richard Labévière. L’utilisation d’armes chimiques pourrait être le seul moyen des rebelles syriens d’attirer l’attention de l’opinion publique, estime M. Labévière.

 Dans sa dernière interview à la chaîne de télévision BMFTV le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a déclaré que le temps d’une « réaction de force » était venu.

 Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Alexandre Loukachevitch a qualifié d’étranges les propos de Laurent Fabius relatifs à la possibilité d’une « réponse de force » en contournant le Conseil de sécurité des Nations unies. D’autant plus que pour l’instant il n’y a aucune preuve de l’utilisation d’arme chimique.

 « Ce n’est pas la peine d’analyser des scénarios probables. On part de ce qui est écrit dans la Charte des Nations unies : le recours à la force n’est autorisé que par le Conseil de sécurité de l’ONU. »

 Même les Etats-Unis ne soufflent pas mot de scénario de force qui serait inévitable. Le président Barack Obama a chargé les services de renseignements américains de récolter et d’analyser toutes les informations sur l’utilisation alléguée d’arme chimique dans des banlieues de Damas.