Lors de leur dernier sommet en Irlande du Nord, les pays-membres du G8 se sont mis d'accord sur le fait que n'importe quelle information sur l'utilisation d'arme chimique devait être vérifiée, et les résultats présentés au Conseil de sécurité de l'ONU. C'est pourquoi les déclarations de Washington, de Paris et de Londres selon lesquelles l'OTAN pouvait commencer les hostilités en Syrie sans l’approbation du Conseil de sécurité de l'ONU contredisent les principes du droit international, a déclaré le chef de la diplomatie russe.

 « Les membres du sommet du G8 qui renoncent à cet accord, au fond, tentent de s'octroyer le rôle de juges d'instruction et du Conseil de Sécurité ».

 M. Lavrov a qualifié d'intimidation les actions des pays occidentaux à l’égard de la Syrie, et il a aussi fait remarquer que les événements se développaient selon le même scénario qu'en Irak et en Libye. Sergueï Lavrov ne doute pas que les troupes de Bachar Assad seront accusées d'attaque à l'arme chimique, bien que cette dernière ne soit pas avantageuse pour les pouvoirs syriens, « ni d'un point de vue politique, ni militaire ». Le chef de la diplomatie russe a fait remarquer que les photos de l'obus chimique éclaté dans la banlieue de Damas confirment la version sur l'implication des rebelles dans l'utilisation de substances toxiques.

 Et le courrier électronique intercepté témoigne de la livraison de produits chimiques aux rebelles depuis l'étranger. Des enregistrements vidéo de la zone contaminée suscitent aussi des questions, a considéré le Ministre.

 « On montre des images bouleversantes de douzaines d’enfants allongés. Surgit alors les questions suivantes : comment et pourquoi se sont-ils trouvés dans un même lieu en même temps ? Personne n'explique cela. Pourquoi les symptômes qu’on montre sur ces vidéos ne sont-ils pas tout à fait semblables aux symptômes qui se manifestent en cas d'empoisonnement par du gaz sarin ou par d'autres substances ? »

 Le Ministre des Affaires étrangères russe a aussi souligné que la Russie appelait tous les acteurs internationaux à ne pas répéter les erreurs du passé et à ne pas admettre une intervention militaire en Syrie.

 Sergueï Lavrov a également précisé avoir échangé la veille par téléphone avec son homologue américain. John Kerry a promis encore une fois d'étudier tous les documents sur l'utilisation de l'arme chimique et de communiquer la décision définitive au sujet de l’opération des États-Unis en Syrie.

 Interrogé sur la question de la réaction de la Russie en cas de frappes militaires sur la Syrie, le chef du ministère des Affaires étrangères a répondu que Moscou n’avait pas l’intention de faire la guerre avec qui que ce soit. De plus, le Ministre a déclaré qu'il espérait que « le bon sens prendrait le dessus » et que les pays de l'Ouest ne permettraient pas que se répète le scénario irakien ou libyen.