A Quinto, l'arrivée de 101 immigrés accueillis par la région, et qui doivent être hébergés dans des appartements vides, a déchaîné la colère de quelques habitants qui ont fait irruption dans un des logements où avaient été amassés des lits de camps, des matelas, des téléviseurs pour les nouveaux arrivants. Ils les ont sortis dehors et y ont mis le feu. Ils ont ensuite installé des tentes en affirmant, selon le Corriere della Sera: "nous ne rentrerons pas dans nos maisons tant qu'ils ne seront pas partis, c'est une invasion". Luca Zaia, gouverneur de la région de Vénétie, membre de la Ligue du Nord (droite anti-européenne aux accents xénophobes), interrogé sur une télévision italienne, a abondé dans le sens des protestataires: "Ils sont en train d'africaniser la Vénétie. C'est une déclaration de guerre pour ceux qui ne savent pas ce que signifie placer les (immigrés) aux côtés de familles avec de petits enfants. Il faut ériger un camp de tentes". Le préfet de Trévise, Maria Augusta Marrosu, a mis de son côté les points sur les i: "ils resteront car ils n'ont pas le choix". L'Italie héberge plus de 80.000 migrants, notamment Erythréens et Syriens, ayant traversé la Méditerranée. Les capacités d'accueil du pays ont atteint leurs limites. Le ministère de l'Intérieur a établi un plan de répartition entre régions pour leur accueil. Mais les structures ne sont souvent pas en place et les populations se sont pas prêtes à les accueillir, surtout dans le nord. Les ministres européens des Affaires intérieures doivent approuver lundi un mécanisme d'urgence pour relocaliser dans les pays européens des migrants débarqués en Italie et en Grèce, de sorte à soulager ces pays face à l'afflux massif de demandeurs d'asile.