Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • L'ENFANT

    Les Turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
    Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil,
    Chio, qu'ombrageaient les charmilles,
    Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
    Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois
    Un choeur dansant de jeunes filles.

    Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
    Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
    Courbait sa tête humiliée ;
    Il avait pour asile, il avait pour appui
    Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
    Dans le grand ravage oubliée.

    Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
    Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
    Comme le ciel et comme l'onde,
    Pour que dans leur azur, de larmes orageux,
    Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
    Pour relever ta tête blonde,

    Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
    Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
    En boucles sur ta blanche épaule
    Ces cheveux, qui du fer n'ont pas subi l'affront,
    Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
    Comme les feuilles sur le saule ?

    Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
    Est-ce d'avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
    Qui d'Iran borde le puits sombre ?
    Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
    Qu'un cheval au galop met, toujours en courant,
    Cent ans à sortir de son ombre ?

    Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
    Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
    Plus éclatant que les cymbales ?
    Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ?
    - Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus,
    Je veux de la poudre et des balles.

    VICTOR HUGO (1802-1885)

    Les Orientales (1829)

  • La tante d'Obama pourrait être expulsée des Etats-Unis

    Tante d'Obama.jpg
    Zeituni Onyango chez elle à Boston
    (Cliquez sur la photo)

    Quelle que soit la décision du juge, le sort de cette immigrée illégale embarrasse le président.

    Depuis plus d'un an que Barack Obama est au pouvoir, les vicissitudes de la vie politique ont presque fait oublier aux Américains la couleur de peau de leur président. Mais le cas de Zeituni Onyango vient rappeler avec force le destin original de cet homme né de père kényan et de mère américaine. Tandis que, depuis le Bureau ovale, le descendant du peuple Luo préside aux affaires de l'Amérique et de la planète, sa tante, immigrée illégale depuis 2004, fait tout pour résister à l'expulsion vers son pays d'origine, le Kenya.

    Un juge du tribunal fédéral de Boston décidera peut-être aujourd'hui si la demi-sœur du père défunt de Barack ­Obama peut ou non rester aux États-Unis. Zeituni Onyango, 57 ans, est arrivée légalement aux États-Unis en 2000, mais sa demande d'asile politique pour cause de violences au Kenya a été rejetée en 2004. En avril 2009, elle a fait appel de la procédure d'expulsion. Aujourd'hui, les experts estiment que sa relation familiale avec le président pourrait servir d'argument à ses avocats pour justifier sa demande de régularisation. Le Kenya a connu de violentes émeutes en 2008 après la victoire d'un Kikuyu, Mwai Kibaki, contre son rival luo à l'élection présidentielle. En tant que proche de Barack Obama, elle pourrait être la cible de menaces, pourront faire valoir ses avocats. «Elle est la tante du président des États-Unis, l'homme le plus connu au monde», souligne le porte-parole du cabinet d'avocats qui la défend, Mike Rogers. Comme le veut la loi américaine, en tant qu'immigrée illégale, elle a droit aux services gratuits d'avocats.

     

    Un geste de favoritisme

     

    Lorsque l'affaire a éclaté au grand jour, à la veille de l'élection de novembre 2008, l'entourage du futur président avait affirmé qu'il ignorait la situation irrégulière de sa tante, laquelle vivait aux frais des contribuables dans une HLM de Boston. Barack Obama la connaissait pourtant bien. Elle avait été invitée en 2005 à sa cérémonie d'intronisation au Sénat et il parle avec chaleur de «tante Zeituni» dans son livre Les Rêves de mon père.

    Pour calmer les critiques en novembre 2008, Barack Obama avait aussi appelé au respect des règles d'immigration en vigueur. Aujourd'hui, une décision de justice en faveur de Zeituni Onyango, perçue comme un geste de favoritisme, serait pain bénit pour l'opposition farouchement opposée au projet de réforme sur l'immigration du président. Mais une décision d'expulsion pourrait renforcer son image d'homme froid et, surtout, redonnerait du grain à moudre aux déçus de sa politique d'immigration. Pendant la campagne, Barack Obama avait promis pour 2009 une loi de régularisation progressive de quelque 12 millions d'immigrés illégaux aux États-Unis, une promesse qu'il n'a pas tenue.

    Les avocats des deux parties affirment qu'il n'y a aucune tentative d'immixtion de la Maison-Blanche dans cette affaire. Le cas Onyango est néanmoins traité avec une attention particulière. On lui a accordé une audience à huis clos, pour éviter tout «cirque médiatique».

    Le Figaro - 04.02.10

  • Il égorge sa femme comme un mouton

    Un homme de 41 ans s'est rendu de lui-même à la police cet après-midi, quelques minutes après avoir égorgé sa compagne, une femme de 36 ans, à leur domicile de Montgeron (Essonne), a-t-on appris de sources policière et judiciaire.

    D'après les premiers éléments de l'enquête, l'homme aurait égorgé sa concubine avec un grand couteau vers 16h30 dans la cuisine de leur appartement, sous les yeux de leur fils âgé de 12 ans. L'autre enfant du couple, une fillette de 4 ans, n'aurait pas assisté à la scène, a précisé une source policière. Les deux enfants ont été confiés à leur famille, a indiqué une source judiciaire.

    Le meurtrier présumé a appelé les secours juste après son acte, avant de se rendre au commissariat de Montgeron, toujours de source judiciaire. Le couple n'était pas en instance de séparation, a-t-on appris de sources concordantes. Selon les enquêteurs, il n'y a pas eu lutte et le meurtre aurait été rapide. Un seul coup a été porté à la gorge de la victime.

    L'homme se trouvait en garde à vue dimanche soir au commissariat de Montgeron où il devait être auditionné. On ignore s'il était connu de la justice.

    Le Figaro - 21.02.10

    Méthode halal?

  • Algérie française: la Mémoire

    AFFICHE-26-MARS-5-JUIL-MEFRET.jpg
    (Cliquez sur l'affiche pour l'agrandir)

    Plan d’accès :

    http://www.casinoaix.com/fr/Acces.html

    21, Avenue de l’Europe – CS50842
    13626 AIX EN PROVENCE
    Tél : 04 42 59 69 00
    Fax : 04 42 59 69 02

    NPI - 21.02.10
  • Le coup de pied de l'âne à un mort...

    En visite en Jordanie, François Fillon s'est refusé dimanche à tout commentaire sur la polémique relative au suicide de Jean-Pierre Treiber, estimant qu'il n'était pas "si fameux" pour qu'on en parle à l'étranger. "J'y répondrai sur le sol national, je ne pense pas que Monsieur Treiber soit si fameux qu'il faille l'évoquer ici en Jordanie", a-t-il répondu aux journalistes au cours d'un point de presse ponctuant sa visite d'une journée en Jordanie.

    Le veille, le chef du gouvernement avait dejà été interrogé par la presse juste après l'annonce du suicide de Treiber dans sa cellule de Fleury-Mérogis. "Je n'ai pas d'éléments pour dire quelles sont les responsabilités dans ce suicide, je répondrais quand j'aurais plus d'éléments pour le faire", avait-il répondu lors d'une conférence de presse à Damas.

    TF1 News - 21.02.10

    Ndb: Qu'il ne parle pas du suicide de Jean-Pierre Treiber à l'étranger est bien normal, mais il aurait pu éviter le "pas si fameux" qui est en soi un jugement.

  • Cécile Duflot est pour le halal et le casher: elle ne veut pas de relents nauséabonds

    Cécile Duflot.jpg
    Hmaburger halal.jpg
    Hamburger halal
    La secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, a jugé dimanche que la polémique concernant les restaurants Quick exclusivement halal était le signe de "relents islamophobes".
     "Personne n'est choqué qu'il y ait des Franprix casher, moi non plus, et on peut très bien choisir d'aller faire ses courses là ou d'aller faire ses courses ailleurs", a déclaré sur Radio J la tête de liste d'Europe Écologie pour les régionales en Île-de-France. "Franchement, c'est la liberté du commerce. Il est où le problème ? Le problème, il est dans le discours tel qu'il s'est instillé depuis quelques mois, sinon quelques années, en France, qui est de systématiquement stigmatiser ce qui a partie liée soit avec la religion musulmane, soit avec une partie de l'histoire de l'immigration en France", a-t-elle ajouté.
    TF1 News - 21.02.10

  • Chaque jour en province, deux cafés mettent la clé sous la porte

    On l’aime pour son patron, ses tabourets brinquebalant, son jambon-beurre à toute heure, ses œufs durs sur le zinc, les blagues de ses piliers de comptoir, son baby-foot. Mais pour combien de temps encore ? Car le bistrot, le troquet, le rade, bref le café du coin est en voie de disparition, à la campagne comme dans certains quartiers des grandes villes.

     Dans les années 1960, on en comptait 200 000. Il en reste 35 000, à peine un par commune en moyenne. L’an dernier, en Ile-de- , 2 000 d’entre eux ont mis la clé sous la porte. Chaque jour, en province, deux baissent le rideau. La faute, pêle-mêle, à l’exode rural, aux tarifs des « conso » qui ont grimpé en flèche, aux loyers qui ont flambé dans les métropoles, aux campagnes de prévention sur l’alcoolisme ou à l’interdiction de fumer. De plus en plus de villages et d’associations de quartier se mobilisent pour que ces parloirs ouverts à tous, où l’on boit un coup en refaisant le monde, survivent à la .
    Dans les Yvelines, les habitants d’un village font un appel aux dons sur pour sauver leur bistrot de la banqueroute.

    Bernard Quartier, président de l’Institut de développement des cafés brasseries, a des solutions pour inverser la tendance. « Les cafés doivent évoluer, devenir des espaces d’événements. En faisant, par exemple, le café à 1 € le matin ou en diffusant un match de foot. »

    Le parisien - 18.02.10
  • La mort des petits bistrots français

    Bistot français.jpg
    Yves dans son café à La Sauve-Majeure (Gironde)
    (Cliquez sur la photo pour la voir en totalité)

    Dans ce village de l’Entre-deux- Mers, il est aussi connu que l’abbaye du XIe siècle classée au Patrimoine mondial de l’Unesco. Yves, solide gaillard de 80 ans, est le patron du café de La Sauve-Majeure (Gironde), commune de 1 400 âmes à 30 km de Bordeaux. Près d’un demi-siècle qu’il sert du bon café, des diabolos fraise, du Picon ou des « ballons ».

    Chez lui, le comptoir et les tables sont en formica et le digestif est parfois offert. « Je suis à la retraite depuis quelques années mais je continue d’être là. J’attends que ma femme, qui tient l’épicerie d’à côté, prenne la sienne pour arrêter. Je lui laisse ce pouvoir ! En fait, on voudrait vendre, mais ce n’est pas facile », confie ce sympathique « bistrotier de campagne » qui pense que « le travail, c’est la ».
    Son commerce « vivote ». «Quelques cafés le matin et c’est terminé, ça bat de l’aile », résume Gigi, la femme d’Yves. Malgré une très faible affluence, le troquet, créé il y a environ cent cinquante ans, reste ouvert 7 jours sur 7 « sauf entre le dimanche après-midi et le dimanche soir ».
    Son meilleur souvenir ? « C’était quand j’ai acheté mon affaire en 1967. A l’époque, le café prospérait. On gagnait un peu d’argent. J’avais beaucoup de clients qui s’arrêtaient le matin avant l’embauche, avant le turbin. Mais aujourd’hui, Monsieur, les usines ont fermé ! » Il regrette le temps où il avait « 4 ou 5 flippers » et « des machines où les enfants mettaient 20 centimes et pouvaient gagner un chewing-gum ou des perles ». «Aune époque j’avais également un juke-box mais j’ai dû m’en séparer, ça nous coûtait trop cher en droits à reverser à la Sacem. »
    Depuis « dix à quinze ans », sa caisse fait moins de tintouin. « Les clients sont toujours les mêmes mais ils n’ont plus d’argent. Il y a aussi eu le passage à l’euro. Ça, ça a tué tout le monde. Sans faire de politique, je peux vous dire qu’on va sur une grosse
    ! »
    Yves continue de bichonner ses derniers clients. Il les aime parce qu’ils disent « toujours la vérité, toujours ce qu’ils pensent ». Mais l’ambiance n’est plus aussi chaleureuse qu’autrefois. « On est en train de perdre notre pauvre France…» 
    Le Parisien - 18.02.10 
  • Quick halal: reportage édifiant à Roubaix

    halal QUICK Roubaix.jpg
    (Cliquez sur la photo pour l'agrandir)

    On ne parle plus que de Roubaix, ou presque. Depuis que son maire socialiste René Vandierendonck a porté plainte contre Quick pour ne servir que des hamburgers halal, la polémique ne cesse d'enfler. Reportage dans le fast food le plus connu du pays.

      Des camarades soudain divisés par un sandwich et renvoyés à leur identité. Normalement, ce jeudi soir, les militants et sympathisants du PS de Roubaix devraient tranquillement débattre des régionales, pratiquement gagnées pour leur camp… Mais dans ce café en périphérie, ce jeudi soir, ils ne parlent que de ça: les hamburgers "halal" du fast-food Quick de leur ville, faits de boeuf conforme aux traditions musulmanes, garantis sans bacon. Et garantis 100% discorde pour les socialistes locaux, dans cette ville de 100.000 habitants où la communauté musulmane est nombreuse, depuis que le maire PS, René Vandierendonck, a déposé une plainte pour "discrimination"… D’un côté de la table, Isabelle et Dora prônent "le choix et la diversité", reprennent les arguments du maire: "Dans un pays laïque comme la France, on ne peut pas vivre à travers la religion, s’emportent les deux quadras. Et on est bien obligé de prendre position, on ne peut pas laisser le débat au FN."

    "C’est difficile, le vivre ensemble"

    En face, Rachid et Mohammed, pour qui c’est le cri du coeur: ils en ont "marre des polémiques nauséabondes", marre de la "stigmatisation des musulmans", marre des "ghettos". Ils ont "mal à leur identité maghrébine". La discussion se poursuit dans la rue. "C’est difficile, le vivre ensemble", souffle Dora. On se sépare en fumant une dernière cigarette sur le trottoir. On s’embrasse. Mais on ne s’est pas compris. Un sandwich scandaleux ou un maire trop sourcilleux? René Vandierendonck, candidat aux régionales, ancien professeur de droit des libertés publiques, revendique son offensive. Vendredi, le parquet de Lille a ouvert une enquête préliminaire. L’édile reçoit dans son bureau, où trône un gigantesque buste de Marianne. Il martèle son refus de voir sa ville "stigmatisée" par l’"offre discriminante" de l’unique grande chaîne de Roubaix, l’autre fast-food le plus proche se situant à 2 kilomètres, sur la commune de Tourcoing. Il combat "pour maintenir le choix, pour l’égalité des droits". "Les musulmans doivent prendre toute leur place dans la société, mais la loi de la République est la même pour tous, répète-t-il à l’infini. C’est comme ça qu’on fera avancer un islam de France."

    "Regardez, ça n’empêche pas les Gaulois de venir"

    Soraya, elle, a justement l’impression qu’elle "avance", qu’elle se sent "plus intégrée", qu’elle a "enfin sa place". Et c’est "grâce à Quick". Nous sommes mercredi soir, 20 heures, au Quick, un grand bâtiment de brique ocre, coincé entre des barres HLM et un centre commercial. Cette jeune femme de 35 ans, chargée de mission emploi à Tourcoing, mange pour la première fois un Giant, le hamburger phare de la chaîne. Elle "peut" parce qu’il est halal. "On en avait déjà goûté un en 2005, mais à Marrakech", explique Abdel, son mari. "On en avait marre de se limiter au Fish, poursuit Soraya. Pourquoi nos enfants ne pourraient pas bénéficier des menus des grandes chaînes, comme leurs copains? Et regardez, ça n’empêche pas les Gaulois de venir." Elle tourne la tête, observe une mère de famille occupée à rabrouer ses deux têtes blondes. On l’interroge; elle hausse les épaules, reconnaît "ne pas sentir de différence de goût".

    "Dans beaucoup de lieux, on ne fait rien pour nous, on nous exclut, conclut Soraya en débarrassant son plateau. Les musulmans d’aujourd’hui, ce sont les juifs des années 1920." La jolie brune, regard doux et tenue apprêtée, avoue qu’elle ne serait pas venue si l’enseigne avait proposé "du halal et du non-halal". Elle aurait eu "un doute sur la cuisson", un doute que les frites "soient mélangées avec de l’huile de porc". Que reste sur les plaques "le gras d’une viande non halal". Que son hamburger soit simplement "impur". "Impur." Les militants du Front national prononcent ce mot comme s’il leur brûlait les lèvres. Jeudi après-midi, à quelques centaines de mètres du fast-food, une dizaine d’entre eux distribuent des tracts, fraîchement imprimés dans la matinée. Sous un logo baptisé "Mon Q", sont repris les arguments de Marine Le Pen, leur patronne, qui a lancé la polémique. Un militant lève les yeux vers le clocher de l’église. "Bientôt, ce sera un minaret. Et le vendredi va devenir un jour férié." Le groupe hoche la tête, regrette en choeur que le prénom le plus donné en France soit "Mohammed".

    "On parle de nous jusqu’à Miami, c’est la folie…"

    Tête de liste du FN dans le Nord, Eric Dillies se plaît à citer le slogan d’une affiche placardée dans son bureau: "Dans vingt ans, la France sera une république islamique." "On y est presque. Il y a une avancée permanente des règles de l’islam dans notre société. On est en train de désintégrer notre pays!" Le groupe se sépare en deux. Il bruine. Un militant prévient: "Attention, n’allez pas dans les quartiers, sinon, on va encore se faire traiter de fils de pute…" Retour au Quick, jeudi soir. Sofiane et Afnane, 15 et 17 ans, viennent justement des "quartiers", en l’occurrence celui du Pile, à l’est de la ville. Ils "squattent" dans un coin de la salle, comme souvent depuis la fin du mois de novembre. "Pour attendre les potes."

    Regard frondeur, enveloppée dans son foulard léopard, Afnane explique qu’avant, elle allait "au KFC, à côté". "Mais on n’était pas sûr de la viande, et tout. Il y a aussi le Flashburger en face. C’est halal, mais c’est nul. Alors quand des Textos ont circulé pour dire que le Quick passait halal, on est venu ici." "C’est devenu the place to be pour afficher qu’on est musulman, observe une militante PS. Les filles viennent là pour draguer, trouver un mari." Succès garanti. "Après le ramadan et l’Aïd, ils ont cartonné!", s’amuse Ali Rahni, militant associatif et encarté Verts, proche de Tariq Ramadan. Mais à quel prix?

    Pascal Nys, gérant du fast-food et adjoint UMP à la mairie de Hem, s’écroule sur une table, abattu, exténué. Il engloutit un sandwich. Nous sommes vendredi, il est 13 heures. Sa folle semaine s’achève. "On parle de nous jusqu’à Miami, c’est la folieCe restaurant était en perte de vitesse, on a retrouvé une santé qui nous faisait défaut. Où est le mal? Les produits et les fournisseurs sont restés les mêmes." Il met son chapeau avant de se rendre "à la mairie" pour un dernier rendez-vous. "Courage!", lance un client. Pour clore la polémique, René Vandierendonck pourrait proposer un nouveau local afin d’ouvrir un second Quick, de l’autre côté du centre commercial. Un Quick cette fois-ci non halal. A chacun son fast-food.

    Le JDD - 21.02.10

  • Fadela Amara: "qu'ils mangent du poisson!"

    fadela_amara_reference.jpg

    Elle est politiquement laïque et en même temps musulmane et croyante, en toute transparence. Au moment où les hamburgers halal du Quick de Roubaix, contestés par le maire PS René Vandierendonck, provoquent un nouveau débat autour de l’islam, Fadela Amara, la fondatrice de Ni putes ni soumises, plaide pour la mesure et la diversité.

    "Aux dernières nouvelles, Quick n’est pas un service public. Et le directeur de cette chaîne de fast-food ne s’est pas réveillé un matin en se disant qu’il allait islamiser la France. Nous parlons bien ici d’une entreprise privée, qui veut occuper un marché pour faire du business. Je trouve la réaction du maire de Roubaix exagérée et dangereuse. Il n’y a rien de discriminant dans cette histoire: les consommateurs ont le choix de leur menu et peuvent très bien prendre du poisson. Quand je suis arrivée à Saint-Denis, en 1991, en provenance de Clermont-Ferrand, et que j’ai vu des magasins halal, j’ai trouvé cela très bien. Le dimanche, je vais à la boucherie halal avenue d’Italie, dans le 13e arrondissement de Paris, près de chez moi. Mais quand je déjeune au restaurant, si j’ai envie de poulet, je choisis du poulet sur la carte, même s’il n’est pas halal. Je m’adapte, comme beaucoup de musulmans.

    Le peuple "d’en bas", comme on dit, a accepté depuis longtemps que les musulmans aient le droit d’avoir des lieux de culte, des carrés spécifiques dans les cimetières. C’est cela, la laïcité, respecter les pratiques des uns et des autres. Dans cette affaire de fast-food, on mélange, à tort, communautarisme et diversité. Le communautarisme, c’est autre chose. Le voile intégral, par exemple. Ça, c’est un véritable scandale. Qu’est-ce que cela signifie à part la fin de la mixité? On ne peut plus embrasser un autre homme que son mari ni même lui serrer la main, on ne peut plus vivre dans le même espace que les hommes… On entre dans une démarche de mort sociale. Les produits halal, eux, ne mettent en danger la vie de personne.

    La véritable question que pose cette polémique, c’est la non-acceptation par ses élites de la diversité de ce pays. Il faut les bousculer pour faire de la diversité un atout pour la France. Ce que l’ensemble de nos concitoyens n’acceptent pas, c’est la violence, notamment celle envers les femmes. Ce qui m’inquiète dans cette polémique, c’est qu’elle crée la confusion. Cette manœuvre est là pour nous empêcher d’aller jusqu’au bout dans le débat sur l’interdiction de la burqa qui reste pour moi le véritable sujet."

    Le JDD - 21.02.10

  • Netanyahu a donné le feu vert au MOssad

    B N Israel.jpg

    Le chef de la police de Dubaï, Dhahi Khalfan, a indiqué dimanche que le commando qui a tué un cadre du mouvement palestinien Hamas, le 19 janvier, dans un hôtel de Dubaï, avait utilisé des passeports «diplomatiques».

    Interrogé dans le quotidien Al-Bayane, organe du local, le policier dubaïote s'est dit «certain à 99%, sinon à 100% que le Mossad est derrière l'assassinat».

     

    La police de Dubaï avait déjà fait savoir que les membres du commando s'étaient partagé six passeports britanniques, trois passeports irlandais, un passeport français et un passeport allemand.

    Dhahi Khalfan a précisé dans Emarat Al-Youm, un autre quotidien local, que «la coopération avec la Grande-Bretagne, la , l'Irlande et l'Allemagne va bon train». «Nos preuves sont multiples» et «les questions soulevées par la police de Dubaï ne peuvent pas être ignorées par les pays concernés». «Ce n'est plus une affaire locale, mais c'est une affaire de sécurité qui touche des pays européens», a-t-il commenté dans le quotidien Al-Ittihad, organe du gouvernement de l'émirat voisin d'Abou Dhabi.

    Le feu vert de Netanyahu

    Le chef de la police de Dubaï a d'autre part qualifié de «mensonges» des informations de la presse israélienne selon lesquelles le commando avait effectué durant les trois derniers mois deux séjours à Dubaï, préalablement au meurtre. Il a conseillé au mouvement Hamas de mener «une enquête interne pour dévoiler la personne à l'origine des fuites sur les déplacements précis de Mabhouh au commando qui l'a assassiné». L'auteur des fuites est le «vrai» responsable du meurtre, a-t-il ajouté dans Al-Ittihad.

    Dubaï détient deux suspects palestiniens. «De forts soupçons» pèsent sur l'un des deux hommes qui a «rencontré un membre du commando» avant le crime alors que l'autre a été arrêté en raison de ses liens avec le premier.

    La presse israélienne a laissé entendre que le Mossad était bien responsable de l'élimination du leader islamiste palestinien. Une hypothèse confirmée par les révélations publiées dimanche par The Sunday Times. Citant des sources proches du Mossad, le journal britannique rapporte que le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, dont dépendent les opérations du service de renseignement, a rencontré les membres du commando, au quartier-général du Mossad à Tel-Aviv, avant leur départ pour Dubaï. Il a été accueilli début janvier par le chef des services israéliens, Meir Dagan, et informé des projets d'assassinat du responsable du Hamas, indique l'hebdomadaire britannique. Le Premier ministre israélien a alors donné son feu vert à la mission, «qui n'était pas considérée comme trop compliquée ou risquée», ajoute le journal.

    Le Parisien - 21.02.0

  • VIDEO Une veuve marocaine en voie d'expulsion - l'arbre qui cache la forêt

    http://www.dailymotion.com/video/xcaucd_une-veuve-marocaine-menacée-d-expul_news

  • Airbus condamné pour discrimation

    La chambre sociale de la cour d'appel de Toulouse a condamné hier l'avionneur européen Airbus pour "discrimination à l'embauche en raison de l'origine", a-t-on appris aujourd'hui de source syndicale.

    Froul Louzai, intérimaire durant 36 mois sur le site de l'usine Saint-Eloi d'Airbus France à Toulouse, avait saisi en juillet 2006 la Haute autorité de la lutte contre les discriminations (HALDE) avant de déposer en novembre 2007 une demande aux Prud'hommes contre Airbus France pour "discrimination raciale à l'embauche". Il estimait ne pas avoir été embauché par l'avionneur européen en raison de son patronyme alors qu'il était de nationalité française.

    Froul Louzai avait effectué deux contrats de mission à Airbus France entre 2000 et 2001 et deux autres entre janvier 2005 et septembre 2006 en tant qu'opérateur régleur sur commandes numériques. Alors qu'il avait postulé sur un poste, deux autres personnes, moins expérimentées, avaient été embauchés en CDI à la place de Froul Louzai.

    La Halde satisfaite

    Pour Jean-Marc Denjean, avocat de la Halde qui soutenait l'intérimaire, "cette décision de justice est très importante car les employeurs sont généralement condamnés pour discrimination au sein de l'entreprise mais rarement pour une question d'embauche. Il existe bien une absence de transparence dans les procédures de recrutement d'Airbus France".

    Airbus devra verser 10.000 euros de dommages et intérêts à Froul Louzai, ainsi que 1.500 euros respectivement à la Fédération CGT de la métallurgie et au syndicat CGT-Airbus qui ont soutenu le discriminé tout au long de la procédure.

    Le Figaro - 20.02.10