Le père Hugues Madesclaire exerçait son ministère au sein de la paroisse Sainte-Marguerite (9e arrondissement), dans le sud de la ville. Il a été retrouvé avec une plaie importante à la gorge dans sa chambre du presbytère qui jouxte l'église, située au bout d'une petite rue bordée de maisonnettes dans ce quartier relativement résidentiel.
Selon des témoignages de paroissiens, il était attendu mardi à 19H00 par un groupe de lecture biblique. S'inquiétant de ne pas le voir, des prêtres ont appelé les pompiers qui ont découvert le corps et prévenu la police.
"Je le connaissais, il s'occupait de mes enfants, c'était quelqu'un d'adorable", témoignait mercredi une habitante d'une des maisons proches de l'église.
"Dans le quartier, tout le monde est sous le choc. Ce qu'on peut dire, c'est que derrière tout ça, il y a sans doute beaucoup de souffrance. Après, connaître les raisons du geste, c'est difficile", a-t-elle ajouté.
"Il y a deux options possibles: soit le suicide, soit un homicide maquillé, mais ce n'est pas l'hypothèse la plus probable", a déclaré mercredi le procureur de la République Jacques Dallest, qui s'était rendu sur place la veille, comme l'archevêque de Marseille Georges Pontier et le sénateur-maire UMP Jean-Claude Gaudin.
Un mot a été retrouvé sur un morceau de papier, près du corps. Selon M. Dallest, on pouvait y lire: "Merci à vous tous et que personne ne m'en veuille. Hugues. PS: Je regrette tout ce que je n'ai pas fait pour vous".
Une autopsie, dont les résultats étaient attendus mercredi en fin de journée, pourrait permettre d'en savoir plus notamment sur la nature de la blessure.
"Ce qui est le plus troublant, c'est la plaie mortelle, béante d'une oreille à l'autre, très impressionnante, dont on a du mal à imaginer qu'on ait pu se la faire soi-même", a affirmé M. Dallest.
Le prêtre portait également deux entailles au poignet gauche. Un gros couteau de cuisine, appartenant à la victime, a été retrouvé dans le lavabo, à deux mètres du corps.
Aucun vol n'a été constaté sur place, ni aucune trace d'effraction ou de lutte.
Selon deux paroissiennes, le père Madesclaire avait assuré ses sermons durant le week-end, et semblait "en pleine forme". Ces deux femmes, qui n'ont pas souhaité être identifiées, l'avaient trouvé "chaleureux et souriant comme à son habitude".
L'archevêque de Marseille a appelé mercredi à "une sage réserve".
"Il ne m'appartient pas de qualifier les circonstances de ce drame", relève Mgr Pontier dans un communiqué. "Devant de tels événements, la tentation est grande de vouloir tout savoir, tout expliquer. Je souhaite que l'on se tienne dans une sage réserve et qu'on respecte sa personne".
Selon lui, "le père Hugues Madesclaire vivait son ministère avec zèle et beaucoup de persévérance." "Ma pensée va vers sa maman, sa soeur et sa famille. Je les assure de notre amitié et de notre prière", a-t-il ajouté.
Le religieux, né à Paris, avait fait son séminaire dans le Vaucluse et avait été ordonné prêtre en 2005 à Marseille. Il appartenait auparavant à l'Eglise luthérienne.