L’aigreur et la rancoeur des commentaires politiques et médiatiques après le Brexit ne laissent pas d’étonner le démocrate.
Un peuple a simplement tranché, sur un sujet dont il a abondamment débattu avant le scrutin, et a donné à ses dirigeants une voie claire.

Pourquoi cette hargne contre le résultat du référendum ? Pourquoi à chaque nouvelle consultation populaire dans n’importe quel pays d’Europe cette colère de moins en moins dissimulée contre le verdict des urnes ?

Les uns de souhaiter que le peuple britannique souffre le plus possible, pour donner l’exemple, les autres de contester la validité du référendum en lui opposant de manière puérile une pétition bidon, les derniers enfin annonçant le début de l’apocalypse, l’effondrement du monde derrière la Manche.

En réalité, la noirceur de ces réactions nous amène à penser que les tenants de l’Union européenne, qu’ils appartiennent à la classe médiatique ou politique, et ils sont légion dans ces rangs, sentent confusément la fin de leur modèle, la fin de leur époque, et l’annonce d’une ère nouvelle, celle des peuples libres.

J’ai toujours détesté la stratégie du chaos, surtout quand elle s’adresse à mon peuple. Je lui préfère la raison et la tempérance, et surtout l’optimisme. Car quoi ? Ce référendum est aussi tout simplement le choix d’un peuple de changer son destin. N’est-ce pas une formidable leçon de courage et d’indépendance d’esprit ? Il est, je crois, motivé par d’immenses perspectives d’espoir, les Britanniques voyant tout ce qu’ils ont à gagner en redevenant un pays libre. Ils envisagent, avec ce volontarisme qu’on leur connaît, les grands chantiers d’avenir pour leur pays, de manière beaucoup plus fraîche et ouverte que nous ne pouvons le faire en France, englués que nous sommes dans une vision européiste devenue sordide. Au lieu de les critiquer, faisons comme eux, retroussons-nous les manches et travaillons, comme de vrais patriotes !

L’optimisme, pour ceux qui me connaissent, je l’ai toujours. Et je me réjouis de ce que, malgré toutes les prédications mortifères, le peuple français lui aussi continue à gagner en lucidité sur le carcan européen, et voyant chaque jour un peu plus la bassesse d’âme de ses dirigeants, ouvre les yeux sur leur faiblesse et leur défaite inéluctable.

Terminons sur une autre note d’espoir. Et elle me vient, une fois n’est pas coutume, de Laurence Parisot ! Dans une note récente, elle dit être la seule à écrire, et « crier » (sic) qu’après le Brexit, un autre événement pourrait secouer l’Union européenne, mon élection à la présidence de la République. Si l’on n’a jamais su me dire quelles qualités entrepreneuriales on trouvait à cette personne, dont l’accession à la tête du Medef il y a quelques années reste pour moi un mystère aussi épais que celui de l’homme au masque de fer, j’aime toutefois la candeur un peu désordonnée du personnage, et je me réjouis qu’elle donne aujourd’hui dans ce genre d’augure… Elle se vante, dans le même papier, d’avoir toujours tout prédit ; eh bien, sur ce coup, je prends bien volontiers !

Marine Le Pen

Carnets d'espérances