Député de la 11ème circonscription des Français de l'étranger (Europe de l'Est, Asie, Pacifique) - Ancien ministre- Président des Chorégies d'Orange depuis 1995

 
 

De source officielle (Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés), on vient d’apprendre que, depuis janvier, un demi-million de déplacés internes et réfugiés sont revenus en Syrie. Pour Thierry Mariani, c’est une bonne nouvelle : elle montre que ces Syriens ont confiance en l’avenir. Cela signifie aussi – que cela plaise ou non – qu’Assad est incontournable et en train de gagner la guerre. L’intérêt de la France étant que la paix revienne dans cette région et que les réfugiés y retournent, il faut donc, dit-il, renouer le dialogue rapidement.

Le Commissariat aux réfugiés a annoncé qu’un demi-million de déplacés internes et de réfugiés syriens étaient de retour chez eux depuis janvier dernier. Que vous inspire cette nouvelle ?

D’abord, ce sont des sources tout à fait officielles, parce que ces statistiques viennent de l’UNHCR, c’est-à-dire le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.
C’est une bonne nouvelle. C’est une bonne nouvelle, parce que cela veut dire que, de façon volontaire, les gens rentrent chez eux.
Cela veut dire qu’ils retrouvent confiance en l’avenir.
Je pense que les gens avaient fui avant tout la guerre. Ils avaient souvent fui dans les pays voisins, Turquie ou Liban, principalement.
Pour moi, le retour de ces gens est un témoignage d’une certaine confiance dans l’avenir.
Quand on a fui un pays et qu’on retourne dans ce pays, même si la guerre n’est pas finie, cela signifie que l’on pense pouvoir à nouveau y vivre une vie, non pas normale, mais qui se rapproche de la normale.

En quoi est-ce une bonne nouvelle pour la Syrie elle-même, alors que la guerre n’est pas finie ?

 

Je pense que d’abord c’est un bon signe pour le gouvernement.
Cela signifie que la population pense que désormais la situation va se stabiliser même s’il reste, on le sait tous, de nombreuses poches tenues pas les islamistes.
Deuxièmement, cela prouve aussi que ce que fuyaient les gens, ce n’était pas Assad. Pour beaucoup d’entre eux, c’était surtout la guerre.

Quel est le message ou la leçon que devraient retenir les gouvernements ou les gouvernants occidentaux sur la politique à adopter par rapport à la Syrie aujourd’hui dans l’état actuel des choses ?

Il n’y a pas d’alternative concernant la politique à adopter.
Pour une fois, je suis d’accord avec ce qu’a déclaré Macron. Je ne suis pas du tout un Constructif, vous le savez, mais quand Macron dit en substance qu’il n’y a pas d’autre autorité légitime, cela veut dire ce que cela veut dire.
En clair, il n’y a pas d’autre pouvoir possible. Il n’y a pas d’autre gouvernement qui puisse remplacer le gouvernement actuel.
Si on veut retrouver la paix, la leçon est d’abord de faire en sorte que la guerre contre les djihadistes soit gagnée. Ce gouvernement, quoi qu’on en pense, est le seul à lutter avec ses alliés sur place contre les djihadistes.
Je pense qu’on devrait souhaiter sa victoire.
On verra comment évolue le pays, mais un pays qui retrouve la paix, c’est un pays où les réfugiés rentrent chez eux, et c’est une situation qui petit à petit revient à la normale.
Qu’est-ce qu’on devrait tirer de cette situation ?
Que finalement, que ça plaise ou non, Assad est incontournable.
Que ça plaise ou non, il est en train de gagner la guerre dans son pays, grâce à ses alliés russes et iraniens.
Je crois que c’est le général de Gaulle qui disait : « La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts. »
Notre intérêt est qu’il y ait la paix dans cette région.
Qu’on soit ami ou pas avec le chef de l’État, notre intérêt est que les réfugiés rentrent chez eux. C’est ainsi qu’ils ne viennent pas en Europe, soyons clairs.
Notre intérêt est que ces gens-là soient heureux chez eux.
À mon avis, il faut renouer le dialogue le plus rapidement possible.

BV