Deux jours seulement après des faits similaires sur et autour de la cathédrale de Limoges, défigurée de tags en rapport avec la mort du militant d'extrême gauche Clément Méric, celle de Nantes a été vandalisée dans la nuit de vendredi à samedi. C'est à l'ouverture le 8 juin au matin que l'on a découvert les dégâts, qui ne se limitent pas cette fois aux murs extérieurs et ne portent apparemment pas la même signature. C'est à voir. La police scientifique et la sûreté départementale sont à l'oeuvre.

Des anges affublés de moustaches à la Hitler

"Les dommages ont défiguré une partie du choeur ainsi que les deux autels", dont le plus ancien, a indiqué le préfet de Loire-Atlantique Christian Vernet. Sans parler des "portes extérieures du rez-de-chaussée (qui) ont été fracturées". Le ou, plus probablement, les intrus dont on ne sait encore rien ont signé leur passage d'"évocations mélangées" selon le mot du haut fonctionnaire, repris entre autres par Ouest France, qui a qualifié ces actes de "navrants". Outre la marque 666, soit un chiffre satanique, il a évoqué des tags à "caractère nazi, un buste de Femen ainsi que des petits bonshommes, style 'manif pour tous'".

De source policière, il est question entre autres obscénités et dégradations d'une statue brisée, d'inscriptions ordurières et de figures d'anges agrémentées de moustaches à l'allure hitlérienne et/ou de sexes. Mais pas de revendication claire. Quoi qu'il en soit, le préfet a appelé "au respect des cultes". Assurant les fidèles catholiques de son "entier soutien", le ministre de l'Intérieur a affirmé dans un communiqué qu'il partageait "l'émotion et l'indignation suscitées par ces actes intolérables" et il a promis "la mobilisation des services de police pour déférer à la justice dans les meilleurs délais les auteurs de ces faits abjects".

Des prêtres affectés, mais prudents...

D'ici là, l'Eglise s'est montrée très circonspecte. Elle ne "souhaite pas jeter de l'huile sur le feu", a déclaré le père Bernard Bertrand, vicaire général du diocèse de Nantes, non sans condamner fermement ces méfaits. "Nous voulons en appeler à l'apaisement et à la responsabilité de chacun", a-t-il aussi dit. Tout aussi ému, l'évêque de Nantes, Mgr Jean Paul James, a publié un communiqué dans lequel il écrit : Au-delà de l'émotion que suscitent ces actes odieux, nous appelons chacun à exercer sa responsabilité pour ne pas exacerber les tensions. Dans ce climat, les chrétiens se refusent à entrer dans une spirale de la violence".

A noter : dans ce contexte d'enquête, l'édifice religieux devrait rester fermer au public pour les visites dans les prochains jours, en revanche les offices auront bien lieu.

 

Metronews - 08/06/13