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  • MEMOIRE: LE MASSACRE DE LA RUE D'ISLY

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    Morgue d'Alger après le massacre
    LUNDI 26 MARS 1962 : Voilà plusieurs jours que le quartier de BAB el OUED est bouclé par l’Armée. Plus personne ne peut en sortir ni y entrer.

      Un tract OAS, provenant du Colonel Vaudrey, demande à la population d’aller vers Bab el Oued, drapeaux en tête, pacifiquement, sans arme. Le préfet Vitalis Cros interdit la manifestation et met en place un dispositif impressionnant. Avenue du 8 Novembre, des chars de 30 tonnes braquent leurs canons de 75. Square Bresson, ce sont des half-tracks et des auto-mitrailleuses. Le boulevard Carnot est rempli de CRS.

      Bizarrement, un bataillon de Tirailleurs, composé en majorité de musulmans appelés (qui avaient déjà peints en vert leurs casques), faisait partie du bouclage. Dès lors que le cessez le feu avait été proclamé et que l’indépendance était imminente, ces tirailleurs avaient le choix entre donner des gages à la rebellion où mourrir. Le chef de cette unité, le colonel Goubard, était absent, remplacé par le commandant Poupat. Ce dernier avait reçu les ordres suivants (par écrit) : arrêter la manifestation par tous les moyens, au besoin par le feu. Il transmit ces ordres à ses subordonnés en précisant que le feu devait être ouvert qu’en cas de légitime défense.

      Vers 14h45 la foule, composée d’hommes, de femmes et d’enfants, arriva aux abords de la rue d’ISLY. Ils étaient venus là en famille comme au 13 Mai 1958.

      Les manifestants butent sur un barrage de Tirailleurs commandés par le lieutenant Daoud Ouchène. Après négociations, le lieutenant laisse passer une délégation avec un drapeau en tête. Mais la foule s’engoufra dans la brèche et envahi la rue d’ISLY.

      Le commandant Poupat envoie en renfort une compagnie aux ordres du capitaine Gilet pendant que le lieutenant OUCHENE reconstitue son barrage. Le cortège de manifestants est trançonné.

      14h45 : Soudain une rafale de pistolet mitrailleur est tiré par un tirailleur situé près du bar du Derby. Cela va déclencher une fusillade qui durera plusieurs minutes. C’était la confusion et la panique générale. Les manifestants courraient dans tous les sens. Les Tirailleurs, les yeux fous, en transe, vidaient chargeurs sur chargeurs, utilisant même des balles explosives. La rue fut bientôt qu’un amas de corps sanglants et le sang coulait dans les canniveaux. Au fracas des armes s’ajoutait les hurlements de peur, les plaintes. Mais la pitié n’habitait pas les monstres qui tiraient sans discontinuer.

      "Halte au feu" criaient les manifestants encore vivants. "Mon lieutenant, faites cesser le feu, je vous en prie..."

      Combien de temps cela durera-t-il ? Difficile à dire.

      La foule subissait cette fusillade folle sans pouvoir rien faire. Des flots de prières s’élevaient de cette arène sanglante. Au milieu des plaintes, des rales et des supplications, les assassins achevaient les blessés. Voici le témoignage du Professeur Pierre Goinard de la faculté de médecine d’Alger :

      Une femme blessée, couchée par terre boulevard Laferrière, se relève. Un soldat musulman la tue d’une rafale de PM malgré l’intervention d’un officier.

      Un vieillard rue d’Isly ... le soldat musulman lui crie "couche toi, tu ne te relèveras plus.." et l’abat.

     Deux femmes blessées gisant à terre sont achevées à coup de fusil-mitrailleur.

     Une femme blessée, place de la Poste, gisait sur le dos. Un soldat musulman l’achève d’une rafale. L’officier présent abat le soldat.

    Un soldat portant des bandes vertes sur son casque visait lentement : un pauvre vieux à 50 mètres courait... le coup parti ... et ce fut fini..

      Un civil, ancien de la 1ère armée, cria en direction du lieutenant Ouchène : "Vous tirez sur une foule désarmée...Halte au feu !" Et le lieutenant de répondre "Je devais faire mon devoir, j’avais des ordres..." Puis s’apercevant de la méprise le lieutenant Ouchène et le capitaine Techer hurlèrent : "Halte au feu !". Mais certains tirailleurs musulmans, hystériques et haineux, continuaient à tirer.

      Le lieutenant Daoud Ouchène que pressaient et injuriaient les civils, fondit en larmes, à bout de nerfs. Cette scène a été enregistrée par René Duval, envoyé spécial d’Europe 1.

      Il n’y eut pas que les tirailleurs musulmans pour tirer dans la foule. Il y eut : La CRS 147 à l’entrée du bd Baudin, la CRS 182 qui bloquait l’avenue de la gare, la CRS 12 qui occupait la rampe Chasseriau et les Gardes Mobiles.

      Témoignage de René Louviot : "à la fin de la fusillade à laquelle ils avaient participé, les CRS faisait lever les bras aux passants et les matraquaient sur la tête à coup de crosse...". Un peu plus loin, un garçon et deux jeunes filles portent un drapeau tricolore taché de sang. Les CRS leur disent : "Vous pouvez vous le mettre dans le cul...", d’autres faisaient un bras d’honneur.

      Le bruit de la fusillade fut remplacé par la ronde infernale des hélicoptères et le hurlement des sirènes d’ambulances.

      La scène du carnage était abominable, insoutenable. Des corps d’hommes, de femmes, d’enfants jonchaient les rues et les trottoirs, le sol était parsemé de souliers, de vêtements, de douilles. Plaintes et râles s’élevaient, les survivants étaient hébétés. L’odeur de la mort se mit à planer sur Alger.

      On chargeait les blessés dans les ambulances, les morts dans les camions militaires. Des corps qui ne demandaient qu’à rester français...

      Les plaies des victimes atteintes par des balles explosives étaient impressionnantes. Sur les lieux du carnage les survivants prenaient petit à petit conscience de l’horrible réalité de ce génocide. Leur place n’était plus dans ce monde de fous, leur place n’était plus en Algérie, elle n’était plus aussi en France.

      Les soldats progressaient en colonne le long de la rue. Une femme exangue trempait un drapeau dans une flaque de sang et leur cria "Pourquoi ... pourquoi avez vous fait cela ?..." puis elle éclata en sanglots.

      L’ Hopital Mustapha où avaient été transportées les victimes fut submergé par les familles affolées. Le plasma se mit à manquer, les Algérois retroussèrent leurs manches.

      A la morgue les corps étaient disloqués, les yeux ouverts, beaucoup de jeunes femmes, de celles qui hier encore faisait la beauté et le charme de la ville blanche. Ceux qui ont vu ce spectacle ignoble savent que la mort seule les libèrera de cette vision. 

    62 morts, plus de 200 blessés dont certains handicapés  à vie

     Le siège de BAB el OUED, la tragédie du 26 MARS, le Génocide du 5 juillet à ORAN, le martyr des Harkis, les disparus..... ont fait l’objet d’un ouvrage intitulé "VERITE" que l’on peut se procurer chez l’auteur José CASTANO Parc de la MEDITERRANEE 34470 PEROLS prix 14 euros port inclus.

     

     

  • Chantal Sébire a été retrouvée morte chez elle

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    AFP.Chantal Sébire, la femme de 52 ans qui souffrait d'une tumeur incurable et avait sollicité le droit de recourir à l'euthanasie, a été retrouvée morte chez elle mercredi, a-t-on appris en début de soirée auprès du ministère de l'Intérieur.

    Son corps sans vie a été trouvé en fin d'après-midi à son domicile de Plombières-les-Dijon (Côte d'Or). Les causes de la mort sont "pour l'instant indéterminées", a indiqué à l'AFP une source autorisée au ministère de l'Intérieur.

    Cette mère de trois enfants, institutrice,  souffrant depuis des années d'une tumeur incurable qui lui déformait le visage avait réclamé le droit de "mourir dans la dignité". La justice avait toutefois rejeté lundi sa demande d'euthanasie.

    Le président de la République Nicolas Sarkozy avait reçu mercredi après-midi à l'Elysée le Dr Emmanuel Debost, le médecin traitant de Mme Sébire, en présence du professeur Arnold Munnich, conseiller du président et du Professeur Daniel Brasnu, chef du service d'oto-rhino-laryngologie et de chirurgie cervico-faciale de l'hôpital européen Georges Pompidou, spécialiste de la maladie dont elle souffrait.

    Après avoir reçu un courrier de la malade, Nicolas Sarkozy avait demandé au Pr Munnich, qu'un "nouvel avis" soit donné "par un collège de professionnels de la santé du plus haut niveau" sur son cas.

    Matignon a demandé mercredi à Jean Léonetti, rapporteur de la loi de 2005 instaurant un droit au "laisser mourir" mais pas à l'euthanasie active, une mission d'évaluation pour remédier éventuellement à "l'insuffisance de la législation".

    R.I.P Chantal Sébire

  • Le dalaï-lama veut renouer le dialogue avec Pékin

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    En orange, zone revendiquée par le Tibet (Wikipédia)
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    Le dalaï-lama en exil à Dharamsala (Inde) le 18 mars 2008
     Alors que les autorités chinoises quadrillent toujours la capitale tibétaine, Lhassa, mercredi 19 mars, à la recherche de personnes ayant participé aux manifestations de la semaine dernière, le dalaï-lama a appelé à une reprise du dialogue avec Pékin. "Sa Sainteté est engagée à dialoguer avec les Chinois. Nous devons venir les uns devant les autres et nous parler", a déclaré Tenzin Taklha, proche collaborateur du chef spirituel tibétain. Il a estimé que les Chinois "ne résoudront jamais la question tibétaine en envoyant des troupes. La seule solution est de se retrouver face à face, d'entamer un dialogue et de trouver une solution".

    Selon Gordon Brown, le premier ministre britannique, cet appel aurait été entendu à Pékin. Devant la Chambre des communes, il a dit s'être entretenu avec son homologue chinois, Wen Jiabao, qui se serait dit "prêt à entamer un dialogue avec le dalaï-lama".

     

    epape, on e u ps le plèmes avec la violence"

     

    Le dalaï-lama s'est adressé à la communauté internationale, exhortant les dirigeants du monde entier à "appeler les dirigeants chinois à la plus grande retenue face aux troubles actuels". Dans sa résidence de Dharamsala, dans le nord de l'Inde, le chef spirituel des Tibétains, avait auparavant reçu des représentants de groupes tibétains en exil, notamment de certains groupes de jeunes militants qui ont organisé ou cautionné des marches de protestation, en particulier en Inde. "Il leur a expliqué quels étaient ses sentiments et leur a dit qu'il fallait peut-être aujourd'hui se pencher sur le long terme. Quant à savoir s'il a été entendu...", a indiqué à Reuters un autre porte-parole, Chhime Chhoekyapa.
     
    "APPROCHE DE LA 'VOIE MOYENNE'"

    "Sa Sainteté reste engagée dans son approche de la 'voie moyenne', dans la poursuite du dialogue", préconisant une autonomie culturelle et non pas une indépendance totale vis-à-vis de Pékin, assurent ces porte-parole. Les dernières négociations directes entre Tibétains et Chinois remontent à juillet 2007 et s'étaient soldées par un échec.

    Au Népal, où l'accès à l'Everest est toujours fermé, des manifestations de Tibétains aux abords des installations des Nations unies à Katmandou se sont poursuivies, mercredi. Selon l'Associated Press, la centaine de manifestants ont pu défiler sans être inquiétés, mais sans pouvoir accéder au siège de l'ONU ni pouvoir crier des slogans anti-chinois. Il s'agissait de la quatrième manifestation de ce type depuis dimanche.

     

    Dans les provinces chinoises avoisinantes du Tibet, les forces de sécurité interdisent toujours aux étrangers de circuler, selon des témoignages recueillis par l'AFP. La délivrance des permis de séjour dans la région himalayenne a été suspendue et de nombreux journalistes expulsés. "Il n'y a rien à voir maintenant mais vous serez les bienvenus si vous revenez plus tard", s'est contenté de répondre un policier chinois au barrage de Yajiang.

  • IRAK: LE GRAND ECHEC DE L'AMERIQUE

    David L. Petraeus, le généralissime des 155 000 soldats américains stationnés en Irak, n'est pas content du gouvernement de Bagdad. Celui-ci n'ayant "pas fait, et de loin, les efforts politiques et législatifs" attendus "en matière de réconciliation nationale", le nouveau champion des militaires, troublé par la recrudescence des violences depuis deux mois, recommande le maintien de son contingent à au moins 135 000 hommes et femmes jusqu'à la fin de l'année 2008. Et sans doute au-delà.

     

    Cinq ans après avoir envahi l'Irak avec 190 000 GI et 60 000 Britanniques - qui ne sont plus que 5 000 -, cinq ans après avoir essayé de réaliser l'impossible rêve néoconservateur d'instaurer la démocratie par la force dans le monde arabe avec, entre autres, l'objectif de renforcer la sécurité d'Israël, cinq ans après avoir débarrassé la région de la dictature de Saddam Hussein, l'Amérique est embourbée dans une impasse. La "stratégie démocratique" a été abandonnée en chemin, l'ambition n'est plus que de parvenir à stabiliser la situation.

     

    L'Amérique a perdu 4 000 soldats, et 29 000 ont été blessés. Mais elle ne contrôle toujours pas le pays, pas même les 16 km d'autoroute qui séparent sa "zone verte" ultrafortifiée au coeur de la capitale de l'aéroport de Bagdad. Après avoir dissous toutes les forces de sécurité irakiennes - "une grave erreur", admet-on à présent -, elle a dépensé plus de 20 milliards de dollars pour entraîner et équiper 250 000 policiers et 160 000 soldats irakiens dont les chefs disent eux-mêmes qu'au mieux ils ne seront pas prêts à prendre seuls en charge la sécurité nationale "avant 2012", et celle des frontières "avant 2018". L'armée américaine est épuisée, "incapable", disait l'amiral William Fallon avant d'être contraint à la démission la semaine passée, de "combattre sur un autre front" qui ne serait pas, cette fois-ci, "choisi" comme en Irak, mais imposé.

    Par ses mensonges, l'administration Bush a gâché, pour longtemps, l'image et le crédit des Etats-Unis à travers le monde. Le conflit d'Irak a contribué au quadruplement des prix du pétrole en cinq ans. Malgré les milliards de dollars injectés dans l'exploitation, la production irakienne, troisième du monde avant 2003, n'est même pas encore revenue à son niveau d'avant-guerre. Même chose pour la distribution d'eau potable - dont 40 % des populations sont désormais privées - et d'électricité, dont la majorité des Irakiens, à commencer par les 5 à 6 millions de Bagdadis, ne reçoivent guère plus de quatre à six heures par jour.

    En 2007, le Pentagone estimait que 70 % des 2 milliards de dollars (1,264 milliard d'euros) d'essence, kérosène et fioul produits par la raffinerie de Baiji, la principale du pays, "disparaissaient" dans la corruption généralisée qui sévit à présent partout en Irak. Bien sûr, une portion de ces détournements, estimée à "au moins 200 millions de dollars par an", participe au financement d'une insurrection, djihadiste et/ou nationaliste, qui trouve aussi des fonds privés à foison en Arabie saoudite, en Iran et dans les Etats du Golfe. Aujourd'hui en récession, l'Amérique surendettée a emprunté l'essentiel des 500 milliards de dollars déjà dépensés dans une guerre qui a, directement et indirectement, causé la mort d'au moins 400 000 Irakiens, selon l'Organisation mondiale de la santé. Elle a aussi déclenché, d'après le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU, la plus "vaste migration humaine" depuis la partition entre l'Inde et le Pakistan en 1947. Environ 4,4 millions d'Irakiens sont aujourd'hui des "déplacés" qui ont fui leurs maisons, 2 millions tentent de survivre dans les pays voisins, avec tous les risques de déstabilisation politique que cela implique.

    Que faire à présent ? Impossible de rester quand toutes les enquêtes d'opinion montrent que les trois quarts des 25 ou 26 millions d'Irakiens n'en peuvent plus de l'occupation. Que les enfants sont souvent les premiers à applaudir lorsque l'insurrection parvient à exploser un de leurs blindés ou à abattre un hélicoptère. Impossible de se retirer quand presque tous les analystes, les stratèges, les journalistes et la quasi-totalité des politiciens irakiens eux-mêmes prédisent qu'en pareille hypothèse un bain de sang est pratiquement assuré et l'extension de la guerre civile aux pays voisins, possible sinon probable.

     

     

    Confrontés à ce dilemme, que disent les successeurs potentiels de George W. Bush ? John McCain, le candidat républicain, estime qu'un retrait militaire complet déclencherait "génocide et chaos dans toute la région". Pour lui, l'Amérique doit être prête à rester en Irak "un siècle s'il le faut". Hillary Clinton annonce un "retrait progressif" qui commencerait dans les soixante jours suivant son élection. Mais, prudente, la candidate démocrate ne se prononce pas sur la date finale de l'opération. Barack Obama est le seul à promettre un retrait complet de "toutes les brigades de combat" dans les seize mois suivant son élection. Mais il ne dit pas ce qu'il adviendrait alors des 100 000 soldats et soldates - au moins - et des 60 000 "contractuels" civils étrangers qui s'occupent, sur le terrain, de logistique, de sécurité et des chantiers, pour l'essentiel en panne, de la reconstruction.

    La guerre a réveillé des haines intercommunautaires entre chiites et sunnites dans tout le Moyen-Orient. Tandis que l'Iran pavoise et s'infiltre dans les structures étatiques de son voisin, "les" guerres d'Irak se succèdent, s'additionnent et s'amplifient. Depuis l'offensive turque du mois de février contre le PKK, le Nord essentiellement kurde est devenu une poudrière qui peut exploser à tout moment. Dans le Sud, les gangs et les milices chiites kidnappent, assassinent et s'affrontent à l'arme lourde pour le contrôle des trafics. Depuis le recrutement par les Américains de 91 000 supplétifs - à 82 % sunnites -, les affrontements intrasunnites et intertribaux se multiplient.

    Le général Petraeus peut bien tancer le gouvernement irakien pour son manque de résolution. Celui-ci, chacun le sait, n'est qu'une addition de fiefs qui ne fonctionne qu'avec la moitié de ses ministres depuis des mois parce que les autres l'ont quitté pour diverses raisons, politiques et/ou sectaires. Après cinq années de tragédie ininterrompue, ce ne sont pas les 6 000 "soldats" d'Al-Qaida - dernière estimation du renseignement militaire américain - qui maintiennent seuls l'Irak dans la guerre. Ce sont les rivières de sang versé qui polarisent toutes les communautés comme jamais. Que les Américains s'en aillent ou qu'ils demeurent, la stabilisation de la vieille Mésopotamie n'est pas pour demain.

  • NOTRE MEMOIRE: le 19 mars 1962

    Le 19 mars 1962, à midi, prend officiellement effet un cessez-le-feu qui met fin à huit ans de guerre en Algérie.

    La veille, à Évian, le gouvernement français a cédé au GPRA (gouvernement provisoire de la république algérienne) ses pouvoirs sur l'Algérie et le Sahara. Les accords ont été signés par le ministre Louis Joxe d'un côté, le vice-président du GPRA Krim Belkacem de l'autre.

    L'indépendance accordée à l'Algérie est la dernière étape de la liquidation de l'Empire colonial français, si l'on met à part quelques îles et la Guyane (les «confettis de l'empire»). En moins de dix ans, de 1954 à 1962, la France s'est séparée de l'Indochine, de l'Afrique noire et de l'Afrique du Nord, colonisées sous la IIIe République

    Cette liquidation s'est faite dans la douleur. A la différence du Royaume-Uni qui s'est volontairement détaché dès le début du XXe siècle de ses colonies d'outre-mer, la République française, meurtrie par sa défaite de 1940 et le sentiment d'un irrésistible déclin, n'a émancipé les siennes que sous l'effet de la contrainte.

    Douloureuse indépendance

     Le 8 avril 1962, un référendum en métropole ratifie la décision du gouvernement du général de Gaulle avec plus de 90% de Oui. Les Algériens, quant à eux, doivent se prononcer pour l'indépendance de leur pays le 1er juillet 1962 et la proclamation officielle de celle-ci est fixée au 3 juillet 1962.

    Les combats et les massacres vont se prolonger jusqu'à cette date avec une violence redoublée. Les principales victimes des derniers massacres seront les pieds-noirs et les harkis.

    Une semaine après le«cessez-le-feu», le 26 mars 1962, des Européens se rendent en cortège vers le quartier de Bab el-Oued pour protester contre son bouclage par l'armée française qui soupçonne la présence d'activistes pieds-noirs.

    Dans la rue d'Isly, un détachement de tirailleurs algériens de l'armée française, sous le commandement d'un jeune lieutenant kabyle, fait face aux manifestants. La nervosité est à son comble. Pendant 12 minutes, c'est le carnage. Les cris «Halte au feu !» n'y font rien. On relève plus de cinquante morts.

    Bouleversés par ce qu'ils considèrent comme une trahison de la France à leur égard, les Algériens de souche européenne, au nombre d'un million, prennent alors la résolution de fuir le pays. La valise ou le cercueil!

    Sans attendre le référendum qui doit avaliser les accords, ils fuient les représailles du FLN (Front de libération nationale) et les attentats de l'OAS (Organisation de l'armée secrète), qui veut obliger l'armée française à rompre le cessez-le-feu. La plupart débarquent en plein été à Marseille et Orly, avec de grosses valises pour seuls biens, au milieu de Français métropolitains qui ont déjà tourné la page et ne se soucient que de leurs prochaines vacances.

    Le 4 juillet, trois jours après le référendum qui ratifie l'indépendance à une écrasante majorité, Ahmed Ben Bella s'installe à Alger en qualité de président de la nouvelle république algérienne... De son côté, avec la fin du fardeau colonial et l'arrivée des pieds-noirs, la France va, de manière quelque peu inattendue, connaître un regain de prospérité et de dynamisme.

    Bilan humain de huit ans de guerre

    De 1954 à 1962, la guerre non déclarée d'Algérie a mobilisé pas moins de deux millions de jeunes Français du contingent, appelés pour deux ans ou parfois davantage. Elle a fait au total 25.000 tués chez les soldats français ainsi que 2.000 morts de la Légion étrangère, un millier de disparus et 1.300 soldats morts des suites de leurs blessures.

    Depuis 30 ans, c'est l'Algérie qui vient chez nous pour manger...

  • Les simagrées d'Angela Merkel

    AFP. La chancelière Angela Merkel s'est adressée mardi 17 mars en hébreu et en allemand au parlement israélien à Jérusalem, une intervention sans précédent pour un chef de gouvernement allemand et un geste hautement symbolique plus de 60 ans après le génocide nazi.
    "Je vous remercie de m'avoir fait l'honneur de pouvoir m'adresser à la Knesset. C'est un grand honneur pour moi", a déclaré en hébreu Mme Merkel aux députés israéliens qui l'ont applaudie chaleureusement.

    Peu avant son discours, les hymnes nationaux des deux pays ont été joués sur le parvis du parlement, et le drapeau allemand hissé.

    Une dizaine de députés, sur les 120 que compte la chambre, n'ont pas assisté à cette intervention historique, certains pour protester contre l'usage de l'allemand dans un pays où est entretenu le souvenir des six millions de juifs tués par les nazis.

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    Le 17 mars 2008 à la Knesset
     

    "Ma protestation concerne la décision de permettre qu'un discours en langue allemande soit entendu à la Knesset. Je sais que les derniers sons entendus par mes grands-parents et mes oncles, que je n'ai pas connus, étaient ceux de la langue allemande", avait déclaré plus tôt le député d'extrême-droite, Arieh Eldad, en référence aux membres de sa famille disparus lors de la Shoah.

    Revenant à sa langue maternelle, la chancelière n'a pas éludé cette sombre page dans l'histoire de son pays.

    "Nous autres, Allemands, la Shoah nous emplit de honte. Je m'incline devant ses victimes, ses survivants et ceux qui les ont aidés à survivre", a-t-elle dit sur un ton grave.

    "Allemands et Israéliens sont et seront toujours liés d'une manière particulière par la mémoire de la Shoah", a-t-elle poursuivi au troisième et dernier jour de sa visite qui s'inscrit dans le cadre des festivités marquant le 60e anniversaire de la création de l'Etat d'Israël.

    "Je vous remercie tous de m'avoir permis de m'adresser à vous dans ma langue maternelle", a souligné cette dirigeante née après la fin de la Seconde guerre mondiale.

    La menace iranienne contre Israël a également figuré en bonne place dans son discours. "Les menaces que font peser les Iraniens sur Israël et le peuple juif sont sans aucun doute une source d'inquiétude. Ce n'est pas au monde qu'il revient de prouver que l'Iran fabrique la bombe atomique mais à l'Iran de convaincre le monde qu'il ne veut pas se doter de l'arme atomique".

    Auparavant, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a salué Mme Merkel pour sa position très ferme sur le dossier nucléaire iranien, évoquant sa récente intervention selon laquelle "toute atteinte à la sécurité d'Israël équivaut à une atteinte à la sécurité de l'Allemagne".

    "Le problème de l'Iran dépasse les frontières d'Israël et constitue une menace pour la paix du Proche-Orient et du reste du monde", a ajouté M. Olmert.

    Le chef de l'opposition israélienne, Benjamin Netanyahu, a lui aussi saisi l'occasion pour réaffirmer à la Knesset que "l'Iran doit savoir qu'il existe une option militaire".

    Concernant le conflit israélo-palestinien, la chancelière allemande a évoqué les tirs de roquettes des groupes armés palestiniens depuis Gaza contre le sud d'Israël. "Je le dis clairement et sans équivoque : les attaques à la roquette du Hamas doivent cesser".

    "L'Allemagne n'abandonnera jamais Israël et demeurera son partenaire et réel ami", a-t-elle affirmé, avant d'adresser ses "voeux les plus chaleureux pour le 60e anniversaire" de l'Etat d'Israël et de conclure par "Shalom".

    Les islamistes du Hamas, au pouvoir à Gaza, ont critiqué les déclarations de Mme Merkel lors de sa visite en Israël, affirmant qu'elles reflétaient "la décadence morale dans laquelle cette chancelière est tombée en apportant un soutien sans faille à une entité sioniste usurpatrice qui commet des massacres contre les enfants, les vieillards et les femmes du peuple palestinien".

    Angela Merkel n'a rien à dire contre le Camp de Gaza... Les Palestiniens seraient-ils pour elle des sous-hommes? On n'ose le croire d'une bonne chrétienne.

    Démocrate-Chrétienne (CDU), Angela Merkel, née à Hambourg le 17 juillet 1954, est la fille d'un pasteur, Horst Kasner et d'une institutrice, Herlind Kasner.