Le 15 juin dernier, deux groupes de jeunes, antifascistes et extrémistes de droite, se rencontrent de façon hasardeuse à Paris et échangent des coups. Résultat de la bagarre, un antifasciste, Clément Méric, meurt et un jeune nationaliste du nom d’Esteban Morillo est interpellé car il serait l’auteur des coups ayant entrainé la mort.

 Des lors, la machine politique et médiatique va s’emballer.

 Pour François Fillon et Luc Chatel, la mort de Clément Méric serait un « un crime odieux » tandis que pour Jean-Luc Mélenchon, il s’agirait d’un « assassinat », une version qu’on ne peut du reste remettre en cause selon lui (sic). Pour Clémentine Autain, il s’agit d’un « acte prémédité » puis d’un « crime de nature politique », tandis que Macé Scaron, parle lui aussi d’un « assassinat politique ».

 La presse, elle, s’est déchainée a nous présenter le tableau suivant qui serait celui d'un bon et gentil garçon dignement et courageusement engagé dans la lutte (noble pour autant) de l’antifascisme et qui aurait été victime de la violence de nervis d’extrême droite qui, on le sait bien, terrorisent la France entière. La France et les Français, grâce aux médias, avaient un temps oublié le mariage pour tous, le chômage, l’appauvrissement économique, les guerres dans le monde et bien sur les affaires de leurs politiciens. La classe politicienne, durant quelques jours, s’est sans aucun doute retrouvée autant soulagée qu’unie, pour le plus grand bonheur des « affaires ».

 Et puis il y eu les faits.

 Tout d’abord ces photos du gentil premier de la classe, Clément Méric, le visage masqué dans les contre manifestations organisées lors du mariage pour tous ou lui et ses amis ont pu aller menacer des familles qui ont la chance, pour la grande majorité d’entre elles, de n’être ni détruites, ni recomposées.

 Puis le témoignage du vigile du magasin concerné par la bagarre et qui affirme que « Clément Méric a vraiment cherché la bagarre et souhaitait en découdre ».

 Puis ces autres témoignages qui montrent que « les militants antifascistes avaient verbalement provoqué les skinheads, à l'intérieur même de la salle de vente » ou que « les mecs d'extrême droite ont cherché à échapper à l'affrontement, n'ont fait que se défendre, puis ont répliqué ». On imagine du reste mal comment cela aurait pu être différent puisque ces derniers étaient visiblement accompagnés de jeunes filles.

 Ensuite il y a eu les images, celles des caméras qui ont enregistré la bagarre. Les images y montrent une tout autre réalité que celle que le bulldozer médiatique a assené au peuple français. Oui il y a eu une bagarre, et sans aucun doute déclenchée par les amis de Méric. Le film confirme que le groupe de militants d'extrême gauche a longuement attendu les amis d’Esteban à côté de la station de métro, avec la volonté d'en découdre. Non, Clément Méric n’est pas une victime. Au contraire, on y « découvre un Méric agressif qui, semble-t-il d'après RTL assène un coup au militant d'extrême droite, Esteban Morillo, alors de dos et aux prises avec deux assaillants. Morillo se retourne et renvoie une droite pour se défendre, faisant tomber à terre le jeune Méric qui ne se relèvera plus ».

 L’affaire Méric, c’est d’un côté un Français de souche, étudiant à Sciences-po et d’origine bourgeoise (fils de profs a la fac de droit à Brest) et en face un jeune prolétaire fils d’immigrés espagnols (père artisan et mère au foyer) et qui travaille comme agent de sécurité.

 Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, c’est le bourgeois parisien de Sciences-po qui avait rejoint l’extrême gauche et Esteban le fils d’immigrés européens issus d’une famille modeste qui avait rejoint les rangs des ultranationalistes.

 Cette affaire ressemble à une fable sociale et moderne qui nous renvoie une bien sombre image de deux Frances qui ne se font sans doute plus seulement face, mais qui désormais s’affrontent. N


 
La Voix de la Russie - 27/06/13