Tout est parti d’une lettre anonyme, envoyée à l’Association de défense des droits des militaires et diffusée sur son site internet, mardi. "Madame, Monsieur, nous vous écrivons ce jour pour vous informer des conditions de travail déplorables au sein de la Garde Républicaine travaillant à l’Elysée […]"
"Nous rencontrons quatre cas de gale dans les rangs depuis un mois et demi" indique le courrier anonyme. Le quotidien 20 Minutes, qui révèle l’information dans son édition de mardi, évoque le signalement de "trois suspicions de cas de gales sur trois sous-officiers durant la période estivale", citant le service de presse de l’Elysée.
En cause ? La vétusté des locaux dans lesquels travaillent et dorment 35 sous-officiers et officiers de la Garde Républicaine. Pêle-mêle sont évoqués des "lits armoires" dans lesquels dorment les gendarmes et "qui ne s’aèrent jamais", "des murs de plâtre qui tombent en lambeaux", "des chaises récupérées dans les ordures de l’Elysée", "une literie qui n’est quasiment jamais changée" et "des gardes qui investissent dans des draps jetables pour s’en protéger". La lettre parle également d’ "un local de vie prévu pour dix personnes maximum" où s’entasseraient 16 gendarmes."
Europe 1 - 13 octobre 2009
L’intégralité de la lettre:
Madame, Monsieur,
Nous vous écrivons ce jour pour vous informer des conditions de travail déplorables au sein de la
Garde Républicaine travaillant à l’Elysée.
Nous rencontrons 4 cas de GALE dans les rangs depuis 1 mois et demi.
Ceci est due à la vétusté des locaux de vie dans lesquels les gardes travaillent 24h/24 et 365 jours par an.
Ainsi, chaque jour 35 sous-officiers et officiers de la Gendarmerie risque leur santé en vivant dans des locaux non-désaffectés et en espérant ne pas ramener la maladie chez eux auprès de leurs familles.
L’entretiens des locaux de vie est assuré par les gendarmes eux même et ceci avec un manque de moyens scandaleux : balais aux poils usés jusqu’au bois, manches cassés, serpillères hors d’age…
La literie n’est quasiment jamais changée et les gardes investissent dans des draps jetables pour s’en protéger.
Nous sommes tous des officiers et sous-officiers ayant reçu une longue formation militaire, nous sommes des professionnels de la sécurité de l’état et pourtant nous n’avons aucune considération !
Les murs de plâtre tombent en lambeaux, les chaises que les gardes ont récupérés aux ordures de l’Elysée n’ont plus d’assise, de mousse, etc…
Chaque jour nous devons accomplir nos missions avec des moyens dérisoires, du matériel obsolète, hors d’usage et ceci avec la peur de la sanction et aucune reconnaissance.
Dans certains postes les gendarmes dorment dans des « lits-armoire » qui ne s’aérent jamais.
Depuis peu, un poste a été détruit pour réfection des bureaux du dessus. De ce fait, 16 gendarmes s’entassent dans un local de vie prévu pour 10 personnes maximum.
Imaginez si cela avait été des policiers…
A l’heure où des fusillades éclatent à Saint-Ouen, où les femmes se font agressées dans le Métro, les familles pleurent à la télévision en demandant plus de sécurité, trouvez-vous normal que des centaines de gendarmes servent à surveiller un parc privé, à filtrer des entrées dans des restaurants officiels ou à amuser la galerie devant la porte principale du palais ?
Pourquoi la Garde n’est-elle pas sur le terrain ?
3 compagnies de gardes comptant chacune plus de 100 gendarmes professionnels et motivés, qui finalement ne sont jamais employé à la sécurité publique et ce à quelques kilomètres de Paris !
Pour une fois la grande muette s’exprime et décrit son malaise, faites en part à vos lecteurs s’il vous plait.
Vous comprendrez sans mal notre nécessité d’anonymat.





