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  • Jonas? - Une baleine perdue au large d'Israël perturbe les scientifiques

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    La baleine grise près de la côte israélienne
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    Jonas recraché par la baleine - Enluminure allemande du  Moyen Age
    (Cliquez sur les images pour les voir en totalité)

    JERUSALEM — L'apparition d'une baleine grise au large d'Israël n'en finit pas d'étonner les scientifiques, l'imposant mammifère n'ayant pas été aperçu hors de l'Océan pacifique depuis quelques siècles.

    La baleine, repérée pour la première fois samedi en Méditerranée au large d'Herzliya (centre), a probablement parcouru des milliers de kilomètres en provenance du Pacifique Nord après s'être perdue en cherchant de la nourriture.

    "C'est un événement incroyable, présenté comme l'un des plus importants repérages de baleine jamais réalisé", commente le Dr Aviad Scheinin, président du Centre de recherche et d'assistance pour les mammifères marins d'Israël.

    "Ce qui a stupéfié la communauté des chercheurs toute entière, c'est qu'il n'y a pas eu de baleine grise dans l'Atlantique depuis le XVIIIe siècle", dit M. Scheinin. Les baleines grises vivent actuellement dans les secteurs occidental et oriental du Pacifique Nord.

    La baleine, un mâle mûr mesurant environ 12 mètres et pesant une vingtaine de tonnes, a vraisemblablement gagné l'Atlantique via le Passage du Nord-Ouest, un passage maritime reliant le Pacifique à l'Atlantique en passant entre les îles arctiques du grand Nord canadien, normalement recouvert de glace, avant de terminer en Méditerranée.

    "On a un animal censé vivre dans le Pacifique et comme la glace de l'Arctique est en train de fondre, il a réussi à emprunter ce corridor près du détroit de Bering", a ajouté le Dr Scheinin.

    Normalement, les baleines grises quittent le nord-est du Pacifique pour le Sud aux alentours d'octobre, à la recherche des eaux plus chaudes du Golfe de Californie, soit un aller-retour d'au moins 5.000 km.

    A l'automne, la baleine "perdue" a pris la route du Sud dans l'intention de "tourner à gauche" dans la baie de Californie. Au lieu de quoi, elle s'est retrouvée dans l'Atlantique et a "tourné à gauche" à Gibraltar pour finir en Méditerranée, selon le Dr Scheinin.

    "La question est désormais la suivante: allons nous assister à une recolonisation de l'Atlantique?", se demande-t-il.

    En attendant, la baleine semble se trouver bien là. "Elle est plutôt maigre, ce qui tend à montrer que le voyage fut difficile mais nous pensons qu'elle peut survivre ici", dit-il.

    AFP. 11 mai 2010

  • Le Pape parle à Fatima de l'avortement et du mariage homosexuel

    Le pape Benoît XVI a affirmé aujourd'hui que l'avortement et le mariage homosexuel étaient parmi les "défis les plus insidieux et les plus dangereux" d'aujourd'hui, dans un discours à Fatima, au Portugal, pays qui s'apprête à autoriser le mariage gay.

    "Les initiatives qui ont pour but de sauvegarder les valeurs essentielles et premières de la vie, dès sa conception, et de la famille, fondée sur le mariage indissoluble entre un homme et une femme, aident à répondre à certains des défis les plus insidieux et les plus dangereux qui, aujourd'hui, s'opposent au bien commun", a déclaré le pape.
    Benoît XVI s'exprimait devant les représentants des principales organisations sociales, catholiques ou non, du Portugal, qui, debout, l'ont ovationné.

    Après avoir légalisé en 2007 l'avortement après un référendum, le Portugal, pays de forte tradition catholique, s'apprête à autoriser le mariage homosexuel sans toutefois permettre aux couples mariés de même sexe d'adopter.

    Votée en février dernier par la majorité de gauche du parlement, la loi sur le mariage gay doit être promulguée par le chef de l'Etat avant le 17 mai selon les délais légaux, soit trois jours seulement après la fin de la visite du souverain pontife au Portugal.

    Catholique pratiquant, le président Anibal Cavaco Silva a la possibilité d'opposer son veto au texte ce qui obligerait à un second vote, d'ores et déjà acquis, de l'Assemblée et qui serait cette fois définitif.

    Contrairement à l'Espagne où le clergé s'était fortement mobilisé contre le mariage homosexuel, autorisé depuis 2005, au Portugal, l'Eglise catholique est restée en retrait tout au long du débat, qualifié la semaine dernière de "détail dans la vie de la nation" par le cardinal José Policarpo, archevêque de Lisbonne.

    Le Figaro - 13 mai 2010

  • VIDEOS Hymne de l'Algérie française - Nos morts en Algérie

    http://www.youtube.com/watch?v=TMMgJjnQSPg

    http://www.youtube.com/watch?v=HOM6y5LNWKk

    Le 13 mai 1958, une date funeste pour l'Algérie française et pour la France

     

  • Italie: un Marocain voulait tuer Benoît XVI

    D’après l’AFP, un jeune étudiant marocain, expulsé le 29 avril d’Italie avec un compatriote à la suite d’un décret du ministre de l’Intérieur, voulait tuer le pape Benoît XVI, affirme l’hebdomadaire italien Panorama dans son édition à paraître demain.

    Mohammed Hlal, 27 ans, étudiant en communication internationale et Ahmed Errahmouni, 22 ans, étudiant en physique et mathématiques, vivaient à Pérouse, dans le centre de l’Italie, quand ils ont été expulsés d’Italie sous le motif de « prévention du terrorisme » car représentant « une menace pour la sécurité de l’Etat », selon le décret du ministre Roberto Maroni.

    Panorama, hebdomadaire appartenant à la famille du chef du gouvernement Silvio Berlusconi, affirme dans son dernier numéro que Mohammed Hlal voulait tuer le pape, selon des écoutes téléphoniques effectuées par la police anti-terroriste italienne.

    « Hlal a exprimé le souhait de voir mourir le chef de l’Etat de la Cité du Vatican, affirmant être prêt à l’assassiner pour avoir la garantie du paradis », écrit le décret d’expulsion signé par le ministre Maroni, selon un extrait de son article diffusé à l’avance par Panorama.

    Les deux étudiants ont été expulsés le 29 avril vers le Maroc sur un vol direct entre Rome et Casablanca.

    NP Info - 13 mai 2010

  • Marine Le Pen exclut toute alliance avec l'UMP: ele ne sera pas la "Christine Boutin" de Sarkozy

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    Paris : Marine Le Pen, qui aspire à succéder à son père à la présidence du Front national (FN), exclut dans un entretien à l’AFP toute volonté de s’allier à l’UMP, assurant au contraire vouloir faire de son parti un « pôle de rassemblement à vocation majoritaire ».

    Concurrente de Bruno Gollnisch pour prendre la tête du FN lors du prochain congrès des 15 et 16 janvier à Tours, Marine Le Pen se montre par ailleurs également très optimiste sur l’avenir de son parti, après ses résultats aux régionales.

    Elle estime qu’« au bénéfice d’une campagne présidentielle », « on peut beaucoup élargir » cette « base très prometteuse » et croit à « l’hypothèse de la baisse du seuil d’accès au second tour », si les candidatures se multiplient à droite.

    Dans ce contexte, et à huit mois d’un congrès où ce sont les adhérents du FN qui trancheront entre elle et M. Gollnisch, Mme Le Pen exclut toute alliance avec l’UMP, une tentation qui lui est régulièrement prêtée.

    « Être la (Christine) Boutin du gouvernement Sarkozy, non merci ! », affirme-t-elle, en référence à la présidente du Parti Chrétien-démocrate (PCD, allié à l’UMP) et ancienne ministre du Logement (2007-2009) du gouvernement Fillon.

    « Il ne s’agit pas de faire du FN une espèce de béquille d’un gouvernement UMP dont je considère que tous les choix sont mauvais. Mon objectif est de faire du Front national un pôle de rassemblement à vocation majoritaire », poursuit Marine Le Pen.

    « D’ailleurs, le FN influe considérablement sur la vie politique française. C’est le FN qui détermine les axes politiques de Nicolas Sarkozy, c’est par rapport aux résultats du FN qu’il décide des thèmes qu’il lance », assure-t-elle, avant d’ajouter : « notre rôle, c’est de transformer ces victoires idéologiques en victoires politiques ».

    Convaincue que son mouvement « conserve dans l’esprit d’un certain nombre de Français l’image d’un parti ultralibéral », ou « que nous sommes des adversaires résolus des services publics, ce qui n’est absolument pas le cas », Mme Le Pen affirme que « l’élection présidentielle sera l’occasion de leur transmettre l’intégralité de notre programme », notamment en matière économique et sociale.

    Le débat sur les retraites et la crise de l’euro ont notamment été l’occasion pour Marine Le Pen d’intervenir régulièrement sur ce terrain, même si ses propositions (retour au franc, rétablissement de frontières économiques) ne se détachent guère des fondamentaux du FN.

    Évoquant un « effort de pédagogie » vis-à-vis des électeurs, elle réfute néanmoins la possibilité de donner moins de place au discours sur l’immigration.

    « Il ne s’agit pas de lui donner moins de place, il s’agit d’intégrer ce discours dans des grandes thématiques dont il dépend », argumente-t-elle, voyant dans l’« immigration un levier essentiel du mondialisme en matière économique », « une réserve de main d’œuvre à bas coût » et « le moyen de peser, à la baisse, sur les salaires ».


    Source : AFP (489)

    12 mai 2010

  • Le jeune blessé lors de l'apéro géant de Facebook est mort

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    Plus de 9.000 personnes sur la place Royale de Nantes
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    Ecoeurant...
    (Cliquez sur les photos)

    L'homme était tombé d'un pont en sortant du rassemblement géant lancé via le réseau social Facebook.

    C'est premier accident mortel depuis la multiplication des apéros géants, lancés sur le réseau social Facebook, dont la première édition a eu lieu à Nantes en novembre 2009.

    L'homme de 21 ans tombé accidentellement d'un pont en sortant de l'apéro géant de Nantes, organisé mercredi soir, est décédé jeudi en fin de matinée. Selon la police, le jeune homme a fait une chute de cinq mètres sur la tête, depuis le pont de la Rotonde de Nantes, dit Pont LU, qui surplombe des voies de chemins de fer. «Il était accompagné d'autres personnes qui avaient consommé de l'alcool durant la soirée», a indiqué la préfecture. «L'enquête qui sera conduite sous l'autorité de la justice permettra de connaître avec exactitude les causes du décès», a-t-on poursuivi de même source. Selon les pompiers, la victime est un sapeur-pompier volontaire de Vendée.

    Pour les autorités, les apéros spontanés organisés sur le réseau social Facebook sont très difficiles à encadrer. La préfecture a dénoncé une «manifestation collective qui derrière sa représentation festive comporte un risque certain pour ses participants et pour ceux qui, à leur corps défendant, doivent le subir (riverains, commerçants...)». Ce rassemblement «a un coût élevé et a détourné d'importants moyens de secours pour traiter les conséquences des libations collectives. Il favorisé des conduites dangereuses. L'anonymat derrière lequel se dissimulent des personnes ayant appelé à ce rassemblement revêt un caractère d'autant plus irresponsable», a poursuivi la préfecture. Le coût pour la «collectivité» est estimé à «plusieurs dizaines de milliers d'euros».

    Au total, le rassemblement de plus de 9.000 personnes, qui s'est poursuivi jusqu'à 4h30 du matin, a entraîné l'évacuation de 57 participants. Quelque 41 personnes ont été placées en gardes à vue pour trafic de stupéfiants, dégradations, vols, ivresses manifestes ou violences. Il n'y pas eu de dégradations majeures en ville. Environ 570 personnes avaient été mobilisées, dont 370 policiers et gendarmes, 101 sapeurs-pompiers, une cinquantaine de secouristes et autant d'agents municipaux.

    Le Figaro - 13/05/10

  • Affluence monstre à Fatima: le peuple chrétien soutient le Pape

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    FATIMA — Un demi-million de personnes ont participé jeudi à la messe célébrée par Benoît XVI à Fatima prouvant ainsi, selon l'Eglise, que le peuple chrétien soutient son pape face à la crise des scandales pédophiles.

    Pour le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, cette affluence montre que le scandale des abus sexuels n'a pas "affaibli" le soutien des fidèles au pape, un fait qu'il a jugé "très encourageant".

    Selon le porte-parole de l'épiscopat portugais, le père Manuel Morujao, "environ un demi-million" de personnes assistaient jeudi matin à la messe papale, soit "plus qu'en 2000", lors du dernier pèlerinage de Jean Paul II à Fatima.

    "Les chrétiens ont voulu envoyer un message et dire que le pape, et celui-ci en particulier, est très aimé", a déclaré à l'AFP le père Morujao.

    "En ce qui concerne la crise et les scandales, le peuple a voulu montrer qu'il sait faire la distinction entre les exceptions (des affaires de pédophilie dans le clergé) et la très grande majorité des prêtres", a-t-il estimé.

    La présence d'un demi-million de personnes a ensuite été confirmée par le porte-parole du Vatican. "Les chiffres (...) sont de 500.000 personnes présentes à Fatima", a déclaré le père Lombardi, citant notamment la police.

    Le pape "est très content et a été très touché par l'affluence", a-t-il souligné.

    "Alors qu'on pouvait penser que le scandale des abus pourrait affaiblir la vitalité et l'attention envers le pape, il n'en est rien", a déclaré le père Lombardi. "Le fait que se manifeste de façon aussi évidente la force de la foi est très encourageant", a-t-il estimé.

    Selon les forces de sécurité, l'esplanade du sanctuaire de Fatima, d'une capacité de 300.000 personnes, était "bondée" et des dizaines de milliers de pèlerins "ont dû être bloqués, faute de place", se massant dans les espaces alentour.

    De nombreux fidèles avaient passé la nuit sur le parvis, dormant à la belle étoile malgré la pluie et la fraîcheur des températures nocturnes.

    La messe a débuté peu avant 10h30 (09h30 GMT) après que le pape se fut recueilli dans la chapelle des Apparitions.

    Juste avant, la statue de la Vierge de Fatima, reposant sur un lit de roses blanches, avait été portée jusqu'à l'autel, précédée d'une procession d'évêques vêtus de blanc, pendant que les pèlerins entonnaient l'Ave Maria.

    Jean Paul II, convaincu que la Vierge de Fatima lui avait sauvé la vie lors de l'attentat du 13 mai 1981 à Rome, avait offert au sanctuaire la balle qui l'avait grièvement blessé, aujourd'hui enchâssée dans sa couronne.

    "Je suis venu à Fatima pour prier, avec Marie et de nombreux pèlerins, pour notre humanité affligée par des détresses et des souffrances", a dit Benoît XVI dans son homélie.

    "A la famille humaine prête à sacrifier ses liens les plus saints sur l'autel de l'égoïsme mesquin de la nation, de la race, de l'idéologie, du groupe, de l'individu, notre Mère bénie est venue du ciel pour mettre dans le coeur de ceux qui se recommandent à Elle l'amour de Dieu qui brûle dans le sien", a-t-il dit, en référence au "message" transmis par la Vierge, selon l'Eglise, à trois petits bergers de Fatima, Jacinta, Francisco et leur cousine Lucia.

    Selon l'Eglise, lors d'apparitions répétées, la Vierge a révélé à ces enfants en 1917 trois "secrets", jugés prophétiques de l'Histoire du 20e siècle.

    Si les deux premiers "secrets" étaient connus depuis le début des années 40, le troisième n'a été rendu public qu'en mai 2000 lors de la dernière visite de Jean Paul II à Fatima, la hiérarchie catholique "révélant" alors qu'il prédisait l'attentat contre le pape polonais.

    Mardi, dans l'avion qui l'amenait au Portugal, Benoît XVI avait élargi l'"interprétation" de ce secret à la lumière de la crise qui secoue l'Eglise depuis le début, en novembre, de la vague de scandales pédophiles impliquant des membres du clergé, en Europe et partout dans le monde.

    Le pape avait déclaré qu'"en plus de cette grande vision de la souffrance du pape (...), au-delà de la personne du pape, (...) ce sont des souffrances de l?Eglise qui sont annoncées".

    Jeudi, dans son homélie, Benoît XVI a laissé un avertissement : "Celui qui penserait que la mission prophétique de Fatima est achevée se tromperait."

    AFP. 13/05/10

  • Modération des commentaires

    Chers amis et amies du blog,

    Je me vois dans l'obligation, pour quelque temps, d'activer la modération des commentaires en raison des attaques et insultes incessantes mettant en cause les intervenants et moi-même.

    Vos commentaires paraîtront une fois que je les aurai lus et validés, ce qui demandera un peu plus de temps qu'à l'accoutumée. Mais je n'ai pas d'autres moyens pour enrayer l'invasion de commentaires désobligeants, hargneux, malveillants, de la part de la personne que vous savez.

    Je vous remercie pour votre compréhension.

    Gaëlle Mann, administratrice du blog.

  • Fête de l'Ascension

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    L'Ascension par Giotto di Bondone (1266-1337)
    (Cliquez sur le tableau pour l'agrandir et le voir en totalité)

  • ANTONIO DE OLIVEIRA SALAZAR

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    Antonio de Oliveira Salazar (1889-1970)
    "Plus grand Portugais de tous les temps"

  • En Irak, la chute de Saddam Hussein a privé d'avenir les étudiants en hébreu

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    Etudiantes irakiennes

    BAGDAD — Coiffée d'un joli foulard rose, Marwa chante en hébreu "J'ai de l'amour en moi" de la star israélienne Sarit Hadad sous les applaudissements de ses camarades de l'université de Bagdad, dans un pays où il ne reste plus de juifs et qui est officiellement en guerre avec Israël.

    Voir début mai des élèves chanter et réciter des poèmes dans la langue de l'ennemi à l'occasion de la première fête du département de langue hébraïque depuis sa création en 1971 est un spectacle saisissant d'autant que depuis la chute de Saddam Hussein ces études n'offrent plus de débouchés.

    "J'étais attirée par l'anglais mais comme je n'ai pas obtenu d'assez bonnes notes au baccalauréat je me suis retrouvée à apprendre l'hébreu. Mes parents sont déçus mais moi j'en ai pris mon parti et je parle cette langue", confie Marwa Abdel Karim, 21 ans, qui a trouvé sur internet la chanson d'amour qu'elle a interprétée.

    Aucun des 150 étudiants du département n'a choisi d'étudier l'hébreu. Si les meilleurs élèves peuvent s'inscrire en anglais, français ou allemand, les cancres sont contraints d'opter pour le persan, l'hébreu ou le kurde.

    "Quand je dis que j'étudie l'hébreu, mes amis se moquent de moi mais après ma licence j'espère poursuivre mes études à Amman puis enseigner à l'université de Bagdad", dit-elle.

    A l'époque de Saddam Hussein, qui vouait une haine à l'Etat hébreu et dont les missiles Scud avaient été lancés sur Tel-Aviv en 1991, l'avenir des élèves du département était toute tracée: les services de renseignement.

    Aujourd'hui pourtant, ce n'est plus l'espionnage israélien qui obsède les responsables de la sécurité irakiens, mais le terrorisme.

    "Avant, beaucoup de professeurs et la totalité des élèves travaillaient pour la sûreté nationale mais aujourd'hui les choses ont changé. Nous sommes plus libres, mais les débouchés sont minces", assure Souad Karim, chef du département d'hébreu.

    "Mes études terminées, je frapperai à toutes les portes: le renseignement, les Affaires étrangères et les journaux qui cherchent des traducteurs", confie Ahmad Saadoun, 22 ans.

    Dans un sketch plein d'humour, il répond à un camarade qui lui demande à quoi servent ses études: "A rien, mais au moins pendant quatre ans je fréquente de jolies filles".

    Ils apprennent la grammaire, la littérature, des chansons et la Bible mais aucun n'a rencontré un juif. "Je n'en ai jamais vu. J'utilise internet pour communiquer avec eux mais aucun ne me répond", explique Ahmad.

    Il n'en reste plus dans ce pays où ils ont vécu plus de deux mille ans. La quasi-totalité est partie à la création d'Israël. En 1951, 120.000 Juifs, soit 96% de la communauté d'Irak, avaient émigré vers l'Etat hébreu. Les derniers ont suivi après l'invasion de 2003.

    Pour mettre du baume sur le coeur des élèves, le doyen de la faculté de langues, le professeur Talib al-Qoraishi, titulaire d'un doctorat d'hébreu, assure que c'est un sacré atout.

    "Beaucoup d'entre vous pensent que c'est une perte de temps, mais sachez qu'à travers le monde, ceux qui parlent cette langue occupent des positions très importantes", assure cet homme de 57 ans.

    Les 30 enseignants sont musulmans ou chrétiens et dans la bibliothèque les livres en hébreu sont dans un piteux état faute d'avoir été renouvelés. Il est interdit, selon M. Qoraishi, de s'adresser directement à Israël pour obtenir des manuels et passer par des intermédiaires est onéreux.

    Il rêve de créer un "Musée de la culture juive d'Irak" et insiste pour récupérer les milliers de livres hébraïques retrouvés par l'armée américaine en 2003 dans les caves des services de renseignement de Saddam Hussein et qui sont aujourd'hui entreposés aux Etats-Unis.

    AFP. 12/05/10