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24/02/2008

"SURVIVRE AVEC LES LOUPS": UNE GIGANTESQUE ESCROQUERIE?

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MENSONGE ?
 Une petite fille de 8 ans parcourt l'Europe nazie à la recherche de ses parents.Elle s'appelle Misha. Elle est juive. Son père et sa mère viennent d'être déportés. Elle ne sait qu'une seule chose : ils sont à l'est. A l'aide d'une simple petite boussole, elle quitte sa Belgique natale et rejoint l'Ukraine à pied, traversant l'Allemagne et la Pologne, dans l'espoir de les retrouver.Pour survivre, elle vole de la nourriture et des vêtements.Pour survivre, elle évite les hommes et leur violence.Pour survivre, elle intègre une meute de loups. Et devient l'une des leurs.
Note de voxnr.com : cet article est paru sur le site sioniste Regards. Sa lecture s'impose pour comprendre ce qu'il en est de la sidération de nos peuples face à certains faits, aussi invraisemblables puissent-ils être...

Edité en 18 langues et vendu à plusieurs millions d'exemplaires, objet du film "Survivre avec les loups", de Véra Belmont, le livre de Misha Defonseca ou « la vraie histoire d’une rescapée de la Shoah » pourrait refaire parler de lui. Pour l’historien de la déportation Maxime Steinberg et le spécialiste des enfants-loups Serge Aroles, « il s’agit tout simplement d’une escroquerie ! ». L’éditrice elle-même vient de se désolidariser de l’auteur…

Déjà en 2005, dans un article de Regards (n°601) consacré à l’auteur, nous demeurions avec plusieurs questions sans réponse. Près de trois ans plus tard, et après un succès médiatique et public unanime, nous avons souhaité revenir sur ce qu’il conviendrait peut-être d’appeler aujourd’hui « une des grosses manipulations de l’Histoire ».

C’est en tout cas l’avis que partagent Maxime Steinberg, historien belge de la Shoah, et Serge Aroles, auteur de L’Enigme des enfants-loups (Publibook) qui analyse le phénomène sur sept siècles, par la consultation d’archives et un minutieux travail de terrain. « Le cas de Misha Defonseca ne figure pas dans mon livre, il était tellement délirant que je ne m’y suis pas attardé, pensant que tout le monde s’en rendrait vite compte » confie le spécialiste, encore stupéfait de l’ampleur prise par les événements. Et blessé d’être aujourd’hui repris par des sites extrémistes pour dénoncer « le business de l’Holocauste » !

« Des sites tels que www.loup.org, ou liés à la nature m’ont d’abord contacté pour analyser le cas de Misha Defonseca » explique-t-il. « J’ai ensuite tenu à prévenir les médias qui avaient accrédité cette supercherie (Le Monde, Le Nouvel Obs, Le Figaro, etc.), mais ils n’en ont pas tenu compte, craignant sans doute, comme je l’ai été, d’être traités d’antisémites ».

Si le livre et le film, qui disent s’inspirer d’une histoire vraie, ont reçu tous les éloges, quelques éléments semblent en effet suffire à en contester l’authenticité.

Enfant-loup : Serge Aroles est formel. « La louve en mal d’adoption peut présenter une « grossesse nerveuse » et se retrouver les mamelles gorgées de lait. Il est très probable, par accident statistique, que des nourrissons, cachés en forêt à la suite de guerres, famines ou abandon, aient pu être allaités sur une courte durée. Mais cela ne concerne que les nourrissons. Et si cela a sans aucun doute alimenté le mythe des enfants-loups, Mowgli n’existe pas ! Quand Misha Defonseca explique qu’une louve l’a réprimandée parce qu’elle urinait comme un mâle en levant la patte, ou qu’elle s’est retrouvée à faire du baby-sitting dans la meute, personne n’est allé si loin dans le délire ».

Déportation : Maxime Steinberg rappelle que les déportations juives ont commencé en Belgique le 4 août 1942. « Il n’y a donc aucune raison pour les Juifs de se cacher ou de fuir au printemps 41, Misha Defonseca anticipe les faits d’un an et demi ! En plus, elle part « à l’Est » alors qu’il s’agira du nord de l’Allemagne ! ». Avant de s’étonner du refus de l’auteur de révéler son identité : « A la limite, on pourrait croire qu’elle s’invente une filiation juive ! La démarche des victimes a toujours été de faire reconnaître la déportation des leurs en présentant les « transport list ». Cacher son vrai nom n’a aucun sens lorsqu’on revendique un rattachement à cette persécution. Sa traversée de l’Europe sans assistance, sinon celle des loups, est tout aussi invraisemblable. C’est symptomatique d’une manière de refuser la singularité de ce qui est arrivé aux Juifs pour entrer dans une singularité encore plus forte et totalement fantasmée ».

Le Pont d’Anderlecht : Loin d’être un détail de l’histoire, le pont constitue un élément majeur dans le récit de Misha Defonseca. C’est de lui que dépendra sa fuite « vers l’Est » pour retrouver ses parents. Serge Aroles, à l’époque à Bruxelles, s’est rendu sur place pour vérifier ces informations. « Le dentiste qui l’aurait recueillie et menacé de la livrer aux Allemands n’a jamais existé. Pas plus que ce pont bombardé qu’elle décrit minutieusement. Les archives ne mentionnent qu’un pont saboté en 40, rien de plus. Aucun pont n’a été bombardé entre 1941 et 1943 à cet endroit ».

La liste des « aberrations » dressée par Serge Aroles est encore longue, telle cette boussole qui indique inexorablement le ghetto de Varsovie à l’aller, et Anderlecht au retour. La facilité avec laquelle Misha aurait encore traversé le Danube, serait entrée et ressortie du ghetto, et aurait parcouru quelque 6.000 kms !

Alors que nous écrivons ces lignes, son éditrice américaine, suite à une longue querelle judiciaire et financière finalement perdue, diffuse sur Internet l’extrait d’un registre de l’année scolaire 1943-1944, attestant qu’à l’époque où l’héroïne (de son vrai nom Monique Dewael !) se disait dans les forêts de Pologne, adoptée par une meute de dix loups, elle était en réalité scolarisée à Schaerbeek ! Un document accablant, accompagné de l’extrait d’acte de baptême catholique de « Misha », née en 1937 à Etterbeek, et aucunement juive, ni de père, ni de mère… Reste à espérer que son récit ne rentre définitivement dans la mémoire collective. Et que la réflexion sur l’enseignement de la Shoah se poursuive car ce genre d’affabulation ne sert qu’une seule cause : celle des négationnistes.
(Voxnr - 21.02.08)

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"Pauvre con!" La honte et la polémique!

Le Président de la République fait honte à la France et fait rire de lui! Il perd le contrôle de ses nerfs et répond comme un voyou à un quidam qui refuse de lui serrer la main!

Réactions diverses:

 En visite samedi matin au Salon de l'agriculture, Nicolas Sarközy a mené la visite au pas de charge, à peine plus de deux heures, alors que son prédécesseur Jacques Chirac pouvait y rester plus de six heures. Mais au-delà d'un discours sur la refondation des modalités de mise en oeuvre de la Politique agricole commune (PAC), c'est surtout l'algarade avec un visiteur que l'on retiendra de cette visite.

La scène, filmée et diffusée depuis samedi soir sur notre site internet, montre le chef de l'Etat en train de s'abondonner à un écart de langage auprès d'un visiteur qui refusait de lui serrer la main : «Touche moi pas, tu me salis», lui dit ce visiteur.

«Casse-toi alors, pauvre con !», lui répond Nicolas Sarközy, rappelant ainsi son échange vigoureux avec un marin-pêcheur au Guivilnec (Finistère), en novembre dernier.

Dimanche soir, la vidéo du Parisien.fr avait été consultée plus de 800.000 fois ! (Vidéos également sur Youtube et DailyMotion)

Dans la classe politique, l'incident suscite en tout cas des réactions vives et passionnées. A l'image de l'ancien garde des sceaux Robert Badinter qui, sur France Inter, a estimé que «la présidence de la République est une fonction qui appelle de la part de celui qui l'exerce réserve, distance et modestie. Vous n'empêcherez jamais ces provocations et ces insultes. Vous devez vous préparer à avoir la réponse convenable tout de suite».

Dans le même registre, le député PS Jean-Christophe Cambadélis a estimé dimanche soir sur son blog que «tout semble indiquer symboliquement que Nicolas Sarközy ne se maîtrisant pas, ne maîtrise pas la situation». Le premier secrétaire du PS, François Hollande, a jugé de son côté «insupportable», dimanche sur Canal +, que «le président ne soit pas exemplaire», jugeant qu'il manque «à tous ses devoirs».

A droite, les avis sont forcément différents. Invité du Grand rendez-vous Europe 1/TV5 Monde/Le Parisien-Aujourd'hui en France, Jean-Pierre Raffarin a affirmé pour sa part qu'il s'agissait «d'un dialogue privé, d'homme à homme, direct et viril». «Je ne commente que le dialogue politique, c'est un dialogue privé, d'homme à homme», selon le vice-président de l'UMP

 Pour Raffarin, la grossièreté est virile!

Ami de trente ans de Nicolas Sarközy, Brice Hortefeux, le ministre de l'Immigration, a lui aussi volé au secours de son patron, prétextant sur BFM TV que «les hommes politiques, ce ne sont pas des carpettes sur lesquelles on doit systématiquement s'essuyer les pieds», avant d'ajouter : «Nicolas Sarkozy s'est exprimé de manière à ce que son interlocuteur le comprenne, eh bien moi je trouve ça très bien que le président de la République s'exprime comme chaque Français». 

Encore plus maladroit dans la défense de "son" président: non, "chaque Français" ne s'exprime pas ainsi! - Quel mépris, au passage, pour le peuple de France! - On s'en souviendra...

 

22:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

Selon que vous serez Carla ou Valérie...

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 Nouvelles photos topless de Valérie Bègue sur une plage de La Réunion dans le dernier n° de CHOC: Geneviève de Fontenay jubile et crie au scandale: " cette fille manque de toute dignité!"
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VOGUE/DT - février 2008 - deuxième photo parmi les moins osées...
Carla Bruni, épouse du président de la République française, "Première dame de France"!
Mme de Fontenay n'oserait pas lui dire "qu'elle manque de toute dignité"! Car elle est riche et puissante!

22:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

Sarközy est-il encore digne de la fonction présidentielle?

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(Photo Nordenstar)

Insulte lancée à un visiteur au salon de l'Agriculture, débat autour d'une loi controversée: le chef de l'Etat Nicolas Sarközy est accusé par ses opposants de remettre en cause la fonction présidentielle, tant par son style que sa pratique institutionnelle.

 Une vidéo mise en ligne sur Internet dans la nuit de samedi à dimanche, montrant le chef de l'Etat traiter de "pauvre con" un homme qui refusait de lui serrer la main au salon de l'Agriculture, a suscité de vives critiques de la part de l'opposition.

Le chef de file des socialistes François Hollande a jugé "insupportable" que "le président ne soit pas exemplaire", estimant qu'il ne devait "pas se comporter comme n'importe quel citoyen".

En tant que président de la République, "on ne rentre pas dans un conflit avec quelqu'un qui ne vous serre pas la main", a-t-il souligné.

Le secrétaire général de l'Union pour un mouvement populaire (UMP, au pouvoir) Patrick Devedjian a réagi à ces critiques en dénonçant la "mauvaise foi" de ceux qui reprochent à la fois au chef de l'Etat français "une dérive monarchique" et un "manque de majesté".

Cet épisode est intervenu en pleine polémique autour de l'application d'une loi controversée sur la rétention de sûreté, alors que le président français connaît une forte chute de popularité, à deux semaines d'élections municipales redoutées par la majorité.

Nicolas Sarközy est accusé par la gauche et le monde judiciaire de mettre à mal "l'Etat de droit" en tentant de "contourner" l'avis du Conseil constitutionnel, qui a refusé l'application immédiate d'une loi permettant l'enfermement à vie de criminels susceptibles de récidiver.

Détonateur de ce tollé: la demande faite par le chef de l'Etat au premier président de la Cour de cassation, plus haute juridiction de l'ordre judiciaire en France, de lui soumettre "toutes les propositions nécessaires" en vue d'une application sans délai de la loi.

Le chef de file des socialistes à l'Assemblée nationale Jean-Marc Ayrault a aussitôt dénoncé une "stupéfiante atteinte à l'Etat de droit". La Conférence des bâtonniers, représentant les avocats français, a également critiqué "une violation du respect dû aux principes constitutionnels", tandis qu'un syndicat de magistrats s'alarmait d'un "coup de force inacceptable".

Le chef de l'Etat, qui avait voulu cette loi après des faits divers dramatiques, dont le viol d'un petit garçon par un pédophile récidiviste en 2007, a réaffirmé samedi que l'important était "qu'on ne laisse pas des monstres en liberté après qu'ils ont purgé leur peine".

L'algarade entre Nicolas Sarközy et un visiteur du salon de l'Agriculture, une séquence de 45 secondes, a été visionnée dimanche par des centaines de milliers d'internautes.

Le 6 novembre, une altercation avait déjà opposé le président français à un marin-pêcheur du Guilvinec qui, perché sur une terrasse de la criée du port, l'avait invectivé. M. Sarközy lui avait demandé de descendre s'expliquer. "Si je descends, je te mets un coup de boule", avait répliqué le jeune homme, sautant une barrière avant d'être arrêté par les services de sécurité.

20:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

"Je veux un procès, je veux la vérité" déclare Dominique de Villepin

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Dominique de Villepin le 23 février 2008

"Je veux un procès" car "je veux la vérité" a déclaré dimanche sur Canal+ l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin affirmant avoir été "sali" dans l'affaire Clearstream où il est mis en examen.

"Je veux un procès, pour la vérité et pour la justice. J'apporterai la vérité des choses, l'ensemble des victimes y ont droit" et "c'est un combat que je veux mener", a-t-il affirmé.

M. de Villepin a estimé avoir "été sali" et a mis en cause "l'instruction qui a été faite par la rumeur". Il a notamment cité "un DVD crypté" trouvé lors d'une perquisition à son domicile sur lequel "au terme d'une enquête extrêmement longue et coûteuse" on a trouvé "mes discours diplomatiques".

Il a également cité la découverte d'un ordinateur "dans les sables à Beyrouth". "Cet ordinateur devait m'accabler, il ne contient rien qui me concerne", a-t-il affirmé.

"Je veux savoir deux choses dans cette affaire, qui a falsifié les listings et pourquoi? et je veux savoir aussi qui a instrumentalisé le dossier, qui a fait pression sur ce dossier", a-t-il lancé.

"Ce n'est pas une affaire politique, c'est une affaire financière et industrielle" a-t-il assuré.

Les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons ont notifié vendredi la fin de leur enquête sur l'affaire de dénonciation calomnieuse Clearstream, dans laquelle l'ancien Premier ministre est mis en examen. Ils le soupçonnent d'avoir participé à une tentative de déstabilisation en 2004 de l'actuel chef de l'Etat, Nicolas Sarközy, partie civile dans le dossier.

 

19:51 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

OPERATION "DES RADIOS POUR LE KOSOVO"

Si vous voulez vraiment aider les Serbes du Kosovo et la Métochie, lisez ce qui suit : « Solidarité Kosovo » a décidé de venir en aide en urgence aux populations serbes vivant dans les enclaves du Kosovo. Depuis l’indépendance du Kosovo et de la Métochie, les familles des enclaves* serbes sont les personnes les plus exposées aux risques et les plus isolées.

Pour garantir la sécurité de ces villages il y a un besoin urgent de liaison radio qui permettrait de relier les différentes maisons des enclaves ainsi que les différentes enclaves entre elles. L’association « Solidarité Kosovo » a donc décidé d’apporter du matériel de télécommunication au Kosovo et la Métochie dans les jours à venir.

Cette action d’envergure permettra de sécuriser autant de familles que nous pourrons acheter d’appareils. Chaque appareil est un relais grâce auquel les personnes isolées vont être prévenues des attaques ennemies. Chaque appareil peut sauver la vie d’une famille.

 

Pour réaliser cette action exceptionnelle nous avons besoin de l’aide de chacun d’entre vous. Un appareil de télécommunication coûte cher et les familles à fournir sont nombreuses. Nous vous demandons donc de vous mobiliser, de mobiliser vos amis, votre famille et de faire parvenir un don le plus rapidement possible à l’association « Solidarité Kosovo ». Une aide, aussi faible soit-elle devient une fortune quand plusieurs centaines voir milliers de personnes se mobilisent. POUR NOUS AIDER : - chèque à l’ordre de « Solidarité Kosovo » à l’adresse suivante : Solidarité Kosovo BP 15 38560 JARRIE (Nous rappelons que chaque don donne droit à une déduction fiscale à hauteur de 66 % du montant du don)

 

- Virement bancaire : Code BIC : CEPAFRPP382 Code IBAN : FR76 1382 5002 0008 7707 2878 125 - Transmettez ce communiqué, informez les gens autour de vous du drame qui se joue en Serbie. Nous vous remercions par avance de votre générosité au nom des familles serbes du Kosovo et de la Métochie. Arnaud Borella *enclave : village serbe, situé dans une zone occupée par des Albanais, duquel on ne peut sortir sans escorte militaire de la KFOR. www.solidarité-kosovo.com

 

contact@solidarite-kosovo.com

 

Solidarité Kosovo - BP 15 - 38560 JARRIE - France

Communiqué de TERRE ET PEUPLE - Pierre Vial - 24.02.08

 

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Le Corse Preziosi, père de Muammar Kadhafi?

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Le capitaine Albert Preziosi  (1915-1943)
Depuis les années 1970 court en effet à Vezzani une assez ahurissante rumeur. Le capitaine Albert Preziosi, héros de la France Libre, fils d'un gendarme du village, pourrait être le père du Guide de la révolution libyenne, Muammar Kadhafi... Or cette rumeur, qui a refait surface cette semaine sur le site bakchich.info, s'est transformée en légende sur l'île de Beauté.

Le 17 juin 1940, Albert Preziosi rejoint Londres

"Ah, vous venez pour l'affaire Kadhafi? J'ai toujours entendu parler de cette histoire, comme beaucoup de mes administrés !" s'exclame Jean-Pierre Pagni, maire (UMP) de Vezzani. Il faut dire qu'ici, Albert Preziosi est le héros du village. Sur la façade de la maison communale, une plaque dorée célèbre la mémoire du soldat né à Vezzani le 25 juillet 1915 et tué en combat aérien à Karacha (Russie), le 28 juillet 1943. "Elle date de 2003, où nous avons organisé une commémoration à l'occasion du soixantième anniversaire de sa mort", explique l'édile.

Au-dessus du bureau du maire est aussi encadré un portrait de ce capitaine de l'armée de l'air coiffé de sa casquette d'aviateur. Annie Genasci, secrétaire de mairie, adore la photo de ce bel homme et se plaît à croire à l'incroyable histoire qui accompagne son destin. "Nous n'avons aucune preuve de cette filiation mais aucun élément ne la contredit non plus", constate Jean-Pierre Pagni en désignant l'ancienne gendarmerie, une haute maison de pierres où le petit Preziosi est né. "Et puis, il y a cette ressemblance..." note Annie.

Comment, en tout cas, expliquer que le destin de ce villageois corse ait pu croiser celui d'une Libyenne? Ou comment, en temps de guerre, l'histoire s'immisce dans les destinées humaines. Le "héros de Vezzani" quitte son village natal dans les années 1930. En 1935, il fait partie de la première promotion de l'Ecole de l'air de Salon-de-Provence. Le 17 juin 1940, il rejoint Londres avec deux autres officiers, où il suit une formation de pilote de chasse et s'engage dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL). Le lieutenant est affecté au Moyen-Orient, dans le groupe de chasse numéro 1 "Alsace", puis dans le groupe de chasse numéro 3 "Normandie".

"Tu sais que j'ai eu un enfant en Libye"

Pendant l'été 1942, l'avion piloté par Albert Preziosi s'écrase dans le désert libyen. Selon d'anciens membres de son groupe, le soldat Preziosi aurait alors disparu pendant un mois, au cours duquel il aurait rencontré une jeune femme. Sur cette idylle orientale, les versions divergent. Selon Pierre Lorillon, l'un des derniers rescapés de l'escadrille Normandie-Niémen, "Albert aurait été recueilli par une tribu libyenne, puis soigné par une jeune femme noble avec laquelle il aurait eu un enfant". François Tulasne, fils du commandant Tulasne, l'un des deux fondateurs du Normandie-Niémen, évoque d'un ton amusé l'épisode de la "princesse libyenne": "Pour mon père, Preziosi était comme un fils. Ce dernier, qui pourtant avait un handicap au cou, était un bon soldat. Et apparemment un séducteur."

Cette histoire, les membres du Normandie-Niémen aimaient se la narrer au front, quitte à l'enjoliver. Princesse libyenne pour les uns, infirmière palestinienne juive pour les autres... tous se retrouvent sur un point : un enfant est né de cette escapade dans le désert. Philippe Beaudoin, retraité du deuxième bureau de l'armée de l'air, a eu vent d'une discussion entre le commandant Joseph Pouliquen, cofondateur du Normandie-Niémen, et Albert Preziosi. Ce dernier aurait fait la confidence suivante à son supérieur: "Tu sais que j'ai eu un enfant en Libye. S'il m'arrive quelque chose en manoeuvres, fais-lui parvenir cette lettre." Quelques semaines plus tard, l'aviateur Preziosi meurt en vol sur le front russe. "Par la suite, personne n'a eu cette lettre entre les mains", poursuit Philippe Beaudoin, pour qui la thèse de la paternité de Kadhafi est "plausible". En 1988, Joseph Pouliquen décède et emporte la missive dans sa tombe.

Les descendants d'Albert Preziosi, eux, prennent cette histoire avec des pincettes. "A chaque fois que l'on me dit : "Alors, tu es de la famille Khadafi", les bras m'en tombent", s'agace François Preziosi, fils d'un cousin d'Albert, qui travaille à l'entretien de la mémoire de son aïeul. Cet ancien d'Algérie reconnaît tout de même avoir mené sa petite enquête en contactant une "vieille connaissance" qui était, pendant la Seconde Guerre mondiale, en Libye pour "affaires indigènes". En vain. Dans l'armée, il n'est pas de bon ton de communiquer sur la vie privée. Le petit-cousin Preziosi préférerait d'ailleurs que l'on s'attache plus à l'héroïsme d'Albert qu'à cette bien embarrassante filiation. Il n'oublie pas de mentionner qu'à quelques kilomètres de Vezzani, la base aérienne de Solenzara porte le nom de Preziosi. Et n'ose imaginer qu'un jour, elle pourrait être rebaptisée "Kadhafi" !

 (JDD 24.02.08)

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Shoah au CM2: un rejet massif

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Sarközy avait lancé cette idée au cours du dîner du CRIF 
La proposition de Nicolas Sarkozy de confier à un élève de CM2 la mémoire d'un enfant victime de la Shoah fait presque l'unanimité... contre elle. Selon un sondage exclusif Ifop pour leJDD.fr, 85% des Français sont défavorables à cette idée, alors que 15% la soutiennent. Confier cette mémoire à une classe entière ne séduit guère plus: 61% des personnes y restent opposées.

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Le lac Königssee en Bavière

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VIDEO "Casse-toi, pauvre con!"

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Antarctique: le lac Vostok sous 4000m de glaces

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Le lac fossile sous 4km de glaces vu par satellite
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La station russe Vostok dans l'Antactique

SAINT-PETERSBOURG, 20 décembre 2008 - RIA Novosti. Des scientifiques russes comptent terminer en 2008-2009 les forages qui leur permettront d'atteindre le lac Vostok, dont les eaux enfouies sous 4 kilomètres de glace dans l'Antarctique constituent un écosystème unique, a annoncé Valeri Loukine, le chef de l'expédition antarctique russe.

Cet espace aquatique grand comme le lac Ontario est isolé de la surface depuis maintenant environ un million d'années, ce qui en fait une structure fossile tout à fait inédite.

L'absence totale de lumière, la forte pression et la composition particulière de l'eau (gaz et composition chimique), ajoutés à son isolement complet, laissent penser aux chercheurs qu'il y existe des formes de vie absolument distinctes de celles connues de la science contemporaine.

"Au cours de cette saison, nous comptons descendre de 50 mètres supplémentaires. Nous devrions atteindre les eaux du lac au cours de la période 2008-2009", a déclaré M. Loukine.

Selon lui, le navire expérimental Akademik Fedorov acheminera prochainement un nouveau câble dans l'Antarctique.

Le directeur de la chaire des technologies de forage de l'Université de Saint-Pétersbourg Nikolaï Vassiliev a expliqué que ce câble de rechange était nécessaire en raison de l'extrême état de délabrement du précédent.

Selon M. Vassiliev, après avoir atteint 3.000 mètres sous le niveau de la mer, le puits a permis d'observer des changements substantiels dans la structure de la glace, qui contient notamment des cristaux en nombre plus important. Des protéobactéries et des actinomycètes probablement âgés d'environ 500.000 ans avaient également été trouvés auparavant dans les prélèvements de glace.

Le forage, qui a débuté dans les années 1970 alors qu'on ignorait encore tout de l'existence de lac, était réalisé dans le cadre d'études paléo-climatiques. Le puits atteint actuellement 3.663 mètres.

L'étude du lac joue un rôle capital dans la compréhension et l'étude des changements climatiques des prochains millénaires et de la formation planète.

L'opération de forage permettra en outre de jeter les bases de la future exploration d'Europe, la lune glacée de Jupiter, qui recèle peut-être un océan liquide sous une épaisseur de glace similaire et pourrait contenir des formes de vie extraterrestre.

Le premier échantillon d'eau du lac devrait être prélevé en 2008-2009.

(RIA Novosti)

 


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23/02/2008

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Les Serbes reçoivent l'aide de la Russie, leur seul allié,

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Serbes du Kosovo sur la frontière avec la Serbie à Jarinje le 22 février 2008
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Vladimir Poutine à Moscou le 22 février 2008

AFP. La Serbie, pressée par Washington et Bruxelles de contenir les violences qui ont suivi l'indépendance du Kosovo, a reçu l'aide de son grand allié, la Russie, qui accuse les Occidentaux de mettre en péril les relations internationales par leur soutien à l'Etat kosovar.

Les "djihadistes du terrorisme" islamique selon lui installés au Kosovo pourront maintenant agir au grand jour, a encore lancé Anatoli Safonov, envoyé spécial du président Poutine pour la coopération internationale contre le terrorisme et le crime organisé.

La veille, M. Poutine, qui soutient fermement Belgrade dans le rejet de l'indépendance du Kosovo, n'avait pas mâché ses mots et affirmé qu'il s'agissait d'un "précédent horrible", qui va revenir "dans la gueule" des Occidentaux et aura des "conséquences imprévisibles".

"La Russie entre en guerre pour le Kosovo!", titrait samedi le quotidien belgradois Press en citant le représentant de la Russie à l'Otan, Dmitri Rogozine, qui avait déclaré que Moscou se réservait le droit d'"utiliser la force" si l'Otan ou l'Union européenne "défient" l'ONU sur le Kosovo.

Le journal cite Alksandar Vucic, un haut responsable du Parti radical serbe (SRS), la formation la plus représentée au Parlement, qui déclare: "Seuls les Russes peuvent mettre un terme aux mesures de type fasciste de l'Otan au Kosovo".

Un leader des Serbes du Kosovo, Goran Bogdanovic, a lui aussi salué l'attitude de Moscou.

"La déclaration de Rogozine est perçue comme une mise en garde à l'Occident de maintenir sa présence au Kosovo dans le cadre de la résolution 1244, autrement cela peut aggraver les tensions et conduire même à un conflit de proportions mondiales", a-t-dit au même journal.

La résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'ONU qui a mis fin au conflit de 1998-99 entre les forces serbes et la guérilla séparatiste albanaise du Kosovo a prévu que cette province serait administré par l'ONU mais resterait sous souveraineté serbe.

Cette résolution représente l'un des arguments de Madrid pour refuser de reconnaître l'indépendance du Kosovo, explique le secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires étrangères, Bernardino Léon Gros, dans un article signé samedi dans le quotidien indépendant belgradois Blic.

"Contrairement à d'autres pays qui se sont séparés, comme la République tchèque et la Slovaquie, il n'y a pas d'accord entre les parties concernées, ni de résolution de l'ONU dans le cas du Kosovo", écrit M. Gros.

"Outre les raisons légales, la proclamation d'indépendance est contraire à tout ce que la communauté internationale a proclamé dans les Balkans depuis les années 1990" lors du démantèlement sanglant de l'ex-Yougoslavie, poursuit-il.

Outre l'Espagne, quatre autres pays membres de l'UE -- la Roumanie, Chypre, la Grèce et la Slovaquie -- ont annoncé qu'ils ne reconnaîtraient pas le nouvel Etat.

Samedi encore, le ministre serbe pour le Kosovo, Slobodan Samardzic, s'en est pris aux Etats-Unis, qui ont soutenu l'indépendance proclamée par la majorité albanaise au Kosovo, province du sud de la Serbie.

"Le gouvernement de la Serbie ne va pas cesser de tenir les Etats-Unis pour responsables d'avoir violé le droit international et séparé une partie du territoire de la Serbie d'une manière violente", a-t-il déclaré à l'agence Tanjug.

Signe de la tension croissante dans la partie nord du Kosovo, où les Serbes sont majoritaires, le Représentant spécial de l'UE au Kosovo, Pieter Feith, a indiqué samedi avoir décidé du retrait du personnel chargé de préparer le déploiement de la mission Eulex de l'UE.

 

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Algarade au Salon de l'agriculture!

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Salon de l'agriculture 23 février 2008

 AFP. La visite de Nicolas Sarközy au Salon de l'agriculture samedi matin a été marquée par un échange d'invectives entre un visiteur et le président, séquence filmée qui a été diffusée dans la soirée sur le site Le Parisien.fr.

Très entouré, souriant, le chef de l'Etat prenait un bain de foule et serrait des mains quand un visiteur d'un certain âge et portant des lunettes lui a lancé: "ah non, touche-moi pas".

"Casse-toi, alors", a répondu M. Sarközy.

"Tu me salis", a enchaîné le badaud.

"Casse-toi, casse-toi alors pauvre con va..." a lancé le président, avant de reprendre son parcours mouvementé.

Interrogé samedi soir sur l'incident, l'Elysée s'est refusé à tout commentaire.

Le 6 novembre, une autre algarade était aussi suscité de nombreuses réactions chez les internautes: elle avait opposé le président à un marin-pêcheur du Guilvinec, "Juju", Julien Guillamet, 21 ans qui, perché sur une terrasse de la criée de ce port breton, l'avait invectivé.

M. Sarközy lui avait demandé de descendre s'expliquer. "Si je descends, je te mets un coup de boule", avait répliqué le jeune homme, sautant une barrière avant d'être arrêté par les services de sécurité.

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Kosovo: la solidarité musulmane va-t-elle fonctioner?

La liste des pays prêts à reconnaître le Kosovo indépendant s'accroît progressivement. Mais de nombreux pays, dont des Etats arabes et musulmans, hésitent encore, bien que Washington les pousse à faire preuve de solidarité avec les musulmans du Kosovo. Quelle en est la cause?

Au cours d'un point de presse qui a suivi la proclamation de l'indépendance du Kosovo, le sous-secrétaire d'Etat américain pour les affaires politiques Nicholas Burns a salué la reconnaissance de cette démarche par l'Organisation de la conférence islamique (OCI) et donc par les gouvernements des Etats faisant partie de cette structure: "Nous considérons comme très positif le fait qu'un Etat musulman, un Etat à majorité musulmane, ait été créé aujourd'hui".

C'est aux Européens de décider si M. Burns a raison ou pas. Même sans cela, les médias occidentaux, y compris américains, débordent de préoccupations liées à la création d'une enclave musulmane au sein de l'Europe, qui pour l'instant demeure majoritairement chrétienne. La question de l'identité européenne est des plus douloureuses. Elle se pose sans cesse, tantôt lors de l'examen de la Constitution européenne et des perspectives d'adhésion de la Turquie à l'UE, tantôt lors du règlement des problèmes des immigrés, ou bien encore pendant les troubles qui ont suivi la publication de caricatures de Mahomet dans la presse européenne. Mais, répétons-le, cette discussion est l'affaire des Européens et non des Etats-Unis. De même que les nouvelles tentatives de Washington de jouer sur le facteur islamique.

A l'heure actuelle, la question la plus importante est de savoir si le cas du Kosovo constituera un précédent pour d'autres territoires. C'est là que réside la cause de l'incertitude de nombreux pays, dont des Etats musulmans, quant à l'opportunité de reconnaître l'indépendance du Kosovo, du moins, ils ne s'empressent pas de figurer parmi les premiers à le faire. Le simple facteur de la solidarité islamique, sur lequel comptaient les Etats-Unis, n'est pour l'instant pas "opérationnel".

Parmi les premiers pays membres de l'OCI à avoir reconnu, presque immédiatement, l'indépendance du Kosovo, on trouve la Turquie, l'Afghanistan et le Sénégal. Trois Etats sur les presque soixante membres de cette organisation. Les autres attendent, en premier lieu à cause de la menace potentielle d'une scission intérieure et/ou d'une éventuelle déstabilisation de la situation chez leurs voisins.

Citons simplement quelques zones potentiellement dangereuses: l'Iran, avec des enclaves kurdes et azerbaïdjanaises, le Maroc, avec son problème du Sahara occidental et les troubles réguliers au sein de la population berbère. Le même problème berbère se pose en Algérie. Ajoutez-y d'importantes communautés chiites installées sur les territoires des monarchies du golfe Persique. Les chiites constituent près des deux tiers de la population du Bahreïn, environ 15% en Arabie Saoudite, 11% au Qatar, et 17% aux Emirats arabes unis. Les relations entre ces communautés et le pouvoir central sont loin d'être faciles. La situation en Syrie est, elle aussi, potentiellement explosive. Bien qu'apparemment, la situation soit stable, il suffirait pour le pouvoir central de fléchir quelque peu pour que les conflits intercommunautaires deviennent manifestes. Nul ne doute cependant que la situation dans ce pays est loin d'être aussi difficile qu'au Liban et en Irak.

D'ailleurs, aucun habitant de ces zones explosives n'a encore eu le courage de se déclarer prêt à suivre l'exemple kosovar. Et ce, pas seulement parce que, du point de vue juridique et politique, il ne serait pas tout à fait justifié de comparer ces situations avec celle du Kosovo. Le danger de l'indépendance du Kosovo réside en premier lieu dans le fait que cette décision a été prise sans l'aval des Nations unies, grâce uniquement au soutien des Etats-Unis et de certains Etats européens. C'est-à-dire que la conjoncture politique l'a emporté sur le droit international. Par conséquent, tous ceux qui souhaiteront suivre l'exemple des Albanais du Kosovo pourront jouer le même jeu. Tout dépend de ce qui est le plus avantageux pour Washington. Et c'est justement ce que cherchent à comprendre ceux qui pourraient éventuellement suivre la voie kosovare et ceux qui redoutent la réalisation d'un tel scénario dans leurs pays.

Ce n'est pas un hasard si, quelques jours après la proclamation de l'indépendance du Kosovo, les Kurdes ne se sont toujours pas décidés à suivre cet exemple. Et ce, bien que le problème kurde soit le plus souvent cité par analystes et médias, notamment aux Etats-Unis et en Turquie, dans ce contexte. La question est de savoir comment dire "non" aux Kurdes en ayant dit "oui" au Kosovo.

La situation kurde rappelle beaucoup celle du Kosovo. Mais la donne politique n'est pas favorable aux Kurdes. La plus grande part des territoires majoritairement kurdes se trouvent répartis dans quatre pays: Turquie, Irak, Iran et Syrie. Aussi grand que soit le désir de Washington de piquer au vif Damas et Téhéran, il ne sapera jamais les intérêts d'Ankara, son partenaire et allié de longue date. Qui plus est, les Américains ne se mêlent pas des opérations militaires menées par la Turquie contre les "séparatistes kurdes". En ce qui concerne les Kurdes irakiens, ils ont eux-mêmes besoin du soutien des Etats-Unis, qui leur garantit la sécurité et de considérables dividendes politiques et économiques. C'est pour cette raison que les Kurdes ne se jettent pas sur l'occasion d'être les premiers à emboîter le pas aux Albanais du Kosovo, et qu'Ankara peut déclarer sans crainte qu'il reconnaît l'indépendance du Kosovo.

A la différence des Kurdes, les Palestiniens, eux, ne sont pas restés muets. Yasser Abd Rabbo, l'un des conseillers du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, vient de déclarer que les Palestiniens pourraient suivre l'exemple du Kosovo et proclamer unilatéralement la création d'un Etat indépendant si le dialogue avec Israël ne donnait pas les résultats escomptés. Ceci a, il est vrai, été aussitôt démenti par d'autres hommes politiques palestiniens de haut rang, dont Mahmoud Abbas, qui préconise la poursuite des négociations. Encore une fois, la question n'est pas de savoir si la situation ici ressemble ou non à celle du Kosovo, aussi grande que soit l'aspiration de Washington à tout réduire à cela, quand il prétend que la proclamation de l'indépendance du Kosovo est un cas unique. Tout est beaucoup plus simple: pour l'instant, les Etats-Unis soutiennent par tous les moyens, et même promeuvent, la poursuite des négociations palestino-israéliennes et insistent sur une proclamation rapide de l'indépendance de la Palestine. Si la donne change, les Palestiniens se souviendront sans aucun doute de l'exemple du Kosovo. Et ils seront soutenus dans cette voie par d'autres forces dans le monde musulman.

En attendant, la majorité des gouvernements continuent à calculer ce qui leur reviendra le plus cher, reconnaître l'indépendance du Kosovo ou bien conserver la neutralité sur cette question.

(Source: RIA Novosti - 22.02.08) 

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Une police scientifique digne des "Experts"?

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De vrais experts « made in France », de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale. De gauche à droite : le lieutenant Déborah Donadille, le capitaine Xavier Desbrosse, le lieutenant-colonel Jean-François Voillot, l'adjudant Christine Levant et le gendarme Christophe Villena. Crédits photo : Le Figaro Magazine

1 800 gendarmes et 1 500 policiers formés aux techniques d'identification criminelles, 600 personnels scientifiques supplémentaires... Le ministre de l'Intérieur met la police technique et scientifique au premier rang de ses priorités.

Le Figaro Magazine: Vous annonciez en début d'année votre souhait de développer la police scientifique. Où en êtes-vous?

Michèle Alliot-Marie Pour moi, la police technique et scientifique (PTS) est «la» priorité. Dès mon arrivée au ministère de l'Intérieur, j'ai voulu lui consacrer des moyens financiers spécifiques. Ils figurent déjà dans le budget 2008, et j'ai inscrit cette priorité financière dans la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (Lopsi) qui devrait être votée au printemps. Elle comprendra également des dispositions destinées à renforcer la lutte contre la grande criminalité, le trafic de drogue, l'économie souterraine...

Pourquoi la police scientifique?

Pour trois raisons. D'abord, parce qu'elle permet d'élucider un plus grand nombre d'affaires. Ensuite, parce qu'elle constitue un moyen de rendre justice à la victime en retrouvant ceux qui lui ont causé un dommage. Enfin, parce que c'est un élément essentiel de la dissuasion : j'en suis persuadée, plus vous avez de risques d'être retrouvé, plus vous hésitez à commettre un délit. La société évolue, la délinquance change, et je veux donner à la police et à la gendarmerie un temps d'avance technologique sur les délinquants. Voilà pourquoi j'attache tant d'importance à la PTS.

Quel est votre projet?

Je veux que la PTS, utilisée aujourd'hui essentiellement pour les crimes et les délits les plus graves, devienne une police technique et scientifique de masse. Elle donne en effet des résultats excellents puisqu'elle permet un taux d'élucidation de plus de 80 %. Mon objectif est d'arriver, en 2010, à ce que 100% des cambriolages commis, 100 % des véhicules signalés volés et découverts, 100% des délits de voie publique fassent l'objet d'investigations de la PTS, dès lors qu'il existe des traces exploitables. Je veux que la police et la gendarmerie procèdent systématiquement aux relevés d'empreintes digitales et palmaires des personnes gardées à vue. Pour y parvenir, je vais étendre l'automatisation de ces relevés par la multiplication des bornes d'identification. Il en existe déjà 300 en France (bornes T1 et T4). Nous en mettrons 400 supplémentaires en service d'ici à 2010.

Il va falloir des moyens considérables.

Oui. Nous allons améliorer quantitativement et qualitativement nos capacités, qu'elles soient humaines ou matérielles. La gendarmerie nationale dispose aujourd'hui de 480 militaires se consacrant à la PTS, les techniciens d'identification criminelle (TIC). D'ici à 2010, elle en formera 1 800 supplémentaires. Dans le même temps, la police nationale disposera de 1 500 policiers polyvalents en plus des 1 100 d'aujourd'hui. Elle pourra également recruter 600 personnels scientifiques supplémentaires. Je veux créer une filière pour les policiers et gendarmes spécialisés qui leur permettra de faire tout ou partie de leur carrière dans la PTS.

Comment allez-vous financer un pareil projet?

Le coût global du plan PTS est de 40 millions d'euros : 2 millions ont déjà été débloqués pour 2008, et 38 sont prévus par la loi d'orientation et de programmation pour la sécurité intérieure (Lopsi 2009-2014). Le coût de la formation et de l'accompagnement des personnels représente à lui seul 3 millions d'euros.

Cette «police technique et scientifique de masse» va forcément provoquer une consultation énorme des fichiers. Comment allez-vous gérer ce problème?

C'est vrai que nous avons actuellement un problème avec les fichiers des empreintes digitales, le fichier automatisé des empreintes digitales (Faed), et des empreintes génétiques (Fnaeg). Ils sont saturés. Le Fnaeg va disposer d'un nouveau moteur de recherche qui lui permettra d'intégrer à vitesse immédiate toutes les informations qui lui parviennent. Le Faed compte d'ores et déjà 2,79 millions d'empreintes digitales et le Fnaeg, 650 000 empreintes génétiques, mais nous en relevons de plus en plus. Pour le seul mois de janvier, par exemple, nous avons envoyé 85 000 signalisations supplémentaires sur les deux fichiers, 60 000 au Faed et 25 000 au Fnaeg. Il est évident que c'est l'augmentation du nombre d'empreintes fichées qui permet ensuite de faire les recoupements nécessaires et d'élucider un plus grand nombre d'affaires. Nous arrivons déjà à mesurer l'efficacité du système. Sur ce même mois de janvier, nous avons constaté une augmentation sensible du nombre d'affaires de viols, agressions sur personnes et cambriolages élucidées grâce à des recoupements réalisés par les fichiers. Nous avons même fait un test sur des infractions de moindre importance : la police scientifique a été déterminante dans l'élucidation de 80 % des affaires en question, y compris pour des petits délits.

Est-il question de regrouper les laboratoires de la police et de la gendarmerie nationale?

Le problème n'est pas le regroupement. Les uns et les autres mutualisent de plus en plus leurs connaissances. Avoir, par exemple, des fichiers police et des fichiers gendarmerie qui ne sont pas connectés est une ineptie. Quand je suis arrivée au ministère de la Défense en 2002, il était impossible à des gendarmes d'avoir accès à des fichiers police et réciproquement. Leur mission est pourtant la même, et je sais que tous en sont de plus en plus convaincus. Quand je suis arrivée au ministère de l'Intérieur, j'ai garanti aux uns comme aux autres qu'ils garderaient leur identité. L'identité militaire de la gendarmerie ne sera pas remise en cause. J'étais avec le président de la République quand il l'a répété. Chacun peut donc se sentir conforté dans son identité propre. La vérité, c'est que la police comme la gendarmerie me font de plus en plus de propositions de mutualisation.

La police technique et scientifique est un phénomène très à la mode et, par conséquent, un métier qui fait rêver de plus en plus de jeunes...

C'est vrai, et nous allons utiliser le « vecteur » de la police scientifique dans le cadre des opérations de rapprochement entre population, police et gendarmerie. C'est pour les forces de l'ordre une image valorisante, plus moderne. Cette année, j'ai donc décidé de donner une ampleur particulière à la Journée sécurité intérieure nation, avec de nombreuses présentations de la police scientifique. C'est un moyen d'attirer des jeunes vers les métiers de la police et de la gendarmerie. Je veux leur dire que le métier des forces de l'ordre est doublement valorisant et moderne. C'est une démarche généreuse de s'engager dans la protection des autres. C'est aussi choisir une profession moderne et passionnante. Pour des jeunes, ce sont des perspectives de carrières intéressantes, qui leur permettront d'être toujours à la pointe de toutes les nouvelles technologies.

(23.02.08)

Espérons que tout cela se concrétisera dans les faits! Nous croulons sous les promesses! D'autre part, il ne s'agit pas seulement d'élucider des "affaires" mais de châtier  les coupables. Ceci est une toute autre histoire...       

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22/02/2008

KOSOVO: LA RUSSIE SE FAIT MENACANTE

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De jeunes Russes manifestent à Moscou pour le Kosovo serbe

AFP. 22.02.08 La Russie a déclaré vendredi qu'elle se réservait le droit d'"utiliser la force" si l'Otan ou l'Union européenne "défient" l'ONU sur le Kosovo et a renvoyé la responsabilité pour les violences de la veille à Belgrade aux pays occidentaux.

"Si aujourd'hui l'Union européenne adopte une position unie (sur la reconnaissance du Kosovo, ndlr) ou si l'Otan dépasse son mandat au Kosovo, ces organisations vont défier l'ONU et nous allons alors nous aussi partir du fait que nous devons utiliser une force brutale qu'on appelle une force armée, pour qu'on nous respecte", a affirmé le représentant de la Russie à l'Otan Dmitri Rogozine, cité par l'agence Interfax.

"Nous n'avons aucun doute que prochainement des bases militaires de l'Otan seront déployées au Kosovo", a-t-il ajouté, cité par Itar-Tass au cours d'une vidéoconférence depuis Bruxelles.

"Il y a des informations inquiétantes qui doivent encore être vérifiées, selon lesquelles certains militaires, responsables de l'Alliance atlantique posent la question de savoir s'il faut décider d'empêcher des dirigeants de la Serbie d'entrer sur le territoire du Kosovo", a dit M. Rogozine.

 "Cela ne fait pas partie de leur mandat. Si ces informations sont confirmées, nous aurons un dialogue assez difficile avec nos partenaires et une évolution dramatique dans les discussions entre la Russie et l'Otan est possible", a-t-il mis en garde, cité par l'agence Ria Novosti.

La Russie "regrette" les violences survenues jeudi à Belgrade, mais renvoie la responsabilité aux pays qui ont reconnu unilatéralement l'indépendance du Kosovo, a déclaré pour sa part le porte-parole de la diplomatie russe, Mikhaïl Kamynine, cité par Interfax.

"Ce qui s'est passé hier à Belgrade suscite uniquement le regret. Mais les forces qui ont soutenu la reconnaissance unilatérale du Kosovo devaient avoir conscience des conséquences d'une telle démarche", a affirmé M. Kamynine.

M. Rogozine a de son côté démenti l'implication de Moscou dans les violences à Belgrade. "Nous n'avons jamais incité à la violence au Kosovo ou en Serbie. C'est un mensonge pur", a-t-il dit.

Quatre militants du mouvement de jeunesse proche du Kremlin "La Russie jeune" participeront vendredi aux manifestations en Serbie contre l'indépendance du Kosovo, a fait savoir un responsable du mouvement, Alexeï Khoudiakov, à la radio Echo de Moscou.

Des émeutes ont éclaté jeudi à Belgrade à l'issue d'un grand rassemblement (plus de 150 000 personnes) contre l'indépendance du Kosovo, faisant un mort et 118 blessés.

Le chef d'un département du ministère russe des Affaires étrangères chargé des Balkans, Alexandre Botsan-Khartchenko, n'a pas exclu "une scission" de la province du Kosovo entre les Kosovars albanais et les Serbes.

"La situation risque de mener à l'isolement des Serbes du Kosovo qui n'acceptent pas la déclaration unilatérale de l'indépendance faite par Pristina. Cela peut entraîner une scission du Kosovo", a jugé ce responsable, cité par Interfax.

La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU et traditionnel allié de Belgrade, est fermement opposée à l'indépendance de ce territoire.

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La nationalité française: "jus immigrationnis"...

La nationalité est le lien juridique qui relie un individu à un État dont il est le « national ». Chaque État édicte souverainement les règles régissant l'attribution de sa nationalité et détermine ainsi quels sont ses nationaux.

La possession de la nationalité française a des conséquences juridiques importantes. D'une part elle entraîne des obligations spécifiques : il s'agit essentiellement des obligations militaires, auxquelles sont astreints les nationaux de sexe masculin. D'autre part elle est la condition d'exercice d'un certain nombre de droits fondamentaux dont ne peuvent se prévaloir les étrangers : les droits politiques, le droit d'accéder à la fonction publique, le droit absolu d'entrer et de demeurer sur le territoire national sans pouvoir être ni extradé ni expulsé, le droit à certains avantages sociaux réservés aux nationaux, le droit d'exercer la profession de son choix, le droit à la protection diplomatique de la France...

Les éléments le plus généralement pris en compte par les différents États pour déterminer la nationalité d'un individu sont soit les liens du sang (jus sanguinis), soit le lien territorial (jus soli) : dans le premier cas, la nationalité se transmet par filiation ; dans le second, elle découle de la naissance, confortée le cas échéant par une certaine durée de résidence, sur le territoire de l'État considéré. Indépendamment de cette attribution d'office, généralement à la naissance, de la nationalité de l'État, un certain nombre de procédures, telles que la naturalisation, permettent à l'étranger d'acquérir ultérieurement cette nationalité.

Droit du sol, droit du sang

Historiquement, le droit français de la nationalité a toujours combiné, en proportion variable selon les époques, droit du sol et droit du sang. Le droit du sol l'emporte au Moyen-Age, où l'aubain — étymologiquement : alibi natus — est d'abord celui qui est né ailleurs, dans une autre seigneurie. L'Ancien Régime, dans le prolongement de la tradition féodale, considère comme « naturels » de France ceux qui sont nés en France et qui demeurent dans le royaume ; mais sous l'influence du droit romain, le jus sanguinis vient peu à peu concurrencer ou plutôt compléter le jus soli : l'enfant né dans un pays étranger d'un père français est considéré comme français s'il a conservé l'esprit de retour et revient dans le royaume avec l'intention de s'y fixer durablement.

La Révolution, sans rompre avec cette tradition, va ouvrir plus généreusement encore l'accès à la citoyenneté française, en accordant une place égale à un droit du sol largement conçu et à la filiation. La Constitution de 1791 reconnaît comme citoyen à la fois l'enfant né en France d'un père français, l'enfant né en France d'un père étranger dès lors qu'il fixe sa résidence en France, l'enfant né à l'étranger d'un père français s'il vient s'établir en France et prête le serment civique, ou encore l'étranger qui a cinq ans de domicile continu en France et qui prête le serment civique. La prédominance du jus soli concorde avec la conception révolutionnaire qui fait de l'appartenance à la nation le résultat d'un acte volontaire : dans ce contexte, la naissance et plus encore la résidence sur le territoire français apparaissent comme l'expression en actes de la volonté de vivre selon les lois que s'est données la nation française. Les constitutions girondine et montagnarde de 1793 portent la prééminence du jus soli à son point extrême : la première subordonne la qualité de citoyen à la seule condition d'avoir résidé pendant un an sur le territoire français ; la seconde met pratiquement sur le même plan celui qui est né et domicilié en France et celui qui, né à l'étranger, est domicilié en France depuis une année et « y vit de son travail, ou acquiert une propriété, ou épouse une Française, ou adopte un enfant, ou nourrit un vieillard ».

Par la suite, il est vrai, le Code civil de 1804 revient au jus sanguinis et à la transmission de la qualité de Français par la filiation. Mais il laisse subsister la possibilité pour l'individu né en France d'un étranger de réclamer la qualité de Français dans l'année qui suit sa majorité s'il fixe son domicile en France. Et cette prédominance accordée à la filiation, en contradiction avec la tradition française, n'est qu'une parenthèse historique de courte durée.

Toute l'évolution ultérieure va en effet dans le sens d'une réhabilitation du jus soli à côté du jus sanguinis. La loi de 1851 pose la règle encore en vigueur aujourd'hui, connue sous le nom de « double droit du sol », en déclarant Français l'enfant né en France d'un étranger qui lui-même y est né. La loi du 26 juin 1889 incorpore à la communauté nationale tous les individus présumés assimilables puisque nés en France, en décidant qu'ils deviennent Français à leur majorité : règle que l'on retrouve, ou plutôt que l'on retrouvait à l'article 44 du code de la nationalité avant la réforme récente. Il s'agit là, certes, pour une part, de lois de circonstances, dictées par l'affaiblissement de la natalité française et les besoins du recrutement de l'armée ; mais elles sont dictées aussi par la préoccupation de maintenir l'égalité entre les Français, soumis à la conscription, et les immigrés de seconde génération qui, en restant étrangers, en seraient exemptés ; et plus fondamentalement encore, par le souci de ne pas voir se maintenir sur le territoire français des communautés étrangères soudées susceptibles de menacer l'unité du pays. Ces lois vont imprimer durablement leur marque au droit de la nationalité, lui conférant son visage actuel, expression d'une conception assimilationniste et plus pragmatique qu'idéologique de la nation.

Elles fixent en effet les grandes lignes du droit de la nationalité telles qu'on les retrouve dans le code de la nationalité promulgué par l'ordonnance du 19 octobre 1945, modifié par la loi de 1973, et resté en vigueur jusqu'à la réforme récente. Aux termes de ce code, la nationalité française se transmet par la filiation paternelle ou maternelle, légitime ou naturelle ; elle résulte aussi de la naissance en France, à titre originaire lorsqu'un des parents est lui-même né en France, à la majorité dans le cas contraire, l'enfant né en France pouvant de surcroît acquérir la nationalité française par simple déclaration au cours de sa minorité. Et si le mariage ne produit plus, depuis 1973, d'effet automatique sur la nationalité, l'étranger qui épouse un ressortissant français peut acquérir la nationalité française par déclaration après six mois de mariage, le gouvernement ne pouvant s'y opposer que pour des motifs limitativement énumérés.

 La naturalisation, en revanche, est subordonnée à des conditions de durée et de stabilité de la résidence en France, de « bonne vie et moeurs », d'assimilation, d'absence de condamnation pénale ; et même lorsque toutes ces conditions sont remplies, elle n'est jamais un droit pour celui qui la sollicite mais une faveur accordée discrétionnairement. En pratique, le taux d'acceptation est cependant relativement élevé.

Le droit du sol contesté

C'est ce système ouvert, et enraciné en France depuis près d'un siècle, que l'extrême-droite, bientôt suivie par la droite, entreprend de contester à partir de 1985, en dénonçant la trop grande facilité avec laquelle les étrangers deviennent Français. Cette controverse autour du droit de la nationalité n'est certes pas la première : sans même parler de Vichy, on peut rappeler que l'adoption de la loi de 1927 assouplissant les conditions de la naturalisation avait donné lieu à de très vifs débats et donné l'occasion à la droite nationaliste d'exprimer son hostilité aux « Français de papier ». Mais cette fois l'essentiel des critiques ne porte plus sur la procédure de naturalisation mais sur l'attribution de la nationalité française par l'effet du jus soli : on demande que les étrangers nés en France ne puissent plus devenir Français qu'à la suite d'une demande expresse, formulée à leur majorité, et à condition — notamment — de n'avoir commis aucun délit.

Le thème qui revient de façon lancinante est celui de l'automaticité : il faut éviter d'intégrer des personnes qui ne le souhaitent pas réellement ou qui n'ont pas conscience d'être devenues françaises.(...)

(...) A l'instigation de Charles Pasqua, le RPR, au Sénat, fait cependant approuver sans débat une proposition de loi rédigée par Pierre Mazeaud, mettant en forme législative les principales propositions de la commission : c'est ce qui permet au nouveau gouvernement, en 1993, de faire adopter très vite par le Parlement la proposition de loi déjà votée par le Sénat et qui deviendra la loi du 22 juillet 1993.

La lecture des débats parlementaires est assez instructive sur les véritables motivations de la réforme. Il est clair qu'en arrière-plan du code de la nationalité, c'est bien la question de l'immigration qui se profile, une immigration qui a changé de nature puisque « de plus en plus les étrangers qui vivent en France viennent de pays différents de ceux dont ils venaient dans le passé ». La méfiance domine : s'il faut vérifier désormais que les étrangers nés en France veulent être Français, c'est parce qu'on ne peut pas le postuler, et si l'on ne peut pas le postuler, c'est parce qu'ils n'appartiennent plus aujourd'hui à la culture européenne.

Implicitement, parfois même explicitement, se profile aussi dans ces débats l'idée que le droit du sol ne donne pas les mêmes garanties d'appartenance à la nation que le droit du sang. Devenir français, au demeurant, est un honneur, et l'on voit mal dès lors en quoi l'exigence d'un acte de volonté explicite pourrait apparaître comme vexatoire pour les intéressés, alors que « le système par récépissé paraît un peu réducteur par rapport à l'honneur d'intégrer la nation française ».

Le rétrécissement de l'accès
à la nationalité française

  1. La loi du 22 juillet 1993 apporte en définitive des modifications importantes à la législation en vigueur, dont l'effet est de rendre plus difficile l'accès à la nationalité française.

    L'essentiel de ces changements portent sur les effets du jus soli et sur l'acquisition de la nationalité française par mariage, tandis que, de façon significative, l'attribution de la nationalité française par filiation n'est pas concernée par la réforme.

    1. L'enfant né en France de parents étrangers, qui devenait Français sans formalité à l'âge de 18 ans s'il avait eu sa résidence en France pendant les cinq années qui précédent, devra à l'avenir manifester sa volonté de devenir Français entre 16 et 21 ans.

      Entre 16 et 18 ans, aucun obstacle ne peut s'opposer à l'acquisition de la nationalité française et, quoique mineur, l'intéressé n'a pas besoin de l'autorisation de ses parents pour manifester sa volonté de devenir Français. Si, en revanche, la demande est formée après l'âge de 18 ans, l'acquisition de la nationalité française n'est plus automatique : certaines condamnations pénales pour des faits commis après la majorité, ou encore l'existence d'une mesure d'expulsion ou d'interdiction du territoire font perdre au jeune étranger le droit de devenir Français.

       

    2. Les parents ne peuvent plus, désormais, réclamer pour leur enfant né en France la nationalité française par simple déclaration pendant sa minorité.

      Si l'on a invoqué, pour justifier cette réforme, le respect de la volonté de l'enfant — qui est évidemment un argument spécieux —, en réalité l'argument déterminant est celui tiré du « détournement de procédure » résultant de ce que les parents d'enfants nés en France seraient incités à réclamer pour eux la nationalité française en vue de bénéficier de la protection accordée aux parents d'enfants français en matière de séjour.

       

    3. Le « double droit du sol » en vertu duquel est français de naissance l'enfant né en France dont l'un des parents est lui-même né en France, voit lui aussi son champ d'application considérablement limité :
      •  en premier lieu, la naissance dans un territoire qui avait le statut de colonie française ou de territoire d'outre-mer n'est plus désormais assimilée à la naissance en France : ainsi, par exemple, l'enfant né en France d'un ressortissant sénégalais, ivoirien ou malgache né lui-même avant 1960, qui était Français de naissance, n'aura plus la possibilité que de demander la nationalité française entre 16 et 21 ans ;

         

      • en second lieu, les enfants nés en France de parents nés en Algérie avant l'indépendance, donc dans un département français, ne bénéficieront du double droit du sol que si, au moment de leur naissance, l'un au moins de leurs parents résidait régulièrement en France depuis cinq ans.

       

    4. Enfin, les conjoints de Français ne peuvent acquérir la nationalité française par déclaration qu'au bout de deux ans et non plus six mois de mariage et de vie commune, ce délai étant toutefois supprimé si le couple a des enfants.

      Au total, c'est bien à un rétrécissement de toutes les voies d'accès à la nationalité française, filiation exclue, que la réforme de 1993 a abouti.

     

    La « loi Guigou » de 1998 : une restauration incomplète du droit du sol

    En matière de nationalité, la gauche avait toujours affirmé son attachement au droit du sol et elle n'avait pas ménagé ses critiques à l'égard de la réforme intervenue en 1993. Un de ses premiers actes, lorsqu'elle est revenue au pouvoir en 1997, a donc été de demander à la mission animée par Patrick Weil de faire des propositions pour « définir les conditions d'application du principe du droit du sol pour l'attribution de la nationalité française ». Sur cette base, un projet de loi a été préparé et déposé sur le bureau du Parlement à l'automne 1997, rétablissant l'acquisition sans formalité de la nationalité française à dix-huit ans pour les enfants nés en France, tout en conservant la possibilité de réclamer cette nationalité, sans autorisation parentale, à partir de seize ans.

    Ce projet était toutefois nettement en retrait par rapport aux critiques virulentes adressées par la gauche à la réforme de 1993. Il laissait subsister les restrictions apportées à l'acquisition de la nationalité française par mariage ; il ne remettait pas en cause la suppression de l'attribution de la nationalité française à la naissance, par l'effet du « double droit du sol », pour les enfants nés en France d'un parent né sur un ancien territoire français, non plus que les restrictions apportées aux effets de ce double droit du sol pour les enfants d'Algériens.

    Les députés ont modifié assez sensiblement le projet qui leur était soumis. Ils ont ramené à un an le délai pour pouvoir acquérir la nationalité par mariage. Ils ont rétabli pleinement le « double droit du sol » pour les enfants d'Algériens — mais non pour les enfants dont les parents sont nés dans un territoire d'outre-mer.

    En ce qui concerne le point central de la réforme, à savoir les modalités d'acquisition de la nationalité française par les jeunes nés en France de parents étrangers, le projet gouvernemental ne prévoyait pas de revenir sur la suppression de la faculté donnée aux parents  étrangers de réclamer la nationalité française pour leur enfant né en France, au cours de sa minorité. Les députés l'ont finalement répartie, mais de façon partielle.

    Au total, la fidélité au droit du sol se concrétise dans le rétablissement du caractère automatique de l'acquisition de la nationalité française à dix-huit ans. Les conditions sont même assouplies par rapport à l'état du droit antérieur, puisqu'il ne sera pas demandé au jeune d'avoir résidé en France pendant cinq années consécutives entre treize et dix-huit ans, mais pendant une période continue ou discontinue d'au moins cinq ans depuis l'âge de onze ans. La faculté de choix est par ailleurs mieux préservée puisque l'intéressé disposera d'un délai de six mois avant sa majorité et un an après sa majorité pour décliner cette nationalité, alors que, sous l'empire de la législation antérieure à 1993, il devait impérativement faire sa démarche avant l'âge de dix-huit ans.

    Le dispositif de la manifestation de volonté est néanmoins conservé dans ce qu'il avait de positif, bien que le terme disparaisse : entre seize et dix-huit ans, le jeune peut acquérir volontairement la nationalité française, par simple déclaration, et sans avoir besoin de l'autorisation de ses parents.

    En ce qui concerne enfin les enfants de moins de seize ans, à l'issue d'un débat interne à la majorité, une proposition de transaction a été adoptée : la nationalité française pourra être réclamée au nom de l'enfant mineur par ses parents, à partir de l'âge de treize ans et avec son consentement, s'il réside en France depuis l'âge de huit ans. La raison invoquée pour ne pas aller plus loin est que les années d'adolescence seraient, en matière d'intégration, les plus favorables. Autrement dit, on peut juger de l'intégration d'un enfant de treize ans, mais non d'un enfant en bas âge. Au total, donc, si la loi du 16 mars 1998 revient sur ce qu'il y avait de plus contestable dans la réforme de 1993, elle reste très en retrait par rapport aux déclarations préélectorales de Lionel Jospin, qui s'était engagé à rétablir dans leur intégralité les « principes républicains » du droit de la nationalité...

 (Source GISTI)

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JUS SOLI ET JUS SANGUINIS

Le droit du sol (ou jus soli dans sa version latine) est la règle de droit accordant la nationalité à toute personne physique née sur le territoire national, indépendamment de la nationalité de ses parents.

Cette notion s'oppose à celle de droit du sang selon lequel la nationalité est accordée aux enfants nés de parents possédant eux-mêmes la nationalité concernée. Toutefois, l'un n'exclut pas l'autre. Par exemple la nationalité française peut être obtenue par l'un ou l'autre de ces droits. Selon les pays, la nationalité peut être aussi obtenue après la naissance par une procédure de naturalisation.

En 2006, les pays suivants appliquent le droit du sol (de façon plus ou moins systématique) :

 

  • En France, le droit du sol, introduit dès 1515, reste un droit conditionnel : il accorde la nationalité française de plein droit à tout enfant né en France atteignant sa majorité civile sous réserve d'avoir vécu de façon durable sur le territoire français.

  • Allemagne : Depuis 2000, un droit du sol a été introduit dans le code de nationalité. Sous réserve que leurs parents ont vécu de façon durable sur le territoire allemand, le droit allemand accorde aux enfants d'immigrés la nationalité allemande (à l'exclusion de toute autre nationalité)
  • Royaume-Uni : Le droit du sol est conditionné au fait que les parents détiennent un titre de séjour permanent.

 

  •  La plupart des autres pays européens n'appliquent pas le droit du sol. A noter néanmoins qu'en août 2006, le gouvernement italien de Romano Prodi a proposé une réforme du Code de la nationalité introduisant un droit du sol dans la loi à la suite de la régularisation massive de 350 000 immigrés clandestins.

La Suisse n'applique pas le droit du sol.

Le Japon est traditionnellement attaché à un droit du sang, mais a introduit une forme complexe de droit du sol.

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Le "droit du sol" remis en question par Christian Estrosi pour les Comores...

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"Nous pourrions prendre une décision exceptionnelle qui fasse que tout enfant né de parents en situation irrégulière ne puisse plus réclamer son appartenance à la nationalité française", a déclaré Christian Estrosi, secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer, vendredi sur France 2. Il s'exprimait dans le contexte d'un conflit dans l'archipel des Comores, dont fait géographiquement partie Mayotte.
 
Le gouvernement de Moroni a obtenu le soutien militaire de quatre Etats africains jeudi pour un assaut prochain sur l'île séparatiste d'Anjouan, où vivent environ 300.000 personnes. Ce conflit pourrait amener une vague d'immigration à Mayotte, distante de 70 km d'Anjouan, a estimé
Christian Estrosi. Cela aggraverait une situation qu'il juge déjà sérieuse, avec, selon ses chiffres, 30% de la population de Mayotte composée d'immigrés en situation irrégulière.
 
"Une expérimentation"
   
La suppression locale du
droit du sol serait temporaire, dit-il. "C'est pour l'heure une seule expérimentation avec un inventaire qui sera fait de la loi dans cinq ans. Nous réfléchissons à tout cela pour le proposer au printemps dans une réforme spécifique qui pourrait intervenir", a-t-il dit. Une telle idée avait déjà été envisagée par François Baroin, en 2006, alors détenteur du même portefeuille que Christian Estrosi, avant d'être abandonnée après de vives critiques.
   
Le "
droit du sol", composante-clef du droit français de la nationalité depuis la Révolution et symbole aux yeux de certains universitaires de l'histoire du pays, a fait l'objet de nombreux débats. De nombreux textes législatifs l'ont restreint. Aujourd'hui, les enfants de parents étrangers ne deviennent pas automatiquement français. Ils acquièrent la nationalité à l'âge de 18 ans sous diverses conditions. Depuis 1978, Mayotte a un statut de collectivité territoriale française. Elle est la seule des quatre îles principales des Comores à rester dans le giron de Paris, les trois autres, Grande Comore, Anjouan et Mohéli formant un état indépendant et très pauvre. Cette situation amène un flux d'immigration irrégulière à Mayotte, notamment pour les soins médicaux et les accouchements.
 
"Trouver une autre règle"
 
France Terre d'Asile estime que Christian Estrosi "fabrique les conditions d'une polémique nationale sur la question migratoire". Deux élus de gauche, René Dosière et Eliane Assassi ont dénoncé vendredi une "remise en cause droit du sol" tout à la fois "inefficace, irresponsable et dangereuse", après les propos du secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Christian Estrosi sur Mayotte.
 
Pour le président du Modem François Bayrou, il faut trouver "une autre règle" concernant l'attribution de la nationalité française aux enfants nés à Mayotte et en Guyane, affectés par une forte immigration clandestine.
  

Un aménagement du droit du sol pas contraire à la Constitution

Guy Carcassonne, juriste spécialiste de droit constitutionnel, a jugé vendredi qu'un éventuel aménagement du droit du sol évoqué par le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Christian Estrosi pour Mayotte n'était "pas contraire à la Constitution". Interrogé sur la constitutionnalité d'une réforme du droit du sol, Guy Carcassonne a déclaré à l'AFP que cela "ne posait pas de problème". "Le Conseil Constitutionnel a déjà jugé, le 20 juillet 1993, que ce n'était pas un principe constitutionnel", a-t-il dit.

 
(LCI.fr. 22.02.08)

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