Israël est un pays avec une politique assez paradoxale en ce qui concerne l'homosexualité. Si le mariage entre personnes du même sexe y est encore interdit (voir plus bas), l'adoption par les couples homosexuels est permise depuis quelques années. En 2006, une première étape avait été franchie en permettant à une personne d'adopter l'enfant biologique de son conjoint. Depuis 2008, une loi autorise l'adoption pour les couples homosexuels. Cependant, un problème persistait pour les personnes concernées : les cartes d'identité n'étaient pas adaptées.

En effet, en Israël, le nom des parents est indiqué sur la carte d'identité, avec la dénomination "père" et " mère". Dans le cas d'un couple homosexuel, l'un des conjoints était ainsi indiqué sous le sexe opposé (l'un des deux pères étant renseigné comme la mère et vice-versa), ce qui pouvait créer des situations parfois inconfortables pour les enfants. Ainsi, Noa Evron, 20 ans, fille adoptive d'un couple de lesbiennes, a été confrontée, lors de sa première convocation à l'armée, à certaines réflexions qui suggéraient que l'une de ses mères, renseignée comme étant son père, fut autrefois un homme.

Un cas de figure parmi tant d'autres qui a poussé certaines familles à se mobiliser pour un changement, ce qu'elles ont obtenu. Dorénavant, la carte sera adaptée, et les termes " père" et "mère" apparaitront deux fois, selon les circonstances, sur le document.

Un changement synonyme de victoire pour Chen Arieli qui voit là une étape importante dans la lutte menée pour les droits des membres de la communauté LGTB (Lesbian, Gay, Transgenre and Bisexual) dont il est le représentant. Il souligne également le fait qu'Israël est le foyer de plusieurs milliers de familles homoparentales, familles qui ne sont pas toujours enregistrées auprès de l'État.

Le mariage homosexuel, une affaire de religion

En Israël, le mariage est géré par les différents organismes religieux (un pour les chrétiens, un pour les juifs, un pour les musulmans). Cette politique, en plus d'empêcher le mariage entre deux personnes aux croyances différentes, a un impact direct sur le mariage homosexuel puisqu'aucun de ces consulats ne le tolère. Néanmoins, les couples ont la possibilité de se dire "oui" à l'étranger, le ministère de l'Intérieur reconnaissant ce type d'union.