Homme politique

Ancien député UMP, Président du Rassemblement pour la France, Président de La Droite Libre

 
 
 
 

La ville de New York a été à son tour touchée par un attentat à la voiture-bélier. Le scénario se répète et paraît difficilement évitable, sauf à transformer les trottoirs et les pistes cyclables en lieux inaccessibles aux voitures. Les services de renseignement n’avaient pas perçu les signaux de la préparation du 11 septembre 2001, soit le détournement de quatre avions de ligne par des équipes composées majoritairement de Saoudiens qui s’étaient entraînées au pilotage aux États-Unis. Il est probable qu’un attentat de cette ampleur serait aujourd’hui détecté à temps. En revanche, les attaques les plus récentes (sauf celle de Barcelone) ont été commises par des individus seuls dont l’arme était un véhicule de location. Même un renforcement du contrôle des locations ne peut guère éviter qu’un individu sans antécédent, radicalisé récemment et sans l’afficher publiquement, puisse commettre ce type d’attentat.

Le fanatisme religieux en est le motif essentiel, même si la nature de l’acte, l’assassinat d’innocents pris au hasard et l’attitude suicidaire qui suit laissent planer des doutes sur la santé mentale des auteurs. Le 22 mai, à Times Square, il s’agissait bien de l’action d’un malade mental. Cette fois, le terrorisme islamique est clairement en cause. Le tueur est un Ouzbek de 29 ans aux États-Unis depuis 2010 : Sayfullo Saipov. Il est sorti du véhicule en criant « Allahou Akbar » et a brandi des pistolets factices pour se faire abattre et mourir en martyr pour rejoindre le paradis et ses jardins embaumés. En l’occurrence, un policier l’a blessé au ventre et il survit après une lourde opération. Il faut espérer qu’il parle pour qu’on sache s’il était un loup si solitaire que ça.

Cet événement jette une lumière triste sur le procès de l’instigateur présumé de Mohammed Merah, son frère Abdelkader. Dans les deux cas, la lâcheté et l’acharnement contre des innocents sont une signature. Saipov, après avoir tué huit personnes, dont cinq Argentins, et blessé douze autres passants ou cyclistes, a jeté sa camionnette contre un bus scolaire. La dernière cible de Merah était une cour d’école.

 

Il y a, dans ces crimes, comme une volonté d’être ignoble qui surprend même ceux qui ne manifestent aucune sympathie pour l’islam. Comment une religion peut-elle inspirer à des croyants l’envie de la rendre aussi odieuse ? Certes, il y a des appels au meurtre des mécréants dans le Coran, et l’histoire des débuts de l’islam n’est pas avare de cruautés. Mais choisir à ce point de tuer si possible des victimes sans défense, avec pour seule préoccupation que ce soit dans un lieu symbolique – ici le sud de Manhattan, non loin du World Trade Center – afin que le retentissement soit mondial malgré la faiblesse des moyens, relève de ce que Kant appelait, au-delà de la volonté mauvaise, la volonté diabolique, le contraire absolu de l’idée qu’on se fait de la religion, qui doit appeler à la sainteté.

 

En ce jour de Toussaint, les chrétiens savent que, si le christianisme n’est pas exempt de faute, il voit dans ses saints et martyrs des victimes exemplaires, non des bourreaux sans pitié. Que l’islam n’oblige pas à de tels actes est évident puisque, dieu merci, ils demeurent très minoritaires, mais il ne les interdit pas. Il les rend même possibles pour peu que le verset belliqueux rencontre un esprit faible manipulé par un prédicateur pervers. C’est un vrai problème qu’il ne faut pas éluder.

Les commentaires de la « médiocratie » ont été une fois encore révélateurs. Au lieu de réfléchir sur cette spécificité inquiétante de la religion musulmane et sur le moyen d’y remédier, les flèches se sont immédiatement dirigées vers Donald Trump, la bête noire des journalistes, toujours pas remis de la défaite de « leur » Hillary. Le président Trump avait, une fois de plus, selon eux, eu tort de s’exprimer, de lancer une série de tweets. Pourtant, ceux-ci étaient logiques […] Mais il était important, pour ses détracteurs, d’opposer le sérieux du maire et du gouverneur de New York – démocrates tous deux – aux réactions « intempestives » du « Donald ». Le troisième tweet était, comme il se doit, un message de compassion envers les victimes et leurs proches. L’acharnement de l’establishment à l’encontre du président américain devient préoccupant pour le monde occidental. Un rapprochement avec la Russie aurait été un évident facteur de paix. On en a fait un motif de destitution dans le but de limiter son action, et comme si la guerre froide était une nécessité pour les États-Unis. Quel aveuglement sur les priorités !

BV