La police britannique évoque une "attaque ciblée" et cherche aussi à savoir si le suspect, Thomas Mair, souffrait de troubles mentaux.

La police britannique enquête sur de possibles liens avec l'extrême droite du meurtrier présumé de la députée Jo Cox , tuée en pleine rue jeudi dans sa circonscription du nord de l'Angleterre, a-t-elle annoncé vendredi soir. Cette déclaration vient confirmer les informations circulant depuis l'annonce du meurtre de la députée. Le Southern Poverty Law Centre, un groupe américain de défense des droits civiques, a ainsi affirmé que Thomas Mair, le tueur présumé, était un "partisan dévoué" d'un groupe néonazi basé aux Etats-Unis. Il aurait dépensé plus de 620 dollars (550 euros) dans des ouvrages de l'Alliance nationale, groupe qui a appelé à la création d'un pays peuplé exclusivement de Blancs et à l'éradication du peuple juif. De surcroît, selon le quotidien The Guardian, la police a retrouvé des symboles nazis à son domicile ainsi que de la littérature d'extrême droite. L'agresseur aurait par ailleurs crié "Britain first" ("Le Royaume-Uni d'abord") au moment de son passage à l'acte, selon plusieurs médias britanniques.

Troubles mentaux

Des habitants de Birstall ont décrit l'individu comme un homme "calme", "solitaire" et s'occupant de jardinage. Le Yorkshire Post a publié une photo le montrant vêtu d'un treillis et d'une casquette blanche. "Il avait l'air si innocent. Il habitait seul depuis que sa grand-mère est décédée", a déclaré à l'AFP Bethany Thurston, une adolescente vivant à proximité.

La police a aussi indiqué qu'elle se penchait sur les éventuels troubles mentaux du suspect. "J'ai toujours du mal à y croire. Mon frère n'est pas violent et n'est pas du tout politisé", a affirmé au Daily Telegraph Scott Mair, le frère du principal suspect. "Il a des antécédents de maladie mentale, mais il s'est fait aider".

Scott Mair, arrêté sur les lieux du crime, a été maintenu en garde à vue, et son interrogatoire se poursuit, a indiqué la police vendredi.

Une attaque ciblée

Sur les circonstances du drame, les enquêteurs ont indiqué vendredi soir que la parlementaire avait été victime d'une "attaque ciblée". Les médias britanniques croient savoir que Jo Cox a été touchée par trois balles et sept coups de couteau. L'assistante de la députée, Fazila Aswat, était avec Jo Cox. Son père a indiqué à la chaîne ITV qu'elle avait l'impression que l'agresseur attendait sa victime. Jo Cox a succombé à ses blessures jeudi, à 12H48 GMT, selon la police.

Jo Cox avait fait l'objet de récents messages de menaces, a indiqué la police britannique vendredi, précisant que cette affaire, pour laquelle un homme a été arrêté en mars, était sans lien direct avec son meurtre.

Le Royaume-Uni sous le choc

L'annonce de la mort de Jo Cox a profondément bouleversé la campagne référendaire , dominée ces derniers jours par la progression dans les sondages des partisans du Brexit. Les campagnes pro et anti-Brexit ont été suspendues jusqu'à dimanche au moins. Des réactions d'effroi ont afflué de la part de personnalités politiques comme d'anonymes. Les habitants de Birstall continuaient à déposer vendredi des fleurs et des cartes au pied de la statue de Joseph Priestley, théologien et philosophe, au centre de la ville.

Le Premier ministre David Cameron s'est rendu à Birstall avec le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn et le président du Parlement John Bercow pour rendre hommage à la députée.

Les drapeaux de Buckingham Palace, du Parlement et du 10 Downing Street, la résidence officielle du Premier ministre, étaient en berne vendredi et la reine a envoyé un message de soutien à l'époux de la défunte.