Magistrat honoraire et président de l'Institut de la parole

 
 
 

Marion Maréchal-Le Pen a le droit d’aimer qui elle veut et de mener sa vie comme elle l’entend. Apparemment, elle entretient une relation avec Jérôme Cochet, responsable du FN de Grasse, chargé de la communication de David Rachline (Closer).

Jérôme Cochet n’a pas toujours été délicat dans ses tweets, mais qu’importe. J’ai bien conscience qu’il est déjà de mauvais goût de s’immiscer si peu que ce soit dans une liaison qui ne concerne que le couple.

Et pourtant ! Comment expliquer qu’en apprenant cette information j’aie éprouvé comme une légère déception tenant à la certitude que cette banalisation estivale l’avait atteinte comme tant d’autres ?

 

Parce que même ceux qui étaient, comme moi, très éloignés du FN sur le plan politique attendaient de cette jeune femme – nièce de Marine Le Pen dont la prestation lamentable au second tour de l’élection présidentielle avait frappé beaucoup d’esprits, y compris au sein de son parti – une démarche singulière, moins classique.

 

Elle avait annoncé sa retraite des joutes politiciennes et des aigreurs intestines, dont certaines lui avaient été réservées par la présidente ou par Florian Philippot. Mais sur un mode ambigu ménageant l’avenir et laissant espérer un retour tonitruant de nature à donner au FN un nouveau visage imprégné d’une authentique philosophie conservatrice, en l’ayant purgé de ses contradictions idéologiques internes.

 

Elle avait déjà exprimé à ce sujet, en plusieurs occasions, son point de vue en n’hésitant pas à provoquer, en manifestant sa lassitude à l’égard de la notion de République ressassée pour tout et n’importe quoi et en rappelant cette évidence que la France n’avait pas commencé en 1789. Ce qui rejoignait la pensée drôle de Raymond Radiguet disant qu’il avait mal à la tête depuis cette même année.

À tort ou à raison, la personnalité de Marion Maréchal-Le Pen, par ailleurs très douée sur le plan médiatique, en même temps qu’elle suscitait une inquiétude démocratique encore plus vive chez certains de ses adversaires, semblait pouvoir offrir des perspectives d’entente de la droite, que sa tante a toujours récusées par principe.

Aussi, au risque d’être un goujat mêlant l’intimité d’une vie privée aux choses sérieuses de la politique, voir Marion Maréchal-Le Pen dans les bras du FN le plus classique et provocateur qui soit n’emballe pas le citoyen s’il la comble, elle. Un désabusement absurde si on veut, mais subtil, indéniable. Un retour en arrière. Une retombée.

Avec Jérôme Cochet, elle a coupé court aux fantasmes ! Ne reste que la réalité.

Peut-être faut-il la remercier.

 
Extrait de : Justice au Singulier
BV 08/08/17
CLOSER n° 634 du 4 août 2017