L'afflux d'informaticiens étrangers constitue depuis longtemps déjà une épine dans le pied des informaticiens américains. Il réduit en effet leurs chances de trouver un emploi et exerce un impact négatif sur les salaires, selon eux.

Actuellement, le quota est fixé à 65.000 visas H-1B, comme on les appelle, par an. Plusieurs groupes d'intérêts souhaitent le porter à 195.000. Pour les gradués en sciences, technologie (comme l'IT est appelée aux Etats-Unis), enseignement et mathématiques, il ne devrait pas y avoir de quota. L'un des défenseurs les plus éminents de cette extension du quota n'est autre que le CEO de Facebook, Mark Zuckerberg. 'Le sénateur personnel de Mark Zuckerberg, Marco Rubio [du parti républicain - ndlr] a déposé une proposition de loi en vue de tripler les H-1B, qui va littéralement décimer les chances de la gent féminine et des minorités', écrit Trump dans son projet d'une Immigration reform that will make America Great again. Outre les noms du président et d'un de ses proches collaborateurs, l'on n'y trouve aucun autre nom.

Gaspillage de talent universitaire

Donald Trump ne fait pas un secret de sa méfiance vis-à-vis des immigrants. Dans ce cadre, il s'oppose à présent aussi notamment à l'utilisation du programme H-1B. Chaque année, la moitié des Américains qui terminent leurs études en sciences, technologie, enseignement et mathématiques, ne trouvent pas d'emploi à leur niveau, affirme Trump sur son site web, alors que deux tiers des nouveaux postes de travail en IT sont dévolus via le programme H-1B.

Selon le programme, les chiffres démontrent pourquoi les employeurs IT optent pour cette solution. Pour plus de la moitié des emplois attribués aux immigrants via le programme H-1B, les personnes choisies reçoivent le salaire le plus bas possible. Si l'on considère les deux échelles barémiques inférieures, cela représente 80 pour cent.

Priorité aux Américains, selon Trump

Trump entend prendre deux mesures pour endiguer cette pratique. La première consiste en l'obligation de verser aux immigrants le salaire moyen pour la fonction qu'ils vont occuper. La seconde consiste en l'obligation d'accorder la priorité aux Américains. Les places vacantes devraient être d'abord envoyées au bureau de chômage plutôt qu'aux United States Citizenship and Immigration Services, estime Trump.

Si l'on ne prend pas ces mesures, la classe moyenne américaine court à la catastrophe, et il sera toujours plus malaisé de trouver un emploi à niveau surtout pour les jeunes noirs américains, les jeunes latino-américains et les femmes, toujours selon Trump.

La proposition de limiter le programme H-1B devrait plaire aux informaticiens américains. Reste à savoir si cela suffira pour gommer d'autres éléments plus radicaux, voire rabiques du programme de Trump. Mais la bonne nouvelle pour les informaticiens américains, c'est bien que la concurrence d'informaticiens étrangers est devenue à présent un thème de la campagne électorale.

Source: Automatiseringgids

Le Vif.be