De retour de Tripoli où il a passé 48 heures, Dieudonné, l'humoriste militant et volontiers provocateur a précisé l'objet de sa visite en Libye et son opinion sur la guerre en cours. En substance, lors d'une conférence de presse dans son théâtre parisien, il a expliqué ce vendredi 1er avril s'être rendu sur place "pour dénoncer les frappes de l'impérialisme colonisateur (...), pas pour soutenir Kadhafi".

Maria Poumier et Ginette Hess-Skandran, deux militantes de la cause palestinienne proches de Dieudonné qui ont été du voyage se tenaient à ses côtés à la Main d’or lors de cette prise de parole. De fait, l'une d'entre elles arborait le foulard vert des pro-Kadhafi.

Quoi qu'il en soit, l'humoriste engagé qui s'est dit "scandalisé par cette guerre injustifiée" a estimé que "voir la France se lancer dans cette mascarade est absolument hallucinant et insupportable". "Sarkozy s'est fait abuser. La violence vient du ciel" a-t-il ajouté.

"La situation est loin de celle que l'on vous décrit" a-t-il assuré aux journalistes présents, affirmant que "Les Libyens, il faut le savoir, aiment leur président". En tout état de cause, il estime que "ce n'est pas à la France et aux Etats-Unis de décider pour eux".

Concernant l'atmosphère dans la capitale libyenne, il s'est dit "impressionné par le calme à Tripoli". Selon lui, les Tripolitains sont "indignés par l'agression étrangère", mais ils n'en demeurent pas moins "sereins".

Aussi importante que puisse être la portée de sa visite en Libye, l'humoriste français n'a pas eu l'occasion de rencontrer le colonel Mouammar Kadhafi, cependant il a précisé s'être rendu dans son bunker de Tripoli, cible de bombardements il y a quelques jours.

Ce n'est peut-être que partie remise, car Dieudonné se propose de repartir en Libye, "avec d'autres artistes mobilisés contre cette guerre médiatique dont la star hollywoodienne est Bernard-Henri Lévy", l'intellectuel français lui aussi très engagé, rarement dans le même sens, qu'il accuse d'avoir "entraîné derrière lui l'armée française".

 
Source Métro - 02/04/11