Au moins 45 soldats étrangers, soit près de trois par jour, ont trouvé la mort depuis le début du mois de juillet dans le cadre des opérations étrangères en Afghanistan, selon le site internet indépendant icasualties.org.
Quinze jours auront suffi pour quasiment égaler le record du nombre de soldats étrangers tués en un mois (46 morts, en juin et août 2008) depuis l'arrivée des troupes étrangères à la fin 2001, selon la même source.
Depuis le début de l'année, 201 ont péri, contre 294 en 2008, année record depuis le début de l'intervention internationale en 2001.
L'accélération récente s'explique principalement par le lancement des deux vastes offensives de l'Otan dans la province d'Helmand (sud), l'un des principaux foyers de la rébellion talibane, l'une britannique (3.000 soldats depuis le 23 juin) l'autre américaine (4.000 Marines depuis le 2 juillet).
Depuis, le nombre des pertes occidentales s'est envolé, en raison notamment des innombrables bombes (80% des soldats tués en sont victimes) semées par les rebelles sur le chemin des alliés.
A la différence des combats frontaux, plus risqués pour les rebelles, ces bombes "peuvent atteindre les troupes internationales et bloquer leurs mouvements", rendant également ces dernières plus vulnérables face à des tirs ennemis, note l'analyste afghan Waheed Mujda.
Trois autres raisons expliquent, selon lui, l'ampleur des pertes occidentales: la présence dans la zone de combattants d'Al-Qaïda (alliés des talibans) aguerris en Irak, le manque d'entraînement des troupes de l'Otan à la lutte contre la guérilla, et la chaleur étouffante de l'été dans l'Helmand, qui limite la marge de manoeuvre des soldats lourdement équipés.
Les Britanniques en sont les premières victimes, qui ont perdu 15 soldats depuis le début du mois, dont huit en 24 heures la semaine dernière.
"Le terrain est plus difficile pour les Britanniques que pour les Américains. Dans le nord, où les Britanniques sont déployés, il y a plus de routes que les insurgés ont truffées de bombes. Dans le sud, le terrain est plus facile et les Américains ont progressé plus rapidement", explique un officier de la force de l'Otan.
"Il semble que les insurgés aient décidé de rester défendre le nord du Helmand, alors qu'ils ont fui, ou cessé de se battre dans le sud", juge un officier américain.
En Grande-Bretagne, l'opposition conservatrice a dénoncé une "pénurie" d'hélicoptères, qui contraindrait les soldats à se déplacer dans des véhicules, vulnérables aux bombes placées sur les routes. "Cela n'a rien à voir avec les hélicoptères", a répondu mercredi le Premier ministre Gordon Brown.
"C'est un été difficile et ce n'est pas fini, mais si nous voulons interdire l'Helmand aux talibans à long terme, nous devons poursuivre nos opérations", a récemment averti Gordon Brown.
"On va continuer à avoir des pertes importantes dans le ou les deux prochains mois", estime l'officier américain. "Mais une fois cet effort fait, on aura réussi à stabiliser ces zones pour de bon", espère-t-il.
Mercredi, le chef d'état-major de l'armée britannique, le général Richard Dannatt, a estimé qu'il fallait déployer encore davantage de soldats sur le terrain, qu'ils soient "britanniques, américains, afghans" ou autres.
AFP. 15.07.09
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